Siège de Carthagène des Indes (1741)

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Siège de Carthagène des Indes
Attaque de Carthagène
Attaque de Carthagène
Informations générales
Date mars - mai 1741
Lieu Carthagène des Indes
Issue Victoire décisive de l'Espagne
Belligérants
Empire espagnol Empire espagnol Royaume de Grande-Bretagne Royaume de Grande-Bretagne
Commandants
Sebastián de Eslava
Blas de Lezo
Edward Vernon
Thomas Wentworth
Forces en présence
4 000 militaires[1] :
  • 2 700 réguliers[2] et 400 marines
  • 600 marins et 300 miliciens[3],[4]
  • 600 indiens

6 navires de ligne et de nombreux canons terrestres

27 400 militaires[5],[6] :
  • 12 000 réguliers, marines et miliciens[7]
  • 15 398 marins de la Pavillon de la Royal Navy Royal Navy[8]

29 navires de ligne
22 frégates[9]
135 transports et autres embarcations[10]

Pertes
800 morts[11]
1 200 blessés
6 navires coulés
9 500-11 500 morts[12],[13],[14]
7 500 blessés ou malades
1 500 canons perdus
6 navires de la Royal Navy perdus[15],[16]
17 navires de ligne de la Royal Navy fort endommagés[14],[17]
4 frégates et 27 transports perdus
Guerre de l'oreille de Jenkins
Batailles
Porto Bello · 8 avril 1740 · Fort Mose (en) · Saint Augustine · Expédition Anson · Carthagène des Indes · Santiago de Cuba (1re) · Géorgie (en) · La Guaira (en) · Puerto Cabello (en) · Cape Sicié · Panama · Bloody Marsh · Bahamas · Glorioso · 18 mars 1748 (en) · Santiago de Cuba (2e) (en) · La Havane
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Coordonnées 10° 23′ 07″ N 75° 32′ 19″ O / 10.3853, -75.5386 ()10° 23′ 07″ Nord 75° 32′ 19″ Ouest / 10.3853, -75.5386 ()  

Le siège de Carthagène des Indes est une opération militaire amphibie ayant opposé les forces de la Grande-Bretagne sous les ordres du vice-amiral Edward Vernon et celles de l'Espagne dirigées par l'amiral Blas de Lezo. Il se déroule de mars à mai 1741 à Carthagène des Indes, dans l'actuelle Colombie. Bien que largement oubliée, ce siège est le résultat de l'une des plus grandes campagnes navales de l'histoire britannique[réf. nécessaire] et la bataille la plus importante de la guerre de l'oreille de Jenkins (qui précéde la guerre de Succession d'Autriche avant de se confondre avec elle). Le siège se solde par une défaite majeure et de lourdes pertes pour les Britanniques : 50 navires perdus, gravement endommagés ou abandonnés et des pertes humaines considérables, avec la mort de 18 000 soldats et marins, en partie due à la maladie, notamment la fièvre jaune.

Contexte[modifier | modifier le code]

La guerre de l'oreille de Jenkins, qui se déroule entre 1739 et 1748, est un conflit entre les flottes et troupes coloniales du royaume de Grande-Bretagne et de l'Espagne. Lors du traité de Séville de 1729, les Britanniques avaient convenu de ne pas commercer avec les colonies espagnoles, sauf sous certaines conditions, telles que l'asiento (le monopole de la traite des Noirs) et le navio de permiso, où un seul navire de commerce britannique pouvait venir décharger une fois par an. L'asiento a permis à la Grande-Bretagne d'avoir le monopole de la vente de 5 000 esclaves par an aux colonies espagnoles. Le Navio de Permiso permettait à un navire de commerce, le navire annuel, de porter 1 000 tonnes d'importations à la foire commerciale annuelle de Porto Bello[18]. Ayant obtenu ces concessions de l'Espagne, le gouvernement britannique accorde un monopole sur les deux à la Compagnie des mers du Sud[19]. Les marchands et les banques de Grande-Bretagne, qui étaient le moteur du commerce et des échanges internationaux du pays, demandent à avoir un accès plus important aux marchés espagnols lucratifs du bassin des Caraïbes. De leur côté, les colons espagnols souhaitaient avoir accès à des biens manufacturés britanniques, ce qui entraîne le développement d'un marché noir de biens de contrebande[20].

