Sierra Nevada (Californie)

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Sierra Nevada : panorama du parc national de Yosemite
Sierra Nevada
Position de la chaîne au sein de la Californie
Position de la chaîne au sein de la Californie
Géographie
Altitude 4 421 m, Mont Whitney
Longueur 644 km
Administration
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
État Californie
Géologie
Âge 10 à 20 millions d'années
Roches Roches métamorphiques

La Sierra Nevada (« chaîne de montagnes enneigées » en espagnol) est une chaîne de montagnes élevées à l'Est de la Californie aux États-Unis. Son principal sommet est le mont Whitney (4 421 mètres). La Sierra Nevada offre une grande diversité de paysages. La variété de la faune, de la végétation et du relief dépend de l'altitude et du versant. Derrière la Sierra Nevada se trouve un grand désert : la vallée de la Mort. La chaîne offre plusieurs parcs naturels dont le Yosemite, renommé pour ses forêts, ses cascades et ses falaises granitiques.

Géographie[modifier | modifier le code]

La Sierra Nevada à Lone Pine. La photographie montre le versant oriental de la chaîne et le lac asséché d'Owens
  • La Sierra Nevada s’étire sur environ 700 km[1] du col Fredonyer au nord au col Tehachapi au sud. Elle est encadrée à l’ouest par la vallée centrale de Californie et à l’est par le Grand Bassin (Great Basin). Plus on va vers l’est, plus les altitudes augmentent régulièrement jusqu’à la ligne de crête, puis redescendent brusquement de l’autre côté. Le versant oriental domine la faille (très active) Owens (vallée de l'Owens). Nous avons donc une chaîne dissymétrique. De même, le gradient d’altitude augmente lorsque l’on se dirige vers le sud : le point culminant de la chaîne, le Mont Whitney, se trouve au sud-est.
  • Hydrologie : la majorité des cours d'eau qui naissent dans la chaîne se dirigent vers l'ouest et se jettent dans les fleuves San Joaquin ou Sacramento. Certaines rivières coulent néanmoins vers l'est et finissent dans les dépressions du Grand Bassin : c'est le cas de la rivière Walker (Nevada) ou de la rivière Carson. La rivière Owens se jetait dans le lac Owens, mais son eau a été captée par l'aqueduc menant à l'agglomération de Los Angeles à partir de 1913. Aujourd'hui le lac Owens est complètement asséché.
  • La Sierra Nevada a un climat montagnard. La chaîne bloque les précipitations venues de l'ouest sur sa crête. Les températures diminuent avec l'altitude. Par un effet de foehn, les régions du Grand Bassin, situées plus à l'est, sont des déserts d'abri où souffle un vent chaud et sec.

Au-delà de 2 500 mètres, en été, les chaleurs sèches sont modérées par des averses orageuses. La combinaison d'une végétation sèche, du faible taux d'humidité et des orages provoque des feux de forêts fréquents.

Mois Jan Fev Mar Avr Mai Jui Jui Aou Sep Oct Nov Déc Année
Temp. minimales moyennes °C -3 -2 0 2 5 9 12 11 8 4 0 -3 3,8
Températures maximales moyennes °C 9 13 15 18 23 28 32 32 30 23 14 9 20,5
Précipitations moyennes (mm) 157 155 132 76 33 18 10 8 23 53 140 142 947
Source : « Temperatures & Precipitation », site du parc national de Yosemite, données relevées à 1 220 mètres d’altitude

Sites remarquables[modifier | modifier le code]

Le point culminant de la Sierra Nevada : le mont Whitney


Géologie[modifier | modifier le code]

Le versant oriental de la Sierra Nevada, Californie

Nature des roches[modifier | modifier le code]

Carte géologique de la région de Yosemite

Géologiquement, la Sierra Nevada est un massif granitique qui s’est basculé et fragmenté par l’est, le long d’un système de cassures. Le flanc occidental de la chaîne s’est soulevé et incliné sous l’effet des forces tectoniques qui agissent toujours[2] ; des séismes secouent l’est de la chaîne (le séisme de Lone Pine, par exemple, en 1872). La vallée centrale de Californie et la vallée de l'Owens qui encadrent à l'ouest et à l'est la sierra, se sont au contraire affaissées.

Il y a plusieurs millions d’années, le granite s’est formé en profondeur par refroidissement très lent du magma, constituant de vastes intrusions magmatiques appelées batholites[3]. Le magma a aussi affecté les roches sédimentaires et volcaniques voisines, formant des couches de roches métamorphiques.

