Sherlock Holmes contre Jack l'Éventreur (jeu vidéo)

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Sherlock Holmes
Contre Jack l'Éventreur
image

Éditeur Focus Home Interactive
Développeur Frogwares

Début du projet 2007[1]
Date de sortie PC :

Icons-flag-fr.png 30 avril 2009[2]
Icons-flag-gb.png 24 mai 2009
Icons-flag-us.png Icons-flag-ca.png 26 mai 2009[3]
Icons-flag-au.png 9 juin 2009[4]
Icons-flag-de.png 14 août 2009[5]
Icons-flag-ru.png 17 septembre 2009[6]
Icons-flag-it.png 24 septembre 2009[7]
Icons-flag-es.png 24 septembre 2009[8]
Icons-flag-cz.png 29 septembre 2009[9]
Icons-flag-pl.png 30 septembre 2009[10]

Xbox 360 :
Icons-flag-eu.png 19 novembre 2009[11]
Icons-flag-us.png Icons-flag-ca.png 23 avril 2010[12]

Genre Jeu d'aventure
Mode de jeu Solo
Plate-forme PC
Xbox 360
Média 1 DVD, téléchargement
Langue Français, Anglais, Allemand, Italien, Espagnol, Russe, Polonais, Tchèque.
Contrôle Clavier et souris (PC)
Manette (Xbox 360)

Évaluation PEGI : 16 ans et +
ESRB : Teen (13 ans et +)
USK : 12 ans et +
Moteur 3D

Sherlock Holmes contre Jack l'Éventreur est un jeu vidéo d'aventure sorti en France le 30 avril 2009 sur PC, développé par Frogwares et édité par Focus Home Interactive. Le jeu a ensuite été porté sur Xbox 360 par le studio français Spiders[11] le 19 novembre 2009. Étant le cinquième volet de la série « Sherlock Holmes » développée par Frogwares, le jeu est parfois désigné par les joueurs sous l'abréviation « Sherlock Holmes 5 » ou « SH5 ».

Dans ce jeu, Sherlock Holmes mène l'enquête de septembre à novembre 1888 sur une série de meurtres violents perpétrés à Whitechapel, un quartier londonien mal famé. Le meurtrier, rapidement surnommé « Jack l'Éventreur », provoque l'angoisse de la population sans que Scotland Yard parvienne à l'arrêter. Le détective, accompagné de son ami le Docteur Watson, recherche l'identité du criminel en suivant des méthodes d'investigation qui lui sont propres, inventées par son créateur Arthur Conan Doyle à la fin du XIXe siècle.

Les critiques de la presse ont souvent été élogieuses, saluant un jeu accessible aux néophytes du jeu d'aventure, doté d'une atmosphère très immersive et contenant des éléments de gameplay originaux, accompagnant l'enquête de manière percutante.

Sommaire

Trame[modifier | modifier le code]

Situation initiale[modifier | modifier le code]

Dessin symbolique de la traque de Jack l'Éventreur paru dans l’Illustrated London News, 1888.

L'action débute au tout début du mois de septembre 1888, alors que le célèbre meurtrier que l'on surnommera plus tard Jack l'Éventreur commet son premier crime. Dès le lendemain, le Docteur Watson apprend le meurtre de Polly Nichols dans le journal Le Star (dont l'article concernant le meurtre a été traduit du véritable journal britannique[13]), et s'empresse de mettre au courant son ami Sherlock Holmes. Ce dernier est tout de suite intéressé par cette sordide affaire, et décide de mener l'enquête dans le quartier de Whitechapel en compagnie de Watson.

Les deux amis, tous deux contrôlés à tour de rôle par le joueur, vont ainsi essayer de découvrir la véritable identité du tueur, tandis que ce dernier continue à perpétrer ses abominables crimes dans le quartier de Londres le plus mal famé de l'époque victorienne.

En se fondant sur des déclarations de témoins, les rapports des médecins légistes et les déductions du détective, le joueur explore diverses théories qui ont été avancées par les ripperologues, en ayant pour but de trouver les motivations du meurtrier en plus de son identité. Celui-ci jouit toutefois d'une chance exceptionnelle : sa traque se révèle difficile, et les fausses pistes sont nombreuses.

Personnages jouables[modifier | modifier le code]

Holmes, songeur.
Sherlock Holmes 

Sherlock Holmes est un détective privé de fiction, créé par Arthur Conan Doyle en 1887. Indépendant de Scotland Yard, il est dans ce jeu le protagoniste de l'aventure et mène son enquête sur les crimes perpétrés à Whitechapel. Dans ses nombreuses aventures, ses capacités d'observation et d'analyse légendaires lui permettent souvent de reconstituer la vérité des faits avec une aisance déconcertante pour le Dr Watson. On retrouve dans le jeu l'esprit du détective tel que Conan Doyle l'avait dépeint : un homme assez froid et solitaire, calculateur et extrêmement méticuleux.

Watson, à Baker Street.

Comme dans ses aventures romanesques, il utilisera parfois des déguisements de façon à ne pas être reconnu ou pour obtenir la confiance de certaines personnes aux activités troubles qui seraient méfiantes à l'égard d'un homme « au col blanc ».

Docteur John Watson 

Le Docteur Watson est un ami de Holmes qui accompagne ce dernier dans la plupart de ses aventures. Dans ce jeu, il réside tantôt avec le détective au 221B Baker Street, à Londres, tantôt chez lui avec sa femme Mary Morstan[note 1]. Médecin de profession, ayant fait des études dans l'optique de devenir chirurgien des armées[note 2], ses connaissances en médecine et en anatomie seront très utiles dans ce jeu pour analyser avec précision les corps mutilés des victimes. Bien que Holmes et Watson soient toujours en bons termes, le détective se montre parfois assez froid à l'égard du docteur.

Dans une conversation au cours du jeu[note 3], le détective lui affirmera qu'il « le tolère comme observateur », alors même que Watson aura eu un rôle non négligeable pour faire avancer l'enquête de Holmes.


Une histoire fondée sur le travail des ripperologues[modifier | modifier le code]

Whitechapel
Le quartier de Whitechapel, de jour.
Le même endroit, de nuit.

Sherlock Holmes contre Jack l'Éventreur est un jeu vidéo qui se distingue par son approche extrêmement réaliste des sordides évènements qui ont marqué les esprits à la fin de l'année 1888. Véritables victimes, suspects d'époque, dépositions de témoins, indices et preuves : l'enquête a été reconstituée avec l'envie de coller à la réalité des faits[14], permettant ainsi au joueur de réfléchir par lui-même sur l'identité du tueur en disposant de la plupart des véritables éléments de l'affaire. Le jeu met par ailleurs en scène plusieurs théories avancées par les ripperologues à propos de certains éléments de l'enquête, notamment concernant l'origine de la lettre « Dear Boss » signée Jack l'Éventreur, qui serait un canular journalistique.

Par ailleurs, l'atmosphère insalubre du quartier de Whitechapel en 1888 a été étudiée par les développeurs pendant toute la réalisation du jeu pour être recréée avec un plus grand réalisme[15], complétant ainsi l'immersion du joueur dans l'ambiance angoissante de l'époque.

Les crimes[modifier | modifier le code]

Version modifiée de la carte du quartier de Whitechapel utilisée dans le jeu, avec la position des six meurtres que le détective attribue à « Jack l'Éventreur ». L'agression d'Emma Smith est évoquée mais Holmes estime qu'elle n'a pas été commise par le même homme.

Contrairement à la croyance populaire qui attribue de très nombreuses victimes à Jack l'Éventreur, ce dernier n'a tué en réalité que peu de femmes, mais c'est l'horreur de ces meurtres qui ont marqué l'opinion publique. Généralement, cinq victimes sont attribuées au meurtrier : Mary Ann Nichols, Annie Chapman, Elizabeth Stride, Catherine Eddowes et Mary Jane Kelly (dans l'ordre chronologique). Toutes étaient des prostituées occasionnelles, âgées d'environ 45 ans pour les quatre premières, et d'environ 25 ans pour la dernière. Toutefois, il n'est pas exclu que le meurtrier ait fait d'autres victimes avant ou après ces cinq meurtres. Les autres victimes potentielles citées par les ripperologues sont nombreuses[16], bien que parfois très improbables.

Le jeu, fidèle à l'affaire, propose une reconstitution des scènes de crime correspondant aux cinq meurtres généralement attribués à Jack l'Éventreur. Le joueur, dirigeant Sherlock Holmes, peut ainsi mener ses investigations à Buck's Row, dans la cour du 29, Hanbury Street, à Dutfield's Yard, Mitre Square et Miller's Court où furent retrouvées les cinq victimes. Quant aux corps mutilés des cinq femmes, ils ne sont pas reconstitués en 3D comme le reste du jeu, mais remplacés par des dessins. Le but du développeur était de ne pas faire un jeu choquant pour le joueur.

Au cours de ses recherches, Holmes décide d'étudier les précédentes affaires criminelles s'étant déroulées à Londres au début de l'année 1888, de façon à vérifier que le tueur n'aurait pas perpétré d'autres meurtres avant celui de Nichols qui a eu lieu le 31 août. Il retient alors le meurtre de Martha Tabram (retrouvée poignardée le 7 août) comme pouvant être attribué au même tueur. Il étudie aussi un témoignage dans l'affaire de l'agression d'Emma Smith (agressée par trois hommes le 3 avril 1888), et conclut que sa mort due à l'aggravation de ses blessures n'a aucun lien avec celui que l'on surnomme « Jack l'Éventreur ».

Mary Ann Nichols[modifier | modifier le code]
Holmes et Watson à Buck's Row, à l'endroit où la victime a été trouvée. Son corps, transporté à la morgue de Whitechapel peu après sa découverte, est ici représenté par une silhouette. Ces représentations imagées ont été utilisées par Frogwares pour éviter au joueur d'entrer dans une étude trop réaliste et morbide de l'affaire criminelle.
Mary Ann Nichols, agressée par le meurtrier dans la cinématique d'introduction.
Le visage de Mary Ann Nichols dessiné dans le jeu. En utilisant la loupe, le joueur peut observer les différentes blessures de la victime.

Le premier meurtre attribué avec certitude à Jack l'Éventreur est celui de Mary Ann Nichols (aussi connue sous le nom de « Polly Nichols »), une prostituée âgée de 43 ans[17] au moment du crime. Assassinée dans la nuit du 31 août 1888 entre 3 et 4 heures du matin, son corps fut retrouvé dans la ruelle de Buck's Row avec plusieurs mutilations. C'est par ce meurtre que commence l'introduction du jeu : à travers les yeux du meurtrier, le joueur assiste à la scène du crime pendant laquelle Nichols se fait étouffer, puis quelques bruitages évoquent la suite des évènements.

Avant de se rendre à Buck's Row, Holmes se procure au commissariat de Whitechapel le rapport du médecin légiste Henry Llewellyn (qui s'appelait en vérité Rees Ralph Llewellyn, l'erreur étant due à une négligence d'un journaliste du Times ayant publié les observations du médecin[18]). Le rapport proposé dans le jeu est un résumé du véritable rapport du légiste, et spécifie les principaux éléments observés : deux hématomes sur les joues, certainement causés par la pression des doigts de l'agresseur, ainsi que d'importantes entailles portées à la gorge et à l'abdomen à l'aide d'un couteau à forte lame. Le médecin conclut que l'agresseur devait être gaucher d'après la façon dont ont été portés les coups de couteau.

Dans son enquête, Holmes relève tous les éléments et indices présents sur les différentes scènes de crime, et la ruelle de Buck's Row n'y échappe pas. Holmes se rend sur le lieu du crime dans la nuit du 1er au 2 septembre. Il y constate qu'il n'y a aucune trace de sang sur le mur tout proche de l'endroit où était le corps, éliminant l'hypothèse selon laquelle Nichols aurait été égorgée debout (du sang aurait dans ce cas été projeté sur le mur). D'autres éléments viennent confirmer que la victime a d'abord été étranglée debout, les mutilations ayant été infligées à terre juste après, alors qu'elle n'était plus consciente. Toutefois, l'étude des hématomes et des blessures au cou vient montrer que l'agresseur a étranglé la victime avec la main droite mais lui a tranché la gorge en utilisant sa main gauche. Les deux actions requièrent une très grande force dans chacun des deux membres, et il est alors impossible de conclure entre un meurtrier droitier ou gaucher. Holmes remarque par ailleurs que la victime tenait un bonnet noir dans sa main gauche et déduit rapidement qu'il lui appartenait. Cet élément, semblant assez anodin de prime abord, prendra de l'importance par la suite.

Annie Chapman[modifier | modifier le code]
Le visage d'Annie Chapman dessiné dans le jeu.

Le second meurtre attribué au tueur est celui d'Annie Chapman, une prostituée âgée d'environ 47 ans[19]. Elle fut assassinée dans la nuit du 7 au 8 septembre 1888 vers 5 h 30 (bien que les premières évaluations donnèrent l'heure de 4 h 30) dans la cour intérieure du numéro 29 de Hanbury Street. Les mutilations infligées par l'agresseur sont beaucoup plus importantes que lors du précédent meurtre. Des organes ont notamment été retirés et emmenés par le tueur.

Dans le jeu, Holmes et Watson arrivent sur les lieux du crime à 6 h 20, ayant passé toute la nuit dans le quartier de Whitechapel pour éclaircir le meurtre de Nichols. La police les laisse examiner le corps avant même l'arrivée du Dr Philipps, médecin légiste qui arrivera à 6 h 30[19]. Le corps est donc encore intact.

Watson, accroupi devant la silhouette d'Annie Chapman dessinée à l'emplacement où son corps a été retrouvé. Le docteur se charge d'étudier les blessures et communique ses observations au détective.

Alors que Holmes cherche les indices sur la scène du crime, Watson examine la victime et rapporte ainsi les principales blessures infligées à son corps. Comme pour le précédent meurtre, deux hématomes se trouvent sur chaque joue, la langue est gonflée (ceci étant dû à une strangulation) et la gorge a été tranchée. Le meurtrier a cette fois-ci utilisé sa main gauche pour étouffer sa victime et sa main droite pour l'égorger, ce qui rend encore incertaine sa latéralité. Le ventre a été entièrement ouvert, et plusieurs organes ont été retirés, dont notamment l'utérus. Watson note que le meurtrier a retiré ces organes avec beaucoup de précision, et parle même d'un « travail d'orfèvre ». À n'en pas douter, l'agresseur avait de bonnes connaissances en anatomie et était habitué à retirer ainsi des organes, que ce soit sur des personnes (ce qui suggère un médecin ou un chirurgien) ou sur des animaux comme le porc (ce qui suggère alors un boucher). Cette conclusion sur les connaissances anatomiques du meurtrier est aussi celle du véritable rapport d'examen du corps fait par les médecins de l'époque[19].

