Colette

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Colette

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Portrait de Colette en 1932.

Nom de naissance Sidonie-Gabrielle Colette
Activités écrivaine
Naissance 28 janvier 1873
Saint-Sauveur-en-Puisaye (France)
Décès 3 août 1954 (à 81 ans)
Paris (France)
Langue d'écriture français
Genres Roman

Œuvres principales

Signature

Signature de Colette

Sidonie-Gabrielle Colette, dite Colette, née le 28 janvier 1873 à Saint-Sauveur-en-Puisaye (Yonne) et morte le 3 août 1954 à Paris, est une femme de lettres française, connue surtout comme romancière, mais qui fut aussi mime, actrice et journaliste[1].

Après Judith Gautier en 1910, Colette est la deuxième femme élue membre de l’Académie Goncourt en 1945. Elle en est également la première femme présidente, entre 1949 et 1954.

Biographie[modifier | modifier le code]

Colette en 1896, par Jacques Humbert.

Gabrielle est la dernière des quatre enfants (deux filles et deux garçons) de Sidonie Landoy, dite Sido, et du capitaine Jules-Joseph Colette, saint-cyrien, zouave qui a perdu une jambe lors de la bataille de Melegnano et devenu percepteur[2]. Elle passe une enfance heureuse à Saint-Sauveur-en-Puisaye, un gros village de Bourgogne[3]. Adorée par sa mère comme un « joyau tout en or » au sein d’une nature fraternelle, elle reçoit une éducation laïque. Sido, féministe et athée convaincue qui ne craint pas de troubler le curé de Saint-Sauveur avec son chien ou de lire Corneille caché dans un missel, lui apprend l'art de l'observation, notamment dans le jardin donnant sur la cour de la maison.

La jeune Gabrielle lit très tôt les grands classiques et prend des leçons de français et de style auprès de son père, grand lecteur de journaux. Sido ayant des goûts de luxe que son mari ne sait lui refuser, la famille ruinée doit quitter Saint-Sauveur et s’installe en novembre 1891 à Châtillon-sur-Loing[4]. Adolescente, Gabrielle rencontre Henry Gauthier-Villars, séducteur compulsif surnommé « Willy », avec qui elle se marie le 15 mai 1893 à Châtillon-sur-Loing.

Willy, critique musical très influent et auteur de romans populaires, est un viveur parisien qui fait également travailler à son profit une équipe de collaborateurs dans son atelier parisien de la maison d’édition Gauthier-Villars au 55 quai des Grands-Augustins, au dernier étage duquel le couple s'installe. Il introduit sa jeune femme dans les cercles littéraires et musicaux de la capitale où la jeune femme fait sensation avec l'accent rocailleux de sa Bourgogne natale. Surpris par les dons d’écriture de sa jeune épouse, Willy l'utilise elle aussi comme nègre littéraire (le premier manuscrit de Colette date de 1893)[5]. En 1895 il l’engage à écrire ses souvenirs d’école, qu’il signe sans vergogne de son seul nom. Ainsi parait, sous le nom du seul Willy, Claudine à l'école, bientôt suivi d’une série de Claudine (La Maison de Claudine, Claudine à Paris, Claudine en ménage, etc.).

Willy entretient, entre autres, une liaison avec la femme d'Émile Cohl, Marie-Louise Servat, dont il a eu un fils, Jacques Henry Gauthier-Villars, né avant que son père ne commence à fréquenter Colette, en 1889, et donc bien leur mariage ; c'est d'ailleurs en mettant cet enfant en nourrice à Châtillon-Coligny qu'il rencontre Colette. Colette, jalouse et consternée d'être enfermée dans un rôle d’épouse bafouée, se libère de plus en plus de cette tutelle. En 1905, elle publie les Dialogues de bêtes sous le nom de Colette Willy.

