Siemens (entreprise)

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Siemens AG

Description de l'image  Siemens AG logo.svg.
Création 1847
Fondateurs Werner von Siemens
Forme juridique Aktiengesellschaft (Société par actions)
Action FWB : SIE
NYSE : SI
Siège social Drapeau d'Allemagne Munich, Bavière (Allemagne)
Direction Peter Löscher (en) (PDG)
Activité Conception, développement, fabrication et mise en marché
Produits Automation, télécommunications, matériels ferroviaires, industrie automobile, électroménager, éclairage, informatique, audiovisuel, équipement médicaux, semi-conducteurs, centrales électriques, appareils rayons X, équipements électriques, métallurgie
Effectif 405 000 (2010)
Site web www.siemens.com
Capitalisation 76,32 milliards d'euros
Chiffre d’affaires 78,296 milliards d'euros (2012)

Siemens est un groupe international d’origine allemande spécialisé dans les hautes technologies et présent dans les secteurs de l’industrie, de l’énergie et de la santé. Il a été fondé en 1847 par Werner von Siemens. Le groupe, dont le siège est à Munich, est le premier employeur privé d'Allemagne[1].

Sommaire

Histoire [modifier]

Avant la Seconde Guerre mondiale [modifier]

En 1847 Werner Siemens révolutionne la télégraphie en inventant "le télégraphe à index électrique". Le 1er octobre 1847, sur la base de cette invention, il fonde avec son ami Johann Georg Halske (1814–90) et son cousin Johann Georg Siemens (1805-79), l'entreprise Telegraphen Bau-Anstalt von Siemens & Halske et installe le 12 octobre 1847 le premier atelier au numéro 19 de la Schöneberg Strasse à Berlin. À la fin de l'année 1848, le petit atelier compte déjà 10 employés.

En 1848, Siemens construit la première ligne de télégraphe à longue distance en Europe, s'étendant sur 500 km de Berlin à Francfort-sur-le-Main. En 1850 le jeune frère, Carl Wilhelm Siemens, ouvre un bureau de représentation à Londres. Dans les années 1850, la société participe à la construction d'un réseau de télégraphe à longue distance en Russie. En 1855, une branche de l'entreprise ouvre à Saint-Pétersbourg, dirigée par un autre frère, Carl Heinrich von Siemens (en).

En 1866, Werner Siemens découvre le principe de la dynamo-électrique

En 1881, un alternateur à courant alternatif Siemens, entraîné par une turbine hydraulique, est utilisé pour alimenter le premier éclairage urbain à Godalming, Royaume-Uni. La compagnie continue de croître et se diversifie dans les trains électriques et les ampoules électriques.

En 1888, Werner Siemens est anobli et s'appelle désormais Werner von Siemens.

En 1890, le fondateur se retire et laisse les rênes de la compagnie à son frère Carl et à ses enfants Arnold et Wilhelm.

En 1897, L'entreprise Siemens devient une Société Anonyme (SA)

En 1907 et en 1911, Siemens pose les câbles téléphoniques reliant la France et l'Angleterre, à partir d'Audresselles. Ces câbles sont encore en parfait état car protégés de l'oxydation. Ils témoignent de l'excellente qualité du matériel Siemens de cette époque autant que de l'incapacité des gouvernants français à envisager véritablement une guerre avec l'Allemagne.

Pendant la Seconde Guerre mondiale [modifier]

Dans le cadre du projet nazi de « l'extermination par le travail » et de la même manière qu'un très grand nombre d'entreprises telles que BMW, Thyssen, Daimler-Benz, Krupp, IG Farben, Siemens employait de la main d'œuvre puisée parmi les déportés. Elle possédait une usine au sein même du camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz (Auschwitz-Birkenau)[2].

Après la Seconde Guerre mondiale [modifier]

Le 28 janvier 1972, Siemens crée le consortium Unidata, projet européen destiné à permettre dans les années 1970 l'émergence d'une grande industrie informatique européenne à l'identique d'Airbus dans l'aéronautique. Les compétences des trois participants étaient valorisées : la Compagnie internationale pour l'informatique (CII) recevait la maîtrise d'œuvre l'architecture des machines et le logiciel, la technologie électronique revenait à Philips, et Siemens se chargeait des périphériques mécaniques. Valéry Giscard d'Estaing élu président en 1974 mit fin au projet en 1975 : la France dénonça unilatéralement l'accord Unidata et CII fusionna avec Honeywell-Bull. Philips ne revint plus jamais dans l'informatique et Siemens rejoignit Fujitsu pour devenir un des grands constructeurs mondiaux.

Les années 90 [modifier]

En 1991, Siemens rachète Nixdorf Computer AG.

En octobre 1997 aux États-Unis, un groupe de survivants de l'holocauste intente une action en justice contre des sociétés allemandes célèbres pour leur participation aux exactions durant le régime nazi. Le 24 septembre 1998, la BBC News reporte que Siemens lançait une vaste collecte de fonds en compensation aux survivants de la Shoah. Peu de temps après, Volkswagen, qui était aussi poursuivi, a annoncé la création d'un système similaire[3].

