Shōkō Asahara

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Chizuo Matsumoto (松本 智津夫, Matsumoto Chizuo?, né le 2 mars 1955), plus connu sous le nom de Shōkō Asahara (麻原 彰晃, Asahara Shōkō?), est le fondateur en 1984 de la secte japonaise Aum Shinrikyō, aussi connue sous le nom « Vérité suprême de Aum ». Condamné à mort en 2004 pour son implication dans l'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo, il attend son exécution depuis cette date.

Biographie[modifier | modifier le code]

Shōkō Asahara est né en 1955 sur l'île de Kyūshū dans le sud du Japon. Presque aveugle à la naissance, il est élevé dans une école pour enfants non-voyants. Il en sort en 1977 et tente l'examen d'entrée à l'Université de Tokyo auquel il échoue. Il se tourne alors vers des études d'acupuncture et de médecine chinoise[1]. Il se marie en 1978 avec Tomoko Ishii, avec qui il aura six enfants.

Suite aux attentats au gaz sarin dans le métro de Tokyo perpétré par la secte Aum (12 morts, 5 500 blessés), il est arrêté au quartier général de l'organisation au pied du mont Fuji, le 16 mai 1995[2]. À l'instar de Charles Manson, il n'est pas mis en cause directement mais par procuration. Sans être l'exécutant, il en reste l'unique commanditaire. Il est accusé non seulement de l'attentat de Tokyo, mais aussi d'une autre attaque au gaz sarin à Matsumoto en juin 1994. Cet attentat aurait été réalisé dans deux buts distincts, le premier étant de tester le poison sur l'homme, le second étant d'éliminer un juge perçu par la secte comme un ennemi (7 morts, 200 blessés). Il est également accusé du meurtre d'un avocat et de sa famille qui avait dénoncé le caractère dangereux de la secte, ainsi que du lynchage de plusieurs membres de la secte. Enfin, il a été accusé de fabrication d'armes, d'attaques diverses au gaz VX et de construction d'un laboratoire en vue de fabriquer du gaz sarin[3].

Tout au long de son procès, il restera muet. Il n'a répondu à aucune des questions qui lui étaient posées durant ses interrogatoires et n'a pas plus communiqué avec ses douze avocats. En février 2004, au terme du procès qui a duré huit ans, il est condamné à la peine capitale par pendaison. Le 15 septembre 2006, son dernier recours est épuisé[4], la Cour suprême japonaise rejette l'examen de son ultime appel alors que ses défenseurs plaident le déséquilibre mental, un psychiatre ayant conclu que la folie de Shōkō Asahara est feinte.

Le 11 novembre 2008, toujours en attente de son exécution, il demande la révision de son procès[5]. En juin 2012, son exécution est à nouveau repoussée, suite à l'arrestation d'un complice (la loi japonaise interdisant de mettre en oeuvre une exécution si des complices sont toujours en procès)[6]

En 2003, il restait près de 1 650 adeptes au Japon et près de 300 en Russie. Au final, 189 personnes ont été inculpées à divers degrés dans l'affaire Aum et 170 ont été condamnées[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sandrine Plana, Le prosélytisme religieux à l'épreuve du droit privé, L'Harmattan,‎ 2006, p. 473
  2. Thierry de Montbrial, Mémoire du temps présent, Flammarion,‎ 1996, p. 232
  3. (en) Marika Vicziany, Controlling Arms and Terror in the Asia Pacific. After Bali and Baghdad, Edward Elgar Publishing,‎ 2007, p. 289
  4. « Le gourou de la secte Aum sera pendu », dans Libération du 15/09/2006
  5. « L'ex-gourou de la secte Aum demande la révision de son procès », sur Aujourdhui le Japon, AFP,‎ 11 novembre 2008 (consulté le 11 novembre 2008)
  6. Execution of Aum founder likely postponed
  7. http://www.fr.emb-japan.go.jp/brief/03_jb323.html, La peine de mort requise contre l’ancien chef de la secte AUM, Foreign Press Center, 1er mai 2003