Sighișoara

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Sighișoara
Blason de Sighișoara
Héraldique
Maisons au pied de la cité
Maisons au pied de la cité
Administration
Pays Roumanie Roumanie
Région Transylvanie
Judeţ Mureș
Maire
Mandat
Ioan Dorin Dăneșan PSD
2004-2008
Code postal 545400
Indicatif téléphonique international +(40)
Démographie
Population 32 570 hab. (2007)
Géographie
Coordonnées 46° 13′ 14″ N 24° 47′ 30″ E / 46.22056, 24.7916746° 13′ 14″ Nord 24° 47′ 30″ Est / 46.22056, 24.79167  
Altitude 383 m
Divers
Cours d'eau Târnava Mare
Localisation

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Sighișoara

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Sighișoara
Liens
Site web http://www.sighisoara.org.ro

Sighișoara (en allemand: Schäßburg, en saxon de Transylvanie Schäsbrich, en hongrois : Segesvár, en latin : Castrum Saxorum) est une ville et une municipalité de Transylvanie, Roumanie. Elle est peuplée de 32 570 habitants en 2007[1]. Le centre historique de la ville est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco.

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville de Sighișoara est située dans le sud du județ de Mureș, sur la rivière Târnava Mare et dans la vallée homonyme, à 55 km au sud-est de Târgu Mureș (le chef-lieu du județ) et à 110 km au nord-ouest de Brașov.

La partie la plus ancienne de la ville est située sur un plateau dominé par une colline qui surplombe une boucle de la rivière. Dès le Moyen Âge, l'expansion urbaine a rejoint la rive gauche de la Târnava pour s'étendre à l'heure actuelle sur la rive droite où se trouvent la gare des chemins de fer et de grands quartiers modernes.

La municipalité est composée de la ville de Sighișoara elle-même et des sept villages suivants (population en 2002)[2] :

  • Sighișoara (30 689), siège de la municipalité ;
  • Angofa (4) ;
  • Aurel Vlaicu (98) ;
  • Hetiur (914) ;
  • Rora (212) ;
  • Șoromiclea (71) ;
  • Venchi (195) ;
  • Viilor (121).

Histoire[modifier | modifier le code]

Une colonie dace, près de Sighișoara appelée Sondava date du IIIe siècle av. J.-C. C'était le site d'un castrum romain et la base d'une légion romaine depuis le IIe siècle.

Au XIIe siècle, des artisans et des marchands d'origine allemande, appelés Saxons de Transylvanie sont invités par le roi de Hongrie à coloniser et défendre la frontière orientale de son royaume. Le chroniqueur Krauss mentionne la colonie saxonne à Sighișoara en 1191. Le lieu où se sont installés ces colons saxons avait déjà été fortifié par les Sicules une cinquantaine d'années auparavant.

Après les invasions mongoles de 1241, des fortifications sont élevées autour de la ville. Celles-ci sont payées par les corporations d'artisans (elles sont vingt-cinq en 1376). L'aristocratie et la bourgeoisie habitent alors la ville haute, sur la colline originelle tandis que des faubourgs, peuplés d'artisans et de paysans, se développent dans la ville basse, elle aussi protégée par des murailles et des portes défensives.

En 1280, Sighișoara est connue par son nom latin Castrum Saxorum, et en 1298 par son nom allemand de Schespurch. En 1337 Sighișoara devient une résidence royale, et obtient le statut de ville en 1367 sous le nom de Civitas de Segusvar.

Vlad II Dracul (Vlad II le Dragon), prince de Valachie s'établit dans la ville en 1421. Il y reste jusqu'en 1436 et c'est là que naît son fils qui règnera sous le nom de Vlad III l'Empaleur, dont la légende revue par l'écrivain Bram Stoker sera la base du personnage de Dracula.

Pendant plusieurs siècles, la ville joua un rôle stratégique et commercial significatif aux limites orientales du royaume de Hongrie, devenant l'une des villes les plus importantes de Transylvanie.

La pression des Turcs de 1421 à 1526 oblige à surélever les remparts. Les artisans et les marchands allemands dominent l'économie de la ville. On estime que pendant les XVIe et XVIIe siècles, Sighișoara posséda près de 15 guildes et 20 associations d'artisans. Le sculpteur baroque Elias Nicolai a vécu en ville.

La ville voit l'élection de Georges Ier Rákóczy comme prince de Transylvanie et roi de Hongrie en 1631. Les XVIIe et XVIIIe siècles voient la ville souffrir d'événements tragiques : incendies en 1676, 1736, 1788, épidémies de peste dont meurt la moitié de la population, inondations en 1771, séisme en 1838.

La région de Sighișoara voit la naissance en 1673 du mystique Johannes Kelpius, qui émigre en Pennsylvanie sur le « Sarah Maria Hopewell ». Il est l'âme du groupe d'ermites appelés Mystics of the Wissahickon, ou encore Society of the Woman in the Wilderness. Son héritage littéraire et musical comprend des hymnes, un journal, des correspondances, des traités théologiques, et surtout un livre de prière et de méditation intitulé A Short, Easy, and Comprehensive Method of Prayer, dans lequel il préconise une prière silencieuse et permanente, souligne que tous peuvent la pratiquer et exhorte chacun à le faire. Ce dernier ouvrage, facile d'accès, a connu un certain succès tout au long du XVIIIe siècle, et a été plusieurs fois réédité.

