Shass

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Shass

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Nom hébreu ש"ס
Présentation
Fondation 1984
Président Aryeh Dery
Affiliation ethnique Sépharade orthodoxe
Positionnement Droite
Représentation
Parlementaires
11 / 120
Orientations
Idéologie Religieux, judaïsme orthodoxe, conservatisme, nationalisme, théocratisme[réf. nécessaire]
Couleurs bleu
Informations
Siège Jérusalem (Israël)
Site web www.shasnet.org.il

Le Shass (en hébreu : ש"ס) est un parti politique israélien traditionnellement séfarade et religieux ultra-orthodoxe créé en 1984.

Le nom Shass vient des initiales de Sefaradim Shoméré Tora (Séfarades orthodoxes pour la Torah) et non pas comme le nom du Talmud des mêmes initiales.

Histoire[modifier | modifier le code]

Environ le quart des Juifs d'Israël sont des séfarades[réf. nécessaire], traditionnellement assez attachés à la pratique religieuse du judaïsme. Depuis l'indépendance, une partie de cet électorat a émis des votes de contestation face aux appareils politiques dominés par les ashkénazes, en soutenant des listes ethniques telles que l'Association yéménite, l'Union séfarade ou le Tami marocain. En effet, les candidats séfarades étaient très rares dans l'ensemble des partis politiques. Ces partis ethniques furent cependant éphémères et durèrent rarement plus d'une législature.

Une partie des immigrants séfarades a placé ses enfants dans le système scolaire ultra-orthodoxe. En conséquence, une population séfarade ultra-orthodoxe est apparue, qui votait généralement pour l'Agoudat Israël, parti ultra-orthodoxe d'origine européenne. Le refus de ce parti de présenter des candidats séfarades a conduit à la création du Shass en 1984, avec la bénédiction d'un des rabbins mitnagdim les plus influents de l'époque, le rav Shach.

Les dirigeants du Shass ont su élargir leur électorat au-delà des cercles ultra-orthodoxes pour attirer les séfarades de tout niveau de pratique religieuse[1]. Il est rapidement devenu une sorte de parti de la fierté séfarade, implanté dans tout le pays mais particulièrement puissant dans les petites villes périphériques.[réf. nécessaire]

Le Shass a été victime d’importants scandales. Aryeh Deri (en), ancien dirigeant du parti, a même purgé une peine de prison après une condamnation pour corruption.

Par ailleurs, le rabbin Ovadia Yossef, dirigeant spirituel du parti, est familier des déclarations controversées : il affirma ainsi lors d'un cours hebdomadaire que les jeunes victimes juives de la Shoah étaient des âmes réincarnées qui avaient ainsi expié les fautes commises dans des existences antérieures[2]. En avril 2001, Ovadia Yossef a déclaré : « Le Seigneur retournera les actions des Arabes contre eux-mêmes, épuisera leur semence et les exterminera. » son porte-parole précisant qu'il ne parlait que des Arabes terroristes et non des arabes en général[3] et a réitéré en 2010 envers les Palestiniens et Mahmoud Abbas[4] et en 2012 envers l'Iran[5].

Structure[modifier | modifier le code]

Aryeh Dery

Shass est dirigé par un conseil des sages dominé, depuis le décès du Rav Ovadia Yossef, par le rabbin Shalom Cohen.

La gestion courante du parti est dévolue à son chef politique qui est Aryeh Dery.

Le succès du Shass s'explique par l'efficacité de son réseau d'organisations caritatives, sociales et scolaires qui soutiennent les populations séfarades démunies. Ces populations constituent la majorité des habitants des villes de développement du Néguev et de Galilée. Le Shass a ainsi développé un réseau scolaire destiné aux Séfarades originaires des anciens pays soviétiques.

Programme politique[modifier | modifier le code]

Affiche de Shass sur un bus (avec Eli Yishaï).

Le programme politique du Shass est essentiellement social. Il insiste sur la sauvegarde des services sociaux et au fonctionnement des Yeshivot. Il souhaite réduire le chômage et encourager les employeurs à créer de nouveaux emplois. Shass souhaite apporter une aide particulière aux femmes ou à toute personne par l’octroi d’aide aux entreprises pour leur promotion professionnelle. Shass projette d'établir une charte sociale et économique afin de créer sur le marché un dénominateur commun.

Au niveau constitutionnel, le Shass se base sur le principe selon lequel l’État d’Israël est l’État du peuple juif. Ainsi, Shass veille au respect de l’identité juive dans toutes ses décisions, et refuse l'instauration d’un État laïc, et du mariage civil. Shass n’appelle cependant pas à la création d’un État théocratique mais à un État doté d’une « âme juive » conservant son appartenance juive même dans sa législation.[réf. nécessaire]

L'adhésion au sionisme, historiquement très réservé comme chez tous les haredim, n'a cessé de se renforcer, jusqu'à l'annonce en 2010 de la volonté d'adhérer à l'Organisation sioniste mondiale[6]. À cette occasion, un représentant du Shass, Yaakov Margi, a déclaré « nous nous définissons comme un parti sioniste, en tant que Juifs pratiquants qui aiment Israël[6] ».

Concernant le rapport aux Palestiniens, le Shass est ambivalent. En effet, la loi religieuse lui impose de lutter pour le maintien de l'ensemble de la terre d'Israël sous souveraineté juive[1]. Elle lui permet cependant d'appuyer des concessions territoriales si ces dernières permettent de sauver des vies[7]. Dans la pratique, le Shass a été relativement fluctuant, soutenant selon les époques le Likoud ou le parti travailliste en fonction des avantages financiers qu'il retire de sa participation a une coalition gouvernementale[réf. nécessaire].

Le Shass est formellement opposé à la construction et à l'habitation de colonies d'implantations juives dans les territoires conquis lors de la guerre de Six Jours, hormis dans Jérusalem-Est mais il est opposé à l'établissement d'un État palestinien[1].

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

  • 1984 : 3,1 % - 4 sièges (11e Knesset)
  • 1988 : 4,4 % - 6 sièges (12e Knesset)
  • 1992 : 4,9 % - 6 sièges (13e Knesset)
  • 1996 : 8,7 % - 10 sièges (14e Knesset)
  • 1999 : 13 % - 17 sièges (15e Knesset)
  • 2003 : 8,2 % - 11 sièges (16e Knesset)
  • 2006 : 9,5 % - 12 sièges (17e Knesset)
  • 2009 : 8,5 % - 11 sièges (18e Knesset)
  • 2013 : 8,7 % - 11 sièges (19e Knesset)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]