Holmes, de son côté, trouve à proximité du corps un morceau d'enveloppe contenant trois pilules blanches et dont le tampon indique la date du 28 août 1888, ainsi qu'un morceau de mousseline et deux peignes bien alignés aux pieds de la victime. Un anneau de peu de valeur a par ailleurs été retiré à l'une de ses mains. Il en conclut que Chapman venait de sortir l'enveloppe lorsqu'elle fut agressée, et que le meurtrier l'a ensuite fouillée pour essayer de trouver des objets de valeur. Les deux peignes, sans importance, sont restés sur place, tandis que l'anneau a été emporté. Pour que le meurtrier ait emporté un anneau de si peu de valeur, il fallait qu'il soit très pauvre selon les conclusions du détective. Il remarque par ailleurs que les traces de sang sur la palissade proche du corps se trouvent seulement à une dizaine de centimètres du sol, suggérant que Chapman a été mutilée à terre tout comme Nichols. Un peu plus loin dans la cour, Holmes trouve un tablier de cuir qui, d'après ses observations, se trouvait à cette place depuis plusieurs heures, et n'appartenait donc pas au meurtrier. Comme le rappelle le jeu par l'intermédiaire du véritable Daily News du 11 septembre 1888[20], le tablier trouvé dans la cour fit monter des rumeurs à l'encontre du boucher juif John Pizer surnommé « Tablier de Cuir » (Leather Apron en anglais). Ces suspicions se révélèrent infondées quelques jours plus tard.

Elizabeth Stride[modifier | modifier le code]
Dessin d'Elizabeth Stride. Holmes étudie ce meurtre dans la nuit du 7 au 8 octobre, soit une semaine après la date du crime. Le paquet de cachous que la victime tenait dans sa main gauche a aussi été dessiné.

Les troisième et quatrième meurtres attribués à « Jack l'Éventreur » ont été commis à une heure d'intervalle à la fin du mois de septembre. Dans la nuit du 29 au 30 septembre, il agresse deux nouvelles femmes, dont la première est Elizabeth Stride (aussi surnommé « Liz Stride » ou « Long Liz »). Cette prostituée occasionnelle, âgée de 44 ans[21] à sa mort, a été retrouvée égorgée le 30 septembre à 1 h du matin, soit un quart d'heure tout au plus après avoir été tuée, dans une cour intérieure appelée Dutfield's Yard et donnant sur Berner Street. Stride a été égorgée mais n'a subi aucune mutilation au niveau du ventre, contrairement aux deux précédentes victimes et surtout à la seconde victime de la soirée qui sera la quatrième victime du tueur. L'explication avancée dans le jeu comme par la plupart des ripperologues est que le tueur aurait été « dérangé » alors qu'il venait d'égorger la pauvre femme. En effet, une carriole conduite par un certain Louis Diemschutz est entrée dans Dutfield's Yard à 1 h, ne laissant ainsi pas assez de temps au tueur pour accomplir entièrement son macabre dessein. Après s'être caché dans Dutfield's Yard pour ne pas être vu par le nouvel arrivant, il aurait eu l'occasion de fuir de la cour lorsque Diemschutz serait allé vérifier dans le bâtiment d'à-côté que sa femme n'avait pas été agressée comme celle qu'il venait de découvrir dans la cour.

Un homme à l'identité inconnue à l'entrée de Dutfield's Yard, s'exclamant « Lipski ! » à l'attention d'Israël Schwartz, qui n'apparaît pas sur l'image. La scène se déroule quelques minutes avant que Stride, que l'on aperçoit en bas à droite, se fasse assassiner. L'homme au centre de l'image brutalisait Stride quelques instants auparavant, mais n'est pas le meurtrier.

Holmes met à profit la première semaine d'octobre pour rassembler des informations concernant le meurtre de Stride dans un petit mémo. Les notes de Holmes sont des éléments en très grande partie véridiques. Le joueur apprend notamment la très récente rupture de Stride avec son mari Michael Kidney qui la maltraitait, quelques témoignages et éléments d'enquête encore peu précis et les possessions de la victime au moment du meurtre.

Dans la nuit du 7 au 8 octobre, Holmes et Watson partent à Whitechapel et découvrent de très nombreux éléments (en plus de ceux du mémo) qui leur permettent de déduire avec précision la tournure qu'ont pris les évènements cette nuit-là à Dutfield's Yard. Ainsi, c'est entre 0 h 30 et 0 h 35 que Stride a été abordée par son futur tueur, qui semblait vouloir lui offrir un sachet de cachous en échange de ses services. Le marché a été conclu et le client est entré dans Dutfield's Yard, mais Stride a alors été abordée par un autre homme, probablement un proche de la victime d'après Holmes, accompagné d'un complice. Le nouveau venu a brutalisé Stride en la jetant à terre. Un homme du nom d'Israel Schwartz, passant dans Berner Street à ce moment-là, a assisté à la scène de violence. L'agresseur a alors vu le témoin et reconnu qu'il était de confession juive. Il a alors crié « Lipski ! », surnom donné aux Juifs à cette époque par les antisémites, et son complice s'est précipité vers Israël Schwartz qui s'est alors enfuit. Holmes place cette fuite à 0 h 45. Cette scène est reconstituée dans le jeu par une petite cinématique. Holmes suppose ensuite que l'agresseur est ensuite rapidement parti, laissant Elizabeth Stride s'occuper de son client dans Dutfield's Yard, qui n'était autre que « Jack l'Éventreur ». Celui-ci commet alors son crime dans l'intervalle de temps qui le sépare de l'arrivée de Diemschutz.

Holmes déduit des éléments qu'il a réussi à obtenir que Stride a été égorgée debout sans avoir été préalablement étouffée comme Nichols et Chapman. Le coup porté à la gorge a été porté de gauche à droite par le meurtrier, ce qui laisse cette fois penser qu'il s'agit bien d'un droitier et non d'un gaucher. Le coup n'a toutefois pas été mortel instantanément, la victime ayant eu le temps de porter sa main droite à sa gorge. Elle tenait par ailleurs le sachet de cachous offert par son meurtrier dans la main gauche lorsque son corps fut découvert. Holmes commence alors à entrevoir une certaine technique utilisée par le meurtrier : ce dernier attend que l'attention de ses victimes soit détournée pour les agresser. Le tueur a ainsi agit lorsque Stride était préoccupée par le sachet de cachous, lorsque Chapman venait de sortir le morceau d'enveloppe et lorsque Nichols enlevait son bonnet, retrouvé à côté de son corps.

Catherine Eddowes[modifier | modifier le code]
Le visage de Catherine Eddowes, ayant subi d'importantes blessures. Par la suite, Sherlock Holmes remarquera que ces blessures (émaciation des joues, par exemple), évoquent les modifications du faciès qui apparaissent chez les enfants atteints de syphilis.

Probablement « dérangé » au cours du meurtre de Stride, le tueur est parvenu à s'enfuir et a alors cherché une nouvelle victime dans le quartier. La victime en question est Catherine Eddowes, une femme alors âgée de 46 ans[22] (aussi surnommée « Kate Kelly »[22] du nom de son mari et nommée « Katherine Eddowes » dans le jeu selon une orthographe plus rarement employée). Son corps fut retrouvé avec de très importantes mutilations à 1 h 44 dans Mitre Square, une place peu fréquentée.

Tout comme pour le meurtre de Stride, le joueur apprend les premiers détails du crime par le biais d'un mémo écrit par Holmes et contenant un certain nombre d'éléments véridiques[22] sur le meurtre et la victime, rassemblés pendant la première semaine d'octobre par le détective. Il y est principalement question des témoignages et des conclusions du légiste permettant de dater le crime, ainsi que des habits et possessions de la victime.

La silhouette de Catherine Eddowes dans le jeu. Le dallage du sol a été supprimé sur cette image. La victime a subi d'importantes mutilations.

La première préoccupation de Holmes est de vérifier que le tueur a pu avoir le temps de perpétrer ces deux meurtres dans la même soirée. En effet, l'intervalle de temps entre les meurtres de Stride et d'Eddowes est très court, alors qu'une certaine distance sépare les lieux où furent retrouvés les deux corps. Holmes, qui continue ses investigations dans la nuit du 7 au 8 octobre, parcourt cette distance en 20 minutes en marchant normalement. Or, la victime et son meurtrier ont été aperçus à 1 h 35 par un petit groupe d'hommes dans une rue donnant sur Mitre Square. Il est donc possible que le meurtrier ait eu le temps de se rendre d'un lieu à l'autre dans la même soirée en supposant qu'il ait quitté Dutfield's Yard vers 1 h du matin voire qu'il soit revenu chez lui pendant quelques minutes pour changer sa tenue ensanglantée. Holmes remarque avec étonnement que toutes les mutilations infligées au corps d'Eddowes et l'examen des possessions de la victime par le meurtrier ont été réalisés dans un délai très court compris entre 0 h 35 et 0 h 44.

Les mutilations ont en effet été beaucoup plus importantes que lors des précédents meurtres. Le tueur a d'abord égorgé sa victime de la même façon que Stride, renforçant l'idée qu'il devait être droitier. Au niveau du visage, les paupières et le nez ont été coupés, tandis que les joues ont été tailladées ainsi que l'oreille droite. L'abdomen a été complètement ouvert en allant du sternum à l'aine de la même manière qu'un porc est éventré dans un abattoir, ce qui pousse Holmes à conclure que le meurtrier est ou a été un boucher. Le tueur a prélevé un rein et l'utérus (qui n'ont pas été retrouvés), en plus de pratiquer des incisions dans le foie et les poumons. Les intestins ont préalablement été sortis et déposés au niveau de l'épaule droite de la victime.

Les habits de la victime ont été fouillés par le tueur, et plusieurs objets qui ne l'intéressaient pas ont été alignés à côté de la pauvre femme. Un dé à coudre a été retrouvé juste à côté de la main droite de la victime, suggérant qu'elle le tenait au moment de l'agression. Cet élément vient renforcer l'idée que le meurtrier attendait que ses victimes soient distraites par un élément quelconque pour les attaquer. Eddowes portait un tablier dont un morceau a été découpé puis retrouvé quelques rues plus loin à l'entrée d'un immeuble où avait été ajoutée une inscription antisémite écrite à la craie[note 4].

Lors d'une conversation entre Holmes et Watson à Baker Street, le docteur fait remarquer que le tueur va de plus en plus loin dans les mutilations qu'il fait subir à ses victimes, et s'effraie à l'idée qu'une prochaine femme puisse être encore plus sévèrement touchée qu'Eddowes.

Mary Jane Kelly[modifier | modifier le code]

Le cinquième et dernier crime attribué à Jack l'Éventreur est commis dans la nuit du 8 au 9 novembre 1888. La victime, Mary Jane Kelly, âgée d'environ 25 ans[23], était une prostituée beaucoup plus jeune que les autres victimes du tueur. L'horreur du crime arrive à son paroxysme. Le tueur a en effet pour la première fois agit dans un espace fermé (la chambre de la victime), ce qui lui a laissé plus de temps pour réaliser son dessein que lors des autres meurtres commis en pleine rue. La mort de Kelly fut datée du 9 novembre vers 3 à 4 heures du matin.

Sherlock Holmes, découvrant avec horreur le corps mutilé de Mary Jane Kelly, dans sa chambre donnant sur Miller's Court. On distingue le genou gauche de la victime.

Dans le jeu, Watson sort de sa chambre du 221B Baker Street à 6 h 10 et arrive dans la pièce commune où il trouve Holmes, qui dit l'attendre depuis une heure. Holmes a été informé par les Baker Street Irregulars de l'évènement qui vient de se produire à Miller's Court. Les deux compagnons se rendent sur les lieux du crime, où ils trouvent Thomas Bowyer, un ami de la victime, encore sous le choc de ce qu'il vient de voir. Il n'est pas précisé dans le jeu que Thomas Bowyer a découvert le corps de la jeune femme en regardant par une fenêtre du 13, Miller's Court à 10 h 45[24]. Holmes et Watson, qui se sont égarés dans le quartier, auraient donc mis un peu plus de quatre heures pour rejoindre Miller's Court. À cette heure-là, la police n'était pas encore arrivée sur place. Alors que Watson reste auprès de Bowyer, Holmes décide d'entrer dans la chambre de la défunte. Dans une courte cinématique, on voit Holmes entrer dans la chambre et être frappé par l'horreur de la scène. L'angle de vue ne permet pas au joueur de voir lui-même le cadavre, si ce n'est pendant un court instant sa jambe gauche. Une masse de chair est aussi visible sur la table de chevet. Holmes ressort peu de temps après et dissuade Watson d'entrer à son tour dans la pièce.

De retour à Baker Street, Holmes reconstitue le cadavre de la jeune victime dans de la terre glaise à partir de ses souvenirs. Le joueur étudie donc les blessures infligées au corps de Kelly par l'intermédiaire de ce modèle. Le visage de la victime a été lacéré de multiples coups de couteau au point d'être méconnaissable. L'abdomen a été entièrement ouvert et la plupart des organes en ont été retirés, puis déposés à côté du corps. Parmi ces organes se trouvent le foie, l'utérus, les deux reins, la rate, l'estomac, les seins et les intestins. Le cœur n'a pas été retrouvé. L'intérieur des cuisses a été entièrement retiré jusqu'au fémur. De nombreux coups de couteau ont aussi été portés sur les bras.

Le Docteur Watson, qui découvre les atrocités infligées au corps en même temps que le joueur, est choqué devant un tel déchaînement de la part du meurtrier. Holmes, en revanche, reste très calme : il est proche de connaître l'identité du tueur et a l'intention de le retrouver avant la tombée de la nuit.

Martha Tabram, la toute première victime ?[modifier | modifier le code]

Le 9 octobre 1888, Holmes décide de se rendre à la Central News Agency pour y chercher des informations relatives aux meurtres survenus au cours de l'année dans le quartier de Whitechapel et qui auraient pu être commis par Jack l'Éventreur avant le meurtre de Nichols survenu le 31 août. Le détective trouve alors une enveloppe avec des témoignages concernant « l'affaire Emma Smith », survenue en avril, et « l'affaire Martha Tabram », survenue début août.

D'après Holmes, la mort d'Emma Smith ne peut pas être attribué à « Jack l'Éventreur ». En effet, son agression ne correspond pas à la façon dont le meurtrier a attaqué les autres victimes, sans compter que l'affaire, datant d'avril, semble trop distante des autres crimes perpétrés cinq à sept mois plus tard. Le 2 avril 1888 au soir, Emma Smith, prostituée de 45 ans, a quitté son domicile comme chaque soir pour trouver un client pour la nuit. Dans la soirée, alors qu'elle décide de revenir à son domicile, elle se fait agresser par un groupe de trois à quatre hommes qui la frappent violemment au visage (l'une de ses oreilles est tranchée[25]) et lui blessent le périnée avec un objet contondant[26]. La victime, atteinte d'une importante hémorragie, réussit à revenir jusqu'à son domicile le 3 avril vers 4 à 5 h du matin, soit environ trois heures après son agression. Emmenée rapidement à l'hôpital, elle y décède d'une péritonite conséquente à ses importantes blessures le 4 avril au matin[26]. Si Jack l'Éventreur avait été l'un des meurtriers, il aurait donc fallu qu'il agisse en groupe quelques mois avant d'agir seul, ce qui semble peu probable pour Holmes comme pour la plupart des ripperologues[25].