Selon les termes du traité, les Espagnols pouvaient arraisonner les navires britanniques dans les eaux espagnoles. Après qu'un tel arraisonnement eut lieu en 1731, Robert Jenkins, capitaine du navire anglais Rebecca, affirme que la garde côtière espagnole avait tranché son oreille[21]. Jenkins exhibe son oreille marinée à la Chambre des communes, ce qui fait monter la « fièvre de la guerre » qui se développait contre l'Espagne et qui était également dictée par le désir britannique d'asseoir leur domination commerciale et militaire sur le bassin atlantique. Le premier ministre britannique de l'époque, Robert Walpole, déclare la guerre à contre-cœur le 23 octobre 1739. La décision est accueillie avec enthousiasme[22], mais Walpole aurait déclaré : « Ils peuvent bien carillonner maintenant, ils se tordront les mains de désespoir avant longtemps[23],[24]. »

Caraïbe espagnole[modifier | modifier le code]

Le réseau commercial de la Caraïbe espagnole était composé de quatre ports principaux : Veracruz (Mexique), Carthagène des Indes (Colombie), Porto Bello (Panama) et La Havane (Cuba), qui était le port principal par lequel le tout le trafic des trois autres passait. Le 22 novembre 1739, les Anglais s'emparent de Porto Bello, qui est alors une ville de la Vice-royauté de Nouvelle-Grenade. L'attaque britannique avait pour but d'endommager les finances de l'Espagne. Le port, mal défendu, est attaqué par une escadre de six vaisseaux de ligne[25] placée sous les ordres du vice-amiral Edward Vernon[26]. La relative facilité de cette capture, bien que la ville ait été rapidement reprise par les Espagnols après le départ de la flotte de Vernon, créé une grande joie en Grande-Bretagne.

Vernon se voit confier le commandement d'un important contingent naval, représentant le quart des bâtiments et des effectifs de la Royal Navy, pour mener une opération amphibie majeure (terrestre et maritime) sous le commandement général de Lord Cathcart (en)[27]. Le but premier de l'expédition était de capturer La Havane, qui était le port espagnol le plus important, car il avait des installations où l'on pouvait remettre en état les navires. En 1740, La Havane était même devenue le plus grand chantier naval actif de l'Espagne[28]. Lord Cathcart meurt en route, et il est difficile de savoir qui fut aux commandes par la suite. Le décès inopportun de Cathcart a entraîné la dissension dans le commandement britannique, ce qui a empêché la coordination nécessaire à cette opération complexe[29].

L'envoi de la grande flotte et du gros contingent de troupes avait été réclamé par l'opinion publique[30], menée surtout par les lobbies de la classe marchande[31] et la Compagnie des mers du Sud (South Sea Company) en particulier, qui refusaient d'accepter les accords de compromis signés entre les gouvernements de l'Espagne et de la Grande-Bretagne. Le 1er duc de Newcastle-upon-Tyne, Thomas Pelham-Holles, se fit le champion des revendications du peuple au Parlement[32],[31]. Le vice-amiral Vernon, qui était un partisan actif et ardent[33] de la guerre contre l'Espagne, préconisa une action offensive tant au Parlement qu'à l'Amirauté[34]. La décision de monter une grande expédition aux Antilles fut prise en décembre 1739[35]. Walpole, qui s'opposait catégoriquement à la guerre[36], et Vernon, qui favorisait les actions avec des petites escadres, étaient mécontents de la situation. Celui-ci, qui avait déjà vu échouer un de ses raids d'escadre sur Carthagène, n'était pas convaincu que l'attaque massive d'une ville fortifiée connaîtrait le même succès que son attaque moins énergique de Portobello. Il craignait notamment qu'un siège prolongé entraîne une forte attrition de l'effectif due à la maladie, situation typique en raison des limites des connaissances médicales de l'époque[37].