Pour gagner sa vie, encouragée par le comédien et mime Georges Wague (1874-1965), elle poursuit de 1906 à 1912 une carrière au music-hall, où elle présente des pantomimes orientales (« la première mime féminine de mon temps » écrit-elle) dans des tenues très légères (la Préfecture de Police interdit notamment son spectacle de pantomime nu sous une peau de panthère)[6], puis se produit au théâtre Marigny, au Moulin Rouge, au Bataclan ou en province (ces spectacles transparaîtront dans La Vagabonde ou L’envers du music-hall). Ce sont des années de scandale et de libération morale : après son divorce d'avec Willy en 1906, elle vit plusieurs aventures féminines, notamment avec Mathilde de Morny (Missy), fille du duc de Morny et sa partenaire sur scène, en 1911, chez qui elle vit le plus souvent et qui lui a offert la villa Roz Ven à Saint-Coulomb en Bretagne, ou avec Natalie Clifford Barney dite « l'Amazone ». Durant toute cette période, Colette chemine aussi dans sa vocation d'écrivain. Elle publie des ouvrages évoquant ces années, comme La Vagabonde, L'Envers du music-hall ou En tournée.

Colette mime, en 1907.

« Vu le commis voyageur Willy bardé de jeux de mots et d'à-peu-près à rendre jaloux le plus exubérant rat-de-table d'hôtes. Près de lui Colette, plus Polaire que jamais, avec sa mine d'enfant gâté et méchant, de cancre femelle, insupportable et contente d'elle[7]. »

Après une brève liaison avec Auguste-Olympe Hériot, rencontré à la fin de 1909, elle fait la connaissance de Henry de Jouvenel, politicien et journaliste, qu'elle épouse en 1912 et qui l'engage à donner quelques billets et reportages au journal Le Matin, dont il est le rédacteur en chef. De lui, à Castel Novel de Varetz en Corrèze, elle a son seul enfant, Colette Renée de Jouvenel, dite « Bel-Gazou » (« beau gazouillis » en provençal). À plus de quarante ans, alors que son mari la trompe, elle initie à l'amour le fils de son époux, Bertrand de Jouvenel qui n'a pas encore dix-sept ans. Cette relation qui dure cinq années nourrit les thèmes et les situations dans Le Blé en herbe[8]. En ce qui concerne Chéri, c'est un fantasme devenu réalité, puisque le livre publié en 1920 a été conçu en 1912, soit quelques années avant sa liaison avec Bertrand de Jouvenel. Le divorce d'avec Henry de Jouvenel sera prononcé en 1923. Comme elle le fera pour Willy dans Mes apprentissages, Colette se vengera de son ex-mari par un roman, Julie de Carneilhan.

En juin 1919, Colette, directrice littéraire du journal Le Matin, contacte Léopold Marchand, figure marquante du théâtre entre les deux guerres, pour contribuer à une nouvelle rubrique dénommée Mille et un Matins. C'est au Matin que Colette embauche Hélène Picard, qui devient par la suite son amie, comme secrétaire. Colette invite Léopold Marchand dans sa demeure bretonne de Roz Ven à Saint-Coulomb près de Saint-Malo[9]. En 1921, Léopold Marchand collabore avec Colette à l’adaptation théâtrale de Chéri. Il s'occupe de la mise en scène de Chéri et joue même un rôle[10]. En 1923, Léopold Marchand adapte pour le théâtre le roman de Colette La Vagabonde[11]. Colette a publié dans La Jumelle noire l'ensemble des critiques littéraires qu'elle a écrites sur les pièces de Léopold Marchand.

Mélomane avertie, Colette collabore avec Maurice Ravel entre 1919 et 1925 pour la fantaisie lyrique L'Enfant et les Sortilèges. Elle a été l'amie de la reine Élisabeth de Belgique, de Marguerite Moreno, de Renée Vivien, et a eu quelques brouilles avec la célèbre demi-mondaine de la Belle Époque, Liane de Pougy.

Elle rencontre son troisième mari, Maurice Goudeket, en accompagnant son amie Marguerite Moreno, chez Madame Andrée Bloch-Levalois, au début de l'année 1925.

