Shanghaï Express

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Shanghaï Express

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Marlène Dietrich

Titre original Shanghai Express
Réalisation Josef von Sternberg
Scénario Jules Furthman
Harry Hervey (histoire)
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Mélodrame
Sortie 1932
Durée 80 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Marlene Dietrich in Shanghai Express (1932) by Don English.png

Shanghaï Express (Shanghai Express) est un film américain réalisé par Josef von Sternberg, sorti en 1932. Quatrième film pour le couple Marlene Dietrich / Josef von Sternberg après L'Ange bleu, Cœurs brûlés et Agent X 27.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Les amours d'un seigneur de la guerre et d'une belle.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Et, parmi les acteurs non-crédités :

Critiques[modifier | modifier le code]

À la sortie du film[modifier | modifier le code]

« La sortie de Shanghaï Express fut saluée par une critique dithyrambique. »[1]

Le Times de Londres : « Le jeu de Miss Dietrich tire sa force et son dynamisme du fait qu'elle renonce délibérement à l'effet ; plus ses gestes paraissent naturels et non concertés, plus ils sont révélateurs des variations et de l'évolution de son psychisme »[2] et « Le flegme oriental de Miss Wong n'a d'égal que celui de Miss Dietrich qui incarne une Occidentale sophistiquée. »[2]

Le New York Times : « Shanghaï Express est le meilleur film qu'ait dirigé Sternberg... Nombre de séquences bénéficient d'éclairages tels qu'on croirait voir des estampes. »[2]

Depuis[modifier | modifier le code]

Thierry de Navacelle : « l'histoire est un peu confuse, mais la reconstitution de la Chine en studio est extraordinaire, et les personnages secondaires, quoique caricaturaux, très bien étudiés. Mais surtout, la photographie est d'une beauté incroyable. (...) Lee Garmes a véritablement réalisé des prodiges. (...) Marlene, naturellement, est la première à en bénéficier. Jamais, sans doute, elle n'a été si belle que dans Shanghaï Express. »[3]

Homer Dickens : « Ce film est probablement le meilleur qui ait été tourné par le tandem Dietrich-Sternberg. (...) Sternberg a matérialisé là tout ce qu'il souhaitait obtenir de Marlene. Rien n'y manque : l'utilisation des éclairages, de la pénombre, les mouvements de foule, les fondus, les persiennes qui filtrent plus ou moins les rayons du soleil, cachant ou révélant la silhouette de Marlene, en fonction des états d'âme ou des situations auxquelles elle se trouve mêlée. (...) Son sex-appeal est explicite au point d'être presque tangible. Lee Garmes collabora étroitement avec Sternberg et se surpassa dans le domaine de la prise de vue. Son travail lui valu un Oscar. »[2]

Vincent Pinel : « L'une des meilleures réussites plastiques de Sternberg avec une Chine fantasmatique entraperçue du train et une Marlene au sommet de sa beauté. »[4]

Jean Tulard : « Le plus gros succès commercial du tandem Dietrich-Sternberg. Une Chine fantaisiste, mais l'apogée du mythe de Marlene, dont les toilettes coupent le souffle. »[5]

Autour du film[modifier | modifier le code]

L'histoire est d'après certains[Qui ?] tirée de Boule de suif de Guy de Maupassant. Josef von Sternberg s'en est toujours défendu.

C'est à cette époque que la Paramount fit assurer les jambes de Dietrich pour un million de dollars[1].

La fille de Dietrich raconte le travail des deux artistes : « Von Sternberg fut convié pour voir Shanghaï Lily pour la première fois. Il entra dans la salle d'essayage, vit ma mère et s'arrêta net. Elle était debout sur une plate-forme surélevée, réfléchie par les miroirs disposés derrière elle. Regard langoureux sous le voile strié, tête lisse gainée de noir brillant, longue robe en crêpe fluide bordée de plumes. Comme des vagues de noir incandescent, elles montaient à l'assaut de son cou, cascadaient de ses épaules, le long de ses bras, jusqu'au noir plus mat d'une paire de gants très fins et très moulants. Une rangée parfaite de perles de cristal invitaient le regard à descendre le long de son corps jusqu'au sac à motif Art déco noir et blanc, qui ponctuait l'ensemble à hauteur de la taille. L'oiseau noir le plus rare qui se puisse imaginer. (...) Superbe réalisation d'une idée impossible. Je vous félicite tous » commenta le réalisateur[1].

Maria Riva rajoute : « à mon avis, rien ne pourra jamais surpasser le costume à plumes de coq que Dietrich porte dans Shanghaï Express. »[1]

Les mains de l'actrice en prière, surgissant de l'ombre d'un compartiment du train, sont une référence[6]. « Dans Shanghaï Express, les jeux de main, nouées, crispées, croisées, expriment les sentiments de l'héroïne. »[7]

Une phrase célèbre du film : « Il a fallu plus d'un homme pour changer mon nom en Shanghaï Lily. »[8]

L'année de la sortie du film, le journal japonais Sahiehi offrit à Marlene Dietrich un kimono de cérémonie en reconnaissance de sa prestation - qu'il jugeait exceptionnel - dans Shanghaï Express. Daté de 1900 environ, ce kimono est composé en soie, « peinte à la main, et brodée ; motifs de grues dans un paysage sur fond vert. » L'actrice l'utilisera cette même année 1932, pour une séance photo[7].

Maria Riva pense que les tenues que porte sa mère dans Shanghaï Express ont inspiré la couturière Coco Chanel, « par exemple les chaussures beiges à bout noir, pour le costume en plume de coq. »[1] Il est effectivement indéniable que le travail artistique que fournissent l'actrice et son costumier Travis Banton à l'époque ont des répercussions sur la mode des années 30, comme le montrent certaines tenues créées par Suzanne Talbot par exemple.[9]

Une photographie de l'actrice réalisée dans le cadre de la promotion de Shanghaï Express par Don English sert de base à l'affiche officielle du 45ème festival du film de Cannes (1992),[10] l'actrice décédant le jour précédant la cérémonie d'ouverture.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Maria Riva, Marlene Dietrich par sa fille, éditions Flammarion, 1992, p. 140, 136, 125, 369 et 227.
  2. a, b, c et d Homer Dickens, Marlene Dietrich, éditions Henri Veyrier, 1974, p.103 .
  3. Thierry de Navacelle, Sublime Marlene, éditions Ramsay, 1982, p. 51.
  4. Vincent Pinel, Le siècle du cinéma, éditions Bordas, 1994, p. 146.
  5. Jean Tulard, Guide des films, collection Bouquins, éditions Robert Laffont, 2002, tome 3, p. 2714.
  6. Eric Rémy, Livret du CD Marlene Dietrich, la Blonde Vénus 1928-1948, éditions Frémaux et Associés, 2000.
  7. a et b Musée Galliera, Marlene Dietrich, création d'un mythe, éditions Paris Musées, 2003, p. 40 41, et 229.
  8. Citée par Jean-Claude Brialy, les répliques les plus drôles du cinéma, éditions le cherche midi, 2003, p. 128.
  9. C'est ce que l'on peut voir à la page 104 de l'ouvrage du Musée Galliera, Marlene Dietrich, création d'un mythe, éditions Paris Musées : une photo de l'actrice avec la fameuse robe à plumes de coq, et, en parallèle, une esquisse de Suzanne Talebot qui reprend le chapeau, la voilette, la robe noire et une espèce d'étole en plumes (blanches ici).
  10. http://www.festival-cannes.fr/fr/archives/1992/posters.html

Lien externe[modifier | modifier le code]