En revanche, le meurtre de Martha Tabram semble se rapprocher beaucoup plus des autres meurtres, et Holmes conclura même qu'il s'agit de la première victime de « Jack l'Éventreur ». Martha Tabram, aussi connue sous le nom de Martha Turner du nom de son mari, était une prostituée de 39 ans[27] dont le corps fut retrouvé sans vie au premier étage d'un immeuble d'habitations au petit matin du 7 août 1888, la victime ayant trouvé la mort entre 2 h 30 et 2 h 45 d'après le légiste qui l'examina[27]. Tabram est morte poignardée de 39 coups de couteau portés au tronc. L'un de ces coups semble avoir été porté avec une arme plus fine, telle une baïonnette ou une dague. C'est le lieu de sa mort, un immeuble donnant sur George Yard, qui retient principalement l'attention de Sherlock Holmes dans le jeu. Par une subtile étude géographique du quartier d'habitation du tueur, Holmes en a déduit qu'il résidait probablement dans le quartier d'Aldgate, englobant George Yard[note 5]. Par ailleurs, le profil psychologique du meurtrier établi par Holmes montre que l'homme se comportait comme un « lâche » en s'attaquant à des femmes faibles dans des endroits sombres et retirés où il n'avait que peu de chances d'être repéré. Dans l'optique d'un homme fuyant le danger, il semble logique qu'il ait perpétré son premier meurtre près de son domicile afin de s'y réfugier rapidement sans être vu avec des habits ensanglantés. Or, le meurtre de Nichols a eu lieu assez loin du quartier d'Aldgate, ce qui ne correspondrait pas à cette logique. En supposant que Tabram soit la première victime, la logique est en revanche respectée. Par la suite, si le meurtrier avait à nouveau agressé des femmes dans son quartier, les recherches de Scotland Yard auraient été plus resserrées et c'est pourquoi l'homme se serait ensuite nettement éloigné de son domicile pour son second meurtre en prenant de l'assurance dans l'optique de « brouiller les pistes ».

L'hypothèse avancée par Holmes et donc indirectement par le développeur Frogwares n'est pas acceptée par la plupart des ripperologues, mais s'inscrit dans le débat existant au sein des spécialistes pour savoir si Tabram peut ou non être ajoutée aux cinq autres victimes attribuées à « Jack l'Éventreur »[28],[29]. Le lien entre le meurtre de Tabram et celui de Nichols avait déjà été évoqué par certains journaux dans les jours suivant la découverte du corps de Nichols, par exemple dans le journal Le Star (The Star) du 1er septembre 1888 que lit Watson au tout début du jeu[13]. Cet article établit aussi un lien avec le meurtre d'Emma Smith qui n'est pas nommée mais dont la description de l'agression correspond à sa mésaventure. Frogwares ira encore plus loin dans ses déductions à la fin du jeu, suivant l'un des adages de Holmes dans ses aventures : « déduire la vérité en éliminant l'impossible ».

Les dépositions des témoins[modifier | modifier le code]

Richardson, rencontré par Watson au commissariat de Whitechapel, alors que le jeune homme est venu déposer son témoignage.

Au cours du jeu, Holmes et Watson apprennent plusieurs témoignages concernant les meurtres d'Annie Chapman, Elizabeth Stride et Catherine Eddowes. Tous ces témoignages ont véritablement fait partie de l'affaire des meurtres de Whitechapel en 1888.

Watson entrevoit au commissariat de Whitechapel un dénommé John Richardson, alors que celui-ci est en train de témoigner à propos du meurtre d'Annie Chapman à Hanbury Street. Il explique être entré dans la cour du 29, Hanbury Street à 4 h 45. S'étant assis un moment sur les escaliers donnant sur la cour où a été plus tard retrouvé le corps de la victime, il affirme avec ferveur qu'aucun cadavre ne s'y trouvait à ce moment-là[30]. Cela vient contredire l'heure du meurtre estimée par Watson avant 4 h 30.

Par ailleurs, Sherlock Holmes retrouve deux témoignages à propos du meurtre d'Annie Chapman dans la corbeille du commissariat. La première est celle d'Albert Cadosh, voisin du 29, Hanbury Street où a eu lieu le meurtre. Cadosh explique qu'il s'est rendu vers 5 h 15 dans l'arrière-cour du 27, Hanbury Street, séparée de l'arrière-cour du 29 par une simple palissade. En revenant vers sa maison quelques minutes plus tard, il a entendu distinctement de l'autre côté de la palissade le mot « non », mais n'y a pas prêté véritablement attention[31]. Il est probable que la personne entendue par Cadosh était la victime, très peu de temps avant son assassinat.

La deuxième déposition trouvée par Holmes dans la corbeille est celle d'Elizabeth Long, qui explique être passée dans Hanbury Street à 5 h 30, la cloche de la brasserie Black Eagle ayant sonné la demie à ce moment-là. Elle affirme avoir vu un homme et une femme en grande discussion devant le 29. Il est précisé qu'Elizabeth Long s'est ensuite rendue à la morgue et a identifié le corps d'Annie Chapman comme étant celui de la femme qu'elle avait vue[32].

Les meurtres d'Elizabeth Stride et de Catherine Eddowes surviennent dans la nuit du 29 au 30 septembre. Deux nouvelles dépositions de témoins se retrouvent dans le jeu concernant le meurtre de Stride, et un seul mais très important témoignage arrivera vers la fin du jeu concernant le meurtre de Catherine Eddowes.

L'un des témoignages à propos du meurtre de Stride est celui d'Israël Schwartz, qui affirme avoir vu Elizabeth Stride brutalisée par un homme vers une heure moins le quart[33]. La suite de l'enquête révèlera que cet agresseur n'était pas le même homme que le meurtrier[note 6]. Le second témoignage est celui de William Smith, un policier chargé de faire la ronde dans le quartier de Whitechapel, qui affirme avoir rencontré vers 0 h 30 la victime en compagnie d'un homme. Cet homme tenant dans ses mains un paquet qui fut retrouvé aux côtés du corps de la victime, il est probable qu'il s'agissait du meurtrier. Smith décrit ce dernier comme ayant environ 26 à 28 ans, et mesurant 5 pieds 8 pouces[34].

Concernant le meurtre d'Eddowes à Mitre Square, Holmes est mis au courant d'un témoignage d'une grande importance par Abraham Solomonovitch, un personnage imaginé par Frogwares. Solomonovitch explique ainsi au détective qu'à 1 h 35, quelques minutes avant le meurtre, trois hommes de sa connaissance ont aperçu la victime discutant avec son meurtrier à l'angle de Duke Street et Church Passage, cette ruelle menant à Mitre Square où fut retrouvé le corps. Ces trois témoins sont Joseph Lawende[35], Joseph Hyam Levy[36] et Harry Harris[37]. Les trois hommes ont pu voir le suspect de face, ce qui n'avait encore jamais été le cas auparavant, et Duke Street étant une rue bien éclairée, les quelques détails relevés par ces observateurs sont beaucoup plus fiables que ceux relevés dans la pénombre par les précédents témoins. Malgré cela, les témoignages des trois hommes divergent, Joseph Lawende affirmant que le meurtrier mesurait 5 pieds 7 pouces, Joseph Hyam Levy spécifiant un homme de 5 pieds 3 pouces, et Harry Harris ayant préféré expliquer n'avoir vu personne ce soir-là, de manière à ne pas être impliqué dans l'affaire. Cette tardive discussion entre un homme et une femme laissant peu de doutes sur leurs intentions, Levy a alors dit à ses compagnons « Regardez, je n'aime pas rentrer seul chez moi lorsque je vois ce genre de personnes dans les parages[note 7] ». Ainsi, il semble que ce soit Joseph Hyam Levy qui ait observé le plus attentivement ce couple éphémère.

La lettre « Dear Boss » et Thomas Bulling[modifier | modifier le code]

La véritable
lettre « Dear Boss ».
Fac-similé de la lettre « Dear Boss » signée « Jack l'Éventreur » (Jack the Ripper) - recto.
Fac-similé de la lettre « Dear Boss » signée « Jack l'Éventreur » (Jack the Ripper) - verso.
La traduction française de la lettre « Dear Boss » dans le jeu (recto et verso).

Le 27 septembre 1888[38], la Central News Agency reçoit une lettre signée « Jack the Ripper » (Jack l'Éventreur) débutant par la mention « Dear Boss » (Cher Patron). C'est la première fois que le nom de Jack l'Éventreur paraît, et Scotland Yard, a qui est transférée la lettre le 29 septembre, pense alors à un canular[38]. Cette lettre a été écrite le 25 septembre, et son auteur affirme être le tueur tant recherché. La lettre, écrite avec une encre rouge évocatrice et qui adopte un ton désinvolte particulièrement sadique, précise que de prochains meurtres se préparent pour bientôt et que les oreilles de la victime seront alors tranchées et envoyées à la police.

Le 30 septembre, les meurtres d'Elizabeth Stride et Catherine Eddowes sont commis dans la même soirée. La lettre prend alors une nouvelle ampleur, notamment du fait qu'une partie du lobe de l'oreille d'Eddowes a été coupée par le meurtrier comme l'affirmait la lettre « Dear Boss »[38]. La police fit alors publier la lettre dans plusieurs journaux en espérant qu'un ou plusieurs lecteurs reconnaîtraient l'écriture de l'une de leurs connaissances[38].

Dans le jeu, l'inspecteur Abberline confie la lettre à Sherlock Holmes au cours d'une entrevue au commissariat de Whitechapel. La lettre du jeu respecte l'aspect général de la lettre originale avec l'encre rouge, la teinte du papier et les écritures verticales au verso. Voici la traduction française qu'en fait Frogwares[note 8] :

« Cher Patron[note 9],
J'entends toujours dire que la police m'a attrapé, mais ils ne m'auront pas de sitôt. J'ai bien ri quand ils ont fait leurs intéressants en déclarant être sur la bonne piste. Cette histoire de Tablier de Cuir[note 10] n'est qu'une vaste blague. J'en ai après les putes et je n'arrêterai pas de les éventrer jusqu'à ce qu'on me boucle. Du beau travail, mon dernier boulot[note 11]. Je n'ai même pas laissé à la fille le temps de couiner. Comment pourraient-ils m'attraper maintenant ?
J'adore mon travail et je veux recommencer. Vous entendrez bientôt parler de moi et de mes amusants petits jeux. J'ai gardé un peu du liquide rouge dans une bouteille de bière lors de mon dernier boulot afin de pouvoir écrire avec, mais c'est devenu épais comme de la colle et je ne peux pas l'utiliser. L'encre rouge fera l'affaire, je pense. Ha ha. Au prochain travail, je trancherai les oreilles de la dame et les enverrai aux officiers de police, histoire de m'amuser un peu. Gardez cette lettre sous le coude jusqu'à ce que je travaille un peu plus, après sortez-la. Mon couteau est si beau et si bien aiguisé que j'ai envie de l'utiliser tout de suite si l'occasion se présente.
Bonne chance. Cordialement,
Jack l'Éventreur[note 12]
Ne m'en voulez pas d'utiliser un surnom.
[Puis, écrit en vertical :]
PS : Je n'ai pas réussi à poster ça avant de m'être débarrassé de toute l'encre rouge sur les mains. Vraiment pas de chance. Ils disent que je suis un docteur maintenant[note 13]. ha ha. »

La théorie du canular journalistique[modifier | modifier le code]
Sherlock Holmes, rencontrant Thomas Bulling à la Central News Agency.

De nos jours encore, l'origine de cette lettre reste une énigme : rien ne prouve qu'il s'agit d'un canular ou d'une lettre « authentique » du tueur. Frogwares a décidé de trancher la question dans son jeu, en désignant Thomas Bulling, journaliste de la Central News Agency, comme étant l'auteur de la lettre.

Thomas Bulling a véritablement vécu[39] et a travaillé à la Central News Agency à l'époque des meurtres. Toutefois, seuls quelques maigres indices permettent d'établir un lien entre Bulling et cette lettre, et la thèse selon laquelle Bulling aurait écrit la lettre « Dear Boss » reste donc une théorie.

Le principal élément accusant Bulling d'être le faussaire est relativement récent puisqu'il provient d'une lettre découverte en 1993 et écrite par John Littlechild, alors chef du Département Secret de Scotland Yard à l'époque des crimes de Whitechapel[40]. Littlechild explique dans sa lettre que le rédacteur de la lettre « Dear Boss » est un journaliste de la Central News Agency du nom du Bullen (déformation de Bulling qui viendrait du fait que Littlechild aurait appris ce nom par bouche à oreille), et que le nom de Jack l'Éventreur a été inventé par son supérieur Charles Moore[40]. Il y aurait donc complicité entre Moore et Bulling. Il est par ailleurs notable que Bulling est le journaliste qui a transféré la lettre « Dear Boss » à Scotland Yard le 29 septembre[39]. Si Bulling en était l'auteur, il aurait donc lui-même assuré la diffusion de son canular par ce moyen.

Dans le jeu, Bulling est présenté comme un journaliste alcoolique à la recherche d'un « scoop » qui lui assurerait une plus grande reconnaissance de ses supérieurs. Bulling était effectivement un journaliste connu pour ses excès avec l'alcool[41]. Par ailleurs, Holmes découvre à la Central News Agency un message à destination de Bulling écrit par Charles Moore, où ce dernier se réjouit de l'influence qu'a eu la lettre « Dear Boss » sur Scotland Yard, et où il prodigue quelques conseils sur la prochaine lettre signée « Jack l'Éventreur » à envoyer aux autorités pour « maintenir la correspondance ». Ce message est purement fictif, mais vient mettre en avant la théorie de complicité entre Moore et Bulling évoquée dans la lettre de Littlechild.

L'origine du surnom « Jack l'Éventreur »[modifier | modifier le code]
Spring-Heeled Jack, personnage fictif qui serait à l'origine du surnom de Jack l'Éventreur.
Le vrai journal The Boy's Standard qu'a lu Bulling dans le jeu.

Bien que dans la théorie du complot entre Bulling et Moore, c'est Moore qui serait l'inventeur du surnom Jack l'Éventreur, Frogwares a décidé de simplifier la trame du jeu en attribuant l'invention du fameux surnom à Bulling. Ce dernier, dans le jeu, s'est inspiré du nom d'un autre agresseur célèbre du folklore britannique de l'époque victorienne : Jack Talons-à-Ressort, ou Spring-Heeled Jack selon la dénomination anglaise.

Holmes retrouve dans le jeu des notes rédigées par Bulling à propos de Spring-Heeled Jack expliquant la raison pour laquelle il aurait choisi le nom de Jack, alors très évocateur pour les Londoniens : les journaux traitant de l'affaire Jack Talons-à-Ressort à l'époque où ce mystérieux personnage aurait commis ses deux principales agressions avaient vu leurs ventes bondir miraculeusement. Bulling aurait donc cherché à faire monter les ventes de journaux grâce à ce surnom, ce qui aurait par ailleurs fait une sorte de publicité pour la Central News Agency.

Avant de choisir définitivement de nom de Jack l'Éventreur, plusieurs indices montrent dans le jeu que Bulling se serait longuement documenté sur Jack Talons-à-Ressort, et aurait hésité sur le surnom à donner au meurtrier. On retrouve ainsi dans le Wasp's Nest, un pub fréquenté par Bulling, le journal intitulé le Boy's Standard, racontant en détail l'intrigue de l'affaire Spring-Heeled Jack. Bien que seule la couverture du journal soit présente dans le jeu et que sa date de parution n'y soit pas indiquée, on peut clairement reconnaître qu'il s'agit de la véritable édition du Boy's Standard datant du 8 janvier 1886[42]. Un peu plus tard dans le jeu, Holmes trouvera au siège de la Central News Agency un brouillon de Bulling sur lequel ce dernier a noté les différents surnoms qu'il pourrait donner au tueur. On trouve parmi ces noms quelques inventions faisant sourire, comme « Le Faucheur Sanglant » ou encore « Docteur Meurtre ».

