Siège d'Anvers (1914)

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Siège d'Anvers
Artillerie belge faisant feu lors de la défense d'Anvers.
Artillerie belge faisant feu lors de la défense d'Anvers.
Informations générales
Date du 28 septembre au 10 octobre 1914
Lieu Anvers (Belgique)
Issue Victoire allemande
Belligérants
Drapeau de la Belgique Belgique Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Commandants
Drapeau de la Belgique Albert Ier de Belgique
Drapeau de la Belgique Victor Deguise
Drapeau de l'Allemagne Hans von Beseler
Forces en présence
87 335 hommes sur le terrain

60 000 hommes en garnison

66 000 hommes durant l'assaut principal
Pertes
40 000 Belges et 2 000 Britanniques internés aux Pays-Bas
Première Guerre mondiale
Batailles
Front d'Europe de l’Ouest

Liège (8-1914) · Frontières (8-1914) · Anvers (9-1914) · Grande Retraite (9-1914) · Marne (9-1914) · Course à la mer (9-1914) · Yser (10-1914) · Ypres (10-1914) · Messines (10-1914) · Givenchy (12-1914) · 1re Champagne (12-1914) · Hartmannswillerkopf (1-1915) · Neuve-Chapelle (3-1915) · 2e Ypres (4-1915) · Artois (5-1915) · Festubert (5-1915) · Linge (7-1915) · 2e Artois (9-1915) · 2e Champagne (9-1915) · Loos (9-1915) · Verdun (2-1916) · Hulluch (4-1916) · 1re Somme (7-1916) · Fromelles (7-1916) · Arras (4-1917) · Vimy (4-1917) · Chemin des Dames (4-1917) · 3e Champagne (4-1917) · 2e Messines (6-1917) · Passchendaele (7-1917) · Cote 70 (8-1917) · 2e Verdun (8-1917) · Cambrai (11-1917) · Offensive du printemps (3-1918) · Lys (4-1918) · Aisne (5-1918) · Bois Belleau (6-1918) · 2e Marne (7-1918) · 4e Champagne (7-1918) · Château-Thierry (7-1918) · Le Hamel (7-1918) · Amiens (8-1918) · Cent-Jours (8-1918) · 2e Somme (9-1918) · Bataille de la ligne Hindenburg · Meuse-Argonne (10-1918) · Cambrai (10-1918)


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Bataille de l'Atlantique

Coordonnées 51° 13′ N 4° 24′ E / 51.2167, 4.4 ()51° 13′ Nord 4° 24′ Est / 51.2167, 4.4 ()  

Le siège d'Anvers fut un des épisodes de la Première Guerre mondiale. Il opposa les troupes belges aux troupes allemandes autour d'Anvers dont l'agglomération et les installations portuaires sont défendues par trois ceintures de défense composées de forts. Tout d'abord, les Belges lancent trois attaques d'infanterie à partir du 28 août dans le but de tenir l'armée allemande le plus possible à distance de la ville et du port. Utilisant une importante artillerie, les Allemands parviennent en vue de la dernière enceinte fortifiée le 28 septembre et prennent la ville le 10 octobre 1914.

Préambule[modifier | modifier le code]

Carte des fortifications d'Anvers, 1914.

L'armée allemande commence l'invasion de la Belgique dans la matinée du 4 août 1914, deux jours après la décision du gouvernement belge d'interdire le passage des troupes allemandes vers la France et alors que l'ambassadeur d'Allemagne à Bruxelles n'a pas encore signifié la déclaration de guerre.

L'armée belge de campagne résiste en s'appuyant sur les forts de Liège. Mal préparés et dépassés numériquement par des troupes allemandes entraînées de longue date dans la perspective précise de combattre dans cette zone de la Belgique en vertu du plan Schlieffen, les Belges parviennent cependant à ne pas se laisser encercler. Au bout de quinze jours, ils abandonnent Liège le 16 août. Tout en faisant retraite, ils agissent sur les flancs allemands en accord avec le général Joffre et en application de la doctrine militaire classique dite de l'avant-garde générale. Au nord du front, ils remportent une bataille de cavalerie gagnée sur les Uhlans à Haelen avec l'appui d'une infanterie équipée de mitrailleuses montées sur des charrettes tirées par des chiens. Au sud du front belge, la bataille se concentre autour de la place forte de Namur Ensuite, la place étant tombée le 24 août, l'état-major belge regroupe son aile droite avec la gauche pour se positionner dans la place forte d'Anvers.

Les batailles d'arrêt menées sur les positions successives des forteresses de Liège, de Namur et d'Anvers contribuèrent à retenir 150 000 soldats allemands et une forte artillerie lourde qui manquèrent lors de la tentative allemande de battre les Français à la bataille de la Marne.[réf. nécessaire]

Début du siège de la place forte d'Anvers[modifier | modifier le code]

Forces belges à Anvers, 1914.