Colette dans son appartement de l'hôtel Claridge, 74 avenue des Champs-Élysées à Paris, en 1932.

Colette fréquente assidûment la Côte d'Azur. Elle séjourne un temps dans sa villa de Guerrevieille, à Sainte-Maxime, puis elle s'installe plus longuement à La Treille-Muscate, à Saint-Tropez (auquel elle consacre de nombreux essais ou romans comme La Naissance du jour, Bella Vista, Prisons et paradis ou Journal à rebours), qu'elle quitte en 1938 en se plaignant de l'affluence trop importante de touristes à la suite de la promotion de son maire Léon Volterra. Colette vend alors sa villa à l'acteur Charles Vanel.

En 1932, Colette, qui a besoin de gagner sa vie, ouvre rue de Miromesnil à Paris un institut de beauté qui ne reçoit pas le succès escompté et ferme assez rapidemment[6].

Pendant l'Occupation, Colette séjourne quelques mois chez sa fille en Corrèze dans le village de Curemonte puis revient à Paris, avec Maurice Goudeket (qu'elle sauva de la Gestapo), passer toute la durée de la guerre dans son appartement du Palais-Royal au 9 de la rue de Beaujolais[Note 1]. Immobilisée dans sa « solitude en hauteur » dans son « lit-radeau » (offert par la Princesse de Polignac) par une arthrite de la hanche, elle continue d'écrire à partir des fenêtres, véritables portes ouvertes sur le monde[12].

En 1945, Colette est élue à l'unanimité à l'Académie Goncourt, dont elle devient présidente en 1949. Ayant vite compris que la célébrité passe par la maîtrise de son image, elle devient l'écrivain la plus photographiée du XXe siècle[5]. Les Œuvres complètes de Colette sont publiées en quinze volumes par la maison d'édition Le Fleuron, créée par Maurice Goudeket. En 1952 elle interprète son propre personnage dans le documentaire que lui consacre Yannick Bellon intitulé simplement Colette et qui est devenu un classique du genre, puisqu'il s'agit du seul film qu'elle interprète. En 1953, elle est élevée à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur[Note 2]. Elle compte Jean Cocteau parmi ses voisins. Sur ses vieux jours, celui qu'elle surnomme « son meilleur ami », c'est-à-dire Maurice Goudeket, l'aide à supporter son arthrose. Elle meurt le 3 août 1954.

En dépit de sa réputation sulfureuse et du refus par l'Église catholique d'un enterrement religieux, Colette est la première femme à laquelle la République ait accordé des obsèques nationales[13]. Elle est enterrée au cimetière du Père-Lachaise à Paris[Note 3]. Sa fille repose à ses côtés.

tombe de Colette (cimetière du Père Lachaise)

Les enjeux de l'écriture[modifier | modifier le code]

Colette arrive à se démarquer de ses contemporains (André Gide, Romain Rolland ou encore Jean Giraudoux) grâce aux sujets qu'elle aborde. Elle montre un style épuré mais élevé. Elle trouve sa place parmi les romanciers régionalistes qui se sont imposés durant l'entre-deux-guerres, à travers, entre autres, les descriptions de sa région natale, la Bourgogne[14].

Une attention croissante à la justesse des mots, notamment lorsqu’ils sont chargés d'exprimer l'effusion dans la nature, une sensualité librement épanouie pour revendiquer les droits de la chair sur l'esprit et ceux de la femme sur l’homme, voilà quelles sont les lignes de force de cette écriture.

Par ailleurs, l'écriture de Colette est plus complexe et moderne qu'elle ne semble le laisser supposer au premier abord.

Palais Royal, sa « petite province » et sa dernière demeure.