L'inscription de Goulston Street[modifier | modifier le code]

L'inscription tracée à l'entrée d'un immeuble de Goulston Street après le meurtre de Catherine Eddowes : « The Juwes are not the men that will be blamed for nothing ». Ici, Sherlock Holmes réalise une expérience à l'aide d'un arrosoir pour reconstituer le temps pluvieux du 30 septembre au petit matin.

À 2 h 55 dans la nuit du 29 au 30 septembre 1888, peu après le double meurtre d'Elizabeth Stride et de Catherine Eddowes, un policier du nom d'Alfred Long a trouvé au pied d'un immeuble donnant sur Goulston Street un morceau de tablier ensanglanté, dont on eut plus tard la confirmation qu'il appartenait au tablier que portait Catherine Eddowes au moment où elle fut assassinée[43]. Au-dessus de ce morceau de tablier, sur le mur d'entrée de l'immeuble, un message était inscrit à la craie blanche. Le policier nota l'inscription suivante : « The Juwes are the men that will not be blamed for nothing »[43].

Ayant rapidement alerté ses confrères, un autre policier du nom de Daniel Halse arriva à Goulston Street, et releva quant à lui l'inscription suivante : « The Juwes are not the men that will be blamed for nothing »[44]. Le mot not n'est pas à la même place que dans la version de Long, mais cela ne change pas forcément le sens de la phrase qui se traduirait par « les juifs ne sont pas les hommes qui seront blâmés pour rien », ou de manière plus fluide par « les juifs ne seront pas accusés sans raison ». Le mot « Juwes » est toutefois mal orthographié, puisqu'il aurait dû s'écrire « Jews ». À 2 h 20, Halse était déjà passé dans Goulton Street, et n'avait rien remarqué d'anormal devant l'entrée de l'immeuble[43]. L'inscription antisémite semble donc avoir été écrite entre 2 h 20 et 2 h 55, probablement par le meurtrier du fait que le morceau de tablier d'Eddowes ait été retrouvé sous l'inscription. Le message, accusant la communauté juive, fut effacé avant le lever du jour pour éviter que les rumeurs antisémites ne se propagent dans le quartier.

Dans le jeu, cet élément de l'enquête est évoqué, sans qu'il soit toutefois précisé que deux versions du message ont existé (seule la version de Daniel Halse est présentée). Au cours de leurs recherches sur les meurtres de Stride et Eddowes dans la nuit du 7 au 8 octobre 1888, Holmes et Watson se rendent dans Goulston Street. Holmes, qui dirige l'enquête, souhaite déterminer si l'inscription a véritablement été écrite le soir du meurtre et non au cours de la journée, auquel cas cet élément n'aurait aucun lien avec le meurtre d'Eddowes, Halse ayant pu ne pas apercevoir l'inscription à 2 h 20 par inattention. Holmes sait que la nuit du meurtre, le temps était pluvieux. L'inscription ayant été effacée par la police après sa découverte, Holmes la retrace à la craie à l'endroit même où elle fut découverte, puis verse dessus un filet d'eau à l'aide d'un arrosoir. L'inscription s'efface rapidement, et le détective conclut que si l'inscription avait été inscrite plusieurs heures avant qu'elle ne soit découverte, elle aurait de toute évidence été effacée par la pluie. Le message n'a donc pu être écrit que peu de temps avant qu'Alfred Long le remarque, ce qui corrobore l'idée que c'est le meurtrier qui l'a écrit.

L'inspecteur Abberline[modifier | modifier le code]

Esquisse du véritable inspecteur Abberline.

L'inspecteur Abberline, chargé de l'affaire des meurtres de Whitechapel en 1888, se retrouve dans le jeu lors de deux courtes séquences. Il fait sa première apparition le 7 septembre 1888 au 221B Baker Street, pour s'entretenir avec Holmes et Watson du meurtre de Mary Ann Nichols. Abberline souhaite que le détective ne mène pas l'enquête en parallèle avec Scotland Yard, de manière à ce que l'image de la police ne soit pas discréditée dans le quartier de Whitechapel déjà réticent envers les forces de l'ordre.

L'enquête prenant dès le lendemain de cette visite une nouvelle ampleur avec le meurtre d'Annie Chapman, le détective décide malgré la demande d'Abberline de continuer à mener l'enquête, tout en se déguisant lors de ses venues à Whitechapel pour éviter d'être reconnu.

La seconde entrevue entre Holmes et Abberline se déroule au commissariat de Whitechapel, dans la nuit du 29 au 30 septembre 1888. Abberline, voyant que le détective n'a pas abandonné l'affaire comme prévu, se montre très distant vis-à-vis de Holmes et lui affirme que le meurtrier est sur le point d'être arrêté. Abberline vient en effet de recevoir la lettre « Dear Boss » signée « Jack l'Éventreur », et est persuadé qu'il s'agit là d'un indice capital, qui va lui permettre de retrouver rapidement l'auteur des crimes. La suite de l'enquête montrera que cette lettre était un canular.

Dans le jeu, Abberline semble toujours avoir un certain retard dans son enquête et ses conclusions par rapport à Sherlock Holmes. Lorsque Abberline reçoit la lettre « Dear Boss » et pense à un indice capital, Holmes n'est pas étonné et sait déjà que le journaliste Thomas Bulling a un lien étroit avec cet élément de l'enquête. Ainsi, le joueur assiste aux erreurs de la police qui l'amèneront à un échec dans cette affaire, tandis que Holmes parvient à mieux cerner l'identité du meurtrier.

Le profil du meurtrier[modifier | modifier le code]

Vers la fin de l'aventure, le joueur cherche à déterminer l'apparence physique et le lieu d'habitation du meurtrier en confrontant à chaque fois un ensemble de témoignages, d'observations et de déductions réunis par le détective au cours de son enquête. Presque à chaque fois, l'examen semble peu aisé à cause du manque de concordance des témoignages.

Grâce au « tableau de déduction général »[note 14], Holmes a pu montrer que le meurtrier est un homme pauvre, droitier, et possédant une grande force physique. C'est aussi un homme qui a « des comptes à régler avec la communauté juive »[note 4]. Avant d'attaquer ses victimes, le tueur détourne toujours leur attention avec un objet quelconque qui absorbe momentanément leur attention[note 6]. L'homme a de très bonnes connaissances en anatomie, et découpe le bas-ventre de ses victimes comme un boucher le ferait avec une carcasse d'animal, ce qui laisse supposer que le meurtrier est (ou a été) boucher, et non médecin (cette hypothèse ayant été envisagée). Enfin, il semble que les mutilations portées au visage des victimes ne sont pas anodines, et correspondent à l'émaciation que subit le visage d'un enfant lorsque celui-ci est atteint de la syphilis. Holmes en déduit que le meurtrier aurait un enfant atteint de cette maladie, et mutilerait ses victimes de cette manière pour se « venger » consciemment ou inconsciemment du mal qui touche sa famille. La syphilis étant en effet une maladie vénérienne, les prostituées étaient un important vecteur de transmission. Le détective suppose que le meurtrier, père de famille, aurait contracté cette maladie en fréquentant des prostituées, puis l'aurait transmise à sa femme, qui l'aurait transmise par voie bactérienne à un ou plusieurs de ses enfants.

Tous les éléments liés à l'apparence physique du meurtrier proviennent des observations des quatre témoins ayant aperçu le meurtrier. Elizabeth Long a aperçu le suspect peu avant le meurtre d'Annie Chapman, le policier Smith l'a aperçu le soir du meurtre de Stride, et Abraham Solomonovitch a relaté au détective les observations de ses deux amis Joseph Lawende et Joseph Hyam Levy, ayant aperçu un homme en compagnie de Catherine Eddowes peu avant sa mort. Il est très important pour le détective de remarquer que ce troisième témoignage semble être le plus fiable, car les deux Joseph ont vu le suspect de face, dans une rue bien éclairée. Toutefois, Joseph Hyam Levy, qui semble avoir porté une attention toute particulière au suspect, n'a témoigné que sur la taille du meurtrier, n'ayant semble-t-il pas eu véritablement envie de collaborer avec la police.

Sa taille[modifier | modifier le code]

Si le policier Smith pense avoir aperçu un homme d'environ 5 pieds 8 pouces et Joseph Lawende un homme de 5 pieds 7 pouces, ce n'est pas le cas de Long et Joseph Hyam Levy, qui spécifient tous deux avoir vu un homme de 5 pieds 3 pouces.

Sherlock Holmes remarque l'étrange divergence entre les témoignages de Levy et Lawende (« les deux Joseph »), alors que tous deux ont assisté à la même scène. Le détective donne plus de poids au témoignage de Levy, qui semble avoir regardé le suspect avec plus d'attention que son ami, et élimine l'estimation de Lawende. Ainsi, deux témoins affirment avoir vu un homme de 5 pieds 3 pouces, tandis qu'un seul affirme que l'homme faisait 5 pieds 8 pouces. Le détective estime alors que Smith a dû faire une erreur d'estimation tout comme Lawende, ces deux témoins ayant pu être trompés par le couvre-chef que portait le meurtrier. La taille du meurtrier est donc fixée par Holmes à 5 pieds 3 pouces.

Son âge[modifier | modifier le code]
Encadrement de l'âge
du meurtrier
Version « finale » - l'âge estimé par les 3 témoins ayant aperçu le meurtrier diverge de manière importante. En accordant une certaine marge d'erreur dans l'estimation donnée par ces personnes, Holmes va pouvoir déterminer l'âge probable du meurtrier : 33 ans.
Version « bêta » - dans la version bêta du jeu, la première ligne de chaque colonne n'était pas remplie à l'avance, ce qui pouvait rendre l'énigme plus difficile à aborder. Le cadrage des mannequins et le papier peint de Baker Street a aussi été changé dans la version finale.

L'âge du meurtrier estimé par les témoins varie beaucoup. Smith lui donne 26 ans tandis et Lawende environ 30, tandis que Long estime que l'homme était âgé de 40 ans, voire plus. Le détective tient alors compte du fait qu'il est toujours difficile et approximatif de donner un âge à une personne, surtout lorsque l'individu est regardé de dos, pendant seulement quelques secondes.

Holmes accorde donc pour chaque témoignage une marge d'erreur plus ou moins grande en fonction de sa pertinence. Le détective estime que Lawende, qui a vu l'homme dans une rue bien éclairée, n'a pu se tromper que de cinq ans tout au plus dans son estimation, et qu'ainsi l'homme pouvait avoir entre 25 et 35 ans. Pour les témoignages de Smith et Long, qui ont aperçu l'homme dans la pénombre, la tolérance accordée est de 10 ans. Ainsi, l'homme vu par Smith pourrait avoir entre 16 et 36 ans, et celui vu par Long entre 30 et 50 ans. Pour chaque témoignage, l'âge du meurtrier peut donc être compris dans une fourchette allant de 30 à 35 ans, et Holmes conclut que le meurtrier a aux alentours de 33 ans.

La teinte de ses cheveux[modifier | modifier le code]

Concernant la teinte de la pilosité du meurtrier, Joseph Hyam Levy n'a pas voulu témoigner, mais son ami Joseph Lawende a en revanche affirmé avoir vu un homme à la moustache claire. Elizabeth Long affirme avoir vu un homme aux cheveux et à la moustache sombres, tout comme Smith qui dit avoir aperçu un homme à la moustache « marron foncé ».

Une fois encore, l'éclairage sous lequel a été vu le suspect joue un grand rôle. Avec peu de lumière, des cheveux et une moustache clairs peuvent paraître plus foncés, ce qui aurait trompé Smith et Long. Le détective conclut donc que le meurtrier porte une moustache et des cheveux de couleur claire.

Sa tenue vestimentaire[modifier | modifier le code]

Si de nos jours, il peut sembler surprenant de vouloir déterminer quel type de vêtements portait un meurtrier le soir de ses meurtres, cela était différent à la fin du XIXe siècle : les tenues que portaient une personne étaient peu variées et permettaient de savoir à quelle classe sociale elle pouvait appartenir.

Elizabeth Long décrit un homme portant un deerstalker brun et une veste sombre. Smith affirme que l'homme portait un costume noir avec « une sorte de casquette » sombre. Joseph Lawende décrit lui aussi un homme portant une veste sombre, ainsi qu'une casquette grise.

Si Lawende et Long décrivent ainsi la tenue d'un homme de la classe ouvrière, le témoignage de Smith ne va pas dans cette logique puisqu'un ouvrier ne pourrait pas être habillé d'un costume. Holmes tient alors compte du fait que le policier Smith est un habitué de Whitechapel, qui rencontre chaque jour des gens vivant dans une grande misère, et qu'il a ainsi pu appeler « costume » une simple veste qui se démarquait légèrement par rapport au quotidien du quartier. Pour Holmes, le meurtrier est donc d'une basse classe sociale, ce qui s'accorde avec l'idée qu'il s'agit d'un boucher et non d'un médecin.

Son lieu d'habitation[modifier | modifier le code]
En recoupant un ensemble d'éléments de l'enquête, Holmes parvient à localiser la zone d'habitation du tueur : il s'agit du quartier d'Aldgate, ici coloré en rouge.

Pour déterminer le quartier de résidence du tueur, le détective utilise une carte de Whitechapel qu'il complète petit à petit avec les différents éléments qu'il a à sa disposition, de manière à cercler le plus précisément possible la zone d'habitation du meurtrier.

Lorsque Holmes se livre à cette recherche, le meurtre de Mary Jane Kelly n'a pas encore été commis. Le détective s'intéresse tout particulièrement au « double meurtre » de la nuit du 29 au 30 septembre, qui a laissé très peu de temps au tueur pour se rendre d'un lieu à un autre, tout en changeant ses vêtements tâchés de sang par le premier meurtre en faisant probablement une halte d'environ cinq minutes à son domicile. Pour le détective, l'homme qu'il recherche habite forcément dans un espace assez étroit situé entre l'emplacement de ces deux meurtres. Cette zone correspond à l'ovale jaune sur la carte ci-contre.

De plus, l'homme a pris un très grand risque en allant écrire un message antisémite sur un mur de Goulston Street après son deuxième meurtre. Pour Holmes, le tueur n'a pu prendre ce risque qu'en sachant qu'en cas de problème, son repli jusqu'à son domicile serait très rapide. Holmes estime que le meurtrier doit résider à l'intérieur d'une zone très resserrée (cerclée en rouge) autour du lieu où l'inscription a été tracée. Ainsi, en recoupant les deux espaces précédemment définis, le détective finit par délimiter la zone d'habitation de « Jack l'Éventreur », qui correspond au quartier d'Aldgate, voisin de Whitechapel.

Les suspects, le meurtrier[modifier | modifier le code]

Le joueur rencontre au cours de l'enquête certains des véritables suspects de Scotland Yard à l'époque des meurtres (par exemple Tumblety), ainsi que des personnes n'étant devenues des suspects que plus récemment à la suite du travail des « ripperologues » (comme Walter Sickert ou James Hardimann). Après de nombreuses fausses pistes, Sherlock Holmes finira par trouver l'identité de « Jack l'Éventreur ».

Docteur Francis Tumblety[modifier | modifier le code]
Représentation de Francis Tumblety réalisée à la fin du XIXe siècle

Le Docteur Tumblety est un suspect qui a véritablement vécu dans le quartier de Whitechapel fin 1888. Plusieurs éléments à sa charge en font un suspect crédible. Les éléments les plus importants sont évoqués dans le jeu : d'une part, il vouait une haine démesurée aux femmes (qu'il qualifiait de bétail), et considérait que seules les relations entre hommes étaient « dignes ». D'autre part, il possédait une importante collection d'organes humains, et notamment une douzaine d'utérus, organe qui a été enlevé sur plusieurs des victimes.