Objectifs[modifier | modifier le code]

L'objectif de la Grande-Bretagne était de capturer et de conserver de façon permanente les quatre ports espagnols du bassin des Caraïbes. En s'emparant de ces ports, les Britanniques pourraient être maître des liens avec l'Amérique du Sud[38],[39]. Les Anglais auraient ainsi des bases à partir desquelles ils pourraient lancer des attaques vers l'intérieur des terres tandis que l'Espagne aurait un accès limité aux ports en eau profonde sur la côte orientale de leurs colonies américaines et serait donc incapable de ravitailler ses forces intérieures. La maîtrise de ces ports fournirait aux Anglais un point de contrôle essentiel du secteur et leur permettrait, en temps utile, d'acquérir la totalité de l'empire américain de l'Espagne[40].

Carthagène des Indes[modifier | modifier le code]

Prélude[modifier | modifier le code]

En 1739, la guerre de l'oreille de Jenkins oppose le Royaume de Grande-Bretagne à l'Espagne.

Après la destruction de Porto Bello, l'amiral Edward Vernon est accueilli comme un héros par le roi George II et n'a aucun mal à obtenir tous les bateaux et les hommes qu'il souhaite. En 1741, il quitte l'Angleterre avec le général Thomas Wentworth, 23 600 hommes et 186 navires[41] armés de quelque 2 000 canons, pour attaquer Carthagène.

Carthagène des Indes[modifier | modifier le code]

Face à la puissante flotte britannique, le vice-roi Sebastian de Eslava, n'a que 3 000 soldats réguliers, 600 archers Indiens, et les équipages de ses six navires de ligne à lui opposer. Néanmoins il peut compter sur les massives fortifications de la cité et sur l'expérience des officiers Melchor de Navarrete, Carlos Des Naux et surtout l'amiral Blas de Lezo, surnommé Patapalo (Patte de bois), qui a minutieusement préparé la défense.

Le siège[modifier | modifier le code]

L'expédition arrive au large de Carthagène le 4 mars. Après plusieurs semaines de bombardement, une première attaque est menée par terre et par mer à Boca Chica, le 5 avril. Cet étroit passage entre deux péninsules est défendue d'un côté par le fort Saint-Louis, le château de Boca Chica et quatre bastions comptant environ 80 canons, et de l'autre côté par une batterie de 15 canons défendus par des redoutes. Au sud de la péninsule, l'île de La Bomba est défendue par le Fort Saint-Joseph avec ses 21 canons. L'entrée du détroit est barrée par les 6 navires de ligne espagnols.

La flotte britannique attaque la flottille espagnole. La lutte est inégale et après une courte résistance Blas de Lezo incendie ses navires. Deux d'entre eux qui bloquent partiellement le passage sont capturés par les Britanniques avant de sombrer.

Pendant ce temps, venant de la terre, les assaillants ont établi une batterie qui, avec l'assistance des navires, parvient à percer l'enceinte principale. Les soldats s'engouffrent dans la brèche, mais les Espagnols ont déjà quitté les fortifications. Les Britanniques tentent ensuite d'isoler Carthagène de la terre en attaquant le Fort Saint-Lazare, mais l'assaut échoue, faisant 600 morts dans les rangs britanniques.

Blas de Lezo sait parfaitement que l'adversaire a des forces nettement supérieures aux siennes, mais il espère tenir jusqu'à la fin avril, début de la saison des pluies : Il compte sur les averses tropicales pour suspendre les combats pendant 2 mois. Plus l'ennemi restera en mer et plus il viendra à manquer de provisions. L'inconfort et les maladies deviendront les ennemis mortels des Britanniques, les meilleurs alliés de la garnison.

Du côté britannique, depuis l'échec devant le Fort Saint-Lazare, les deux chefs ne s'entendent plus. Thomas Wentworth estime que les navires de Vernon l'ont mal soutenu. L'amiral estime pour sa part que l'assaut a été mal planifié et argue d'un manque de profondeur des eaux du port.

