Shin Sang-ok

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Dans ce nom coréen, le nom de famille, Shin, précède le nom personnel.

Shin Sang-ok

Surnom Simon Sheen
Naissance 12 septembre 1925
Chongjin
Nationalité Drapeau de la Corée du Sud Sud-coréenne
Décès 11 avril 2006 (à 80 ans)
Séoul
Profession réalisateur, producteur
Films notables voir filmographie

Shin Sang-ok (신상옥) est un réalisateur et producteur sud-coréen, né le 12 septembre 1925[1] à Chongjin dans le nord de la péninsule et mort le 11 avril 2006 à Séoul. Il s'est marié en 1954 avec l'actrice Choi Eun-hee

Biographie[modifier | modifier le code]

Shin Sang-ok nait le 12 septembre 1925[1] (ou le 18 octobre 1926 ou même le 11 octobre 1924) à une époque où la Corée a été annexée par le Japon. Enfant, il va souvent au cinéma. Il étudie à l'école des beaux-arts de Tokyo de 1941 à 1944 puis retourne en Corée, se lance dans la peinture à l'occidentale et travaille comme décorateur de théâtre et de cinéma. Après la libération, il participe à la production du premier film de la Corée indépendante, Viva Freedom de Choi In-kyu et devient son assistant.

En Corée du Sud[modifier | modifier le code]

En 1952 à la fin de la guerre de Corée, Shin Sang-ok tourne à Daegu son premier film, La nuit diabolique et créé sa maison de production la même année. Il la nomme Shin Sang-ok Productions, puis Seoul Films et plus tard Shin Film et s'engage à fournir 25 films par an. Il en réalise jusqu'à 5 par an, plus de 70 dans toute sa carrière. Les sujets sont variés, films historiques, films d'action, mélodrames ; ce sont souvent des succès commerciaux. En 1964, il peut ouvrir sur 50 000 km2 les premiers grands studios modernes de Corée et devient l'un des personnages les plus puissants du cinéma coréen. Il emploie alors près de 300 personnes. Ses films historiques marquent le retour de la culture traditionnelle coréenne qui avait été combattue pendant la période japonaise. D'un autre coté, ses mélodrames montrent une société coréenne qui s'éloigne du modèle confucéen, se modernise, s'occidentalise. Il traite aussi du rejet des autoritarismes, de la place des femmes et introduit l'érotisme dans le cinéma coréen, montrant pour la première fois un baiser dans Les fleurs de l'enfer (1958).

Au début des années 1970, il tente de s'opposer au durcissement de la censure mais il doit rapidement rendre son tablier : à partir de 1974, un décret gouvernemental limite le nombre de maisons de production à 14. Privé d'autorisation, il ne peut plus produire ni réaliser de films et essaie dès lors de se tourner vers l'étranger.

En exil et en Corée du Nord[modifier | modifier le code]

À partir de 1975, Shin Sang-ok cherche à produire et à distribuer ses films dans des pays d'Asie et essaie sans succès d'obtenir un visa pour les États-Unis. Il se sépare de sa femme, Choi Eun-hee, qui disparait peu après à Hongkong. Six mois plus tard, le 19 juillet 1978, il lui arrive la même chose. Des rumeurs laissent entendre qu'il aurait été assassiné par la KCIA, le service de renseignement sud-coréen.

Il s'avère par la suite que le couple a été enlevé par des agents nord-coréens à la demande de Kim Jong-il qui souhaite relancer le cinéma du Nord et lui confier la direction des studios. Cependant, le cinéaste est récalcitrant, il ne veut pas filmer sur ordre. Il tente de fuir, se fait emprisonner puis finalement accepte d'écrire des scénarios. Il produit 11 films, en réalise sept. Il traite d'abord de la résistance face aux Japonais puis prépare Pulgasari, un remake de Godzilla. Il réfute officiellement le fait qu'il aurait été enlevé, retrouve sa liberté de voyager, tourne à Prague et se rend aux festivals de Berlin et de Vienne. C'est dans cette dernière ville, en mars 1986, que le couple part se réfugier dans l'ambassade américaine où il demande l'asile politique.

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Shin Sang-ok est alors interrogé et protégé par les services secrets américains car les Nord-coréens le recherchent. Il se cache pendant trois ans avant de revenir vers le cinéma en 1989 sous le nom de Sheen Simon et produit la saga des 3 Ninjas, un succès commercial destiné aux enfants.

Les dernières années[modifier | modifier le code]

Craignant que la police refuse de croire à son histoire d'enlèvement, Shin hésite tout d'abord à retourner en Corée du Sud. Cependant, à la suite de la démocratisation du pays, il revient à Séoul avec un film provocateur, Disparu (1994), qui évoque l'enlèvement en 1979 à Paris de l'ancien patron de la KCIA et les méthodes expéditives des dirigeants de Séoul.

Plus tard, Shin fonde une école de cinéma avec son épouse. Il subit une greffe du foie en 2004 et meurt le 11 avril 2006 à Séoul d'une hépatite. Il a obtenu le lendemain la couronne d'or de l'ordre du mérite de la culture, la plus haute distinction pour un artiste en Corée du Sud.

Principaux films[modifier | modifier le code]

En Corée du Sud 
En Corée du Nord 


Aux États-Unis 


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Adrien Gombeaud, « Entretien avec Shin Sang’ok », e-tan'gun, le 22 septembre 2002.


Cet article est basé sur les sources suivantes :

Liens externes[modifier | modifier le code]