Siège de Malte (1565)
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Sommaire |
[modifier] L'installation de l'Ordre dans l'île de Malte
En octobre 1530 les chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem avec à leur tête Villiers de L'Isle-Adam, chassés de l'île de Rhodes par les Ottomans, débarquent à Malte. Cette île leur a été offerte par Charles Quint en échange d'un tribut annuel : un faucon ou un épervier à chaque Toussaint. Derrière cette apparente générosité se cachent en réalité de purs motifs politiques. En effet Charles s'inquiète de la montée de la puissance ottomane dans le bassin méditerranéen et face à l'avance turque, Malte révèle tout son intérêt stratégique, à défaut d'avoir un intérêt économique : c'est elle qui verrouille l'accès entre les parties occidentale et orientale de la Méditerranée et qui contrôle l'accès du sud de l'Italie par l'Afrique du Nord. C'est pourquoi Malte doit rester chrétienne à tout prix et les chevaliers de l'Ordre, troupes d'élite, semblent être destinés à remplir cette mission capitale. Il est à noter que les chevaliers doivent également défendre Tripoli.
[modifier] Des débuts difficiles
Cependant la tâche n'est pas aisée car Malte est la cible de nombreux raids de corsaires ottomans, notamment de la part du corsaire turc Dragut et les échecs militaires se multiplient : Siège d'Alger (1541) , Djerba en 1560, etc. Mais cela n'est rien comparé ce qui attend les chevaliers en 1565.
[modifier] Le Grand Siège : mai-septembre 1565
Le 18 mai 1565, 138 galères turques débarquent 120 000 hommes à Malte qui mettent aussitôt le siège devant Birgu, la capitale de l'île, où se sont réfugiés 512 chevaliers et 3000 soldats dirigés par le Grand maître Jean Parisot de La Valette, stratège hors pair.
[modifier] La chute du fort Saint-Elme
Les Ottomans prennent place sur la presqu'île de Xiberras qui domine Birgu et son Grand Port. Cependant à l'extrémité de la presqu'île se trouve le Fort Saint-Elme que les Ottomans doivent réduire au silence afin de pouvoir lancer l'assaut sur Birgu. Ce fort dont les fortifications ne sont pas encore achevées est tenu par soixante chevaliers et quelques centaines d'hommes. Le chef des Ottomans, le corsaire Dragut, espère prendre le fort en cinq jours. Les cinquante canons turcs commencent à le pilonner et les ottomans partent à l'assaut mais les chevaliers résistent. Cependant le fort est isolé, encerclé par les galères ottomanes d'un côté et de l'autre par les troupes terrestres, la faiblesse numérique des chevaliers les empêchant de lancer une contre-attaque pour briser l'encerclement. Les assiégés, affamés, renforcés par les quelques soldats qui parviennent à rejoindre Saint-Elme à la nage, tiennent plusieurs semaines mais la situation devient rapidement critique et le 23 juin les Turcs après des jours de corps-à-corps sanglant réussissent à investir le fort, sur lequel flottera dans la soirée l'étendard vert de Soliman.
Presque tous les chevaliers ont été tués, de même que Dragut, et les Turcs exaspérés par cette résistance de plus d'un mois clouent les chevaliers sur des croix qui sont ensuite jetées à la mer. En réponse à cela, Jean de la Valette fait décapiter les prisonniers ottomans et expédie leurs têtes dans les lignes ennemies à coups de canon.
[modifier] L'échec turc
Les Ottomans se tournent alors vers Birgu en juillet mais le temps qu'ils ont perdu face au fort Saint-Elme a été mis à profit par l'Ordre pour demander de l'aide dans toute l'Europe chrétienne. De fait les chevaliers tiennent Birgu malgré la blessure du Grand maître et ce jusqu'à l'arrivée des renforts (250 chevaliers et 8 000 hommes, principalement des tercios espagnols) en septembre. Les Turcs se replient alors, laissant environ 30 000 morts sur le terrain tandis que les pertes chrétiennes ne s'élèvent qu'à 9 000 morts et 219 chevaliers tués. L'échec ottoman est incontestable, la gloire de l'Ordre est assurée pour longtemps et ce siège ouvre une longue période de prospérité pour Malte.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
[modifier] Bibliographie
- Anne Brogini, 1565, Malte dans la tourmente : le "Grand Siège" de l'île par les Turcs, Bouchène, Saint-Denis, 2011, 256 p. (ISBN 978-2-35676-022-7)
- Catherine Desportes, Le siège de Malte : la grande défaite de Soliman le magnifique, 1565, Perrin, Paris, 1999, 267 p. (ISBN 2-262-01495-7)
- P. Gentil de Vendosme et Antoine Achélis, Le siège de Malte par les turcs en 1565 : publié en français et en grec d'après les éditions de 1567 et de 1571 (publié par Hubert Pernot), H. Champion, Paris, 1910, 198 p.