Sigfried Giedion

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Sigfried Giedion (14 avril 1888 à Prague10 avril 1968 à Zurich) est un historien et critique de l'architecture.

Giedion étudia l'histoire de l'art à Bâle sous la direction d'Heinrich Wölfflin. Il enseigna lui-même cette discipline au Massachusetts Institute of Technology et à l'université Harvard (1938-39) où Walter Gropius l'avait invité à donner des conférences. Il se spécialisa très tôt dans l'histoire de l'architecture et chercha à donner une unité et un sens aux mouvements architecturaux contemporains :

– en les situant dans une lignée historique ;
– en leur trouvant une unité de principe, à rechercher dans la société et la culture technique qui les avaient vu naître.

Il participa en 1930 au troisième cours universitaire de Davos, avec de nombreux intellectuels français et allemands.

Giedion termina sa carrière à l'École polytechnique fédérale de Zurich.

Il était très marqué par le formalisme hégélien. Dans ses ouvrages, il ne sépare pas l'histoire de l'architecture d'une société de son développement scientifique et technique, toute société humaine étant considérée comme un système avec sa logique propre. Les analyses de Giedion s'appuient sur des recherches en histoire des techniques souvent fouillées et intéressantes (notamment dans La Mécanisation au pouvoir), et les liens qu'il dégage entre art et société sont originaux : l'étude sur Percier et Fontaine[1], les architectes du Premier Empire, et leur inscription dans un contexte de perte des valeurs aristocratiques, est convaincante. En revanche, ses sources sont parfois bizarres ou partielles (par exemple sur l'histoire de la serrurerie, presque exclusivement centrée sur la technique américaine du XIXe siècle), et il n'échappe pas au « mythe du héros », c'est-à-dire à la tentation de chercher un pionnier, un inventeur unique, une idée première derrière les inventions et les découvertes, alors que de telles questions n'ont pas réellement d'intérêt scientifique, mais faut-il absolument qu'une étude ait un intérêt scientifique ?

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La Mécanisation au pouvoir, chap. 5, § Le style Empire ou les débuts du goût dominant.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Spätbarocker und romantischer Klassizismus, 1922, Munich
  • Construire en France, construire en fer, construire en béton (1928, trad. fr. 2000), éd. de la Villette, coll. Textes fondamentaux modernes, 176 p., ISBN 2-903539-55-3
  • Préface de l'Oeuvre Complète 1929-1934 de Le Corbusier, édition Girsberger, 1935. Le Corbusier et Pierre Jeanneret, oeuvre complète, 1929-1934 (notice BnF no FRBNF318328304)
  • Espace, temps, architecture [« Space, Time and Architecture - Harvard, Cambridge Univ. Press »] (trad. Françoise-Marie Rosset), 1941, Denoël, coll. « Médiations » (réimpr. 1978, 2004), broché 11×17,5 cm, 534 p. (ISBN 2-207-23752-4, présentation en ligne), p. 43
  • La Mécanisation au pouvoir [« Mechanization takes command »] (trad. Paule Guivarch), Paris, Denoël, coll. « Médiations »,‎ 1948 (Oxford Univ. Press) (réimpr. 1980, 2004), 3 vol. (ISBN 2-282-30233-8)
  • A decade of new architecture / Dix ans d'architecture contemporaine. (1951), Zurich, 232 p.
  • Walter Gropius, work and teamwork, London, Architectural press, 1954.Walter Gropius, work and teamwork (notice BnF no FRBNF321643136)
  • L'Éternel présent en deux volumes , Bruxelles 1965-1966. L'Éternel présent : constance et changement : une contribution [« The Eternal present »] (trad. Eleonore Bille-De Mot), Éditions de la Connaissance,‎ 1965-1966, 417 et 392 p. (notice BnF no FRBNF33024788b)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Francastel, Art et technique aux XIXe et XXe siècles, vol. 7, Paris, éditions de Minuit, coll. « L’Homme et la machine »,‎ 1956 (réimpr. éd. Gallimard, 1968 (coll. Tel), ill., 308 p. ;