Ce suspect fut arrêté le 19 novembre 1888, la police le soupçonnant d'être lié aux meurtres, puis il fut relâché sous caution. Il s'enfuit de Londres le 5 décembre 1888 pour se rendre finalement aux États-Unis.

Malgré ces éléments à charge, Sherlock Holmes finit par conclure que Tumblety n'a pas pu être le meurtrier, certaines des observations du détective ne pouvant pas s'accorder avec l'hypothèse de sa culpabilité. Dans le jeu, lors d'une courte entrevue entre Holmes et Tumblety peu avant le dernier meurtre du 9 novembre, le détective conseille au docteur américain de fuir au plus vite le quartier de Whitechapel qui représente un danger pour cet homme qui est encore un suspect privilégié de Scotland Yard. Frogwares vient ainsi glisser une petite explication fictive à la fuite du docteur début décembre.

James Hardimann[modifier | modifier le code]

James Hardimann était un vendeur de viande pour chats (comme indiqué dans le jeu), et résidait au-dessus du 29, Hanbury Street, où a été retrouvé le corps d'Annie Chapman le 8 septembre 1888 au petit matin. En 1888, Hardimann n'était âgé que de 29 ans[45], bien qu'il paraisse nettement plus âgé dans le jeu de Frogwares.

James Hardimann est un suspect ayant plusieurs éléments à charge contre lui. Le déroulement de l'enquête mené par Sherlock Holmes a montré que Jack l'Éventreur était probablement boucher, or Hardimann exerçait dans ce secteur d'activité.

Par ailleurs, Holmes a établi que le meurtrier devait avoir un enfant atteint de syphilis. Hardimann explique dans le jeu que sa famille a été profondément touchée par cette maladie quelques mois auparavant. Sa fille Harriett en meurt le 18 juin 1888 après une importante émaciation du visage[45], puis sa femme en succombe elle aussi le 15 septembre 1888[45]. La mort de sa fille arrivant peu de temps avant les premiers meurtres de l'Éventreur, et étant caractérisée par des changements physiques importants au niveau de son visage, Hardimann devient un suspect qui aurait un motif pour réaliser de tels crimes. Il pourrait ainsi avoir décidé de se venger sur la source de ses malheurs : les prostituées, vecteurs de transmission de la maladie.

La conclusion du jeu viendra innocenter Hardimann malgré ces divers éléments. Hardimann est d'ailleurs présenté durant tout le jeu comme un brave homme inoffensif rongé par le malheur, et essayant de continuer à vivre tant bien que mal malgré son désespoir.

Walter Sickert[modifier | modifier le code]
Photographie de Sickert en 1884 (24 ans), soit 4 ans avant les meurtres de Jack l'Éventreur

Walter Sickert, peintre excentrique anglais, fait partie des meurtriers potentiels apparaissant dans le jeu. Les éléments à sa charge sont pourtant assez faibles.

C'est en 1976, dans le livre Jack the Ripper : The Final Solution de Stephen Knight que Sickert est pour la première fois considéré comme ayant pu avoir un rôle dans les meurtres de Whitechapel. En 2002, Patricia Cornwell présenta à son tour une théorie sur la culpabilité de Sickert dans le livre Jack l'Éventreur : affaire classée - Portrait d'un tueur. Toutefois, il fut démontré par la suite que les éléments qui l'avaient conduite à une telle conclusion étaient très contestables[46]. Par ailleurs, un certain nombre de lettres de Sickert situent l'artiste en vacances en France pour une durée qui recouvre les dates des meurtres attribués à Jack l'Éventreur.

Dans le jeu, le Dr Watson rencontre Walter Sickert dans une maison close, et le jeune artiste alors âgé de 28 ans ne semble absolument pas perturbé par l'angoisse qui règne dans le quartier à propos des meurtres récemment commis. Cependant, Sickert est davantage présenté comme un jouisseur, aimant les femmes que comme quelqu'un de dangereux, et la conclusion du jeu vient innocenter ce suspect.

John Pizer[modifier | modifier le code]
Dessin représentant John Pizer, publié dans un journal en 1888.

John Pizer, dont le nom a parfois été orthographié « Piser » ou « Pizzer », a été l'un des premiers suspects auquel les meurtres de Whitechapel ont été attribués. Cet homme était surnommé « Tablier de Cuir » (Leather Apron) du fait du tablier qu'il portait constamment sur lui[47]. Le joueur ne rencontre pas cet homme au cours de l'aventure, mais Holmes et Watson enquêtent sur sa personne au début du jeu.

Dans le jeu, John Pizer est présenté avec exactitude comme un homme de sinistre réputation, due à son physique effrayant, et surtout aux violences qu'il avait fait subir à plusieurs prostituées du quartier de Whitechapel au cours des mois ayant précédé le meurtre de Nichols[47]. Pizer a pour la première fois été assimilé au meurtrier de Buck's Row par un journaliste du Star, ayant rapporté dans le numéro du 6 septembre 1888 (que Watson lit dans le jeu[48]) que celui que l'on surnommait le « Tablier de Cuir » aurait été vu en compagnie de Mary Ann Nichols le soir du meurtre.

Le 8 septembre est commis le meurtre d'Annie Chapman, et un tablier en cuir est retrouvé au sol à quelques mètres du corps. Cet élément renforce considérablement la possible culpabilité du « Tablier de Cuir » aux yeux du public, et Pizer devient alors le principal suspect. Sherlock Holmes, en revanche, remarque tout de suite que ce tablier devait déjà être présent dans la cour bien avant que le meurtre soit commis, et que les suspicions envers Pizer sont infondées.

Dans le jeu, c'est le Docteur Gibbons qui permet d'innocenter Pizer, en répétant à Watson le témoignage d'une jeune prostituée du nom de Margie. Celle-ci, ayant été auparavant violentée par Pizer, avait reconnu son agresseur grâce à son visage terrifiant parmi une foule de curieux venus observer un incendie survenu dans des entrepôts, et ne l'avait pas quitté des yeux jusqu'à ce que la foule se dissipe à une heure tardive qui rend impossible la culpabilité de Pizer. L'homme, malgré ses multiples vices, n'était donc pas « Jack l'Éventreur ».

George Cullen, alias « Squibby »[modifier | modifier le code]
« Squibby », arborant de nombreux tatouages, ici dans une cellule du commissariat de Whitechapel après l'émeute dans laquelle il a été impliqué.

George Cullen, uniquement désigné dans le jeu par son surnom « Squibby », était à l'époque des meurtres un jeune homme de 25 ans musclé et très tatoué, qui gagnait sa vie en participant à divers paris se jouant dans les rues de Whitechapel[49]. Holmes rencontre Cullen au cours de son enquête, en apprenant que le jeune homme a récemment failli être lynché par la foule de Whitechapel qui pensait avoir affaire au meurtrier de Nichols et de Chapman. Très rapidement, le détective comprend que « Squibby » n'a aucune part de responsabilité dans l'affaire.

L'origine de l'émeute qui aurait pu être fatale au jeune homme n'est pas donnée dans le jeu. Quelques jours avant le meurtre d'Annie Chapman, « Squibby » avait tenté de lancer une pierre à un policier et, ratant sa cible, avait touché une fillette proche[49]. L'acte pouvant être durement puni, le jeune homme s'était alors enfui et était parvenu à se cacher. Toutefois, il fut retrouvé par deux policiers le 8 septembre 1888, alors que le meurtre de Chapman avait été commis plus tôt dans la matinée. « Squibby » parvint à échapper aux deux hommes, et tenta à nouveau de s'enfuir. Le jeune homme commit l'erreur d'emprunter Commercial Street, l'une des rues les plus animées de Whitechapel.

À la vue de cet homme courant à toutes jambes et poursuivi par la police, certains badauds ayant eu vent du crime commis pendant la nuit crurent que les policiers poursuivaient le meurtrier, et l'agitation qui commença à se développer dans la rue se transforma rapidement en émeute, les passants voulant lyncher celui qu'ils considéraient comme le responsable des évènements récemment survenus dans le quartier[49]. Le jeune homme, terrifié par la foule qui le poursuivait, réussit à être sauvé de cette dangereuse situation par d'autres policiers qui surveillaient la rue. George Cullen fut ensuite emmené au commissariat par les forces de l'ordre, aussi bien pour son délit initial que pour maintenir sa sécurité.

Abraham Solomonovitch[modifier | modifier le code]

Abraham Solomonovitch est un commerçant juif de Whitechapel imaginé par Frogwares, et jouant un rôle assez important dans le jeu. C'est notamment cet homme qui confie à Holmes le témoignage de Joseph Lawende et Joseph Levy concernant le meurtre d'Eddowes. Malgré sa collaboration avec Holmes et Watson, Solomonovitch fait partie des suspects du détective.

Cet homme a en effet été boucher par le passé, bien qu'il tienne une animalerie au cours du jeu. Or, Holmes est presque certain que le meurtrier a exercé ou exerce encore la profession de boucher. De plus, Solomonovitch est pauvre, ce qui correspond à l'une des conclusions du détective.

L'élément le plus troublant pour le détective est qu'Abraham semble avoir d'importants problèmes avec la communauté juive dont il fait pourtant partie. Certains de ses coreligionnaires l'ayant vu collaborer avec le détective, Solomonovitch a été victime d'une dénonciation calomnieuse qui l'a conduit à devoir fermer sa boutique pendant plusieurs jours. Pour le détective, le meurtrier est précisément en conflit avec la communauté juive, qu'il a essayé d'impliquer dans le meurtre d'Eddowes avec une inscription tracée sur un mur de Goulston Street. Malgré ces quelques éléments à charge, le détective conclura qu'Abraham Solomonovitch est innocent, probablement parce qu'il déduira que le meurtrier était doté d'une grande force physique, ce qui ne semble pas être le cas de Abraham Solomonovitch, homme d'un âge avancé.

Jacob Levy, le meurtrier[modifier | modifier le code]
Qui est Jack l'Éventreur ?
Version « finale » - à chacun des suspects retenus par le détective, le joueur doit associer une ou plusieurs étiquettes correspondant au profil du meurtrier. Ainsi, le personnage à qui le joueur pourra attribuer toutes les étiquettes est logiquement le tueur. Lorsqu'une étiquette est associée à la bonne personne, elle devient verte. Dans le cas contraire, elle devient rouge.
Version « bêta » - dans la version bêta du jeu, cette toute dernière question était beaucoup plus difficile à résoudre. Aucune étiquette n'était placée d'avance, et lorsque le joueur ajoutait une nouvelle étiquette, elle ne devenait ni verte (bien placée) ni rouge (mal placée), mais restait marron. Par ailleurs, une étiquette portant la mention « le meurtrier a environ 33 ans » était disponible, et a été supprimée dans la version finale. Enfin, les cinq suspects n'étaient pas placés dans le même ordre.

Frogwares a décidé de mettre en avant dans ce jeu l'une des théories de certains ripperologues sur l'identité du meurtrier et qui sont bien peu nombreux. À la toute fin du jeu, Sherlock Holmes découvre ainsi que l'homme tant recherché par Scotland Yard est Jacob Levy, un boucher d'Aldgate.

Jacob Levy correspond parfaitement au profil du meurtrier établi par Sherlock Holmes. Outre le fait qu'il est boucher et vit dans le quartier d'Aldgate, Jacob Levy mesure 5 pieds 3 pouces, est âgé de 32 ans, a la moustache et les cheveux clairs, est droitier, a un enfant atteint de syphilis, est pauvre et porte des vêtements d'ouvrier.

La thèse selon laquelle Jacob Levy serait « Jack l'Éventreur » a été mise en avant pour la première fois en 2006 par Paul Roland, dans son livre The Crimes of Jack the Ripper: An Investigation into the World's Most Intriguing Unsolved Case, qui n'a pas été traduit en français[50]. Les ripperologues ont pu retrouver un certain nombre d'éléments concernant la vie de Jacob Levy.

Jacob Levy, à gauche, devant son domicile du 36, Middlesex Street. À droite : Sarah Levy, sa femme, et son fils dont le visage étrangement marqué est un symptôme de la syphilis dont il est atteint.

Né en 1856 et de confession juive, Jacob Levy vivait à l'époque des meurtres au 36, Middlesex Street à Aldgate en compagnie de sa femme Sarah et de ses enfants[51]. Le numéro 36 avait auparavant été habité par Joseph Hyam Levy[51], témoin important au soir du meurtre de Catherine Eddowes.

C'est en voulant rencontrer Joseph Hyam Levy pour parler avec lui de son témoignage que Holmes arrive au 36, Middlesex Street, n'ayant pas été informé du changement de domicile de l'homme avec qui il souhaite s'entretenir. C'est donc Sarah Levy qui ouvre à Holmes. Découvrant qu'un autre boucher réside désormais à cette adresse, Holmes décide de s'informer discrètement auprès de la jeune femme au sujet de son mari. Pour cela, le détective affirme à Sarah Levy qu'il pense connaître Jacob, et le décrit volontairement[note 15] comme très différent (50 ans, mesurant 6 pieds et gaucher) par rapport au profil type du meurtrier qui a été précédemment établi. Sarah Levy le détrompe en lui affirmant que son mari est droitier, n'a que 32 ans, et mesure 5 pieds 3 pouces. Le détective comprend alors qu'il a probablement en face de lui la femme du meurtrier, ce qui se confirme lorsqu'un de ses fils aux cheveux blonds et au visage marqué par la syphilis fait son apparition auprès de sa mère. Le détective met alors un terme à l'entrevue, et décide d'attendre non loin dans la rue que le père de famille revienne à son domicile. Les soupçons du détective sont confirmés lorsqu'un homme correspondant en tout point au profil du meurtrier arrive au 36, Middlesex Street et que le garçon atteint de syphilis l'accueille joyeusement en s'exclamant « Papa ! ».

Jacob Levy, mimant ses crimes devant Holmes au cours de la cinématique de conclusion.

Il est en effet avéré que Jacob Levy avait contracté la syphilis, probablement en fréquentant des prostituées, et qu'un de ses enfants avait été contaminé[51]. Holmes apprend peu avant son entrevue avec Sarah Levy que Jacob Levy avait été condamné en 1886 à 12 mois de travaux forcés pour un vol de viande. La victime du vol, un boucher juif du nom de Sampson, était son employeur et avait sa boutique sur Goulston Street[51]. D'après Holmes, Jacob Levy aurait à la suite de cette condamnation été mis à l'écart par la communauté juive victime de son mauvais comportement, ce qui aurait développé chez lui une « haine » envers ses propres coreligionnaires, et l'aurait poussé à inscrire un message antisémite à Goulston Street dans un esprit de vengeance.

D'autres éléments, non évoqués dans le jeu, viennent appuyer la thèse selon laquelle Jacob Levy pourrait être le meurtrier. En effet, il semble logique que Joseph Hyam Levy et Jacob Levy se connaissaient, les deux hommes exerçant le même métier dans le même quartier, et Jacob Levy ayant succédé à Joseph Hyam Levy au 36, Middlesex Street. L'une des hypothèses avancées par les ripperologues est que le soir du meurtre de Catherine Eddowes, Joseph Hyam Levy n'aurait pas seulement aperçu un homme en compagnie d'Eddowes, mais aurait reconnu son collègue Jacob Levy[51]. Comprenant par la suite qu'il était en mesure de dénoncer le véritable coupable, il aurait préféré garder le silence pour « protéger » Jacob Levy, ou éviter des représailles.