Histoire géologique[modifier | modifier le code]

Formation des roches sédimentaires et d'un arc insulaire[modifier | modifier le code]

La Sierra Nevada au parc de Yosemite

La phase la plus ancienne a lieu pendant le précambrien et le début du paléozoïque : la région de la Sierra Nevada, située alors sur une marge continentale passive, est lentement recouverte par des dépôts sédimentaires. Entre la fin du dévonien et au cours du permien, la Laurentia (ancêtre de la plaque nord-américaine), pousse vers l’ouest et entre en collision avec la plaque océanique de Farallon. Ce processus donne naissance à un arc insulaire volcanique[4] ; par le jeu de la tectonique des plaques, l’espace océanique disparaît progressivement et l’arc insulaire névadien se retrouve soudé à la plaque continentale.

Intrusions magmatiques et subduction[modifier | modifier le code]

Au cours du mésozoïque, l’orogenèse névadienne affecte l’Ouest de l’Amérique du Nord et construit une chaîne de montagne d’une altitude de 4 500 mètres, ancêtre de l’actuelle Sierra Nevada[5]. Les roches sédimentaires se trouvent portées en altitude. L’orogenèse s’accompagne de phénomène volcaniques et de remontées de magma : une première phase de plutonisme régional commence à la fin du trias et se poursuit jusqu’au jurassique, il y a environ 150 millions d’années[6]. C’est dans ce contexte que les plutons se refroidissent très lentement pour constituer des batholites, à environ 10 km de profondeur[7]. La deuxième phase de formation de roche plutonique s’étale de 120 millions à 80 millions d’années. À la fin du crétacé, l’érosion et le soulèvement des terrains mettent au jour les masses de granite. Le mouvement vertical des batholites finit par percer les strates sédimentaires, jusqu'au pliocène[8]

Entre 20 et 5 millions d’années avant notre ère, des phénomènes volcaniques affectent le nord et l’est de la Sierra Nevada : les géologues ont retrouvé des traces d’épandage de lave et de cendres, ainsi que des orgues basaltiques. Le Lyell Canyon et la Pumice Valley sont tapissées de cendre et de matériaux volcaniques[9].

Soulèvement de la Sierra Nevada et érosion glaciaire[modifier | modifier le code]

Pywiack Dome dans le Yosemite : les dômes granitiques sont les résultats de l'érosion ; les lacs proviennent en général d'anciens glaciers

Il y a 10 à 20 millions d’années, la Sierra Nevada commence à se soulever par l’est où apparaissent de nombreuses failles actives. La partie orientale de la chaîne s’élève brusquement au-dessus de l’actuelle vallée de l'Owens, alors que le versant occidental se forme en pente douce. Ce soulèvement provoque l’encaissement des cours d’eau et la surexcitation de l'érosion[10] : c’est à cette époque que les vallées fluviales se creusent avec un profil en « V » [11]. Il provoque aussi des fissures et des diaclases dans le granit qui facilite le travail de l’érosion. À la suite des phases de refroidissement de l’ère quaternaire, des glaciers se forment et érodent les vallées en modifiant leur profil (en « U » ou « vallées glaciaires » telles que les vallées de Hetch Hetchy ou de Yosemite). Ces dernières ont un fond plat et large, parfois occupé par des lacs. Les parois qui les encadrent sont escarpées et forment par endroits de véritables falaises. Enfin, les moraines représentent les traces les plus caractéristiques du passé glaciaire de la région.

Les glaciers actuels se sont formés au cours du petit âge glaciaire[12] ; ils se trouvent dans des cirques exposés au nord et à très haute altitude. Mais le réchauffement climatique actuel tend à les faire disparaître.

Flore[modifier | modifier le code]

L'étagement de la végétation

Les essences les plus représentées sont le Pin ponderosa, le Pin de Jeffrey, le Pin tordu, le Pin à écorce blanche, le Sapin du Colorado, le Sapin rouge, la Pruche subalpine, le Genévrier occidental, le Tremble et le séquoia géant[13].

La végétation est étagée, comme dans d'autres montagnes[14] :

Faune[modifier | modifier le code]

Le geai de Steller est fréquent dans la Sierra Nevada

Les mammifères qui vivent dans la Sierre Nevada sont le Cerf hémione, l'ours noir, le puma, le coyote, le lynx, le Renard roux, le Renard gris, la mouffette, l'argali, la marte, la Marmotte à ventre jaune, le pékan, le glouton et le porc-épic[13]. Le grizzli a totalement disparu en 1924[13]. Parmi les oiseaux, on peut citer le faucon, l'aigle, le pic-vert, la chouette, le balbuzard pêcheur, la caille, le geai de Steller, le martin-pêcheur, le Tétras fuligineux[13]. La chouette tachetée est une espèce menacée.