En 1999, Serge Doubrovsky, inventeur du terme moderne d'autofiction qu'il appréhende en dernier ressort comme une variante de l'autobiographie, considère Colette comme une pionnière illustrant sa conception : « On découvre quand même chez Colette, un livre qui s'appelle La Naissance du jour qui a paru en 1928 et qui, à l'origine, portait sur son péritexte le sous-titre roman. Et dans le roman de Colette, La Naissance du Jour, on trouve un personnage de femme âgée qui s'appelle Colette. Ensuite, on apprend qu'elle a écrit les Claudine. Bref, elle s'est mise en scène comme le personnage d'un roman écrit par Colette sur Colette[15]. »

Colette et la Belgique[modifier | modifier le code]

Les liens entre Colette et la Belgique sont étroits. Son grand-père combattit à la bataille de Waterloo, son oncle fut directeur des casinos d'Ostende et sa mère, Sidonie Landoy, dite « Sido », au décès de ses parents, alla rejoindre ses frères journalistes à Bruxelles où elle vécut de longues années. À l'âge de six ans, elle a séjourné dans la commune de Saint-Josse-ten-Noode au numéro 25 de la rue Botanique[réf. nécessaire].

Contre toute attente, Sido a découvert et partagé la vie d'artistes en vue : peintres, écrivains et musiciens. Mais sans dot ni métier, elle s'est résignée au mariage et est repartie dans l'Yonne. Cependant elle n'oublia pas la Belgique et conta ses charmes à sa fille, Colette. Dans les Lettres à Missy, Colette fait plusieurs fois mention de ses passages à Liège ou à Bruxelles où elle se rendait lors de ses tournées et séjournait notamment à l’hôtel Métropole — qui existe toujours place de Brouckère. Le 14 mai 1909, lors d'une étape de sa tournée Claudine à Liège, Colette se laisse séduire par la ville, la trouvant « la plus française des villes belges » — par allusion aux grands magasins qui s'y développaient, comme à Paris.

Elle séjourne aussi plusieurs fois à Bruxelles, notamment du 4 au 17 février 1910, où elle présente La Chair — pièce de Georges Wague — qui fera scandale car elle y paraissait dévêtue. Dans son édition du 6 février, le journal Le Soir relate cet événement avec un grand engouement pour les comédiens : « La pantomime La Chair qui a eu un grand succès à Paris et sur laquelle M. Chantrier a écrit une musique charmante, a été interprétée avec conviction par Colette Willy, Christine Kerf et Georges Wague ».

En 1922, Georges Simenon, alors rédacteur au journal liégeois La Gazette de Liège, se rend à Paris et rencontre Colette, directrice littéraire du journal « Matin ». Il travaille comme secrétaire chez l’écrivain Binet-Valmer et commence à lui envoyer des textes. Dans un premier temps, Colette les refusera tous. Pourtant, « la petite idole » retient enfin son attention malgré le scepticisme quant à son écriture. En effet, elle le jugera trop littéraire et lui conseillera de ne pas faire de la littérature. Simenon ne le comprit pas directement mais essaya une écriture plus simple. Le 27 septembre 1923, la romancière accepte finalement de le publier. Simenon rendra hommage plus tard aux précieux conseils reçus de l'écrivaine. Lorsque Colette fut primée à l’Académie Goncourt, le 2 mai 1944, elle reçut une lettre de Simenon la félicitant. Elle y répondit : « Cher Simenon, merci. Tout le monde est si gentil que je n’ai plus de papier à lettres ! Je viens de lire La Fuite de Monsieur Monde. Cette profonde tristesse de vos héros me frappe beaucoup. Une grande poignée de main. »

L’Académie royale de langue et littérature françaises élit Colette en remplacement de la comtesse de Noailles. L’honneur fut reçu par Colette et la décision approuvée par le roi Léopold III malgré les reproches de son commerce esthétique et sa relation avec Mathilde de Morny, dite Missy. Même la reine Élisabeth, son amie et mère de Léopold III, lui adressa une lettre de félicitations.