Au cours de l'année précédente, Lezo a réparé et a considérablement amélioré les fortifications de la cité. Les murailles tiennent bon et son plan commence à porter ses fruits. Les pluies viennent lui donner raison : À bord des navires britanniques, les maladies font plus de ravage que les combats. Le 25 avril, Vernon envisage de lever le siège et de faire retraite à la Jamaïque. À la mi-Mai, toutes les voiles ont disparu.

Dans cette défense qui a été sa plus grande victoire, Blas de Lezo a été mortellement blessé ; il meurt un peu plus tard.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Les murailles de Fort San Felipe de Barajas

Après cet échec, la Royal Navy bat en retraite jusqu'en Jamaïque. La bataille a duré 67 jours et s'est terminée par le retrait de la flotte britannique, qui a perdu 50 navires et 18 000 hommes, environ la moitié d'entre eux de maladie. La plupart des colons américains qui s'étaient portés volontaires, attirés par les promesses de Vernon, sont morts de la fièvre jaune, de la dysenterie et même de la famine. Ceux qui sont rentrés chez eux, parfois blessés, y compris Lawrence Washington[42], n'ont rien reçu pour leurs efforts.

Au milieu de la bataille, lorsque le 17 mai les forces espagnoles ont reculé de différents points de défense pour se regrouper dans la forteresse de San Felipe de Barajas, Vernon a envoyé un messager, le capitaine Laws, en Angleterre pour informer le Roi de la victoire. Une médaille spéciale a immédiatement été frappée pour commémorer cette « victoire » représentant l'amiral Vernon plongeant sur les « vaincus ». Blas de Lezo apparaît à genoux vers le bas. Une chanson contemporaine a été composée par un marin du Shrewsbury pour célébrer prématurément la victoire :

« VERNON'S GLORY ; OR, THE SPANIARDS DEFEAT[43]

Being an account of the taking of Carthagena by Vice-Admiral Vernon…
…and the town surrender[ed]

To Admiral Vernon, the scourge of Spain »

Lorsque la nouvelle de l'échec arrive à Londres quelques semaines plus tard, le gouvernement britannique fait retirer les médailles de la circulation et interdit de divulguer et publier l'information. Bientôt le gouvernement de Robert Walpole s'effondre. L'Espagne conserve son port si stratégique dans les Caraïbes et le contrôle de sa très lucrative colonie. La nouvelle de la défaite britannique atteint l'Europe à la fin de juin 1741 et entraîne toute une série de conséquences.

George II de Grande-Bretagne, qui a agi comme médiateur entre Frédéric le Grand et Marie-Thérèse d'Autriche, mais qui soutient l'Autriche depuis l'invasion de la Silésie par la Prusse en décembre 1740, a beaucoup perdu de sa crédibilité. Cela encourage la France et l'Espagne, les alliés Bourbons, à révéler leur alliance avec la Prusse et à se mobiliser militairement contre une Autriche désormais isolée. Un conflit plus grand, la guerre de Succession d'Autriche, est désormais inévitable.

