Siège d'Amiens (1597)

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Siège d'Amiens
Henri IV au siège d'Amiens (Anonyme, Musée de Versailles)
Henri IV au siège d'Amiens (Anonyme, Musée de Versailles)
Informations générales
Date 11 mars 1597
20 mars 1597
25 septembre 1597
Lieu Amiens (Somme)
Issue Victoire espagnole, puis victoire française
Belligérants
Flag - Low Countries - XVth Century.pngPays-Bas espagnols
Armoiries Philippe II d'Espagne.svg Espagne
Blason France moderne.svg Armée royale
Commandants
Hernandes Teillo Porto Carrero
Girolamo Carafa
comte de Mansfeld
Henri IV
maréchal de Biron
Charles Ier de Guise
Charles de Mayenne
Forces en présence
7 700 hommes
Inconnues
Inconnues
25 000 hommes
Inconnues
4 700 hommes
Inconnues
Inconnues
Pertes
inconnues 600
Huitième guerre de religion (1585–1598)
Batailles
Guerres de religion en France

Mérindol (1545) · Amboise (1560)


Première guerre de religion (1562–1563)
Édit de Saint-Germain · Massacre de Wassy · Vergt · Rouen · Dreux · Orléans · Édit d'Amboise


Deuxième guerre de religion (1567–1568)
Saint-Denis


Troisième guerre de Religion (1568-1570)
Jarnac · La Roche-l'Abeille · Montcontour · Saint-Jean-d'Angély


Quatrième guerre de religion (1572–1573)
Saint-Barthélemy · Sommières · Sancerre · La Rochelle (1572)


Cinquième guerre de religion (1574–1576)
Dormans · Édit de Beaulieu


Sixième guerre de religion (1576–1577)
Traité de Bergerac (en)


Septième guerre de religion (1579–1580)
Traité du Fleix


Huitième guerre de religion (1585–1598)
Guerre des Trois Henri (en)
Traité de Nemours · Coutras · Vimory · Auneau · Journée des Barricades · Arques · Ivry · Paris · Poncharra · Craon · Port-Ringeard · Fontaine-Française · Édit de Nantes


Rébellions huguenotes (1621-1629)
Saumur (1621) (en) · Saint-Jean-d'Angély (1621) · La Rochelle (1621) · Montauban (1621) · Riez (1622) · Royan (1622) · Sainte-Foy (1622) · Nègrepelisse (1622) · Saint-Antonin (1622) · Montpellier (1622) · Saint-Martin-de-Ré (navale, 1622) · Traité de Montpellier (1622) · Blavet (1625) · Île de Ré (1625) (en) · Traité de Paris (1626) · Saint-Martin-de-Ré (1627) · La Rochelle (1627-1628) · Privas (1629) · Alès (1629) · Montauban (1629) (en) · Paix d'Alès


Révocation de l'édit de Nantes (1685)

Le siège d'Amiens, également appelé siège de velours opposa, en 1597, lors des huitième guerre de religion (1585–1598), les troupes françaises commandées par Henri IV de France aux troupes espagnoles.

Prélude[modifier | modifier le code]

L'est de la France reconquis, Henri IV songe à protéger sa frontière nord attaquée par les Espagnols.
Les affrontements à Laon rétablissent la situation en sa faveur.
Toutefois, les espagnols, qui étaient toujours restés en France, mirent sur pied, en février 1597 sous le commandement de Hernandes Teillo Porto Carrero la prise de la ville d’Amiens.

L’attaque du 11 mars[modifier | modifier le code]

Hernandes Teillo Porto Carrero s’étant mis à la tête de 7 000 hommes d’infanterie et 700 cavaliers, il s’avança dans la nuit du 10 au 11 mars 1597, vers la capitale de la Picardie.
Sur la route et tous les sentiers menant à la ville, il plaça de petits pelotons de soldats, pour arrêter tous ceux qu’ils rencontrerait. Il fit cacher 500 hommes dans les taillis, haies et masures à proximité de la ville. Il choisit également 30 autres soldats habillés en paysans et paysannes, armés sous leurs habits, avec des hottes et des paniers, comme des gens qui vont au marché[1].
Avec 3 chariots, ils avancèrent et pénétrèrent sous l’une des portes de la ville, renversèrent un chariot rempli de noix, pour créer un encombrement. Le chariot renversé les bourgeois accoururent, hurlant et houspillant le paysan maladroit, tout en se jetant sur les noix.
C’est alors que les soldats espagnols déguisés prennent leurs armes et tuent quelques bourgeois, mettent les autres en fuite, tuent les sentinelles et relèvent la herse qui avait été abattue, pour faire rentrer les 500 soldats mis en embuscade accompagnés de 4 compagnies de cavalerie qui se répandent dans la ville et conquierent la ville en moins d’une demi-heure.

