Sidereus Nuncius

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Page de garde de la première édition de Sidereus Nuncius, par Galilée, 1610.

Sidereus Nuncius (qui se nomme en francais par Messager des étoiles) est un court traité d'astronomie, écrit en latin par Galilée en mars 1610 et publié en avril suivant. C'est le premier ouvrage scientifique reposant sur des observations faites grâce à une lunette astronomique. Il contient les résultats des premières observations de Galilée sur la Lune, les étoiles et les lunes de Jupiter. Seulement six semaines séparent le début de la rédaction de la publication de l'ouvrage.

Observations de la Lune[modifier | modifier le code]

Lors de ses observations de la Lune avec sa lunette, Galilée observa que la ligne qui sépare les surfaces lunaires éclairées par le soleil de celles à l'ombre (appelé le terminateur) était régulière au niveau des régions les plus sombres, et irrégulière au niveau des régions les plus claires. Il en déduisit que les régions sombres étaient planes alors que les régions claires étaient montagneuses. En observant les irrégularités du terminateur, il estima que les montagnes lunaires pouvaient atteindre jusqu'à 6 kilomètres de hauteur. Cela s'opposait à la cosmologie d'Aristote, qui affirmait que puisque les corps célestes étaient parfaits, ils devaient être des sphères parfaites, sans aspérités.

Dessins de Galilée de la surface de la Lune, où l'on voit clairement les irrégularités au niveau du terminateur.

Observation des étoiles[modifier | modifier le code]

Concernant les étoiles, Galilée affirma qu'il pouvait voir au moins 10 fois plus d'étoiles avec sa lunette qu'à l'œil nu et il publia une carte de la ceinture d'Orion et des Pléiades. En observant certaines des étoiles nébuleuses présentes dans le catalogue d'étoiles de Ptolémée (almageste) , il se rendit compte que ces étoiles n'étaient pas de grosses étoiles uniques et vaporeuses, mais étaient en fait constituées de nombreuses petites étoiles, ce qui leur donnait cet aspect nébuleux. Il en déduisit que la voies lactée elle-même était constituée d'une multitude de petites étoiles, trop petites, et trop proches, pour être distinguées à l'œil nu.

Observations des lunes de Jupiter[modifier | modifier le code]

Dans la dernière partie de Sidereus Nuncius, Galilée décrit sa découverte de quatre objets alignés près de la planète Jupiter en janvier 1610. Il dessine les positions relatives de ces petites planètes par rapport à Jupiter comme elles lui apparaissent entre début janvier et début mars 1610. Il s'aperçoit que ces positions varient de nuit en nuit, mais que les petites planètes restent toujours groupées près de la planète ; il en déduit que ces quatre corps célestes se trouvent en fait en orbite autour de Jupiter. Il faudra attendre 1611 pour que Kepler les baptise du nom de satellites. C'est sans doute la découverte de ces lunes qui incita Galilée à rédiger et publier son ouvrage.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Au moment de la publication de cet ouvrage, Galilée était mathématicien à l'Université de Padoue, et venait d'obtenir un poste à vie pour la construction de lunettes plus puissantes. Il désirait retourner à Florence, et dans l'espoir d'y obtenir un patronage, il dédia Sidereus Nuncius à Cosme II de Médicis (1590-1621), quatrième grand duc de Toscane, et il baptisa les quatre lunes de Jupiter les « planètes de Médicis ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

(en) The making of Galileo's Sidereus Nuncius. Journal for the History of Astronomy, XXXIV (2003), pages 251-267

Liens externes[modifier | modifier le code]