Sharouhen

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Sharouhen était une ville antique dans le désert du Néguev, entre Rafah et Gaza.

Histoire[modifier | modifier le code]

Après l'expulsion par Ahmôsis Ier des Hyksôs d'Égypte vers -1550, ces derniers se sont réfugiés à Sharouhen et l'ont enrichie. Les armées du pharaon Ahmôsis Ier ont capturé et rasé la ville après un siège de trois ans.

La destruction de Sharouhen fait partie de la reconquête égyptienne. Les Égyptiens de la XVIIe dynastie s'étant sentis profondément humiliés par les XVe et XVIe dynasties des Hyksôs, les dirigeants de Thèbes ont lancé une guerre ambitieuse, menée par Séqénenrê Taâ contre le roi étranger Apophis Ier pour reprendre le delta du Nil.

Bien que sa propre campagne pour expulser les Hyksôs d'Égypte ait échoué, et qu'il fût lui-même tué dans la bataille, son frère présumé Kamosé a lancé une attaque sur la capitale des Hyksôs, Avaris. C'est cependant le jeune Ahmôsis Ier, fils de Séqénenrê Taâ II, qui réussit à reprendre Avaris et à en expulser les Hyksôs.

Ahmôsis Ier s'est ensuite engagé dans un siège de trois ans de Sharouhen, citadelle méridionale de la Palestine. Son succès a été continué par son successeur Thoutmôsis Ier, qui étendit l'influence égyptienne prolongée jusque le royaume de Mitanni dans le nord et la Mésopotamie dans l'est.

Dans les textes[modifier | modifier le code]

Sharouhen est mentionné sur la tombe d'Ahmôsis Ier et dans la liste de conquête de Thoutmôsis III.

Elle est mentionnée également dans la Bible (Josué 19.6), elle fait partie de l'héritage de la tribu de Siméon, au milieu de Juda.

Elle pourrait également faire partie des textes de Ras Shamra[1].

Etymologies conjuguées et signification sémantique du nom[modifier | modifier le code]

Le nom de Sharouhen porte une force sémantique liée à sa possible étymologie tant en égyptien[2] qu'en hébreu[3]. L'égyptien sha - rouha - hem suggère "la porte[4] (de) l'étoile" puis "le soir[5] (ou) obscurcissement de la lumière", enfin "le gouvernail[6] (en) sa résistance passive". L'hébreu admet sha / shah - rouah - hén. La syllabe sha[7] puise sa force dans "le signe du mouvement relatif réuni à celui de la puissance"; complétée (tôt ou tard) de la lettre heth, elle s'exprime par la syllabe shah[7] signifiant "un tourbillon, un délire, l'action de faire irruption, tumulte, fracas (etc.)". Le mot rouah[8] se traduit par "L'Esprit". La syllabe hén[9] suggère quelque chose qui serait "exorable" par référence à l'un des sens premiers de hém[9] soit "échauffement, passion, colère".

La finale du nom est, en hébreu, liée à la complémentarité dialectique de la lettre mem (inaccompli) et de la lettre noun (accompli) que l'on retrouve au coeur des noms translittérés de l'hébreu en grec: Alcinoos, roi des Phéaciens face à Ulysse dans l'Odyssée, puis Alkimos ou "Le Vaillant", apparu dans la tradition historiques des Hashmonaîm (Maccabées) sous le nom hébreu de El'Yakim (translittération en grec vers l'an 104-103 av. J.-C., lors d'un banquet vraisemblablement, et justifiant l'expression d'essence grecque permettant de parler de "l'infâme Alkimos").

  • L'étoile[4] est inscrite dans ces trois mots (Nout, le ciel; pt, ce qui contient toutes les étoiles; sha, étoile n.d.r.); or le sens de sha, instruire, n'équivaut-il pas à "donner une lumière"? Et la porte sha n'est-elle pas ce par quoi l'on passe?
  • Ainsi[5] furent dans le Principe[10]: la lumière du jour herou et l'obscurcissement de cette lumière rouha.
  • Ainsi[11] la résistance passive du gouvernail (hem) donne la direction au bateau.

Le site archéologique[modifier | modifier le code]

Sharouhen a été identifiée avec Tell el-Farah (sud) dans le sud d'Israël (par opposition à Tell el Farah nord en Samarie dans le nord de la Cisjordanie), puis avec Tall al-Ajjul dans la bande de Gaza au sud de la ville de Gaza.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Paul Humbert, Shârouḥén dans des textes de Ras Shamra, Syria, T. 17, Fasc. 3 (1936).
  2. Isha Schwaller de Lubicz, Her-Bak "disciple" ; Flammarion - Homo Sapiens, Paris, 1956 (ci-après source A).
  3. Fabre-d'Olivet, La langue hébraïque restituée; L'Age d'Homme - Delphica, Lausanne, Impr. Raymond Fawer S.A. à Renens (Suisse), 15 mars 1975 (ci-après source B).
  4. a et b A, p. 116.
  5. a et b A, p. 152.
  6. A, p. 232 et 252, signe n°127 PL. III, pp. 298-299.
  7. a et b B, p. 125.
  8. B, p. 121.
  9. a et b B, p. 52.
  10. A, signes 86 et 87, PL. II, pp. 296-297.
  11. A, p. 232.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • John R. Baines, Jaromir Málek, Cultural Atlas of Ancient Egypt, Checkmark Books, Oxford, 2000
  • Margaret R. Bunson, Encyclopedia of ancient Egypt, Facts on File, New York, 2002
  • Stephen Quirke, Jeffrey Spencer, The British Museum Book of ancient Egypt, Thames and Hudson, New York, 1992