Colette rencontra la reine Élisabeth de Bavière en novembre 1931. Elle rapporte cette rencontre dans Paris-Soir, le 13 octobre 1938. Elle décrit la beauté de la jeunesse persistante de cette reine-artiste. Leur amitié a duré jusqu’à la mort de la romancière. Colette accueillit la reine chez elle le 2 avril 1946, après son élection à l’Académie Goncourt. Alors qu’elle commençait à avoir certaines difficultés à marcher dues à son arthrite, la reine se rendit à plusieurs reprises à son chevet. Toutefois, si elle ne pouvait rendre visite à Colette, elle lui envoyait des lettres, des présents et des promesses de visite. Cette promesse fut tenue le 10 mars 1949. C’est lors de ces retrouvailles que Colette offrit son unique exemplaire de Pour un herbier. Quatre jours plus tard, elle décrivait la reine Élisabeth dans Les Lettres aux Petites Fermières : « C’est une des rares créatures qui inspirent le dévouement, tant elle est prodigue d’elle-même. » De même que pour la reine, Colette comptait parmi ses amis particuliers.

Le 14 novembre 1954 un hommage a été rendu à Colette au Palais des beaux-arts de Bruxelles, en présence de Maurice Goudeket, son mari et de la reine Élisabeth. La reine assista également à la réception de Jean Cocteau à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, qui reçut la place de Colette.

Colette et la bisexualité[modifier | modifier le code]

Willy, Colette et Polaire
Dessin satirique de Sem.

La bisexualité tient un rôle primordial dans la vie de Colette, autant dans son existence personnelle que dans son œuvre artistique[16].

Si son mari Henry Gauthier-Villars exige d'elle une fidélité hétérosexuelle (que lui-même ne respecte pas), il n'a aucune objection à ce que Colette expérimente une vie extra-maritale avec des femmes[17]. En 1906, Colette quitte son mari et s'engage plus ou moins publiquement dans une relation amoureuse avec la marquise de Belbeuf[17]. Un soir, Colette et la Marquise choquent l'audience durant une représentation au Moulin Rouge aux tonalités ouvertement homoérotiques : une scène de baiser entre les deux femmes cause un énorme scandale[18], cette affaire déclenchant jusqu'à l'intervention du préfet de police de Paris[19],[20]. Après cet épisode lesbien, Colette se marie avec Henry de Jouvenel en 1912, dont elle était tombée éperdument amoureuse lors de sa première rencontre quelques mois auparavant[21]. De ce mariage est issue une fille[18]. Après une liaison avec le jeune fils du premier mariage de son mari, Bertrand de Jouvenel, âgé de 17 ans, Colette s'est finalement mariée une troisième et dernière fois, à Maurice Goudeket en 1935[21].

Du côté de sa production littéraire, la bisexualité est également un élément récurrent de son œuvre[22], à commencer par sa série de romans Claudine, ses tous premiers romans[16], qui dépeignent, outre la protagoniste, de nombreuses femmes bisexuelles[23]. Ainsi, une partie des thèmes abordés dans sa littérature est autobiographique[17]. Colette est également l'auteur d'un ouvrage de réflexion sur l'Amour et la sexualité, Le Pur et l'Impur, qui puise dans des exemples d'expériences hétérosexuelles comme homosexuelles[24].

Pour toutes ces raisons, Colette a été étiquetée « Reine de la bisexualité » par Julia Kristeva[25].

Postérité[modifier | modifier le code]

En 1956, on fonde la Société des amis de Colette[Note 4], association reconnue d'utilité publique qui publie depuis 1977 les Cahiers Colette, rassemblant des inédits de l'auteur, des témoignages et des études originales[6].

Un musée Colette a été créé dans le château dominant la maison natale de Colette, maison bourgeoise sise rue de l’Hospice - devenue rue Colette.

