Siège de Fort Crozon

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Siège de Fort Crozon
Informations générales
Date 1er octobre-19 novembre 1594
Lieu Pointe des Espagnols,France
Issue Victoire alliée
Belligérants
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Angleterre Royaume d’Angleterre
Flag of Cross of Burgundy.svg Monarchie espagnole
Commandants
Royal Standard of the King of France.svg René de Rieux, seigneur de Sourdéac
Royal Standard of the King of France.svg Charles Ier d'Aumale
Flag of England.svg John Norreys
Flag of England.svg Martin Frobisher
Tomé Paredes
Forces en présence
3 000 français
3 000 anglais
700 marins anglais
300 arquebusiers à cheval
400 gentilshommes
milices de Brest
400 hommes
Pertes
6 000 hommes 13 survivants
Guerre anglo-espagnole (1585-1604)
Batailles
 ;Terre ferme espagnole des Amériques

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Irlande

Le Siège de Fort Crozon (ou Fort El Leon), fut une opération menée par une armée franco-anglaise contre ce fort espagnol situé à Crozon, entre octobre et novembre 1594. Le fort (appelé El Leon par les espagnols) était très bien situé, et avait été construit en préparation d'un futur siège de Brest. La garnison était composée de 400 espagnols, et était opposée à une armée franco-anglaise de plus de 8 000 hommes. La défense épique de cette garnison contre une armée beaucoup plus nombreuse, n'était pas sans rappeler le Siège de Castelnuovo, les défenseurs y subissant le même sort que ceux du Fort Crozon.

Préparatifs[modifier | modifier le code]

Le fort fut construit selon les plans de l'ingénieur Rojas. Les compagnies se relayant dans la construction, la recherche de nourriture et la défense. Pedro de Zubiaur arrive par la suite avec 12 navires et débarque du matériel, qui accélère la construction du fort, en particulier la partie où la péninsule rejoint la terre ferme, et la création en 26 jours de deux bastions en forme de tenaille avec entre les deux, le pont-levis.

Philippe-Emmanuel de Lorraine demanda de détruire le fort, mais Juan d'Aguila refusa, lui expliquant que des navires anglais se trouvaient dans les parages, mais à ce moment-là, le fort disposait déjà de deux couleuvrines de 18 et deux de 6, amenées par la flotte de Zubiaur. Tomé Paredes fut nommé commandant de la garnison du fort, avec sa compagnie, celle de Diego de Aller et celle de Pedro Ortiz Dogaleño, avec pour mission d'achever la construction du fort.

Le Siège[modifier | modifier le code]

Le fort n'était pas terminé quand l'armée ennemie se présenta devant ses murs. Elle était composée de 3 000 français, sous les ordres du baron de Molac, 3 000 anglais sous les ordres de John Norreys, 300 arquebusiers à cheval, 400 gentilshommes, 700 marins anglais avec Martin Frobisher et les milices et l'artillerie de Brest sous les ordres de René de Rieux, seigneur de Sourdéac.

L'armée assiégeante commença à ouvrir les tranchées le 11 octobre, appuyée depuis la mer par des navires anglais et hollandais. Les soldats alliés souffrirent beaucoup de l'artillerie pendant l'installation des gabions. Ils durent également faire face aux sorties des espagnols des différents bastions, de jour comme de nuit, tant que les forces ne furent pas définitivement positionnées, et les 12 pièces d'artillerie lourde mises en place. Le feu continu de ces pièces commença à combler le fossé avec de la terre et des débris. À ce moment, les français attaquèrent le bastion de droite, et les anglais celui de gauche. Le combat dura 3 heures, au bout desquelles, les assaillants se retirèrent avec de lourdes pertes, qui s'alourdirent avec l'incendie des réserves de poudre de leur batterie. Ils durent attendre le ravitaillement de Brest avant de poursuivre, temps qui fut mis à profit par les espagnols pour construire de nouvelles palissades, réparer les bastions, ce qui provoqua de très lourdes pertes aux franco-anglais lors de leur deuxième attaque. Au moment de leur repli, les espagnols firent une sortie, et ils les poursuivirent jusqu'à leur batterie, clouèrent 3 canons, et revinrent vers les fossés avant que le baron de Molac ne puisse réagir, n'ayant perdu que 11 hommes lors de leur sortie.

Le feu de la batterie décrut légèrement. Mais la poudre et les munitions commençaient à manquer dans le fort, des hommes furent envoyés pour chercher des renforts. Juan d'Aguila décida d'en envoyer, malgré les efforts de Philippe-Emmanuel de Lorraine pour l'éviter. Il se mit en route, hésitant car il ne disposait pas de cavalerie, avec 4 000 fantassins et 2 pièces d'artillerie, mais il dut contourner une grande force de cavalerie qui lui barrait la route, et n'arriva donc que trop tard pour secourir le fort.

Le 18 novembre, le fort fut à nouveau attaqué, de l'aube jusqu'au crépuscule, les colonnes d'attaque se relevant les unes les autres. L'une d'elles était formée par les marins anglais, commandés par Martin Frobisher. Juan d'Aguila n'était plus qu'à 4 lieues du fort, et il serai présent le lendemain, prenant les assaillant entre deux feux.

Les franco-anglais firent donc un effort suprême, et lancèrent 3 nouveaux assauts. Au cours du dernier, un boulet de canon tua Tomé Paredes, qui défendait la brèche. Ils firent également exploser une mine, qui leur facilita l'accès au fort au soir du 19 novembre. Dans les derniers assauts, les espagnols ne disposaient plus de munitions.

Mais ce fut finalement par traitrise que les assiégeants finirent par pénétrer dans le fort, à l'aide d'un faux drapeau blanc pour parlementer. Ils approchèrent du bastion à la nuit tombante, où se trouvait un enseigne, dernier officier encore vivant.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Aucun quartier ne fut accordé, pas même aux femmes et aux enfant pourtant nombreux. Seuls 9 soldats en rechapèrent, en se dissimulant parmi les morts, et 4 en se laissant glisser par les rochers en direction de la mer. Les pertes anglo-françaises s'élevèrent à 3 000 hommes à cause des maladies, et 3 000 autres dues aux combats.

Les anglais perdirent Martin Frobisher et Daudels, les français le maréchal Liscoet, le Seigneur de Romegon mort dans la même brèche que Paredes, les capitaines Lesurau, de Kerdunau et Lestregat. D'autres gentilshommes étant blessés également.

La défense épique des espagnols suscita l'admiration de leurs ennemis. Charles Ier d'Aumale ordonna que le corps de Paredes soit enterré dans l'église de Brest, avec celui du Seigneur de Romegon.

Juan d'Aguila se trouvait à 2 lieues du fort, lorsque celui-ci tomba. Il avait laissé en arrière son artillerie pour avancer plus rapidement. Les rares survivants qu'il recueillit lui apprirent ce qui s'était passé.