Carthagène, toujours espagnole, oblige le Royaume de Grande-Bretagne à mobiliser toute une partie de sa flotte dans les Caraïbes — en fait, ce qui reste de la flotte de Vernon — pour protéger ses propres colonies d'Amérique contre d'éventuelles représailles espagnoles. Il en résulte un affaiblissement de ses forces en Méditerranée. Les Britanniques ne sont donc pas en mesure d'empêcher le débarquement de 25 000 soldats espagnols en Italie en novembre et décembre 1741. Ce n'est que lorsque le commodore Richard Lestock, commandant de l'une des divisions de Vernon à Carthagène, retourne en Europe avec les navires de la flotte des Caraïbes, que l'Angleterre est en mesure de renforcer sa présence en Méditerranée. Par là même, elle renonce à mettre la main sur les processions espagnoles dans les Caraïbes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hart 1922, p. 146. Reed Browning en estime le nombre à 3 000, Browning 1995, p. 60.
  2. Fernández Duro 1902, p. 247. Fernández Duro donne toutefois 1 100 réguliers.
  3. Les sources sous-estiment peut-être ce nombre, car les six navires de ligne espagnols doivent avoir eu des équipages semblables aux navires britanniques de cette taille, soit de 400 à 600 membres chacun, de sorte que la garnison totale de 4 000 hommes se composait surtout de marins.
  4. Hart 1922, p. 146. Hart donne 300 miliciens.
  5. Beatson 1804, p. 25–27. Browning 1995, p. 60. Browning estime que l'effectif total s'élevait peut-être à 30 000 hommes.
  6. On voit un exemple remarquable des renseignements recueillis par les Espagnols sur cette expédition près d'un an avant l'arrivée de cette flotte. Le gouverneur de la Floride espagnole apprit de colons anglais faits prisonniers lors de la reprise de Fort Mose pendant le siège de Saint Augustine qu'« ils ont entendu parler de la préparation, en Angleterre, d'une expédition de 30 navires de ligne et d'un corps de débarquement de 10 000 hommes contre La Havane. Je vous envoie cette dépêche pour vous fournir ce renseignement qui peut être d'une grande importance pour le service du roi. » Lettre du gouverneur Montiano datée du 6 juillet 1740, Collections de la Georgia Historical Society, vol. VII, partie I, Georgia Historical Society, Savannah (Ga). Pour une analyse approfondie du renseignement et des espions utilisés par les deux pays belligérants, voir Rivas Ibañez 2008
  7. Beatson, Hart, Duncan, Lord Mahon, Hume et d'autres historiens[Lesquels ?] donnent un total de 12 000 membres des forces terrestres au début de l'expédition, y compris 3 600 marines des colonies américaines, le 43e régiment du colonel William Gooch, commandés par le lieutenant-gouverneur de Virginie. On considère que ce corps est à l'origine du United States Marine Corps.
  8. Beatson 1804, p. 25–26 donne 15 398 marins de la Royal Navy, mais ne donne pas de total pour les membres d'équipage des 135 bâtiments de transport et de ravitaillement, qui étaient probablement de 3 000 à 5 000, alors que l'estimation de l'effectif total à 30 000 par Reed Browning laisserait 2 600 hommes pour les bâtiments de transport. David Hume, The History of England, Londres, 1825, p. 108–113 : « Les escadres conjuguées consistaient dans 29 navire de ligne… Le nombre de marins s'élevait à 15 000 : celui des forces terrestres… à 12 000 hommes. » Arthur Michael Samuel, The Mancroft Essays, États-Unis, 1923, p. 236–242, Admiral Vernon… « maintenant renforcé par 25 navires de ligne et 9 000 soldats ».
  9. Beatson 1804, p. 25–26. Liste des navires de ligne relevant de Vernon : 8 navires de 80 canons, 5 de 70, 14 de 60, 2 de 50 et 22 frégates. Hart parle aussi de 22 frégates (p. l40).
  10. Smollett et Hume 1848, p. 391. Selon eux, la flotte d'Ogle envoyée à Vernon pour l'expédition contre Carthagène est de « 170 voiles ». Ajoutées à l'escadre de Vernon, on obtient très près de 186 navires, qui comprennent les bâtiments de transport et de ravitaillement non mentionnés ailleurs. L'auteur, Smollett évidemment, participait à l'expédition à titre de chirurgien et en était donc un témoin oculaire.
  11. Marley 1998, p. 259 parle de 600 morts.
  12. David Geggus, Medical History, 1979, 23:38-58., Yellow Fever in the 1790s : The British Army in occupied Saint Domingue, p. 50, « sur les 12 000 Britanniques et Américains, qui assiégèrent Carthagène en 1741, soixante-dix pour cent périrent, dont soixante-dix-sept pour cent des Britanniques » : par conséquent, 8 400 victimes de la seule fièvre jaune, plus de 6 000 soldats britanniques au siège. De même, Harbron 1998, p. 108 dit que « la fièvre jaune… tua peut-être 9 000 marins et soldats des forces britanniques ». Hart 1922, p. 151 : « Les pertes en hommes dues à la maladie et à la battaille furent si grandes que pas plus du tiers des troupes terrestres semble être retourné avec la flotte en Jamaïque », ce qui indiquerait bien plus que 8 000 morts. De même, William Coxe (Memoirs of the kings of Spain of the House of Bourbon, volume 3, Londres, 1815, p. 24) indique que La Havane est attaquée par « 3 000 hommes, restant épuisé et découragé des troupes qui avaient été repoussées à Carthagène ». Coxe ajoute que cette expédition a fait au total 20 000 morts. Beatson 1804, p. 111 dit que l'effectif de l'armée était tombé à 3 000 hommes en Jamaïque.
