Siège de Thessalonique

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Siège de Thessalonique
Les murs de Thessalonique
Les murs de Thessalonique
Informations générales
Date 1422-1430
Lieu Thessalonique, Grèce
Issue Victoire ottomane
Belligérants
Byzantins (1422-1423)
Vénitiens (1423-1430)
Ottomans
Commandants
Inconnu Mourad Ier
Pertes
2 000 à 7 000 citoyens réduits en esclavage  ?
Guerre entre l'empire byzantin et les Ottomans
Batailles
BapheusCampagne catalane - BursaPélékanonNicéeNicomédie1re Gallipoli2e GallipoliPhiladelphie1re Constantinople2e ConstantinopleThessalonique3e Constantinople
Coordonnées 40° 39′ 00″ N 22° 54′ 00″ E / 40.65, 22.9 ()40° 39′ 00″ Nord 22° 54′ 00″ Est / 40.65, 22.9 ()  

Le siège de Thessalonique entre 1422 et 1430 se termine par la victoire de l'empire ottoman du sultan Mourad II qui prend possession de la cité byzantine. Initialement, le sultan voulait prendre la ville pour punir la dynastie des Paléologue régnant sur l'empire Byzantin après que celle-ci eut tenté d'inciter une rébellion dans les rangs ottomans. En 1423, l'empire Byzantin cède la cité à la république de Venise qui assume le fardeau de la défense de la ville.

Le siège[modifier | modifier le code]

En 1423, devant le danger représenté par les Turcs, les Byzantins représentés par le despote Andronic (le troisième fils de Manuel) cèdent la cité aux Vénitiens dont ils espèrent qu'ils sauront mieux la défendre. Venise s'engageant en outre à respecter les droits et les coutumes des citoyens, à assurer leur défense ainsi que le ravitaillement de la cité[1]. En réaction, les Ottomans tentent de s'emparer de la ville qui est sauvée par une escadre vénitienne[2]. Thessalonique reste vénitienne jusqu'en 1430. À cette date, Mourad II, après avoir vaincu les Karamanides, vient avec une grande armée en Macédoine et se présente aux abords de la ville. Depuis 1423, les Vénitiens ont tenté d'acheter la paix avec le sultan en lui proposant un tribut de 100 000 aspres avant de monter à 150 000 puis à 300 000 aspres mais sans réussite[3]. Face à l'armée turque, les habitants sont trop peu nombreux et pas assez armés pour espérer défendre la ville[4]. Mourad tente de s'emparer de la cité pacifiquement en proposant trois fois aux assiégés de se rendre[5]. Les habitants sont invités à se rebeller contre les Vénitiens et reçoivent l'assurance de leur liberté si les Ottomans s'emparent de la ville[6],[7]. Après trois jours de palabres infructueux, les Ottomans prennent d'assaut la ville (le 29 mars)[8]. À l'est, les Ottomans tentent de pénétrer dans la cité notamment grâce à des échelles disposées le long des remparts. Quelques brèches sont faites dans le mur d'enceinte et les Turcs peuvent pénétrer dans la ville. Les 270 marins vénitiens sont tués[9]. Après les pillages, 7 000 habitants sont faits prisonniers[10]. Les pilleurs turcs sont expulsés de la cité par Mourad et les Thessaloniciens peuvent revenir dans leurs habitations. Certains sont néanmoins envoyés dans l'empire ottoman comme esclaves[11].

Conséquence[modifier | modifier le code]

Pour la deuxième fois, la seconde ville la plus importante de l'empire byzantin tombe aux mains des Ottomans après avoir été récupérée par les Byzantins en 1403. Cette perte confirme le relèvement ottoman et de nouveau, l'empire byzantin ne se compose plus que des territoires avoisinant Constantinople et du despotat de Morée. De son côté, la ville de Thessalonique est repeuplée par des populations turques et les églises sont remplacées par des mosquées.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ostrogorsky, Histoire de l'État byzantin, éditions Payot 1996, p.581
  2. P. Daru, Histoire de la république de Venise, tome 2, p.318-320
  3. Ostrogorsky, Histoire de l'État byzantin, éditions Payot 1996, p.582
  4. Jean Anagnostès, Bref récit de la dernière prise de Thessalonique, in Thessalonique, Chroniques d'une ville prise, P. Odorico, p.263
  5. Apostolos Vacalopoulos, A History of Thessaloniki, Institute for Balkan Studies, Thessalonique, 1972, p.69
  6. Jean Anagnostès, op. cit., p.265
  7. Jean Anagnostès, op. cit., p.267
  8. Jean Anagnostès, op. cit., p.271
  9. A. Vacalopoulos, op. cit., p.71
  10. Jean Anagnostès, op. cit., p.277
  11. A. Vacalopoulos, op. cit., p.72

Sources[modifier | modifier le code]

  • Mango, Cyril. The Oxford History of Byzantium. 1st ed. New York: Oxford UP, 2002
  • Jean Anagnostès, Bref récit de la dernière prise de Thessalonique, in Thessalonique, Chroniques d'une ville prise, P. Odorico
  • (en) Apostolos Vacalopoulos, A History of Thessaloniki, Institute for Balkan Studies, Thessalonique, 1972.
  • Donald M. Nicol (trad. Hugues Defrance), Les Derniers Siècles de Byzance, 1261-1453, Tallandier, coll. « Texto »,‎ 2008