Les années 2000 [modifier]

Au cours des années 2000, Siemens s'est recentré sur ses activités principales. Il a vendu son activité d'analyse des matériaux par rayons X à son compatriote Bruker en 1997, cédé en Bourse son activité semi-conducteurs en 2000 (Infineon), vendu son activité téléphones mobiles au taïwanais BenQ en 2005, regroupé ses activités de réseaux de télécommunications mobiles avec celles du finlandais Nokia en 2006, cédé son activité équipements automobiles Siemens VDO à son compatriote Continental AG en 2007, vendu sa filiale de hardware informatique au japonais Fujitsu en 2009, vendu son activité de services informatiques au français Atos Origin en décembre 2010, vendu son activité centrales nucléaires à Areva en avril 2011, et envisage de céder en Bourse une partie de son activité éclairage Osram à l'automne 2011.

Le 18 juin 2006, Nokia et Siemens annoncent la fusion de leurs activités de réseaux de télécommunication, donnant ainsi naissance à un géant mondial : Nokia Siemens Networks[4].

Le 24 janvier 2007, la Commission européenne, représentée par la commissaire à la Concurrence Nelly Kroes, a condamné Siemens ainsi que neuf autres entreprises opérant dans le secteur des appareillages de commutation pour entente illégale qui viole les règles des traités européens. Siemens a été condamnée à verser une amende de 418 millions d'euros au budget européen[5].

Le 29 novembre 2007, le groupe Siemens emploie 430 000 salariés à travers le monde.

En décembre 2008, Siemens -coté à la bourse de New-York et ayant son siège en Allemagne- est condamnée, par les justices américaine et allemande, à payer une amende totale de 980 millions d'euros pour « corruption » et « lacunes dans son contrôle de gestion »[6],[7].

Le 7 octobre 2010, Siemens remporte la commande de 10 trains à grande vitesse auprès de la compagnie ferroviaire transmanche Eurostar[8].

Fin 2010, le groupe Siemens emploie 405 000 salariés à travers le monde. Présent dans 190 pays, il réalise un chiffre d’affaires de 75,978 milliards d’euros[9].

En décembre 2010, Siemens vend sa filiale Siemens IT Solutions and Services (SIS) à la SSII française Atos Origin pour 850 millions d'euros, et crée la plus importante SSII d'Europe dont Siemens détient 15 %[10].

En février 2011, Siemens décroche le contrat de gestion de Source London (en), un réseau de 1300 stations de charge pour voitures électriques à Londres, dont le but est de pouvoir alimenter 100 000 voitures électriques en 2013[11].

Siemens annonce en avril 2011 la cession de sa part de 34 % dans le capital d'Areva NP, filiale du fabricant de centrales électriques nucléaires français Areva. Cette participation était issue du rapprochement des activités nucléaires de l'allemand avec Framatome en janvier 2001[12]. Cette transaction ouvre la voie à Siemens pour une nouvelle coopération dans les centrales nucléaires, cette fois avec le russe Rosatom[13].

En avril 2011, Siemens annonce la commande de 300 trains à grande vitesse ICx par la Deutsche Bahn, à livrer d'ici 2030, pour environ 6 milliards d'euros[14]. Siemens est actuellement le numéro trois mondial des trains à grande vitesse avec 214 rames en circulation dans le monde en 2010, derrière Alstom (611 rames en circulation) et Hitachi-Kawasaki (345)[15]. En octobre 2010, Siemens avait déjà été sélectionné par Eurostar pour la fourniture de 10 rames de train à grande vitesse au détriment du fournisseur traditionnel Alstom[16].

Siemens envisage d'introduire en Bourse à l'automne 2011 son activité éclairage Osram, numéro deux mondial de son secteur derrière Philips mais devant General Electric. Osram, 4.7 milliards d'euros de chiffre d'affaires, appartient à Siemens depuis 1920[17]. C'est la seule activité de Siemens n'en portant pas la marque[18].

Le 18 septembre 2011, le groupe annonce qu'il renonce à ses activités dans le domaine du nucléaire civil pour se consacrer davantage aux productions d'énergies renouvelables. Cette annonce fait suite à la prise de conscience de la société civile et politique allemande au sujet des risques nucléaires (fukushima 2011)[19].

