Shelah (fils de Juda)

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Shelah ou Chela (hébreu שֵׁלָה shŠela ; vocalisation tibérienne, ṣŠēlāh) est un personnage biblique. Dernier fils de Juda et de sa première épouse, Bat Shoua, il survit à la mort de ses frères et fonde sa propre tribu.

Récit biblique[modifier | modifier le code]

Après la vente de Joseph, Juda s'est retiré à Kezibh, et a pris pour femme la fille de Choua l'Adullamite. Celle-ci lui donne trois fils, Er, Onan et Shelah. Lorsqu'Er meurt sans avoir donné d'enfants à sa femme Tamar, suivi d'Onan qui ne donne pas de descendance à son frère, Juda, voulant préserver Shelah, renvoie Tamar chez son père, et ne lui donne pas Shelah en mariage lorsque celui-ci atteint l'âge de se marier (Genèse 38:7-14). Shelah aura pour descendants Er, Lada, et d’autres artisans au service du roi (I Chroniques 4:21-23).

Exégèses du récit biblique[modifier | modifier le code]

Le sens du nom Shelah[modifier | modifier le code]

Le nom de Shelah semble être, comme celui de ses frères, à double sens : le premier, positif, est à rapprocher de Shalev, « paisible » ; le second,plus fortement suggéré par la proximité textuelle avec Kezib, dénote comme la racine k-z-b la déception et la tromperie[1].

Dans l’exégèse critique[modifier | modifier le code]

Selon la critique biblique, la description de Shelah est un mythe étiologique éponyme expliquant les fluctuations dans la constitution de la tribu de Juda, Shelah représentant le dernier clan à s'intégrer à la tribu[2],[3]; la description de Er comme descendant de Shelah dans le Livre des Chroniques, suggère que Er était en réalité le nom d'un clan d'importance autrefois égale à celle des Shelah mais ayant progressivement été subsumé par celui-ci[2],[3].

Le récit de Tamar, duquel la description de Shelah fait partie, vise secondairement soit à asseoir l'institution du mariage lévirat, soit à présenter un mythe étiologique; le rôle de Shelah serait alors l'exemple d'un frère refusant le lévirat[2]. Emerton considère les preuves à ceci comme non concluantes, bien que la littérature rabbinique classique soutienne une telle position[4].

Possible références dans le Coran[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Salih.

Le Coran fait référence à un prophète nommé Salih (arabe:صالح, « le bon »), envoyé parmi la société des Thamud, un peuple vivant dans des maisons coupées à même la montagne. Les détails sur ce personnage sont peu nombreux: il serait né à la 9ème génération suivant Nouh, tandis que Shelah naît environ quatre générations plus tard. Cependant, la vague similitude des périodes et des noms ont conduit certains à penser que Salih est Shelah, bien que la narration coranique n'offre que peu de similitudes avec le récit biblique. De nombreux docteurs de l'Islam identifient les Thamud aux Edomites à Petra, du fait de la description de leur habitat ; le nom de Salih pourrait également en dériver - le nom historique de Petra étant Se'lah, signifiant roche en hébreu. Selon Philippe Hatti[5], un peuple de nomades voyageant sur des chameaux, nommés Thamudaïs aurait été détruit par Sargon II (-722 à -704). Il n'existe aucune autre trace archéologique fiable au sujet des Thamud ainsi que des Ad, fréquemment évoqués conjointement dans le Coran.

Notes et citations[modifier | modifier le code]

  1. Da’at Mikra sur Bereshit 37-50, p. 76
  2. a, b et c J. A. Emerton, Judah And Tamar
  3. a et b Cheyne and Black, Encyclopedia Biblica
  4. Bereshit Rabba 85:6
  5. Histoire de l'islam, ref à compléter

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (he) Yehouda Kiel et al., Sefer Bereshit, parashiyot vayeshev-vaye’hi, Yediot Sefarim, coll. « Sifrei hemed / Hamisha houmshei Torah im peroush Rashi veDaat Mikra »,‎ 2003