Siège d'Almeida (1810)

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Une porte des remparts d'Almeida
Une porte des remparts d'Almeida
Informations générales
Date 25 juillet-27 août 1810
Lieu Almeida
(Portugal)
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau de l'Empire français Empire français Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Flag Portugal (1707).svg Royaume de Portugal
Commandants
Michel Ney Général de Brigade William Cox
Forces en présence
16 000 hommes
100 canons
5 000 hommes
100 canons
Pertes
58 morts
320 blessés
600 morts
300 blessés
4 100 prisonniers
Guerre d'indépendance espagnole
Batailles
Invasion du Portugal (1810-1811)

Astorga · Ciudad Rodrigo (1er) · Barquilla (en) · La Côa · Almeida (1er) · Trant · Buçaco · Torres Vedras · Pombal (en) · Redinha · Condeixa · Casal Novo (en) · Foz de Arouce (pt) · Sabugal · Fuentes de Oñoro · Almeida (2e)

Coordonnées 40° 43′ 34″ N 6° 54′ 22″ O / 40.72611, -6.9061140° 43′ 34″ Nord 6° 54′ 22″ Ouest / 40.72611, -6.90611  

Géolocalisation sur la carte : Portugal (relief)

(Voir situation sur carte : Portugal (relief))
 Différences entre dessin et blasonnement : Siège d'Almeida (1810).

Le siège d'Almeida eut lieu du 25 juillet au 27 août 1810 durant la Guerre d'indépendance espagnole.

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Almeida est une ville portugaise fortifiée à la frontière avec l’Espagne à une quarantaine de kilomètres de Ciudad Rodrigo. En 1810, elle compte 1 500 habitants. Une partie de la ville se trouve derrière les murailles de la forteresse construite pendant les guerres de restauration. Construite sur le site d'un ancien château médiéval, la forteresse domine un terrain rocheux.

La forteresse d'Almeida est l'une des plus imposantes du Portugal. Elle est située sur une des plus haute colline de la région. Censée protéger le pont qui traverse la Côa, la forteresse se situe en fait à 2 km, hors de vue de celui-ci. Au cours des siècles, Almeida a joué un rôle important dans la défense de la frontière.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Dans la lutte de Napoléon Bonaparte contre l'Angleterre et sa tentative d'isolement de l'île, le Portugal représente un obstacle, celui-ci restant fidèle à son ancien allié, et ce malgré les pressions exercées contre lui. Il nomme André Masséna, maréchal prestigieux, pour commander la troisième tentative d'invasion du royaume. Cette invasion va voir les 65 000 hommes de Masséna affronter les 50 000 hommes de l’armée de Wellington.

Située sur la route qui va de Salamanque à Lisbonne, la prise d'Almeida par les troupes de Napoléon, après celle de Ciudad Rodrigo doit assurer aux troupes françaises la communication avec leur base en Espagne. La Division Légère britannique de Craufurd tentera de retarder l'avancée française avec la bataille de la Côa.

Ce n'est qu'alors que débute le siège d'Almeida, place forte sous le commandement du général anglais Cox, par le VIe corps d'armée du maréchal Ney.

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Les forces anglo-portugaises[modifier | modifier le code]

L'intérieur de la forteresse abrite les personnes ayant refusé d'abandonner la ville ainsi qu'une garnison militaire de près de 4 700 hommes sous le commandement du général Cox, officier britannique au service de l'armée portugaise, assumant les fonctions de commandant du 24e régiment d'infanterie (24e RI). Le second commandant de la garnison (Tenente-Rei), était le colonel Francisco Bernardo da Costa e Almeida. Les forces défensives étaient les suivantes: 24e Régiment d'Infanterie – 1 200 hommes; Régiment de Miliciens d'Arganil – 1 000 hommes; Régiment de Miliciens de Trancoso – 1 000 hommes; Régiment de Miliciens de Guarda – 1 000 hommes; 3 batteries du 4e Régiment d'Artillerie – 400 hommes; Escadron do 11e Régiment de Cavalerie – 61 hommes.

La forteresse d'Almeida dispose de 100 canons, dont 40 de gros calibre (18 livres et plus)

Les forces françaises[modifier | modifier le code]

Le siège est effectué par le VIe Corps d'Armée sous le commandement du maréchal Ney.

Le VIe CA comprend 14 000 hommes d'infanterie, 1 000 cavaliers, 1 000 artilleurs; il dispose de 100 canons (dont 50 pièces d'artillerie faites pour le siège).