Le 29 septembre 2011, la Société des amis de Colette avec l'aide de l'État acquiert pour 300 000 euros la maison natale de Colette[Note 5] de Saint-Sauveur-en-Puisaye, en vente depuis 2007. Cette maison bourgeoise à la façade austère avec ses jardins du bas et du haut, rejoint l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques et est destinée à être réhabilitée pour obtenir le label des Maisons des Illustres[5].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Couverture de Claudine à l'école.
Caricature de Sem
  • 1938 : La Jumelle noire (quatre tomes de recueil de critiques littéraires et cinématographiques : tome I (1934), tome II (1935), tome III (1937), tome IV (1938))
  • 1939 : Le Toutounier (suite de Duo)
  • 1940 : Chambre d'hôtel
  • 1941: Julie de Carneilhan
  • 1941 : Journal à rebours
  • 1943 : Le Képi
  • 1943 : Nudité
  • 1944 : Gigi
  • 1944 : Paris de ma fenêtre
  • 1946 : L'Étoile Vesper
  • 1949 : Le Fanal bleu
  • 1953 : Paradis Terrestre

Posthume

  • 1955 : Belles Saisons (Flammarion).
  • 1958 : Paysages et Portraits (Flammarion).

Correspondances[modifier | modifier le code]

  • 2003 : Lettres à sa fille (1916-1953), réunies, présentées et annotées par Anne de Jouvenel, Gallimard, collection Blanche. (Réédition Gallimard, collection Folio (No 4309), 2006).
  • 2009 : Lettres à Missy, édition présentée et annotée par Samia Bordji et Frédéric Maget, Paris, Flammarion.
  • 2004 : Colette Lettres à Tonton (1942-1947) réunies par Robert D., édition établie par François Saint Hilaire, Édition Mille et Une Nuits Colette n°437
  • 2012 : Sido, Lettres à Colette, édition présentée et annotée par Gérard Bonal, éditions Phébus.
  • 2014 : Un bien grand amour. Lettres de Colette à Musidora, présentées par Gérard Bonal, L'Herne.

Autres publications posthumes[modifier | modifier le code]

Illustration de Lelong
pour Les Vrilles de la vigne, 1930
Toby-chien par Lelong
Les Vrilles de la vigne, 1930
  • 1992 : Histoires pour Bel-Gazou (nouvelles), Hachette, Illustrations Alain Millerand
  • 2010 : Colette journaliste : Chroniques et reportages (1893-1945), inédit. Présentation de G. Bonal et F. Maget.
  • 2011 : J'aime être gourmande, présentation de G. Bonal et F. Maget - introduction de G. Martin, coll. Carnets, L’Herne, Paris.