  13. Francis Duncan, History of the Royal Regiment of Artillery, Londres, 1879, vol.1, p. 123 : « cette force diminua tant en deux ans de désastres et de maladie qu'il n'y en a pas le dixième qui retourna en Angleterre… l'expédition la plus importante, la plus coûteuse et la mieux concertée que la Grande-Bretagne ait jamais entreprise s'est terminée par des pertes et dans la honte et le désappointement ». De même, Fortescue 1899, p. 76 : « Neuf régiments sur dix qui avaient quitté St. Helen's sous le commandement de Cathcart, fiers et sûrs de leur force, avaient péri. »
  14. a et b Fernández Duro 1902, p. 250.
  15. Fernández Duro 1902, p. 250 : « ils durent incendier six navires, et 17 autres nécessitèrent de grandes réparations pour pouvoir servir ».
  16. (es)Todo a Babor, El desastre del ataque británico a Cartagena de Indias (Colombia), en 1741 : « Les derniers voiliers quittent le 20 mai, mais il faut en brûler cinq à cause d'un manque d'équipage. Un autre coule en route vers la Jamaïque. »
  17. The Hispanic American Historical Review, volume 2, Baltimore, 1922, p. 64, parle de « 18 des plus gros ».
  18. (en) The War of the Austrian Succession, New York, Palgrave Macmillan,‎ 1995 (ISBN 9780312125615), p. 21
  19. Rivas Ibañez 2008, p. 16
  20. Richmond 1920, p. 2.
  21. Harbron 1998, p. 3
  22. Rodger 2006, p. 238. Harbron 1998, p. 236-237. « War of Jenkins Ear », GlobalSecurity.org (consulté le 24 septembre 2007).
  23. (en) Edward Pearce, The Great Man : Sir Robert Walpole, Londres , 2007, (ISBN 9781844134052), p. 402-403
  24. Fortescue 1899, p. 57.
  25. Beatson 1804, p. 17, 3 vaisseaux de 70 canons, 2 de 60, 1 de 50.
  26. Bruce Ruiz, « Admiral Vernon and portobello », Panama History.com (consulté le 24 septembre 2007).
  27. Browning 1995, p. 22 : Les Britanniques « avaient plus de 120 navires dans leur flotte, alors que la France n'en avait que 50 et l'Espagne, 40. Dans son article « British Naval Supremacy : Some Factors Newly Considered » de 2002, Mitch Williamson indique que l'effectif de guerre de la Royal Navy à la « fin » de la guerre de Succession d'Autriche en 1748 était de 44 861 hommes, de sorte que le total de plus de 15 000 marins de Vernon représente au moins 25 % de l'effectif de la Royal Navy.
  28. Harbron 1998, p. 15-17. La Havane a construit près d'une fois et demie le nombre de navires de ligne construits dans tout autre chantier naval espagnol pendant le 18e siècle.
  29. Rodger 2006, p. 237 : « son [celle de Vernon] exploitation impitoyable de l'armée, son habileté sans scrupules à s'attribuer le mérite de chaque réussite et de blâmer les soldats pour chaque défaite a fini par détruite toute possibilité d'opérations combinées harmonieuses ».
  30. Rodger 2006, p. 237-238 : « Le gouvernement fut incapable de résister au public qui réclamait une grande expédition à la Caraïbe. » Aussi, Harbron 1998, p. 237.
  31. a et b Richmond 1920, p. 12.
  32. Richard Pares, War and Trade in the West Indies, Routledge, 1963, (ISBN 0714619434), p. 85.
  33. Peter Le Fevre, Richard Harding (dir.), Precursors of Nelson : British admirals of the eighteenth century, Stackpole Books, 2000, p. 163-164 (ISBN 081172901X).
  34. Ford 2011, p. 124 : « Détruisez leurs établissements en Amérique, et l'Espagne tombe. Je suis d'avis d'envoyer une forte escadre aux Indes occidentales pour accabler l'ennemi dans ses parties vitales, détruire leurs mines, saisir leurs trésors, prendre leurs navires, ruiner leurs colonies. Attaquons-les au plus grand nombre d'endroits possible simultanément… Prenons Porto-Bello et Carthagène, et tout sera perdu pour eux. » (Vernon à la réunion de l'Amirauté.)
  35. Richmond 1920, p. 101.
  36. Ford 2011, p. 143-144.
  37. Rodger 2006, p. 236.
  38. (en) Richard Pares, War and trade in the West Indies, Routledge,‎ 1963, 631 p. (ISBN 9780714619439), p. 66, 68, 92–93
  39. (en) Peter Le Fevre et Richard Harding, Precursors of Nelson: British admirals of the eighteenth century, Chatham,‎ 2000, 436 p. (ISBN 9781861760623), p. 168
  40. Ford 2011, p. 140
  41. En 1588, l'Invincible Armada ne comptait que 126 vaisseaux
  42. Lawrence Washington demi frère de George Washington voue une si grande admiration à Vernon qu'il a renommé ses plantations en Virginie du nom de Mount Vernon
  43. Navy Records Society (Grande-Bretagne) Publications de la Marine Records Society Vol. XXXIII, Chants de marins, 1907, pp.181-184