Déroulement du siège de 1810[modifier | modifier le code]

Fortress of Almeida.jpg

Après le succès du siège de Ciudad Rodrigo et celui de la bataille de la Côa, l’armée française entame le siège d’Almeida le 25 juillet 1810 avec 14 000 hommes d’infanterie, 1 000 cavaliers, 1 000 artilleurs servant 100 canons du VIe corps d'armée sous les ordres de Ney. La ville assiégée est défendue par une garnison portugaise de 5 000 hommes (24e bataillon d’Infanterie, un escadron du 11e Régiment de Cavalerie et trois bataillons de milice) commandée par le général de brigade britannique Cox.

Les Français font d'abord parvenir une lettre au gouverneur de la forteresse dans laquelle ils exigent la reddition de la place. Le général Cox refuse et exprime clairement sa volonté de résister le plus longtemps possible.

Almeida est en effet bien pourvue en vivres et en munitions. Wellington espère que la place résistera au moins jusqu'en septembre, début de l'époque des pluies qui rendent les routes habituellement impraticables. Cela augmentera les difficultés des Français à marcher sur Lisbonne et à se ravitailler. En outre, le temps gagné doit permettre d'avancer la préparation des Lignes de Torres Vedras. C'est pourquoi, la défense d'Almeida a été si soigneusement préparée.

La quasi-totalité de la poudre et des munitions est entreposée dans une dépendance, à l'épreuve des bombes, de l'ancien château. À l'exception de quelques fosses et casiers humides situés dans l'un des bastions, il n'existe pas d'autre entrepôt de poudre. Cela signifie que des barils de poudre devront être acheminés sans cesse entre la dépendance du château et les bastions occupés par l'artillerie.

Les généraux français choisissent le bastion de São Pedro (dans la partie sud-est de la place) qui semble offrir les meilleures conditions pour attaquer. Jusqu'au 15 août, ils espèrent voir arriver de Ciudad Rodrigo l'artillerie lourde, le matériel nécessaire aux travaux du Génie ainsi que des munitions et de la poudre, sans quoi il leur sera difficile de conquérir Almeida.

Une première tranchée est construite à près de 550 mètres du bastion de São Pedro. Des milliers de sacs parviennent de Salamanque pour être remplis de terre. Les tranchées doivent être formées en grande partie à l'aide de ce matériel, la zone étant de nature rocheuse et donc très difficile à creuser. Depuis la forteresse, on va chercher à rendre difficiles à l'aide de l'artillerie les travaux préparatifs du siège. Le 24 août, les Français tentent bien de construire une seconde ligne parallèle, mais la puissance de feu de l'artillerie les en empêche. Ce n'est que le 26 août qu'ils parviennent à terminer l'installation de l'artillerie (11 batteries ; plus de 50 gueules de canon) le long de la première ligne.

Les batteries ouvrent le feu à h le 26 août. Au long de cette journée, 6 177 obus d'artillerie sont lancés et près de 9 tonnes de poudre consommée. Vers 19h00, un obus français explose dans la cour de la forteresse, provoquant l'ignition d'une traînée de poudre laissée par un baril mal fermé durant son transport entre le fort et le bastion. Un baril explose, provoquant l'explosion en chaîne des autres barils et des cartouches de l'infanterie, entreposés dans le fort. L'effet est dévastateur: on peut encore aujourd’hui constater les conséquences de cette explosion qui détruit le château fort ainsi qu’une partie des remparts.

Près de 500 hommes (dont 200 artilleurs) trouvent la mort dans cette explosion. Les dégâts matériels sont très importants. Lors de l'explosion, de grands blocs de pierre sont projetés jusque sur les tranchées françaises, blessant et tuant quelques soldats . Certaines armes de gros calibre sont jetées hors de leur position. Une partie du bourg d'Almeida disparaît, tandis que le reste est très endommagé (seules 6 maisons ont conservé leur toit). Il reste 4 000 hommes pour la défense de la place mais seulement 39 barils de poudre, une centaine de projectiles et près de 600 000 cartouches pour les mousquetons (150 tirs par homme). Seul 200 artilleurs ont survécu à l'explosion. Les conditions sont manifestement insuffisantes pour tenir les Français loin des murailles, mais Cox décide de prolonger la résistance aussi longtemps que possible.

À h le 27 août, un émissaire de Massena se rend à la forteresse pour parlementer avec Cox et le convaincre de se rendre. Cox accepte d'envoyer une délégation auprès de Massena, afin de connaître les conditions qui rendraient possible une capitulation.