Albert Ier, Roi des Belges ordonna, le 20 août, à ce qui restait de l'armée belge après les batailles d'arrêt de Liège et l'éphémère victoire contre la cavalerie allemande à Haelen, de battre en retraite vers la forteresse d'Anvers, dénomination officielle d'un réseau de fortifications et de positions défensives autour de la ville d'Anvers qui était considéré comme étant le « réduit national », imprenable. Le réduit était composé de deux lignes de fortifications autour de la ville, ces deux lignes étant composées de forts datant du XIXe siècle et en cours de modernisation en 1914 et de places fortes, éloignées de quelques kilomètres les unes des autres, permettant à l'armée de campagne de s'y retrancher dans le but de bénéficier des réserves de la place. Une troisième position, la plus ancienne, enserrait la zone urbanisée. La stratégie belge avait été conçue pour défendre le port d'Anvers, vital pour le pays. Des restes des fortifications anversoises peuvent encore être visités un siècle plus tard.

La plupart des forts et positions défensives autour d'Anvers manquaient de puissance de feu. Pour cette raison, l'armée de campagne fit trois « sorties » de la forteresse, dans le style des guerres du XIXe siècle. Cette tactique immobilisa plus de 150 000 ennemis et retarda l'assaut contre la ville. Une innovation belge : des autos mitrailleuses construites sur la base de voitures civiles et montées par des volontaires infligent une succession de défaites locales à la cavalerie allemande dans des combats isolés.

Trois sorties de l'armée belge[modifier | modifier le code]

Dès le mois d'août, l'armée de campagne exécute trois sorties jusqu'à 20 kilomètres au sud, retenant 150 000 soldats allemands qui vont manquer à l'état-major allemand au moment de la contre-attaque française lors de la bataille de la Marne. Selon la doctrine militaire de l'époque, les sorties exécutées à partir d'une position fortifiée font partie intégrante du siège, étant destinées à tenir l'ennemi le plus éloigné possible du cœur de la position. Aussi, l'organisation de ces trois attaques est-elle du ressort de l'état-major de la place qui dispose des réserves de l'armée entreposées de longue date à Anvers, l'état-major général de l'armée reprenant la main pour la direction des combats tout en se chargeant des quelques troupes positionnées au sud-est et à l'ouest d'Anvers dans le but de maintenir une liaison avec les alliés.

L'attaque finale contre la ville[modifier | modifier le code]

Les sorties de l'armée de campagne avaient eu pour but de tenir l'armée allemande aussi éloignée que possible de la dernière ceinture de forts, immédiatement proche de la ville. Les sorties sont considérées par les historiens militaires comme faisant partie du siège, les troupes belges se retirant, après chaque sortie, derrière les lignes fortifiées où elles sont sous le commandement de l'état-major de la place et non plus de l'état-major de campagne. Ce transfert d'autorité était de tradition depuis des siècles dans toutes les armées européennes, lors du siège des places fortes. Mais, le 28 septembre, l'armée allemande a récupéré sa capacité offensive entamée par les sorties belges et elle commence le pilonnage des forts proprement dits. De plus, le 5 octobre, date cruciale, l'armée allemande parvint à briser les défenses belges dans la ville de Lierre, à 20 kilomètres au sud-est d'Anvers, et fit mouvement vers Termonde (sud d'Anvers) où elle essaya de traverser l'Escaut. Ce « mouvement en tenaille » de l'armée allemande menaçait la route de retraite vers l'ouest qu'avait l'armée belge, seule possible dans l'éventualité où il faudrait abandonner Anvers, les routes au sud et à l'est ayant déjà été prises par les Allemands et la route au nord menant vers la frontière belgo-néerlandaise ayant été fermée depuis le début de la guerre, les Pays-Bas, restés neutres, n'offrant aucune assistance à la Belgique.

L'armée belge finit par se retirer d'Anvers le 10 octobre avant d'être prise au piège, laissant la ville sous la protection des forts de la rive gauche. Les troupes belges se dirigèrent à l'ouest, vers la côte, le 6 octobre, parvenant à mettre un terme à l'avance allemande sur les rives de l'Yser. À Anvers, les derniers militaires belges, ceux laissés en arrière garde dans les forts de la rive gauche, détruisirent leurs armes et leurs munitions pour empêcher les Allemands de les récupérer et tentèrent leur chance en se dirigeant, seuls ou par petits groupes, soit vers les Pays-Bas où ils devinrent prisonniers de guerre (au nom de la neutralité néerlandaise), soit dans la direction de la mer où beaucoup parvinrent à rallier l'armée belge reformée en front continu le long de l'Yser avec les forces anglaises et françaises.

Article détaillé : front de l'Yser.

Le bourgmestre d'Anvers, Jan De Vos, offrit la capitulation le 10 octobre au grand dépit du général allemand des troupes de siège qui avait espéré recevoir une reddition en bonne et due forme d'un général belge. La ville d'Anvers allait rester occupée par les troupes allemandes jusqu'en 1918.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Un tiers de ce qui restait de l'armée belge, soit environ 40 000 soldats, en comptant les jeunes conscrits que l'on n'avait pas eu le temps de former, s'enfuirent vers le nord, aux Pays-Bas, espérant échapper à la captivité en Allemagne. Mais les Pays-Bas les internèrent. Des centaines de milliers de réfugiés civils qui avaient suivi les militaires furent, eux aussi, internés dans des camps, le plus loin possible de la frontière belge, les Pays-Bas craignant que la moindre complaisance envers les Belges entraîne des représailles allemandes. Nombre de ces réfugiés décidèrent de se fixer aux Pays-Bas après 1918.

Liens externes[modifier | modifier le code]