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

En français 
  • Philippe Régniez Blas de Lezo, Les Editions de La Reconquête, Assomption 2012.
En anglais 
  • (en) Robert Beatson, Naval and Military Memoirs of Great Britain from 1727 to 1783, vol. III, Londres, Longman, Hurst, Rees, & Orme,‎ 1804
  • (en) Tobias George Smollett et David Hume, The history of England : from the Revolution to the death of George the Second, vol. II, Longman, Brown, Green, and Longmans,‎ 1848 (lire en ligne)
  • (en) John William Fortescue, A History of the British Army, vol. II, Londres, MacMillan,‎ 1899 (lire en ligne)
  • (en) Herbert William Richmond, The Navy in the War of 1739–48, vol. 1, Cambridge University Press,‎ 1920 (lire en ligne)
  • (en) Francis Russell Hart, Admirals of the Caribbean, Boston,‎ 1922, 272 p. (lire en ligne)
  • (en) Reed S. Browning, The War of the Austrian Succession, Palgrave Macmillan,‎ 15 mai 1995, 480 p. (ISBN 9780312125615)
  • (en) John D. Harbron, Trafalgar and the Spanish navy, Conway Maritime Press,‎ 1998, 208 p. (ISBN 0870216953)
  • (en) David Marley, Wars of the Americas : A Chronology of Armed Conflict in the New World, 1492 to the Present, ABC-CLIO,‎ 1998 (ISBN 9781598841008)
  • (en) N.A.M. Rodger, The Command of the Ocean : A Naval History of Britain 1649-1815, Penguin Books,‎ 7 septembre 2006, 1000 p. (ISBN 9780141026909)
  • (en) Ignacio Rivas Ibañez, Mobilizing resources for war : the British and Spanish intelligence systems during the war of Jenkins' Ear (1739-1744), Londres, University College London,‎ 2008 (lire en ligne)
  • (en) Douglas Ford, Admiral Vernon and the Navy : A memoir and vindication, BiblioBazaar,‎ 2011 (1re éd. 1907), 376 p. (ISBN 9781179168531)
En espagnol 
  • (es) Cesáreo Fernández Duro, Armada española desde la unión de los reinos de Castilla y de León, vol. VI, Madrid, Est. tipográfico Sucesores de Rivadeneyra,‎ 1902

Liens externes[modifier | modifier le code]