Pendant ce temps quelques officiers portugais faisant partie de l'état-major de Massena – notamment le Général Marquis d'Alorna et le Général Pamplona - s'approchent des murailles et parviennent à parler avec certains officiers et soldats. Ils leur conseillent de se rendre, prétendant que Wellington fera avec eux ce qu'il a fait à Ciudad Rodrigo (Wellington n'est pas venu au secours de la ville, car son armée étant numériquement inférieure à l'armée française, il ne voulait pas risquer une bataille en terrain ouvert). Le découragement qui s'est emparé de nombre d'entre eux après l'explosion des poudrières les amène à prêter l'oreille aux officiers de Massena.

Pour rencontrer Massena, on choisit le major d'artillerie Fortunato José Barreiros et le capitaine Pedro de Melo. Le major Barreiros refuse de rentrer à Almeida. Il va même jusqu'à raconter aux Français les difficultés vécues par la place.

Les conditions que Cox pose à sa reddition ne sont pas acceptées par Massena et le 27 vers 19 h les bombardements reprennent.

Le second commandant de la place, Costa e Almeida, accompagné de quelques officiers portugais, annoncent au gouverneur Cox, qu'ils considèrent toute résistance vaine et que, dans ces conditions, il faut réunir un conseil de guerre afin d'analyser la situation et étudier la nouvelle proposition à faire à Massena. Cox n'a pas d'autre choix que de réunir ce conseil. Cette même nuit, entre le 27 et 28 août, une proposition de reddition est envoyée à Massena. Vers 23 h la capitulation est annoncée.

Les termes de la reddition prévoient que les troupes régulières seront envoyées en France comme prisonniers de guerre et que les militaires des trois régiments de miliciens seront autorisés à rentrer chez eux après s'être engagés à ne plus prendre part à cette guerre. La garnison quitte la place le 28 au matin. L'accord de capitulation est aussitôt rompu. Massena charge le marquis d'Alorna et le général Pamplona de les convaincre d'entrer au service de la France. Aux officiers, il promet le même poste. Presque toute la troupe régulière et près de 600 miliciens acceptent. Alorna parvient à organiser une brigade de trois bataillons qui prend le nom de Seconde Légion Portugaise. Cependant, la grande majorité des hommes, officiers inclus, désertent dans les trois jours qui suivent, parfois par groupe de 200 à 300. Ceux que les Français parviennent à garder prisonniers sont envoyés en France avec Cox et les officiers qui ont refusé les offres d'Alorna.

Pour Wellington, ces désertions sont un motif de préoccupation car le doute subsiste alors sur la fidélité de ces officiers et soldats. Ils seront néanmoins réintégrés à leur poste dans l'armée après une proclamation de la Régence. Quant aux officiers qui ont poussé Cox à la capitulation et au major Barreiros qui a déserté, leurs noms seront ajoutés à ceux ayant rejoint l'état-major de Massena durant cette campagne, dans l'accusation présentée au tribunal militaire (Junta de Inconfidência).

Tous seront jugés coupables de trahison et condamnés à mort le 22 décembre 1810. Seuls deux officiers seront capturés et exécutés : João de Mascarenhas, adjudant de camp du marquis d'Alorna, ainsi que Costa e Almeida, second commandant d'Almeida.

Durant le siège, la garnison perd près de 600 hommes, la plupart durant l'explosion des poudrières. Côté français, on compte 58 morts et 320 blessés, dont certains atteints par des pierres durant l'explosion.

Cette victoire ouvre la route de Lisbonne à Massena. Avant un mois, il devra tout de même affronter l'armée de Wellington à la bataille de Buçaco.

Mémoire de la bataille[modifier | modifier le code]

La victoire de Almeida est gravée sur le pilier Ouest - gauche de l'Arc de Triomphe de Paris en regardant l'Avenue de la Grande-Armée.

À Almeida même, les ruines excavées du château se visitent ainsi que la tombe de l'officier anglais John Beresford tué lors du siège de Ciudad Rodrigo en 1812.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • David Chandler, Dictionary of the Napoleonic Wars, Greenhill Books, Londres, 1993
  • Glover, Michael, The Peninsular War 1807-1814. Penguin, 1974.
  • Alain Pigeard, Dictionnaire des batailles de Napoléon, Tallandier, 2004, (ISBN 9782847340730)
  • Smith, Digby, The Napoleonic Wars Data Book. Greenhill Books, 1998.
  • Weller, Jac, Wellington in the Peninsula. Nicolas Vane, 1962.
  • Zimmermann, Dick, « The Battle of Fuentes de Onoro », Wargamer's Digest magazine, March 1979.

Liens externes[modifier | modifier le code]