Jacob Levy, arborant un sourire grimaçant après avoir avoué ses meurtres à Sherlock Holmes.

Jacob Levy était par ailleurs connu pour son comportement violent et ses attitudes surprenantes évoquant une certaine névrose « malsaine »[51]. Le 15 août 1890, Jacob Levy a été interné au City of London Lunatic Asylum (en), un l'hôpital psychiatrique, dans le but de le mettre à l'écart de la société[51]. Un témoignage de sa propre femme l'accable : « il affirme que si on ne le retient pas, il pourrait faire du mal à quelqu'un ; il se plaint d'entendre des bruits étranges, pleure sans raison, et se sent obligé de commettre des actes que sa conscience ne peut supporter »[51]. Sarah Levy a aussi déclaré au sujet de son mari : « il ne dort pas la nuit et erre sans but pendant des heures »[51].

Holmes se rend le 9 novembre au soir au domicile de Jacob Levy pour que celui-ci avoue sa responsabilité. La scène des aveux est présentée au joueur dans une cinématique silencieuse, au cours de laquelle Levy mime devant Holmes les meurtres qu'il a commis. Malgré sa découverte capitale, le détective décide de ne pas livrer Jacob Levy à Scotland Yard, d'une part parce que le détective affirme servir la « vérité » et non la « justice », d'autre part parce que la révélation de la culpabilité d'un homme juif provoquerait un regain d'antisémitisme dans le quartier de Whitechapel. Holmes laisse donc la liberté à Jacob Levy, qui décèdera finalement le 29 juillet 1891, atteint d'une paralysie totale due à la syphilis.

De nombreux détails en rapport avec l'affaire[modifier | modifier le code]

L'un des murs du 221 B Baker Street vers la fin du jeu, couvert de diverses images liées à l'affaire du tueur de Whitechapel.

Pour rendre l'aventure plus réaliste, Frogwares a ajouté à plusieurs endroits du jeu des clins d'œil à l'« affaire Jack l'Éventreur », qui ne sont pas spécialement explicités au cours de l'enquête.

Au cours de l'enquête, le joueur trouve plusieurs articles de journaux directement traduits des publications courantes datant de 1888. Il n'est pas précisé dans le jeu que ces articles sont authentiques. Outre les extraits du Star paru le 1er septembre 1888, du Daily News paru le 11 septembre 1888 et du Boy's Standard paru le 8 janvier 1886 précédemment évoqués, le joueur retrouve aussi des extraits du Star du 6 octobre 1888[52], et de l'hebdomadaire East London Advertiser du 1er septembre 1888[53].

Les développeurs ont tenu à ce que les traductions de ces articles correspondent parfaitement à ce que les journalistes avaient écrit à l'époque de l'affaire. On retrouve ainsi dans le Daily News du 11 septembre le nom de John Pizer orthographié par erreur « Piser ». Dans le Star du 6 septembre, on retrouve pour désigner Martha Tabram le nom de « Turner », ainsi que le nom de Baker's Row pour désigner la ruelle de Buck's Row. La forme de ces articles (caractères en majuscules, retours à la ligne) a aussi été conservée.

Dans le commissariat de Whitechapel se trouvent deux affiches sur lesquelles on peut lire « Michael Ostrog - The dangerous criminal is searched ». Ostrog a en effet été l'un des nombreux suspects de l'affaire, bien que les éléments montrant sa possible culpabilité soient faibles (il était médecin et on le disait parfois violent avec les femmes[54]). Ostrog avait en revanche un lourd passé de voleur à l'époque des meurtres, ce qui donne une seconde explication à la présence de ces affiches au commissariat.

Vers la fin du jeu, après être ressorti de la chambre où se trouve le cadavre de Mary Jane Kelly, Holmes préfère dissuader Watson de se rendre dans le lieu du crime, la scène étant si insupportable à voir que lui-même, pourtant habituellement si stoïque face aux crimes, est pendant un court instant abasourdi à la suite du choc de ce qu'il vient d'observer. Il s'exclame alors à l'attention de Watson en parlant de ce qu'il a vu derrière la porte de la chambre : « Au-delà de ce seuil, il y a l'abîme, Watson, il y a L'ENFER ! ». Ce dernier mot, écrit en majuscules dans les sous-titres, n'est pas sans rappeler une autre lettre transmise à Scotland Yard et signée « Jack l'Éventreur », comportant la mention « From Hell » en en-tête, à l'endroit où l'auteur écrit habituellement son adresse (que l'on traduirait ici par « de l'enfer » ou « depuis l'enfer »). Cette lettre n'est toutefois pas évoquée dans le jeu.

Système de jeu[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

Une perspective en « vision subjective » (1re personne) d'une rue de Whitechapel.
Le même endroit, en basculant en « vision cinéma » (3e personne).

Le jeu se déroule dans un univers entièrement réalisé en 3D, où le joueur dirige alternativement Sherlock Holmes et le Dr Watson. L'une des particularités de ce jeu tient au fait que le joueur peut librement alterner entre une vue à la première personne, dite vision subjective, où le joueur incarne le personnage qu'il contrôle, ou à la troisième personne, dite vision cinéma, où le joueur voit à l'écran le personnage qu'il dirige dans un style plus traditionnel du jeu d'aventure.

Ce libre changement de point de vue, rare dans les jeux vidéo, est une innovation que Frogwares a réalisée pour que les joueurs puissent choisir le point de vue qui leur est le plus agréable. En effet, la vue subjective peut générer des maux de tête chez certains joueurs, tandis que d'autres n'ont pas ce problème et préfèrent la perspective plus immersive à la première personne[55]. Par ailleurs, le joueur peut avoir envie d'utiliser les deux points de vue alternativement dans le jeu, par exemple en vision subjective pour avancer dans les rues, et en vision cinéma pour chercher de petits éléments dans les décors.

Le joueur se déplace dans le jeu avec sa souris selon le principe du point & click, que ce soit en vision subjective ou en vision cinéma. Pour interagir avec un personnage ou un objet du décor, le joueur doit cliquer dessus. En vision subjective, cela oblige le joueur à s'approcher suffisamment de l'objet ou de la personne pour que le curseur d'interaction apparaisse.

Les dialogues ne sont pas à choix multiples : lorsque le joueur s'engage dans une conversation, plusieurs sujets doivent être abordés, et la seule liberté parfois laissée au joueur est de choisir l'ordre dans lequel il va traiter ces différents points. Une fois qu'un sujet a été abordé, le joueur ne peut plus revenir dessus pour l'entendre à nouveau, mais la conversation est alors retranscrite dans un carnet où tous les dialogues sont conservés.

L'inventaire du jeu, constitué de cases pouvant chacune contenir un objet.

Comme dans la majeure partie des jeux d'aventure, le joueur peut emporter des objets qui viennent se placer dans son inventaire. Parfois, le joueur prend avec lui des objets sans savoir à l'avance en quoi ils vont lui être utiles par la suite. Dans ce cas, ces objets sont souvent des outils pratiques, comme le couteau de poche ou la boîte d'allumettes que le joueur garde longtemps dans son inventaire. À d'autres moments, un objet peut ne rester dans l'inventaire qu'un très court moment, par exemple lorsqu'un personnage donne à Holmes ou à Watson un objet qu'il doit remettre rapidement à un autre personnage pour que l'action du jeu avance. L'inventaire permet aussi de réaliser des associations d'objets, ainsi que diverses manipulations utilisant deux objets ou plus.

L'inventaire, comme dans de très nombreux jeux d'aventure, n'est pas « réaliste ». L'inventaire représentant théoriquement l'ensemble des objets qu'un personnage porte sur lui, tous ces éléments devraient tenir dans une poche, or ce n'est pas le cas de l'échelle. Ici, l'inventaire ne joue donc pas le rôle de « poches » du personnage contrôlé, mais plutôt un lieu de dépôt virtuel d'objets considérés comme étant à disposition du joueur lorsque celui-ci en aura besoin.

À certains moments, l'action s'arrête pour que le joueur puisse se concentrer sur une énigme à résoudre. Frogwares a en effet intégré plusieurs petits jeux à l'intérieur de l'enquête, pratique courante dans le domaine du jeu d'aventure. Ainsi, pour ouvrir un coffre, une boîte ou une sacoche, le joueur devra souvent résoudre un petit casse-tête de logique mathématique remplaçant les traditionnelles serrures. S'il le souhaite, il peut disposer d'une aide pour résoudre les énigmes sur lesquelles il bute. Parfois, ces énigmes requièrent une bonne culture générale, par exemple pour un coffre dont le système d'ouverture nécessite des connaissances sur la guerre de Sécession. L'action peut aussi être suspendue pour que le joueur complète une carte ou remplisse un « tableau de déductions » relatif à l'enquête.

Système de déduction[modifier | modifier le code]

Une partie du tableau de déductions pour le meurtre de Catherine Eddowes.
Holmes et Watson, reconstituant le meurtre de Nichols. Le détective est à la place du tueur, tandis que Watson est la victime. Le joueur doit sélectionner en bas de l'écran les actions correspondant aux observations du légiste Llewellyn et de Holmes.
L'échelle de temps pour le meurtre d'Elizabeth Stride.

Pour chaque meurtre, le joueur doit agir selon les préceptes de Holmes : déduire la vérité en se basant sur les faits observables, et non commencer par établir de simples hypothèses ad hoc pour y rattacher quelques indices par la suite (ce qui correspondrait à la technique de l'Inspecteur Lestrade, qui ne fait pas d'apparition dans ce jeu). Ainsi, le détective, accompagné de Watson, commence toujours par observer les lieux du crime, ainsi que le corps des victimes lorsque cela est possible, ou se base sur les observations du médecin légiste dans le cas contraire. Ces premières observations sont extrapolées pour pouvoir tirer des conclusions dans un « tableau de déduction ». Ainsi, la façon dont a été porté le coup de couteau à la gorge d'une victime va renseigner le détective sur la taille et la latéralité du meurtrier par exemple. Pour le meurtre de Nichols, Sherlock Holmes essaie de reconstituer au mieux les faits en se mettant à la place du tueur, Watson étant la victime. Cette reconstitution permettra au détective d'éliminer certaines éventualités, et d'en confirmer d'autres.

Le « tableau de déduction générale » réunit quant à lui l'ensemble des conclusions établies dans les différents « tableaux de déduction », et permet de les confronter pour faire ressortir des éléments communs aux différents meurtres, renseignant ainsi sur l'auteur des crimes.

Parallèlement aux observations et déductions relatives à chaque crime, le joueur essaie d'encadrer avec le plus de précision possible l'heure exacte des quatre premiers meurtres, en complétant une « échelle de temps ». C'est ici que les quelques témoignages rapportés prennent toute leur importance. Cette recherche est particulièrement utile pour le meurtre d'Annie Chapman, estimé dans un premier temps par Watson et le légiste peu avant 4 h 30, et qui sera finalement placé par le détective à 5 h 30 en tenant compte de témoignages contredisant la première estimation.

Inspirations et allusions[modifier | modifier le code]

Frogwares a l'habitude de glisser dans ses jeux d'aventure de nombreux clins d'œil subtils, qui n'ont aucune importance dans l'histoire elle-même, mais qui font le régal des joueurs capables de les décrypter.

Aventures de Conan Doyle[modifier | modifier le code]

Dans une nouvelle écrite par Sir Conan Doyle, intitulée Le Rituel des Musgrave, le Dr Watson décrit rapidement la façon dont est organisé l'appartement du 221B Baker Street dans lequel vit le célèbre détective. Le deuxième paragraphe de cette nouvelle révèle notamment que Sherlock Holmes aime garder des objets divers ayant trait à ses propres enquêtes (« Notre appartement était toujours plein de produits chimiques et de reliques criminologiques, qui avaient tendance à s'aventurer dans des endroits insensés, et à se retrouver dans le beurrier ou dans des endroits encore moins souhaitables »[note 16]). Conformément à cette description, Frogwares a reproduit au 221B une pièce de séjour contenant un certain nombre de références aux aventures du détective écrites par Conan Doyle. Pour chacun de ces éléments, Watson peut faire une courte remarque remémorant les circonstances dans lesquelles chaque objet a été découvert ou ce à quoi il a servi. Beaucoup de ces éléments étaient déjà présents dans le précédent jeu de Frogwares Sherlock Holmes contre Arsène Lupin. Ces éléments sont les suivants :

Les lettres VR gravées au pistolet sur le mur de Holmes, telles qu'on peut les observer au Sherlock Holmes Museum de Londres.
La banderole de l'affaire des Hommes dansants : message codé de la nouvelle, que l'on retrouve dans le jeu.
  • la banderole de l'affaire des Hommes dansants au-dessus du bureau du détective, issue d'une nouvelle de Conan Doyle publiée en décembre 1903 ;
  • le harpon qui a « transpercé le marinier Peter le Noir » accroché au-dessus de la porte de chambre de Watson, allusion à la nouvelle Peter le Noir, écrite par Conan Doyle en 1904 ;
  • au-dessus de la cheminée, un tableau des chutes du Reichenbach, en Suisse, où Holmes combattra le Dr Moriarty en 1891. Toutefois, l'action du jeu se déroulant en 1888, le Dr Watson déclare « La Suisse... charmant pays... Peut-être y enquêterons-nous un jour, Holmes et moi » ;
  • un cadre avec le portrait du colonel Gordon posé sur la cheminée, allusion à la nouvelle intitulée Le Pensionnaire en traitement, écrite par Conan Doyle en 1893 ;
  • conformément à la description de l'appartement au premier paragraphe de la nouvelle Le Rituel des Musgrave, on trouve dans l'appartement un seau à charbon contenant des cigares, une babouche persane contenant du tabac, un tas de courrier cloué par un couteau au-dessus de la cheminée, ainsi que les lettres « VR » (pour Victoria Regina, « Reine Victoria ») inscrites à coups de pistolet sur le mur.
La petite troupe des Baker Street Irregulars à Whitechapel.

Par ailleurs, on retrouve dans le jeu les fameux Baker Street Irregulars, de jeunes garçons issus de familles très pauvres qui aident plusieurs fois Holmes dans ses aventures. Holmes fait ici appel à leurs services (et particulièrement à ceux de Wiggins, le chef de la petite troupe) pour essayer de retrouver le Docteur Tumblety qui semble se cacher quelque part dans la grande ville de Londres. Après un début de traque sans résultat, leurs recherches porteront leurs fruits vers la fin du jeu.

Enfin, dans la toute dernière discussion entre Holmes et Watson après les aveux de Jacob Levy, le détective demande à son ami de ne pas évoquer l'affaire des meurtres de Whitechapel dans ses chroniques, et lui conseille à la place d'inventer une histoire mettant en scène « un gros chien lumineux ». Il s'agit d'une allusion au roman Le Chien des Baskerville, publiée par Conan Doyle en 1902.

Clichés sur Sherlock Holmes[modifier | modifier le code]

L'imagerie populaire représente habituellement Sherlock Holmes avec une deerstalker, aussi appelée « chapeau de chasseur ». Toutefois, Arthur Conan Doyle n'a jamais fait mention de cet accessoire dans son œuvre[56]. Frogwares fait allusion à cette anecdote vers la fin du jeu : Sherlock Holmes a alors besoin de déguisements, et déclare « Nous allons avoir besoin de [...] ma deerstalker, celle que je ne mets jamais mais que tout le monde croit que je porte jour et nuit ».

