Shichidō garan

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Une partie du garan de Tōshōdai-ji (de gauche à droite le kondō, le kōdō, the korō et le raidō)

Shichidō garan est un terme bouddhique japonais qui renvoie aux sept bâtiments qui composent le complexe du temple bouddhiste idéal. Ce terme est composé des mots shichidō (七堂?), signifiant littéralement « sept bâtiments », et garan (伽藍?), pour « temple ». Le terme est souvent abrégé en garan. À quels sept bâtiments renvoie le terme varie et il est aussi relevé que 七堂 est peut-être une interprétation erronée de shitsudō (悉堂?), qui signifie « temple complet »[1],[2],[3]. Dans la pratique, shichidō garan souvent signifie simplement un grand temple avec de nombreux bâtiments[4].

Étymologie et histoire du terme[modifier | modifier le code]

Garan (伽藍?)[5] en japonais est une forme abrégée de l'expression sōgya ranma (僧伽欄摩?), elle-même une translittération du sanscrit samghaaraama (सँघाराम), qui signifie littéralement «jardin des moines »[6]. Un garan japonais à l'origine est seulement un parc où les moines se réunissent avec leur professeur mais le terme en vient plus tard à signifier « temple bouddhiste ».

Le mot garan est employé dans un passage du Nihon Shoki de 552, mais comme aucun monastère de cette époque ne subsiste, nous ne savons à quoi ils ressemblaient[6].

Le mot composé shichidō garan (七堂伽藍, temple à sept bâtiments?) se trouve dans un texte beaucoup plus récent de l'époque d'Edo[2],[7], en référence à un complexe qui possède un ensemble complet de bâtiments formant un temple bouddhiste idéal.

Premier aménagement garan[modifier | modifier le code]

Un passage daté de 577 dans le Nihon Shoki indique qu'une mission comprenant entre autres un architecte de temple et un concepteur d'images bouddhiques est envoyée au Japon par le roi Seong de Baekje ( くだら?), suivie de plus d'artisans bouddhistes dans les années qui suivent[8]. Les fouilles menées en 1979 et 1980 sur le site du temple Jeongnimsa à Buyeo, capitale de Baekje entre 538 et 663, révèlent que le temple original est conçu selon le style typique de l'orientation nord/sud avec les principaux bâtiments disposés au centre de l'axe[9], disposition fidèlement suivie au temple Shitennō-ji d'Ōsaka[6].

Composition d'un shichidō garan[modifier | modifier le code]

Ce qui est compté dans le groupe des sept bâtiments, ou shichidō, peut varier considérablement d'un temple à l'autre, d'une secte à l'autre et d'une époque à l'autre. Comme indiqué ci-dessus, shichidō Garan peut signifier un temple complet ou même simplement un grand complexe de temple.

Selon un texte du XIIIe siècle[10], « un garan est un temple avec un kon-dō (bâtiment principal), un (pagode), un kō-dō (bâtiment de lecture), un shōrō (beffroi), un jiki-dō (réfectoire), un sōbō (quartier d'habitation des moines) et un kyōzō (dépôt de manuscrits, de sūtras, bibliothèque) »[2]. Tels sont les sept éléments appelés shichidō d'un temple « nanto rokushū » (南都六宗, six sectes Nara ?)[11],[1].

Un texte du XVe siècle[12] décrit comment les temples des écoles zen (Sōtō (曹洞) et Rinzai (臨済))[13] comprennent un butsuden ou butsu-dō (bâtiment principal), un hattō (bâtiment de lecture), un kuin (cuisine/office), un sō-dō (bâtiment consacré au zazen), un sanmon (porte principale), un tōsu (toilettes) et un yokushitsu (bains).

Perte d'importance de la pagode au sein du garan[modifier | modifier le code]

Reconstitutuin de la disposition originale d'Asuka-dera avec une pagode au centre

En raison des reliques qu'elles contiennent, les pagodes en bois sont la pièce maîtresse du garan, les sept édifices considérés comme indispensables pour un temple[14]. Elles perdent peu à peu de leur importance et le kondō (« bâtiment d'or ») les remplace en raison des pouvoirs magiques supposés résider au sein des images qu'abrite le bâtiment. Cette perte de statut est si complète que les sectes Zen qui arrivent ultérieurement de Chine au Japon ne construisent normalement pas de pagode du tout. La disposition des quatre premiers temples illustre clairement cette tendance : il s'agit dans l'ordre chronologique d'Asuka-dera, de Shitennō-ji, de Hōryū-ji et de Yakushi-ji[14]. Dans le premier cas, la pagode se trouve au centre même du garan, entourée de trois petits kondō (voir la reconstitution de la disposition originale du temple). Dans le second, un kondō unique est au centre du temple et la pagode lui fait face. À Hōryū-ji, les deux sont côte à côte. Yakushi-ji possède un grand et unique kondō au centre avec deux pagodes sur les côtés. La même évolution peut être observée dans les temples bouddhistes en Chine.

