Sherlock Holmes (série de films, 1921-1923)

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De 1921 à 1923, la compagnie de production britannique Stoll Picture Productions finance le tournage d'une série de films muets en noir et blanc adaptés des enquêtes de Sherlock Holmes écrites par Arthur Conan Doyle. Un total de 47 films sont réalisés par Maurice Elvey puis par George Ridgwell, dont 45 courts métrages et 2 longs métrages. Eille Norwood joue le rôle de Holmes tandis que Hubert Willis incarne le Docteur Watson (à l'exception du dernier long métrage, The Sign of Four, où Watson est joué par Arthur Cullin).

Presque l'ensemble du Canon holmésien publié à cette époque par Conan Doyle est adapté, à l'exception de Une étude en rouge (1887), Les Cinq Pépins d'orange (1891), La Vallée de la peur (1914-1915) et L'Homme qui grimpait (1923). Deux nouvelles publiées par Conan Doyle pendant le tournage de la série ont été immédiatement adaptées : La Pierre de Mazarin (1921) et Le Problème du Pont de Thor (1922).

Il semblerait que seul l'un des courts-métrages de la série a été perdu, tandis que les 46 autres films, dont les deux longs-métrages, ont été conservés. Les pellicules semblent être conservées par le British Film Institute, bien qu'on ne connaisse pas leur état de conservation[1]. Ces films sont actuellement d'une grande rareté du fait qu'ils n'ont jamais été édités sur un support destiné au grand public (VHS, DVD...). Trois courts métrages de la série sont néanmoins disponibles gratuitement sur le site Archive.org.

Tournage[modifier | modifier le code]

Alan Barnes, auteur de l'ouvrage de référence Sherlock Holmes On Screen, relaye l'anecdote selon laquelle Eille Norwood aurait été choisi par le réalisateur Maurice Elvey après une courte séance de test au cours de laquelle Norwood, en l'espace de quelques minutes, serait parvenu à trouver lui-même un maquillage quasi parfait pour prendre l'allure de Sherlock Holmes[2].

Alan Barnes relève qu'Eille Norwood (à droite) adopte une posture inspirée d'une illustration de Sidney Paget (genoux sous le menton et bras autour des jambes). Alan Barnes relève qu'Eille Norwood (à droite) adopte une posture inspirée d'une illustration de Sidney Paget (genoux sous le menton et bras autour des jambes).
Alan Barnes relève qu'Eille Norwood (à droite) adopte une posture inspirée d'une illustration de Sidney Paget (genoux sous le menton et bras autour des jambes).

Avant le début du tournage, Eille Norwood relut l'ensemble des romans et nouvelles mettant en scène Sherlock Holmes pour s'imprégner de son personnage[2]. Il montra par la suite une forte détermination pour jouer un Holmes au caractère fidèle à celui dépeint par Conan Doyle, tout en s'inspirant des illustrations de Sidney Paget pour le choix de son costume et de certaines de ses postures à l'écran[2]. De plus, il apprit à jouer quelques airs de violon pour manier l'instrument de manière convaincante bien que la série soit muette[2].

Le tournage de la première série de 15 courts métrages (The Adventures of Sherlock Holmes) débuta en novembre 1920[3]. Maurice Elvey avait prévu de tourner plusieurs scènes d'extérieur dans la véritable Baker Street où se trouve l'adresse fictive du détective, mais cette idée fut abandonnée à cause de la foule trop importante qui était attirée par le tournage dans cette rue[3]. Toutes les scènes d'extérieur urbaines furent néanmoins tournées dans d'autres endroits de Londres et dans sa banlieue avec un souci de fidélité par rapport à l'univers du détective[3].

Conservation des films[modifier | modifier le code]

Les films de la série n'ont encore jamais été restaurés pour une distribution commerciale auprès du grand public. Les pellicules d'origine ont néanmoins été conservées pour la plupart, mais leur état de conservation n'est pas connu et il est probable que leur détérioration soit importante. Par ailleurs, des informations contradictoires circulent vis-à-vis de la conservation de certains épisodes.

Trois épisodes seulement ont été numérisés et mis en ligne sur le site Archive.org en version non-restaurée (donc de mauvaise qualité) : The Dying Detective[4], The Devil's Foot[5] et The Man with the Twisted Lip[6].

Selon Alan Barnes dans l'ouvrage Sherlock Holmes On Screen, toute la série aurait été conservée à l'exception de l'épisode intitulé The Noble Bachelor (1921) qui aurait été perdu[7]. Alan Barnes utilise une expression sujette à interprétation en différenciant les films de la série ayant « survécu » (survived) et ceux qui sont « accessibles au visionnage » (in a viewable format, currently available). Sur les 45 courts-métrages de la série, 44 auraient ainsi survécu tandis que seuls 22 seraient « accessibles » dont cinq de la première série, cinq de la seconde, et douze de la dernière[7],[8],[9]. Pourtant, excepté les trois courts-métrages mis en ligne sur Archive.org, aucun autre court-métrage de la série n'est accessible au grand public : le terme choisi par Alan Barnes est donc mal adapté.

Selon d'autres sources, il semblerait que le British Film Institute conserve la totalité des épisodes à l'exception de The Sign of Four[1]. Ainsi, The Noble Bachelor ne serait peut-être pas un court-métrage perdu, et la série entière serait conservée.

Le site internet Silent Era indique quant à lui que seuls les deux longs-métrages de la série sont conservés en lieu sûr. Il est ainsi certain que The Hound of the Baskervilles (1921) est conservé au British Film Institute[10], mais l'information n'est pas confirmée pour le reste de la série.

Distribution[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

The Adventures of Sherlock Holmes (15 courts métrages, 1921)
The Further Adventures of Sherlock Holmes (15 courts métrages, 1922)
The Last Adventures of Sherlock Holmes (15 courts métrages, 1923)
Longs métrages

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Alan Barnes, Sherlock Holmes on Screen (third edition), Londres, Titan Books,‎ 2011, 320 p. (ISBN 978-0857687760) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Notes et références[modifier | modifier le code]