Univers de Maurice Leblanc[modifier | modifier le code]

Au début du jeu, une bouteille de champagne français est posée sur la table à manger du 221B Baker Street. Une carte y est accrochée, sur laquelle il est écrit « Hommages de la part d'un jeune admirateur ». La carte est signée de la main d'un certain Raoul d'Andrésy, et le Dr Watson ne voit pas de qui il pourrait s'agir. Le nom Raoul d'Andrésy est en fait l'un des nombreux pseudonymes utilisés par Arsène Lupin dans les aventures écrites par Maurice Leblanc. Le nom Raoul est le deuxième prénom de Lupin, tandis que le nom d'Andrésy était celui de sa mère Henriette d’Andrésy. Frogwares vient ainsi glisser un clin d'œil à son précédent jeu vidéo Sherlock Holmes contre Arsène Lupin, que seuls les joueurs avertis peuvent reconnaître.

Références à d'autres œuvres[modifier | modifier le code]

Le pub situé à Berner Street dans le quartier de Whitechapel s'appelle le « Wasp's Nest » autrement dit le « Nid de guêpes » en français. Il s'agit là d'un probable clin d’œil à l'univers d'Agatha Christie puisque Wasp's Nest est une histoire courte publiée dans le Daily Mail en 1928 puis bien plus tardivement (en 1974) dans un recueil de petites histoires intitulé Poirot's Early Cases et mettant en scène l'incontournable Hercule Poirot.

Le personnage patibulaire qui se cache derrière la porte de la remise du Wasp's Nest est surnommé « Bluto sans pite ». Outre la contrepèterie qu'il peut suggérer, ce surnom est tiré de Donjons et Dragons, un célèbre jeu de rôle médiéval-fantastique créé dans le milieu des années 1970. Dans ce dernier, Bluto sans Pite est un chevalier qui a commis de nombreux crimes et dont la tête est mise à prix.

Dans le commissariat de Whitechapel se trouve sur le panneau en arrière plan du bureau du policier un portrait sans nom à droite de celui de Michael Ostrog : il s'agit d'un portrait de Jacques Hellouin, l'un des deux héros du jeu Post mortem (2002). Puisque ce personnage est innocent dans le jeu de Frogwraes, il est indirectement suggéré qu'il est arrêté pour un crime qu'il n'a pas commis dans le jeu Post Mortem.

Si l'anachronisme de ces « clins d’œil » est volontaire et anecdotique compte tenu du caractère fictif du lieu et du personnage, cela n'est pas le cas pour certaines peintures que l'on peut apercevoir à la maison close de Whitechapel. En effet on peut y reconnaître le Nu aux bas verts de Egon Schiele qui n'a pourtant été peint qu'en 1918. De plus ce fameux peintre autrichien est même né deux ans après les évènements du jeu, en 1890. À noter que ce tableau est remplacé par un autre dans la version anglaise du jeu.

Bande son[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

À chaque lieu du jeu est associé un ou deux thèmes musicaux. Alors que l'accompagnement musical de Sherlock Holmes contre Arsène Lupin était un ensemble de huit morceaux de musique classique parfois très célèbres, les musiques de Sherlock Holmes contre Jack l'Éventreur sont moins variées.

Les morceaux les plus fréquemment joués sont ceux du quartier de Whitechapel et de ses environs. Deux thèmes différents sont utilisés pour ce lieu, l'un étant joué de jour (d'une durée de 3 min 48 s), l'autre de nuit (3 min 56 s). Le thème « de nuit » revient très fréquemment, étant aussi le thème du menu du jeu et du chargement des sauvegardes. Ces deux morceaux, réalisés par le sound designer de Frogwares, ne sont pas des thèmes de musique classique, mais des thèmes « à suspense », renforçant l'aspect angoissant de l'affaire sur laquelle le joueur enquête par l'intermédiaire de Sherlock Holmes.

Le thème que le joueur entend lorsqu'il se trouve chez le détective à Baker Street est le troisième mouvement (intitulé Mélodie, 3 min 58 s) de Souvenir d'un lieu cher, composé par Tchaïkovski[musique 1]. Ce morceau avait déjà été utilisé par Frogwares dans les précédents jeux de la série Sherlock Holmes, excepté Le Mystère de la momie.

Au London Hospital, chez le libraire Barnes et à la Central News Agency sont joués deux thèmes successivement. Le premier thème est la Sonate pour violon et piano no 2 (troisième mouvement, 5 min 15 s) de Grieg[musique 2]. Ce morceau de musique classique avait déjà été utilisé par Frogwares dans Sherlock Holmes : La Boucle d'argent en 2004, bien que son tempo fût alors différent. Le second morceau joué dans ces trois lieux est le Trio pour piano et cordes no 2 (second mouvement, 9 min 01 s) de Schubert[musique 3]. Un extrait de ce même morceau (rendu célèbre par le film Barry Lyndon de Stanley Kubrick) avait été utilisé par Frogwares dans Sherlock Holmes contre Arsène Lupin, lors de la séquence du British Museum.

Doublage[modifier | modifier le code]

Les acteurs ayant participé au doublage de la version française du jeu sont les suivants :

  • Benoît Allemane : Sherlock Holmes ;
  • Bruno Magne : Docteur Watson ;
  • Jean-Pol Brissart : Inspecteur Abberline, Tom Bulling, Francis Tumblety, Jacob Lévy, le barman du Wasp's Nest, le policier Smith, le policier Craddle ;
  • Pierre Tessier : Docteur Gibbons, Barnes, Walter Sickert, John Richardson (témoin du second meurtre), le réceptionniste de l'Imperial Club ;
  • Frédéric Cerdal : Finley, Abraham Solomonovitch, James Hardimann, Walesby, Thomas Bowyer (à l'entré de Miller's Court) ;
  • Paul Borne : Humphries (au commissariat de Whitechapel), Isaac Solomonovitch, Squibby, Bluto, un policier, l'homme s'exclamant « Lipski ! » ;
  • Danièle Hazan : Bella Poolmann, Danny dite « la terreur des Highlands »[note 17] ;
  • Laura Blanc : Polly Nichols, Lucy, Sarah Lévy (femme de Jacob Lévy), Mary (jeune femme essuyant le sol de la maison de passe), la serveuse du Wasp's Nest ;
  • Fily Keita : Wiggins, Pounce (Baker Street Irregulars), Simon Lévy, un autre enfant de Jacob Lévy s'exclamant « Papa ! ».

Développement[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Waël Amr, président de Frogwares, explique dans une interview que le développement de Sherlock Holmes contre Jack l'Éventreur a duré entre 18 et 24 mois[1]. Les prémices du jeu ont donc débuté au cours de l'année 2007, son développement s'étant terminé en avril 2009. Il est probable que les premiers pas de Sherlock Holmes contre Jack l'Éventreur se soient chevauchés avec les dernières semaines de la réalisation de Sherlock Holmes contre Arsène Lupin dont Frogwares a terminé le développement en octobre 2007. La conception du jeu s'est aussi faite en concomitance avec la réalisation du jeu Dracula Origin, achevé en mai 2008.

Dans les premiers temps du développement, l'atmosphère du jeu était logiquement très éloignée de celle de la version commercialisée. Ce phénomène, inhérent au développement de tout jeu vidéo, a pris un relief particulier avec Sherlock Holmes contre Jack l'Éventreur. En effet, Waël Amr confiait dans une interview[57] en juillet 2009 : « Au début de la production, les animateurs du jeu avaient collé aux passants des animations très variées, et tous ces petits bonshommes sautaient, dansaient, faisaient du kung fu dans les rues de Whitechapel. Sherlock Holmes se baladait dans les rues l’air ferme et songeur, comme s'il avait été en plein milieu d’un zoo. Le contraste était délicieux ».

Versions de test[modifier | modifier le code]

L'emplacement du médaillon
Version « bêta » - le curseur, placé sur les lattes décollées du plancher de la « planque de Bluto », est une main : c'est ici que se trouvait le médaillon d'un jeune garçon que Holmes ramènera à Isaac Solomonovitch. Agrandir l'image.
Version « finale » - le curseur, placé au même endroit que sur la précédente image, reste un couteau : il n'y a rien à trouver entre ces lattes car l'énigme du médaillon a été déplacée. Le masque de Holmes a aussi été modifié, ainsi que la largeur du plan (la caméra semble « plus éloignée »). Agrandir l'image.

Le 17 février 2009, Frogwares et l'éditeur Focus Home Interactive ont commencé à rechercher des testeurs pour la version « bêta » du jeu sur PC, proche de la version finale. Cette annonce a été publiée sur le forum officiel de la série des jeux Sherlock Holmes[58], puis a été reprise sur quelques sites spécialisés[59]. Les joueurs intéressés ont dû, pour la grande majorité d'entre eux, remplir un formulaire en anglais en indiquant, outre leurs coordonnées, les capacités de leur ordinateur, leur type de connexion à Internet, les aventures de Sherlock Holmes auxquelles ils avaient déjà joué, leur scène préférée au cours de l'un de précédents jeux de la série Sherlock Holmes (en 200 mots), leur jeu d'aventure préféré (en quelques phrases), et s'ils avaient déjà participé à un test de jeu vidéo auparavant. Les candidats ayant fourni des réponses pertinentes ont été sélectionnés.

La version « bêta », d'abord prévue uniquement en anglais, a finalement pu être disponible dans la langue de Molière pour les joueurs français[58]. Les testeurs sélectionnés n'ont pas eu besoin d'aller dans les locaux de l'éditeur comme c'est souvent le cas lors de tests de jeux vidéo, et ont pu tester le jeu chez eux. Un accès à un serveur FTP a été ouvert le 2 mars 2009 et les testeurs ont été prévenus par courriel de l'adresse à laquelle télécharger les archives contenant le jeu. Les joueurs ont eu jusqu'au 11 mars 2009 au soir pour essayer de terminer le jeu et répondre à un questionnaire portant sur des aspects précis du jeu. Un service d'aide par courriel a été mis en place par les organisateurs pour que les joueurs « bloqués » dans le jeu puissent demander de l'aide.

La version de test ne comportait pas les répliques orales des personnages, mais uniquement des sous-titres. La musique du jeu et les bruitages étaient en revanche présents. Quelques séquences du jeu ont été modifiées à la suite des remarques de certains testeurs. La différence la plus notable est l'emplacement d'un petit médaillon perdu par un enfant du quartier de Whitechapel. Ce médaillon se trouvait dans la version « bêta » entre les lattes du plancher du local occupé par « Bluto » et abandonné à la suite d'une fuite de gaz. L'emplacement du médaillon étant un petit peu difficile à trouver, les développeurs l'ont finalement « changé de place » en le positionnant dans une fente du parquet du pub intitulé le « Wasp's Nest », beaucoup plus fréquenté par le joueur au cours du jeu.

Au début du mois de septembre 2009[60], Focus Home Interactive a commencé à rechercher de nouveaux testeurs pour la version sur Xbox 360. Les testeurs sélectionnés se sont rendus dans les locaux de l'éditeur à Pantin pour effectuer le test.

Bandes-annonces, démos et version finale[modifier | modifier le code]

Comme pour la plupart des jeux vidéo, des bandes-annonces (communément appelées trailers ou teasers dans certains cas) ont été réalisées par le développeur pour promouvoir le jeu peu avant sa sortie. Un premier trailer de Sherlock Holmes contre Jack l'Éventreur est apparu le 30 janvier 2009[61]. D'une durée de 1 min 54 s, cette vidéo présente l'ambiance angoissante du quartier de Whitechapel que le joueur retrouvera dans le jeu. Une voix off détaille les conditions insalubres dans lesquelles vivent les habitants du quartier. La version française du trailer est en version originale sous-titrée.

Pour accompagner les sorties française et britannique du jeu, une seconde bande-annonce est apparue le 28 avril 2009[62]. D'une durée de 1 min 16 s, ce trailer présente quelques brèves séquences de l'aventure. Les quelques répliques du jeu ainsi que les courts textes écrits en rouge sur fond noir sont exclusivement en anglais. La version allemande de cette seconde vidéo est en revanche en version originale sous-titrée en allemand.

Le 29 avril 2009[63], à la veille de la sortie française, une démo du jeu a été mise à disposition des joueurs voulant avoir un aperçu du jeu avant d'acheter, ou non, la version complète. Cette démo a été proposée en deux versions, identiques du point de vue de la séquence choisie mais différentes au niveau de la qualité des graphismes. Alors que la première faisait 859 Mo, celle aux graphismes allégés ne faisait que 591 Mo. Cette démo a été proposée en deux versions pour que les joueurs disposant d'une connexion à Internet peu rapide puissent télécharger plus aisément la seconde version de démonstration, qui était aussi destinée aux joueurs disposant d'ordinateurs à la puissance trop faible pour supporter la première version demandant d'importantes ressources au niveau du processeur, de la mémoire RAM et surtout de la carte graphique.

Le 30 avril 2009, la version finale française du jeu sur PC a commencé à être commercialisée dans les magasins et sur les sites Internet d'achat en ligne. Son prix de vente initial en France a été fixé à 39,99 euros[64]. Le jeu est ensuite sorti au Royaume-Uni le 4 mai 2009, puis dans le reste du monde au cours de l'année[note 18]. La version pour Xbox 360 est sortie en France le 19 novembre 2009 au prix de 59,99 euros[65]

Accueil[modifier | modifier le code]

Critiques[modifier | modifier le code]

Aperçu des notes reçues
Média Note
Presse généraliste
Drapeau : France JeuxVideo.fr[66] 4/5 étoiles
Drapeau : France JeuxVideo.com[67] 15/20
Drapeau : France Gamekult[68] 6/10
Drapeau : États-Unis GameSpot[3] 7.0/10
Presse spécialisée dans le jeu d'aventure
Drapeau : France Planète Aventure[69] 19/20
Drapeau : États-Unis Adventure Gamers[70] 3,5/5 étoiles
Drapeau : Allemagne Adventure Spiele[71] 5/5 étoiles
Drapeau : Allemagne Adventure-Archiv[5] 90 %
Drapeau : Allemagne Adventure Treff[72] 76 %
Drapeau : Italie Join the Adventures[73] 85 %
Drapeau : Italie Adventure's Planet[7] 77 %
Drapeau : Pologne Adventure Zone[74] 7,5 / 10

Sherlock Holmes contre Jack l'Éventreur a été bien accueilli par la presse française comme étrangère, recevant souvent des notes globales supérieures ou égales à 15/20.

On retrouve dans la quasi-totalité des critiques la mise en avant d'une ambiance ou d'une atmosphère très bien retranscrite[66],[67],[69] et particulièrement immersive pour le joueur[66],[67],[69], ainsi que l'éloge d'un jeu d'aventure aussi bien destiné aux spécialistes du jeu d'aventure qu'aux néophytes en la matière[67],[69].

Par ailleurs, la libre alternance et la complémentarité[66] des deux perspectives (première ou troisième personne) est l'un des points du jeu qui a été le plus fréquemment applaudi par la critique. De même, les critiques ont souvent fait l'éloge d'un assez juste dosage de la difficulté du jeu[67], qui se complexifie progressivement au cours de l'enquête en demandant parfois une importante réflexion[66],[67], sans représenter toutefois un frein à l'avancée de l'intrigue. Sur ce dernier point, plusieurs critiques ont noté le contraste entre ce jeu et son prédécesseur, Sherlock Holmes contre Arsène Lupin, réputé pour l'extrême difficulté de certaines séquences[66],[67].

