Shakers

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Danse des fidèles durant un office shaker.

Les Shakers sont les membres d'une branche du protestantisme issue des quakers née au début du XVIIIe siècle.

Origine[modifier | modifier le code]

La branche protestante des Shakers trouve ses origines dans le prophétisme des camisards des Cévennes[réf. nécessaire] pourchassés par les dragons de Louis XIV après la révocation de l'édit de Nantes en 1685.

Certains protestants développent alors des visions millénaristes du temps futur, pensant que la fin du monde est proche. Comme beaucoup de protestants français, ils sont dans l'obligation de quitter la France s'ils refusent l'abjuration de leur foi et la conversion au catholicisme. Les « prophètes cévenols » s'exilent donc en Angleterre, à Londres notamment, où ils trouvent au départ un accueil favorable parmi les protestants anglais. Le principal prophète cévenol est Élie Marion. Mais rapidement leur austérité radicale, plus extrême encore que le puritanisme que les Anglais pratiquaient depuis le milieu du XVIIe siècle, les fait devenir suspects aux yeux des autorités. Comme beaucoup de branches protestantes de cette époque, les « prophètes cévenols » inquiètent par leur remise en question de l'ordre établi et le risque de troubles qu'ils peuvent engendrer.

Les Cévenols, ainsi que certains adeptes anglais, proclament en public leurs prophéties, dans un style très bruyant et expressif. C'est alors qu'ils gagnent leur surnom d'« agités », shakers en anglais.[réf. souhaitée]

L'Amérique, nouvelle terre promise[modifier | modifier le code]

En 1774, persécutés par les autorités anglaises, les Cévenols[réf. nécessaire], rejoints par un certain nombre d'Anglais, quittent l'Angleterre pour rejoindre la Nouvelle-Angleterre. À la suite de nombreux puritains anglais, et d'autres groupes pourchassés pour leurs opinions religieuses, ils voient dans la colonie britannique une nouvelle Terre Promise leur permettant de vivre leur foi dans son intégralité. Ils s'installent donc en communautés villageoises. Leurs mœurs sont très austères, le célibat est obligatoire et la propriété privée est interdite.

Malgré le renouvellement biologique impossible et l'austérité des Shakers, leur mouvement connaît un succès assez rapide. L'apogée des Shakers se situe au milieu du XIXe siècle. Ils comptent alors environ 25 villages et 4 000 membres. Mais le déclin suit de près, et aujourd'hui il ne reste plus que trois Shakers. Les Shakers actuels, dans leur village de Sabbathday Lake (Maine), accueillent des visiteurs et sympathisants lors de leurs réunions, chaque dimanche matin, et restent ouverts aux nouveaux convertis.

Shakers et design[modifier | modifier le code]

Exemple de design Shaker

Les convictions puritaines des Shakers leur ont fait développer un style propre de mobilier, dépouillé de tout ajout décoratif. Longtemps considéré comme purement utilitaire, le mobilier Shaker a ces dernières années attiré l'attention de designers qui y voient une préfiguration du minimalisme actuel. Aux États-Unis, les Shakers sont essentiellement connus pour cette raison, bien davantage que pour leurs opinions religieuses, et les meubles shakers d'époque se vendent à des prix très élevés.

Installations de communautés shakers[modifier | modifier le code]

Maison shaker-Haus à Pleasant Hill, Kentucky, USA
  • 1787 Mount Lebanon, NY et Watervliet, NY
  • 1790 Hancock, Mass. et Enfield, CT
  • 1791 Harvard, Mass.
  • 1792 Tyringham, Mass. et Canterbury, NH
  • 1793 Alfred, ME et Enfield, NH
  • 1794 Sabbathday Lake, ME
  • 1804 Gorham, ME
  • 1805 Union Village, OH
  • 1806 Watervliet, OH et Pleasant Hill, KY
  • 1807 South Union, KY
  • 1810 West Union (Busro), Ind.
  • 1817 Savoy, Mass.
  • 1822 North Union, OH
  • 1824 Whitewater, OH
  • 1826 Groveland, NY
  • 1889 North Union, OH
  • 1892 Groveland, NY
  • 1908 Shirley, Mass.
  • 1910 Watervliet, OH, Union Village, OH et Pleasant Hill, KY
  • 1917 Enfield, CT
  • 1918 Enflied, NH
  • 1919 Harvard, Mass.
  • 1922 South Union, KY
  • 1931 Alfred, ME
  • 1938 Watervliet, NY
  • 1947 Mount Lebanon, NY
  • 1960 Hancock, Mass.
  • 1992 Canterbury, NH

Sources[modifier | modifier le code]

  • Henri Desroche, Les Shakers américains. D'un néo-christianisme à un pré-socialisme, Éd. de Minuit, 1955, 332 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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