Au théâtre[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Scénario[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Colette figure sur une pièce de 10 € en argent éditée en 2012 par la Monnaie de Paris pour représenter sa région natale, la Bourgogne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Plaque sur la maison.
  2. L'accession de Colette aux grades successifs de la Légion d'honneur ne fut pas sans provoquer des remous, comme en témoignent les échanges de courriers produits sur la base Léonore.
  3. Son tombeau (un livre ouvert) a été conçu par l'architecte Jean-Charles Moreux.
  4. Site de la Société des amis de Colette
  5. Voir le site de la maison de Colette.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Colette était aussi grand reporter », article sur lefigaro.fr du 3 août 2014.
  2. Biographie de Colette, écrivain et artiste.
  3. Voir la photographie de la maison d'enfance de Colette sur evene.lefigaro.fr
  4. Colette à Saint-Sauveur-en-Puisaye et Châtillon-sur-Loing.
  5. a, b et c Frédéric Maget, Président de La Société des Amis de Colette dans l'émission La Marche de l'Histoire, Colette en ses demeures, 28 novembre 2011
  6. a, b et c Franck Ferrand, « Colette, un style », émission Au cœur de l'histoire sur Europe 1, 13 septembre 2012.
  7. journal de Gaston Chérau, 31 juillet 1904 (no 153 du catalogue du cinquantenaire de sa mort, Paris et Niort, 1987 p. 99, archives pers.)… qui deviendra ensuite son ami et lui enverra le dixième exemplaire de tête de l'édition de 1919 du Monstre - no 165 du cat. de la vente d'autographes, livres, documents et manuscrits « Colette » à Paris le 27/02/1986 - archives pers.)
  8. Delphine de Malherbe, L’Aimer ou le fuir : Colette héroïne de roman, Plon,‎ 2011, 124 p..
  9. Colette et Léopold Marchand.
  10. Adaptation théâtrale de Chéri par Léopold Marchand.
  11. Liaison épistolaire entre Colette et Léopold Marchand, page 8.
  12. Alberto Manguel, Une Histoire de la lecture, Actes Sud, 1998, 432 p.
  13. Julia Kristeva, Le génie féminin : La vie, la folie, les mots, vol. 3 : Colette, Fayard,‎ 2002, 621 p. (ISBN 9782213607719), p. 103.
  14. Benoît Denis, Histoire de la littérature, XIXe au XXIe siècle, Presses de l'ULG, Liège, 2009.
  15. Alex Hugues, Entretien avec Serge Doubrovsky, à l'occasion de la parution de Laissé pour conte, en janvier 1999.
  16. a et b (en) Donald E. Hall, « Bisexual literature », glbtq: An Encyclopedia of Gay, Lesbian, Bisexual, Transgender, and Queer Culture, glbtq, Inc. 1130 West Adams Chicago, IL, 60607, (2002), p. 4
  17. a, b et c (en) Robert Aldrich, Garry Wotherspoon, Who's Who in Gay and Lesbian History Vol.1: From Antiquity to the Mid-Twentieth Century, Routledge, 528 pages (2002), p. 102
  18. a et b (en) Ann, Cothran, « Colette », glbtq: An Encyclopedia of Gay, Lesbian, Bisexual, Transgender, and Queer Culture, glbtq, Inc. 1130 West Adams Chicago, IL, 60607, (2002), p. 1.
  19. (en) Robert Aldrich, Garry Wotherspoon, Who's Who in Gay and Lesbian History Vol.1: From Antiquity to the Mid-Twentieth Century, Routledge, 528 pages (2002), p. 102-103.
  20. « Colette, le Parfum du scandale », portrait sur le site officiel du Moulin Rouge.
  21. a et b (en) Robert Aldrich, Garry Wotherspoon, Who's Who in Gay and Lesbian History Vol.1: From Antiquity to the Mid-Twentieth Century, Routledge, 528 pages (2002), p. 103.
  22. (en) Terry Castle, The Literature of Lesbianism: A Historical Anthology from Ariosto to Stonewall, Columbia University Press, 1110 pages (2013), p. 883.
  23. Jennifer Waelti-Walters, Damned Women: Lesbians in French Novel, McGill-Queen's Press - MQUP, 284 pages, (2000), p. 67.
  24. (en) Ann, Cothran, « Colette », glbtq: An Encyclopedia of Gay, Lesbian, Bisexual, Transgender, and Queer Culture, glbtq, Inc. 1130 West Adams Chicago, IL, 60607, (2002), p. 2.