Exemples de garan[modifier | modifier le code]

Hōryū-ji[modifier | modifier le code]

Plan du shichidō garan de Hōryū-ji

Hōryū-ji (法隆寺?) est un temple bouddhiste de la secte Shōtoku situé à Ikaruga (Nara), préfecture de Nara au Japon. Son garan se compose de (voir le plan à droite) :

A Chū (中門)
C'est dans un temple la porte située après le naindaimon et reliée à un kairō[1].

B Kairō (回廊・廻廊)
Il s'agit d'un passage long et couvert comme un portique qui entoure le kondō et la pagode[15].

C Kon dō (金堂)
Le principal bâtiment d'un garan, il abrite le principal objet de vénération[15].

D
Une pagode, qui est une évolution du stupa (espèce de reliquaire). Après avoir atteint la Chine, le stupa évolue en une tour avec un nombre impair d'étages (trois, cinq, sept, neuf, treize)[15].

E Kōdō (講堂)
Bâtiment de lecture d'un garan non-Zen[1].

F Kyōzō (経蔵)
Lit. « entrepôt des écritures ». Dépôt de sūtras et de livres sur l'histoire du temple[15]. Aussi appelé kyōdō.

G Shōrō (鐘楼)
Beffroi

Zuiryū-ji[modifier | modifier le code]

Plan du shichidō garan de Zuiryū-ji

Zuiryū-ji est un temple Zen de la secte Sōtō situé à Takaoka dans la préfecture de Toyama.

A Sōmon (総門)
La porte à l'entrée d'un temple[1]. Elle précède le sanmon, plus grand et plus important.

B Sanmon (三門 or 山門)
La porte en face du butsuden[15], le plus souvent à deux étages (nijūmon). Le nom est un abrégé de Sangedatsumon (三解脱門?), lit. « porte des trois libérations »[15]. Ses ouvertures, kūmon (空門?), musōmon (無相門?) et muganmon (無願門?) symbolisent les trois portes de l'éveil[15]. En y entrant, on peut se libérer symboliquement des trois passions, la ton (, cupidité?), la shin (, haine?) et la chi (, folie?)[16].

C Kairō (回廊)
Voir ci-dessus

D Butsuden (仏殿)
Lit. « bâtiment de Bouddha ». Un bâtiment réservé à la prière dans lequel est consacrée une statue de Bouddha ou d'un bodhisattva[1].

E Hōdō (法堂)
Lit. « bâtiment Dharma ». Bâtiment consacré à la lecture par le premier moine des écritures bouddhiques (le )[1].

F Zendō (禅堂)
Lit. « bâtiment du Zen »[15]. Bâtiment dans lequel les moines pratiquent le zazen et une des principales structures d'un garan Zen[15].

G Shōrō (鐘楼)
Beffroi

H Kuri (庫裏)
Bâtiment abritant les cuisines et les bureaux d'un garan Zen[1].

Une autre disposition typique de garan Zen dont Kenchō-ji est un bon exemple, place en premier un sōmon suivi du sanmon, le bâtiment principal (le butsuden), le bâtiment de lecture (hattō) et la résidence de l'abbé principal (hōjō), tous plus ou moins alignés selon l'axe nord sud, avec le bâtiment des bains (yokushitsu) et le dépôt de sūtras (kyōzō) à l'est et le bâtiment des moines (sodō) à l'ouest.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Japanese Art Net User System Dictionary of Japanese Architectural and Art Historical Terminology accessed on April 27, 2009
  • Iwanami Kōjien (広辞苑?) Japanese dictionary, 6th Edition (2008), DVD version

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Iwanami Kōjien
  2. a, b et c Kōsetsu Bukkyō Daijiten (広説仏教語大辞典)
  3. Le caractère japonais 七 peut aussi se prononcer shitsu
  4. Yoshio Imaizumi, Nihon Bukkyo Shi Jiten, City, Yoshikawa Kobunkan,‎ 1999 (ISBN 978-4-642-01334-5)
  5. Aussi appelé sōen (僧園?) shūen (衆園?) et shōja (精舎?)
  6. a, b et c JAANUS, garan
  7. Nihon Kokugo Daijiten (en)
  8. Grayson, James Huntley, Korea: a religious history, London, RoutledgeCurzon,‎ 2002, 33 p. (ISBN 0-7007-1605-X)
  9. « National Research Institute of Cultural Heritage » (consulté le 30 juin 2010)
  10. Taishi Denkokonmokurokushō (聖徳太子伝古今目録抄)
  11. Les six écoles bouddhiques 南都六宗 ({{{2}}}?) introduites au Japon aux époques Asuka et Nara
  12. Sekiso Ōrai (尺素往来?)
  13. L' école Obaku (黃檗) arrivée au Japon au XVIIe siècle.
  14. a et b Yoshiro Tamura, Japanese Buddhism - A Cultural History, Tokyo, Kosei Publishing Company,‎ 2000, 40–41 pages p. (ISBN 4-333-01684-3)
  15. a, b, c, d, e, f, g, h et i entrée JAANUS sous le même nom
  16. Zōjō-ji consulté le1 mai 2009

Lien externe[modifier | modifier le code]

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