Shri Ram Chandra Mission

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La Shri Ram Chandra Mission (SRCM) est une organisation spirituelle à but non lucratif enregistrée en 1945 à Shahjahanpur, en Inde, par Ram Chandra (1899-1983) pour faire connaître les idées de son guru Ram Chandraji (1873-1931) et pour promouvoir la méthode du Sahaj Marg[1].

Description[modifier | modifier le code]

Le but affiché par la Shri Ram Chandra Mission est « d'éveiller à la conscience divine et d'accompagner sur le chemin de l'évolution », selon elle, sa nouvelle forme de Raja Yoga n'est plus basée sur « des méthodes machinales impliquant une austérité et des pénitences inadaptées aux conditions de vie actuelles » mais sur « des moyens simples et naturels ». La pratique proposée cherche à être « universelle », « facilement praticable » et pouvant rapidement « amener à trouver en soi-même ce qui est cherché sans succès à l'extérieur »[2]. Elle utilise le nettoyage des impressions passées (samskara), la méditation sur le cœur et le soutien d'un Maître spirituel vivant[3]. Le rôle du Maître spirituel est essentiel car, selon les livres publiés par la SRCM, "il est bien conscient de tous les points et de tous les problèmes de la spiritualité pour avoir parcouru le chemin vers la réalisation ou l'illumination de l'ame, mettant fin aux cycles de vies." Il sait ce qu'il faut faire pour que le voyageur continue »[4]. Il est considéré par les pratiquants comme « un exemple vivant, enseignant par ses écrits et ses paroles, par ce qu'il montre en menant la vie qu'il mène, et par la transmission de la lumière divine ». « C'est Dieu qui est le véritable Guru, le Maître, et c'est de lui seul que nous recevons la lumière », écrit ainsi Ram Chandra dans son livre intitulé Réalité à l'Aube[5].

L'actuel maître spirituel du Sahaj Marg est Parthasarathi Rajagopalachari (né en 1927). Il fut le disciple de Sri ram chandra nommé « Babuji », qui fut lui-même enseigné par Ram Chandra nommé « Lalaji » qui redécouvrit une très ancienne méthode d'entrainement spirituel, hérité par la connaissance des sages de l'Inde antique et reposant sur la transmission de l'énergie divine « pranahuti ». Le disciple a développé la « Shri Ram Chandra Mission » sur tous les continents. Transmettant la pratique du Sahaj Marg à travers des livres traduits dans une vingtaine de langues et de nombreux ashram[6]. En France, la SRCM est organisée sous la forme d'une association à but non lucratif constituée en 1986[7]. Elle fait partie des ONG reconnue par l'ONUcomme une "organisation d'utilité publique" au Danemark, aux Etats Unis et en Inde[8].

Historique du mouvement en France[modifier | modifier le code]

En France, la SRCM a été classée comme mouvement sectaire orientaliste de plus de 2 000 adhérents, dans le premier rapport de la commission d'enquête parlementaires sur les sectes en 1995[9]. L'association GEMPPI dénonce « l’indigence doctrinale et philosophique entretenue chez les adeptes, sans rapport avec les systèmes religieux orientaux ». Selon son Président: une seule vie d’obéissance totale et absolue au Maître de la SRCM est censée interrompre le cycle des réincarnations. « La réflexion critique et l’autonomie de pensée sont idéologiquement étouffées dans ce mouvement qui prétend être révolutionnaire dans ses conceptions. »[10]

L'inclusion dans le rapport parlementaire sur les sectes a été critiquée par l'avocat Laurent Hincker, selon lui « ce système de méditation, appelé Sahaj Marg, n'exige pas de mener une vie à l'écart du monde. Il intègre tous les aspects de l'homme, qu'ils soient physiques, mentaux ou spirituels, sans exiger ni austérité, ni pénitence, ni négation de soi »[11]. Pour le sociologue Bruno Etienne, spécialiste des questions de religion, la SRCM publie des livres comme tous les autres groupes mais ne fait pas de prosélytisme et n'a jamais été condamnée : « Pour nous, il s'agit pleinement d'un NMR (nouveau mouvement religieux), groupe religieux très moderne, bien que fondé sur une tradition ancienne, et sous réserve d'arguments sérieux avancés par d'autres mieux informés, nous ne comprenons pas pourquoi il est fustigé sur la liste des maudits »[12]. Raphaël Liogier, directeur de l'Observatoire du religieux et professeur des universités à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, ne comprend pas la mise à l'index d'une association qui est reconnue d'utilité publique en Inde[13].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Qu’est-ce que la SRCM ?
  2. Golden Jubilee, ed. SRCM, ISBN 2-906219-17-7
  3. "A Flexible Mind," Elizabeth Denley, Australian Yoga Life, Issue 7
  4. Golden Jubilee, extrait discours de Ram Chandra 1982, éd. SRCM (ISBN 2-906219-17-7)
  5. Sahaj Marg, le Septième Darshana, La Réalité à l'Aube, éd. Infolio (ISBN 978-2-88474-603-8)
  6. The Sunday Times, 03/08/2008,[1]
  7. Journal Officiel, 9 juillet 1986
  8. Accréditation à l'UN-DPI, le 12 décembre 2005, http://www.un.org/dpi/ngosection/asp/form.asp?RegID=all&CnID=all&AcID=-1&kw=&NGOID=3717
  9. Rapport de la commission d'enquête sur les sectes de 1995
  10. La Shri Ram Chandra Mission - SRCM, GEMPPI
  11. Laurent Hincker, Sectes, rumeurs et tribunaux, éditions La nuée bleue, 2003.
  12. Bruno Etienne, La France face aux sectes (ISBN 2-01-235569-2), p. 86.
  13. Interview de Raphaël Liogier par le CICNS

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]