Domaines [modifier]

Locomotive Siemens, avec l'ancien logo de la ÖBB
Un appareil IRM fabriqué par Siemens
Une turbine Siemens

Les différentes divisions du groupe Siemens en 2013 sont[20] :

  • Industrie
    • Automatisation
    • Entraînements
    • Services
    • Traitement de l'eau
    • Mécanique de grande dimension
  • Énergie
    • Énergies fossiles
    • Énergies renouvelables dont Siemens Wind Power
    • Oil & Gas
    • Transmission d'énergie
    • Services
  • Santé
    • Imagerie médicale, radiothérapie (scanner IRM, échographie, radiologie, radiologie digitale, médecine nucléaire, distribution d'images (PACS), coronarographies, radiologie interventionelle)
    • Diagnostics de laboratoire (Automates d'analyses médicales et réactifs pour analyses de Biologie médicale)
    • Prothèses auditives (Audioprothèse)
  • Infrastructure & Cities
    • Technologies du bâtiment (Efficacité énergétique, Chauffage, Ventilation, Climatisation, Détection incendie, Contrôle d'accès, Gestion horaire)
    • Eclairage (Osram)
    • Systèmes de transport (Métro dont le système VAL, Rames automotrices Desiro, Trains à grande vitesse ICE, Velaro, Trains à sustentation magnétique Transrapid, Systèmes de sécurité)
    • Distribution d'énergie

Siemens en France [modifier]

Quelques années après la création de l’entreprise en 1847, les premières succursales Siemens ont vu le jour et notamment en France en 1878 avec la fondation de la société « Siemens Frères », à Paris[21].

En 2010, Siemens en France compte environ 8000 collaborateurs, 7 sites de production, 9 centres de R&D et 6 centres de compétences mondiaux. Le groupe a enregistré un volume d'entrées de commande de 2,5 milliards d’euros (au 30/09/2010)[22]. L’entreprise est dirigée par Christophe de Maistre, depuis le 7 février 2011[23] (prédécesseur : Philippe Carli).

Direction de l'entreprise [modifier]

Siemens à Munich

Directoire [modifier]

Forum Siemens à Munich
  • Peter Löscher (en), président du directoire[24]
  • Wolfgang Dehen
  • Brigitte Ederer
  • Joe Kaeser
  • Barbara Kux
  • Hermann Requardt
  • Siegfried Russwurm
  • Peter Y. Solmssen

Données financières [modifier]

Données financières en millions d'euros
Années 2003 2004 2005 2006
Chiffre d'affaires (en milliards d'euros) 73.3 87.3
Résultat d'exploitation
Résultat net après impôt
Fonds propres
Dettes financières

Données boursières [modifier]

  • Actions cotées à la bourse de Francfort
  • Membre de l'indice DAX30, Dow Jones Stoxx 50, Global Titan et S&P Global 100.
  • Code Valeur ISIN = DE0007236101
  • Valeur nominale = euro
Données boursières au 1er janvier
Années 2004 2005 2006
Nombre d'actions cotées en millions
Capitalisation boursière en millions d'euros
Nombre de transactions quotidiennes

Actionnaires principaux en mars 2008[25] [modifier]

  • Von Siemens-Vermögensverwaltung GmbH 6,2 %
  • UBS AG 3,84 %
  • Werner Siemens-Stiftung 3,034 %

Notes et références [modifier]

  1. Siemens va créer 10 000 emplois en 2007, LeFigaro.fr, 09/08/2007
  2. Hannah Arendt: Eichmann in Jerusalem. Ein Bericht von der Banalität des Bösen. München 1964. ISBN 978-3-492-24822-8, S. 163.
  3. Siemens sets up Holocaust fund, news.bbc.co.uk, 24/09/1998
  4. L'action de Nortel chute à la suite de la fusion de Nokia et Siemens, Presse Canadienne, 2006-06-19
  5. Communiqué de la Commission européenne
  6. « Siemens condamné à près d'un milliard d'euros d'amende », Le Monde, 15 décembre 2008, [lire en ligne]
  7. « Siemens paie un milliard d'euros pour « effacer » la corruption », La Croix, 17 décembre 2008.
  8. Eurostar préfère Siemens à Alstom
  9. The Company, Siemens 2011
  10. Atos Origin : mariage avec Siemens SIS !, sur boursier.com, 15 décembre 2010
  11. Siemens va gérer les 1300 stations de charge pour voitures électriques de londres, sur latribune.fr, 15 février 2011
  12. Le départ de Siemens va obliger Areva à trouver un nouveau partenaire, sur rtl.be, 24 janvier 2009
  13. Siemens cède ses parts dans Areva NP à Areva, sur latribune.fr, 11 avril 2011
  14. La Deutsche Bahn commande 300 trains à grande vitesse à Siemens, sur latribune.fr, 22 avril 2011
  15. La bataille mondiale de la très grande vitesse, sur lefigaro.fr, 22 septembre 2010
  16. Eurostar préfère désormais rouler allemand, sur latribune.fr, 7 octobre 2010
  17. Les conglomérats ont-ils raison de lacher leurs activités grand public ?, sur latribune.fr, 23 avril 2011
  18. Siemens introduira en Bourse Osram cet automne, sur latribune.fr, 29 mars 2011
  19. LeFigaro.fr économie du 18 septembre 2011
  20. Nos produits, solutions et services, sur siemens.com. Consulté le 13/01/2013
  21. Siemens in France
  22. Chiffres clés, Siemens France
  23. Christophe de Maistre prend la tête de Siemens France, Usinenouvelle.com
  24. Chiffres clés, Siemens France
  25. Sueddeutsche Zeitung

Voir aussi [modifier]

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Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]