La plaine voisine d'Albești est le site de la Bataille de Segesvár, où l'armée des révolutionnaires hongrois de 1848 conduite par József Bem est défaite par l'armée russe de Luders le 31 juillet 1849. Un monument est construit en 1852 à la mémoire du général russe Skariatin, qui mourut lors de cette bataille. On pense aussi que le poète hongrois Sándor Petőfi a été tué dans cette bataille; un monument à son honneur est érigé à Albești en 1897.

La ville reste à l'écart du développement économique du XIXe siècle, ce qui lui permet de préserver son centre historique de changements urbanistiques trop massifs. En 1876, lors de la réorganisation administrative de la Transylvanie, elle de vient le chef-lieu du comitat de Nagy-Küküllő.

Par le Traité de Trianon, en 1920, la ville rejoint la Roumanie. Après le Deuxième arbitrage de Vienne, elle est occupée par les Hongrois de 1940 à 1944 avant de redevenir roumaine en 1945.

Le centre historique de Sighișoara, qui a conservé son aspect de ville fortifiée médiévale, est inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO[3]. Chaque année en juillet, un festival médiéval se tient dans la vieille citadelle.

Politique[modifier | modifier le code]

Le Conseil Municipal de Sighișoara compte 19 sièges de conseillers municipaux. À l'issue des élections municipales de juin 2008, Ioan Dorin Dăneșan (PSD) a été élu maire de la Ville[4].

Élections municipales de 2008[5]
Parti Nombre de conseillers
Parti social-démocrate (PSD) 7
Parti démocrate-libéral (PD-L) 6
Parti national libéral (PNL) 3
Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR) 3

Religions[modifier | modifier le code]

En 2002, la répartition religieuse de la population était la suivante [6]:

Démographie[modifier | modifier le code]

La composition démographique de la ville s'est profondément modifiée au cours du XXe siècle. La ville s'est "roumanisée" et a perdu peu à peu sa spécificité germanique.

En 1910, la ville comptait 6 092 Allemands (soit 47,61 % de la population totale), 3 580 Roumains (27,98 %) et 2 740 Hongrois (21,41 %)[7].

En 1930, on recensait 5 845 Allemands (41,08 %), 4 771 Roumains (33,53 %), 2 928 hongrois (20,58 %), 504 Tsiganes (3,54 %) et 146 Juifs (1,03 %).

En 2002, les proportions sont les suivantes : 24 751 Roumains (76,06 %), 5 934 Hongrois (18,36 %), 1 135 Tsiganes et seulement 623 Allemands (1,92 %)[6].

Évolution démographique
1850 1880 1900 1910 1930 1941 1956 1966 1977
8 273 9 855 12 082 12 796 14 227 16 078 21 366 26 207 33 208
1992 2002 2007 - - - - - -
36 170 32 304 32 570 - - - - - -


Économie[modifier | modifier le code]

La ville possède des unités de fabrication de meubles, verreries, céramiques. L'industrie textile, la confection et les matériaux de construction sont également des secteurs actifs de l'économie locale.

Le commerce et le tourisme y jouent un rôle de plus en plus important.

Communications[modifier | modifier le code]

Routes[modifier | modifier le code]

La ville est reliée par la route nationale DN13 (route européenne 70) à Târgu Mureș au nord et à Brașov et Bucarest297 km) au sud.

Une route régionale permet de rejoindre à l'est le județ de Harghita et Odorheiu Secuiesc tandis que la route nationale DN14 à l'ouest la relie à Mediaș et Sibiu, dans le județ de Sibiu.

Voies ferrées[modifier | modifier le code]

Sighișoara bénéficie de très bonnes liaisons ferroviaires avec Brașov, Odroheiu Secuiesc et Mediaș.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La vieille ville de Sighișoara constitue un ensemble remarquable d'architecture civile et militaire du Moyen Âge en Transylvanie dont l'état de conservation a justifié son inscription sur la liste du Patrimoine mondial. Le centre historique est constitué par le site fortifié qui s'étend sur le plateau aux versants abrupts dominé par la colline de la Cité, la Ville Basse et les murailles qui enserrent l'ensemble.

Les monuments les plus remarquables sont :

  • La Tour de l'Horloge (Turnul cu Ceas), tour défensive du XIIie siècle et du XIVe siècle et porte d'entrée principale de la ville. Le Conseil Municipal de la cité se tenait à cet endroit jusqu'en 1456; elle a été transformée en Musée d'Histoire en 1899. Construction de 64 m de hauteur, la tour comporte une galerie surmontée d'un toit de tuiles vernissées et d'une flèche, l'emblème de Sighișoara.
  • Place de la Citadelle et rues avoisinantes, ensemble de maisons d'artisans à deux ou trois étages aux crépis colorés et aux hautes toitures de tuiles.
  • Église catholique adossée aux remparts.
  • Église du monastère, ancienne église des Dominicains (XIIIe siècle), agrandie en 1515, de style gothique avec une décoration intérieure baroque, un remarquable retable, une collection de tapis turcs.
  • Nombreuses maisons médiévales.
  • Murailles de la Citadelle (930 m de long, 8 à 10 m de hauteur), construite du XIIIe siècle au XVIIe siècle. Neuf tours subsistent sur les quatorze à l'origine. Chaque tour porte le nom d'une corporation : tour des Fourreurs, des Bouchers, des Tailleurs, des Ferblantiers...

La ville basse possède aussi quelques bâtiments intéressants du début du XXe siècle, notamment l'hôtel Steaua, de style art nouveau et de beaux immeubles baroques.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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