  25. Julia Kristeva, « La révolte intime : Colette », Séminaire doctoral à l'Université Paris Diderot, 2012 (Présentation sur le site personnel de Julia Kristeva)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Jeanne Viel, Colette au temps des Claudine, Paris, Publications essentielles, 1978.
  • Michèle Sarde, Colette, libre et entravée, Paris, Seuil, 1978
  • Geneviève Dormann, Amoureuse Colette, Paris, Albin Michel, 1985
  • Herbert Lottman, Colette, Paris, Fayard, 1990
  • Claude Francis et Fernande Gontier, Colette, Paris, Perrin, 1997
  • Jean Chalon, Colette, l'éternelle apprentie, Paris, Flammarion, coll. Grandes biographies, 1997
  • Michel del Castillo, Colette, une certaine France, Paris, Stock, 1999
  • Claude Pichois et Alain Brunet, Colette, biographie critique, Paris, de Fallois, 1999
  • Hortense Dufour, Colette, La vagabonde assise, Paris, Éditions du Rocher, 2000
  • Gérard Bonal et Michel Remy-Bieth, Colette intime, Paris, Phébus, 2004
  • Sylvain Bonmariage, Willy, Colette et moi, Paris, Anagramme éditions (réédition, avec une préface de Jean-Pierre Thiollet), 2004
  • Macha Méril, Sur les pas de Colette, Presses de la Renaissance, 2007
  • Madeleine Lazard, Colette, Paris, Gallimard, 2008
  • Gérard Bonal, Colette, Paris, Perrin, 2014
Études critiques
  • Marcelle Biolley Godino, L'homme-objet chez Colette, Éd. Klincksieck, 1972
  • Gérard Bonal, Colette par moi-même, Paris, Ramsay, 1982
  • Michel Gauthier, La Poétique de Colette, Paris, Klincksieck, 1989
  • Marie-Christine et Didier Clément, Colette gourmande, Albin Michel, 1990
  • Marie-Christine Bellosta, Colette, L’Hymne à l’univers, Paris, Belin, 1990
  • (en) Lynne Huffer, Another Colette : The Question of Gendered Writing, Ann Arbor, University of Michigan Press, 1992
  • Marie-Françoise Berthu-Courtivron, Espace, demeure, écriture. La Maison natale dans l’œuvre de Colette, Paris, Nizet, 1992
  • M.-F. Berthu-Courtivron, Mère et fille : l’enjeu du pouvoir. Essai sur les écrits autobiographiques de Colette, Genève, Droz, 1993
  • Carmen Boustani, L’Écriture-corps chez Colette, Bibliothèque d’Études féministes, 2000
  • Jacques Dupont, Colette ou l’univers concentré, essai, Paris, Hachette Supérieur, 1995
  • Nicole Ferrier-Caverivière, Colette l’authentique, Paris, PUF, 1997
  • Régine Detambel, Colette, comme une flore, comme un zoo, un répertoire des images du corps, Paris, Stock 1997
  • Francine Dugast-Portes, Colette, les pouvoirs de l’écriture, Rennes, Presses universitaires de Rennes 1999
  • Julia Kristeva, Le Génie féminin 3, Colette, Paris, Fayard, 2002
  • Sabine Dewulf, Les Jardins de Colette, parcours symbolique et ludique vers notre Éden intérieur, Le Souffle d'Or 2004
  • Marine Rambach, Colette pure et impure — Bataille pour la postérité d'un écrivain, Éditions gaies et lesbiennes 2004
  • Jeanne Augier, Colette et la Belgique, Bruxelles, Racine 2004
  • Albine Novarino et Béatrice Mandopoulos, Colette ou la saveur des mots, Paris, Éd. Milan 2004
  • Stéphanie Michineau, L'Autofiction dans l’œuvre de Colette, Paris, Publibook 2008
  • Colette, dir. Gérard Bonal et Frédéric Maget, coll. Cahiers de L'Herne no 97, Paris, L'Herne 2011
  • Françoise Giraudet, Colette, Envois et Dédicaces 2011
  • (en) Anne Freadman, The Livres-Souvenirs of Colette : Genre and the Telling of Time, London, Legenda 2012
  • Paula Dumont, Les convictions de Colette (Histoire, guerre, politique, condition des femmes) Paris, L'Harmattan 2012
  • Gérard Bonal et Frédéric Maget, Colette journaliste, Chroniques et reportages 1893-1955, Libretto, 2014

Documentaire[modifier | modifier le code]

  • Colette au Palais Royal, film de Nicolas Droin et Prosper Hillairet, 2012, avec Alain Virlmaux et Élisabeth Gilet
  • Colette, film de Jacques Tréfouël et Gérard Bonal, 1995, FR3. Collection « 'Un Siècle d'écrivains ».'
  • Colette, « J'appartiens à un pays que j'ai quitté », film de Jacques Tréfouël et Gérard Bonal, 2004, FR3. Disponible en DVD (Les Films du Lieu-dit).

Liens externes[modifier | modifier le code]