Bilan[modifier | modifier le code]

Henri IV fut consterné par cette prise et décida, sur les conseils de François de Bonne de Lesdiguières, de reprendre immédiatement la ville aux Espagnols.
Le maréchal Charles de Gontaut-Biron fut chargé de reprendre la place

Préparation du siège[modifier | modifier le code]

Le maréchal de Biron investit Amiens avec 4 000 fantassins et 700 cavaliers, du côté de l’Artois, afin de couper les voies de communications avec Doullens[2] et interceptant tous les convois en direction de la ville.
Il fit resserrer la ville de très près, et malgré la supériorité numérique de la garnison, celle-ci n’osa pas effectuer de sorties.
Hernandes Teillo Porto Carrero n’ayant jamais imaginé de voir l’ennemi aussi vite, n’avait pas suffisamment de provisions pour tenir un siège. Il fit alors sortir toutes les bouches inutiles et brûler tous les faubourgs.
Pendant ce temps, les troupes Françaises s’attendant à un siège long, organisèrent un camp ou l’on trouvait de tout, comme dans une ville dont 2 hôpitaux. On appela alors le siège d’Amiens, le siège de velours. Toutefois, les travaux d'approche étaient si dangereux, que les paysans réquisitionnés s'enfuirent. On les remplaça, comme plus tard lors du siège de Saint-Jean-d'Angély, par des soldats, à qui le Roi donna la prime de tranchée.

Ordre de bataille[modifier | modifier le code]

Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Flag - Low Countries - XVth Century.pngPays-Bas espagnols
  • ...

Le siège[modifier | modifier le code]

Début avril, le Roi de France, suivi de sa cour, fit attaquer la place avec l’artillerie.
Le 22 mai 1597, Porto Carrero fit une sortie furieuse avec 500 cavaliers, sur le quartier général du général de Biron, s’emparant d’un fort que les Français avaient construit pour défendre le QG. Après 2 heures de combats, les Espagnols en furent chassés et poursuivis par les troupes Françaises qui faillirent pénétrer dans la ville. Les Espagnols furent sauvés par l’arrivée de 400 fantassins qui repoussèrent les Français, ce qui leur permit de fermer les portes de la ville.

En juin, les Espagnols attaquèrent à nouveau, prenant les tranchées à 3 endroits. Il en furent rapidement chassé par les Français qui refoulèrent les assiégés jusque sur la contrescarpe.

Le 18 juillet 1597 les Espagnols firent une nouvelle attaque avec 2 groupes de 300 hommes chacun.
Le premier groupe attaqua les tranchées tenues par le régiment de Picardie et le second celles tenue par le régiment de Flessan.
Les Espagnols, progressant rapidement, tuèrent les maitres de camps Flessan et Jean de Mercastel, sieur de Fouquerolles, nettoyèrent les tranchées et attaquèrent les batteries afin d’enclouer les canons. Les troupes du maréchal Biron et de Charles Ier de Guise Prince de Joinville tentèrent de repousser les Espagnols. Les combats furent terribles et les espagnols progressant toujours, le Roi fit donner ses troupes, qui les enfoncèrent et les poursuivirent jusqu’à l’entrée de la ville.

Le 4 septembre, les Français lancèrent un assaut qui fut repoussé après un long combat. Lors de cette attaque le commandant en chef Espagnol, Hernandes Teillo Porto Carrero, fut tué d’un coup d’arquebuse. Don Girolamo Carafa marquis de Montenero pris sa succession.
Celui-ci décida de se retrancher dans la ville afin d’attendre l’armée de secours de l’archiduc Albert. Celle-ci forte de 25 000 hommes sous les ordres du vieux général comte de Mansfeld arriva sur Amiens vers le 20 septembre 1597.
Le duc de Mayenne convainc le maréchal de Biron d’attendre derrière les retranchements, l’armée de secours, plutôt que de lui livrer bataille.
L'armée de secours espagnole vint alors assiéger l'armée assiégeante. Ils attaquèrent mais furent mis en fuite par l’artillerie Française.
Les forces Françaises renforcèrent leurs retranchements si bien que le lendemain l’armée de secours n’osa attaquer et l’archiduc prit le parti de se retirer.

Bilan[modifier | modifier le code]

Après le départ de l’armée de secours, Henri IV de France somma le gouverneur espagnol d’Amiens de se rendre. Celui-ci capitula le 25 septembre 1597 après 6 mois de siège.
Lors de ce siège les pertes Française s’élevèrent seulement à 600 hommes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire historique des sièges et batailles mémorables
  2. Appelée Dourlens à cette époque