Allan Schoenherr divise la Sierra Nevada en plusieurs biotopes étagés :

  • Entre 1 500 et 2 100 mètres d’altitude, sur le flanc est : moutons, geai des pins …
  • Entre 1 000 et 2 100 mètres d’altitude, sur le flanc ouest : forêt de pins Ponderosa, Jeffrey, chêne noir de Californie, séquoia géant, mésange des montagnes, écureuil gris, ours noir d’Amérique, ours brun (également appelé grizzli) …
  • Entre 2 100 et 2 700 mètres d’altitude, versant ouest : ciguë des montagnes, genièvre de la sierra, grive ermite, tétras de la Sierra, grand hibou gris, martre, écureuil doré …
  • Entre 2 700 et 3 100 mètres ouest : forêt subalpine
  • À plus de 3 100 mètres : étage alpin avec écureuils, marmottes, mouflons ...

Histoire[modifier | modifier le code]

Habitation Miwok, musée amérindien de Yosemite

Exploration[modifier | modifier le code]

Les Amérindiens sont les premiers occupants de la sierra (tribus des Paiute à l’est et des Miwok à l’ouest). Ils font du commerce en empruntant les cols de montagne. Les archéologues ont retrouvé des pointes de flèches en obsidienne, témoins de la culture amérindienne.

En 1844, le lieutenant John C. Frémont, accompagné par Kit Carson, était le premier homme blanc à voir le lac Tahoe. Avec la fièvre de l’or, les pentes de la sierra commencent à se peupler. La California Geological Survey commence à explorer la région sous la direction de Josiah Whitney qui donna son nom au plus haut sommet de la chaîne. En 1863, ils foulent le sol du Yosemite puis, en 1864, celui du Kings Canyon.

Dénomination[modifier | modifier le code]

Sierra Nevada signifie montagne enneigée en espagnol. En avril 1776, le père Pedro Font, qui participait à la deuxième expédition de Anza, donna ce nom aux montagnes qu’il voyait au loin. Son surnom, « la chaîne de lumière », est attribué à John Muir.

Listes des principaux sommets de la Sierra Nevada[17][modifier | modifier le code]

Forêt dans le Nord de la Sierra Nevada, en Californie

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Collectif, « États-Unis », Encyclopædia Universalis, vol. 8,‎ 2002, p. 753-859 (ISSN 2852295504, lire en ligne), p.758
  2. « The Making of the Landscape », site officiel du parc national de Yosemite (page consultée le 01/03/2007, dernière modification le 22/12/2004), http://www.nps.gov/archive/yose/nature/geo_landforms.htm
  3. Ann G. Harris, Geology of National Parks : Fifth Edition, Iowa, Kendall/Hunt Publishing,1998, (ISBN 0-7872-5353-7), p.329
  4. A.G. Harris, Geology of National Parks, 1998, p. 328
  5. Jacques Debelmas, Georges Maclé, Les Grandes Structures géologiques, Masson, 2e édition, Paris, 1993, (ISBN 2-225-84169-1), p. 212
  6. A. G. Harris, Geology of National Parks, 1998, p. 329
  7. A.G. Harris, Geology of National Parks, 1998, p.337
  8. Henri Rougier, Gabriel Wackermann, Gérard Mottet, Géographie des montagnes, 2001, p. 34
  9. Henri Rougier, Gabriel Wackermann, Gérard Mottet, Géographie des montagnes, 2001, p.35
  10. Henri Rougier, Gabriel Wackermann, Gérard Mottet, Géographie des montagnes, 2001, p.37
  11. A. G. Harris, Geology of National Parks, 1998, p.339
  12. A. G. Harris, Geology of National Parks, 1998, p.340
  13. a, b, c et d (en) « Section M261E. Sierra Nevada », US Forest Service (consulté le 29-12-2009)
  14. Henri Rougier, Gabriel Wackermann, Gérard Mottet, Géographie des montagnes, Paris, Ellipses, 2001, page 69
  15. « Au cœur des parcs américains », dans Terre sauvage n°223, décembre 2006-janvier 2007, p.16
  16. Jean Demangeot, Les milieux « naturels » du globe, Paris, Armand Colin, 10e édition, 2002, p.236
  17. Source : http://www.peakbagging.com/Peak%20Lists/SPS2.htm

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) « Les Amérindiens de la Sierra Nevada », dans National Geographic France, no 61, octobre 2004
  • (fr) Henri Rougier, Gabriel Wackermann, Gérard Mottet, Géographie des montagnes, Ellipses, Paris, 2001, (ISBN 2-7298-0805-1)
  • (en) Ann G. Harris, Geology of National Parks : Fifth Edition, Iowa, Kendall / Hunt Publishing, 1998, (ISBN 0-7872-5353-7)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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