Le doublage français est fréquemment considéré comme très expressif[66], et donc de très bonne qualité, bien qu'un léger décalage entre le mouvement des lèvres et la voix soit parfois relevé[66]. Les discours sont souvent considérés comme très intéressants, certaines critiques allant jusqu'à qualifier de « passionnants » les monologues de Holmes[66].

Les puzzles et énigmes typiques du jeu d'aventure sont souvent appréciées aussi bien par les critiques de sites spécialisés dans le jeu d'aventure que par les critiques de sites généralistes dans le domaine du jeu vidéo. La diversité des énigmes[66] a ainsi été très appréciée. Le système d'aide mis à disposition des joueurs potentiellement « bloqués » au cours d'une séquence a aussi été qualifié d'« ingénieux »[67] par certaines critiques. Le tableau des déductions, qui permet au joueur de réfléchir sur les différents éléments des meurtres tout au long de l'intrigue a aussi été généralement apprécié[66],[69].

Toutefois, plusieurs éléments du jeu ont été montrés du doigt de manière récurrente. Ainsi, un problème de « pathfinding » a souvent été relevé[66],[67] lorsque le joueur utilise la perspective à la troisième personne. Cela signifie qu'il peut parfois être difficile pour le joueur de faire avancer le personnage qu'il contrôle selon le chemin le plus direct, qu'il souhaite a priori utiliser. Toujours avec la perspective à la troisième personne, des difficultés pour passer d'un « écran » à l'autre ont été relevées[66],[67]. Quant à la vision subjective (aussi dite « à la première personne »), le fait de devoir s'approcher très près des objets pour pouvoir interagir avec eux a parfois déplu[67].

Mais le centre des critiques se situe au niveau des graphismes et des textures. Alors que JeuxVideo.fr parle d'un « manque de détail et de finesse » concernant l'environnement, et de textures « moches »[66], JeuxVideo.com parle d'une « réalisation générale un peu datée »[67]. Les journalistes relativisent toutefois rapidement ces critiques par la contribution de ces défauts à l'aspect délabré du quartier de Whitechapel[66].

Enfin, l'attitude de Holmes a parfois été considérée comme « répétitive » et « rigide »[66]. Les discours du détective se trouvent en effet toujours ponctués des mêmes animations depuis La Nuit des Sacrifiés. Le manque de variété dans la musique de fond est un dernier point qui a aussi pu être critiqué par certains[66], tandis que d'autres[69] y ont vu une manière de respecter l'atmosphère lourde et pesante de Whitechapel.

Les articles au sujet du jeu se concluent cependant fréquemment sur une note positive, mettant en avant l'idée que les défauts de réalisation se révèlent finalement peu gênants dans le jeu grâce à un très bon scénario[67],[69] qui réussit à captiver le joueur[66], en lui donnant envie de continuer l'aventure jusqu'à en connaître le dernier mot.

Récompenses reçues[modifier | modifier le code]

Sherlock Holmes contre Jack l'Éventreur a reçu le prix du « meilleur scénario 2009 »[75] décerné par le site allemand Adventure-Archiv, spécialisé dans le jeu d'aventure. Les membres du site américain Adventure Gamers lui ont quant à eux décerné le prix du « meilleur jeu d'aventure PC à la première personne 2009 »[76].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En effet, Watson arrive chez Holmes le 15 octobre 1888 en expliquant qu'il est désolé de s'être absenté si longtemps de Baker Street, mais qu'il ne pouvait pas délaisser sa femme, qui n'est autre que Mary Morstan, qu'il a rencontrée dans le roman Le Signe des quatre.
  2. Plus de précisions sur le passé de Watson dans le roman Une étude en rouge de Conan Doyle, 1887.
  3. Conversation du 15 octobre 1888.
  4. a et b Voir le paragraphe de cet article intitulé L'inscription de Goulston Street pour plus de précisions à ce sujet.
  5. Voir le paragraphe de cet article intitulé Profil du meurtrier : Son lieu d'habitation pour plus de précisions à ce sujet.
  6. a et b Voir la section de cet article sur Elizabeth Stride pour plus de précisions à ce sujet.
  7. En anglais : « Look there, I don't like going home by myself when I see those characters about ».
  8. La lettre « Dear Boss » traduite en français par Frogwares a été placée par le développeur sous licence CC-BY-SA et peut donc être publiée sur Wikipédia. Cliquer sur la capture d'écran de la lettre « Dear Boss » pour plus de précisions sur l'accord.
  9. Par le nom « Patron » (Boss dans la véritable lettre), l'auteur de la lettre désignerait le patron de la Central News Agency de Londres. La lettre était en effet adressé à The Boss / Central News Office / London City (mention sur l'enveloppe de la lettre).
  10. John Pizer, dont on entend parler dans le jeu, a été l'un des premiers suspects de l'affaire des meurtres de Whitechapel. Il était surnommé « Tablier de Cuir » (Leather Apron en anglais).
  11. Allusion au meurtre d'Annie Chapman.
  12. Il s'agit de la toute première mention du surnom de Jack l'Éventreur (Jack the Ripper en anglais). Le fait que la lettre ait été publiée dans plusieurs journaux peu après les meurtres d'E. Stride et de C. Eddowes a rendu populaire ce surnom.
  13. Parmi les indices concernant l'identité du tueur, certains portaient à croire qu'il s'agissait d'un médecin. La précision avec laquelle les victimes furent mutilées démontrait que le tueur connaissait très bien l'anatomie humaine, faisant partie des études de médecine. Une autre interprétation de ce fait menait à désigner la profession de boucher, ces derniers connaissant l'anatomie des porcs, similaire à l'anatomie humaine. La façon dont les victimes ont été éventrées rappelle par ailleurs la façon dont on découpe les porcs. Ces éléments d'analyse se retrouvent dans le jeu.
  14. Voir le paragraphe « Système de jeu » pour plus de précisions à ce sujet.
  15. Cette astuce de Sherlock Holmes consistant à apprendre des informations sur une personne sans éveiller les soupçons de son interlocuteur est utilisée pour la première fois par le détective dans la nouvelle intitulée Flamme d'Argent, écrite par Conan Doyle.
  16. Selon la traduction réalisée par Eric Wittersheim dans l'édition bilingue des Aventures de Sherlock Holmes
  17. Surnom donné par Abraham Solomonovitch dans une conversation du 12 septembre 1888, repris par Waël Amr dans une interview du 27 juillet 2009 publiée sur le site Planète Aventure.
  18. Voir l'infobox en début d'article pour avoir des dates plus précises.
Notes sur l'accompagnement musical

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Interview de Waël Amr, question 1 de la partie III. Le directeur de Frogwares explique que le développement du jeu a duré entre 18 et 24 mois. Bien qu'il soit impossible de préciser le mois où le projet a véritablement débuté, il est tout de même certain que la conception du jeu a commencé au cours de l'année 2007.
  2. « Fiche de Sherlock Holmes contre Jack l'Éventreur », JeuxVideo.fr
  3. a et b (en) « Fiche de Sherlock Holmes vs. Jack the Ripper (PC) », GameSpot
  4. (en) « Fiche de Sherlock Holmes vs. Jack the Ripper (PC) », Games Warehouse, site australien
  5. a et b (de) Stefan Faltin, « Sherlock Holmes jagt Jack the Ripper », Adventure-Archiv,‎ 18 août 2009
  6. (ru) « Fiche de Sherlock Holmes vs. Jack the Ripper (PC) », pc.ogl.ru
  7. a et b (it) Cristiano Caliendo, « Recensione: Sherlock Holmes vs. Jack lo Squartatore », Adventure's Planet,‎ 18 novembre 2009
  8. (es) « Fiche de Sherlock Holmes contra Jack el destripador », La Aventura
  9. (cs) « Fiche de Sherlock Holmes vs Jack Rozparovač (PC) », Bonus Web
  10. (pl) « Fiche de Sherlock Holmes kontra Kuba Rozpruwacz (PC) », Gry Online.pl
  11. a et b « Sherlock Holmes Contre Jack l'Éventreur : très bientôt sur Xbox 360 en Europe », Focus Home,‎ 13 novembre 2009
  12. (en) « Fiche de Sherlock Holmes vs. Jack the Ripper (XBox 360) », GameSpot
  13. a et b (en) « The Star, page 3 », Casebook.org,‎ 1er septembre 1888
  14. Interview de Waël Amr, question 8.
  15. Interview de Waël Amr, question 1.
  16. (en) Le site Casebook.org, spécialisé sur Jack l'Éventreur, propose ainsi 13 autres victimes potentielles
  17. Nichols est née le 26 août 1845 d'après les informations du site Casebook.org
  18. (en) Informations sur Llewellyn sur le site Casebook.org
  19. a, b et c (en) « Informations sur Annie Chapman », Casebook.org
  20. (en) « Daily News : The Whitechapel Murders », Casebook.org,‎ 11 septembre 1888
  21. Stride est née le 27 novembre 1843 selon les informations du site Casebook.org, elle avait donc 44 ans le 30 septembre 1888 et non 45 ans comme l'indique le mémo de Holmes dans le jeu.
  22. a, b et c (en) Informations sur Catherine Eddowes sur le site Casebook.org
  23. (en) Informations sur M. J. Kelly sur le site Casebook.org
  24. Informations sur Thomas Bowyer sur le site Casebook.org
  25. a et b (en) Informations sur Emma Smith sur le site Casebook.org
  26. a et b (en) D'après l'article de la Wikipédia anglophone sur Emma Smith
  27. a et b (en) Informations sur Martha Tabram sur le site Casebook.org
  28. (en) Jon Ogan, « Martha Tabram, la victime oubliée de l'Éventreur ? », Casebook.org
  29. (en) Quentin L. Pittman, « The Case for Re-canonizing Martha Tabram », Casebook.org
  30. (en) La déposition de Richardson sur le site Casebook.org
  31. (en) La déposition de Cadosh sur le site Casebook.org
  32. (en) La déposition de Long sur le site Casebook.org
  33. (en) Reconstitution de la déclaration de Schwartz sur Casebook.org
  34. (en) La déposition de Smith sur le site Casebook.org. La véritable déposition de Smith spécifiait un homme âgé de 28 ans et mesurant 5 pieds 7 pouces.
  35. (en) Le témoignage de Lawende sur le site Casebook.org
  36. (en) Le témoignage de Joseph Hyam Levy sur le site Casebook.org
  37. (en) Le témoignage de Harry Harris sur le site Casebook.org
  38. a, b, c et d (en) Article à propos des lettres signées Jack l'Éventreur sur le site Casebook.org
  39. a et b (en) Informations sur Thomas Bulling sur le site Casebook.org
  40. a et b (en) Thomas C Westcott, « Thomas Bulling and the Myth of the London Journalist : Poor old Bulling », Casebook.org
  41. (en) Selon la lettre de Littlechild à propos de Bulling
  42. (en) « Le journal The Boy's Standard », SpringHeeled-Jack.com,‎ 8 janvier 1886
  43. a, b et c (en) Un article à propos de l'inscription de Gouston Street sur le site Casebook.org.
  44. (en) Un article sur Daniel Halse et sa version de l'inscription de Goulton Street sur le site Casebook.org
  45. a, b et c (en) Une fiche détaillée sur James Hardimann sur le site Casebook.org
  46. Plus d'infos dans le paragraphe Sickert et Jack l'Éventreur de l'article de Wikipédia sur Walter Sickert
  47. a et b (en) Une fiche détaillée au sujet de Pizer sur le site Casebook.org
  48. (en) « The Star, "LEATHER-APRON." : More About His Career - His Latest Movements - In the Borough. (article lu par Watson) », Casebook.org,‎ 4 septembre 1888
  49. a, b et c (en) Une fiche détaillée à propos de « Squibby » sur le site Casebook.org
  50. (en) Quelques informations au sujet de l'étude de Paul Roland sur le site Casebook.org
  51. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) Un article détaillé au sujet de Jacob Levy sur le site Casebook.org
  52. (en) « The Star : LEATHER-APRON », Casebook.org,‎ 6 octobre 1888
  53. (en) « East London Advertiser », Casebook.org,‎ 1er septembre 1888
  54. (en) Informations sur Michael Ostrog sur le site Casebook.org
  55. Aurélien Vandoorine, « Interview de Waël Amr, question 5, évoquant l'intérêt des deux perspectives (première et troisième personne) », Jeux d'aventure.org,‎ 25 mai 2008
  56. Patrice Gélinet, « L'émission 2000 Ans d'Histoire consacrée à Sherlock Holmes », France Inter,‎ 21 mai 2009
  57. Interview de Waël Amr, question 2 de la partie III.
  58. a et b Le message du forum officiel demandant aux testeurs volontaires de se faire connaître, posté le 17 février 2009.
  59. Epok, « La beta de Sherlock Holmes se teste », Planète Aventure,‎ 23 février 2009
  60. Première annonce recherchant des testeurs pour Xbox référencée sur Planète Aventure le 4 septembre, mais une autre annonce peut avoir été postée sur un autre site quelques jours auparavant.
  61. « Sherlock Holmes Contre Jack l'Éventreur - Le quartier de Whitechapel », JeuxVidéo.tv,‎ 30 janvier 2009
  62. « Sherlock Holmes Contre Jack l'Éventreur - Bande-Annonce », JeuxVidéo.tv,‎ 28 avril 2009
  63. « Téléchargements de Sherlock Holmes contre Jack l'Eventreur », site officiel du jeu,‎ 29 avril 2009
  64. « Sherlock Holmes contre Jack l’Eventreur disponible sur PC », site officiel du jeu,‎ 30 avril 2009
  65. « Sherlock Holmes contre Jack l’Eventreur disponible sur Xbox 360 ! », site officiel du jeu,‎ 19 novembre 2009
  66. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q et r Jean-Marc, « Test de Sherlock Holmes Contre Jack l'Éventreur », JeuxVideo.fr,‎ 29 mai 2009
  67. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Yoann Le Fur, « Test de Sherlock Holmes Contre Jack l'Éventreur », JeuxVideo.com,‎ 30 avril 2009
  68. ALS, « Test de Sherlock Holmes Contre Jack l'Éventreur (version PC) », Gamekult,‎ 5 mai 2009
  69. a, b, c, d, e, f et g Alexis Barquin, « Test de Sherlock Holmes Contre Jack l'Éventreur », Planète Aventure
  70. (en) Stuart Young, « Review: Sherlock Holmes vs. Jack the Ripper », Adventure Gamers,‎ 20 juin 2009
  71. (de) Nikki, « Sherlock Holmes 5 - Sherlock Holmes jagt Jack the Ripper Review », Adventure Spiele,‎ 8 août 2009
  72. (de) Patrick Döring, « Sherlock Holmes jagt Jack the Ripper », Adventure Treff,‎ 30 août 2009
  73. (it) « Recensione: Sherlock Holmes vs. Jack lo Squartatore », Join the Adventures,‎ 24 octobre 2009
  74. (pl) « Sherlock Holmes kontra Kuba Rozpruwacz - recenzja », Adventure Zone,‎ 7 septembre 2009
  75. (de) La liste des jeux récompensés en 2009 par Adventure-Archiv
  76. (en) Le jeu élu « meilleur jeu d'aventure PC à la première personne 2009 » par les lecteurs du site Adventure Gamers.
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