Service jésuite des réfugiés

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Le Service jésuite des réfugiés (plus connu sous son sigle anglais JRS - Jesuit Refugee Service) est une organisation catholique internationale d’inspiration jésuite qui a pour mission d’accompagner, servir et défendre les droits des réfugiés et personnes déplacées. Elle a été fondée en 1980.

Origine[modifier | modifier le code]

Lors d’un voyage en Asie, en fin d’année 1979, Pedro Arrupe, supérieur général des jésuites est profondément touché par ce qu’il voit : la détresse des « boat-people » du Vietnam. À son retour à Rome il écrit une lettre aux supérieurs provinciaux leur demandant aide et suggestions pour une réponse corporative de la Compagnie de Jésus au problème des réfugiés. La réponse est très positive, non seulement en aide matérielle et argent : des jésuites également offrent leur service et leur compétence. En novembre 1980 le Service jésuite des réfugiés est officiellement fondé pour coordonner et soutenir cette œuvre créée d’abord auprès des réfugiés du Vietnam. Dans sa lettre Arrupe explique qu’il considère ce service comme une forme tout à fait moderne d’apostolat, inspiré de plus par l’engagement de la Compagnie de Jésus à œuvrer pour « une foi qui travaille pour la justice » dans le monde (32e Congrégation Générale).

Objectifs du Service des réfugiés[modifier | modifier le code]

  • Même si d’inspiration jésuite le JRS est ouvert à tous ceux qui désirent d’une manière ou d’une autre collaborer à cette œuvre. Les membres du JRS travaillent principalement sur le terrain, vivant dans les camps, avec les réfugiés, y subvenant aux besoins essentiels (avec l’aide du UNHCR et d’autres organisations humanitaires). Ils y portent une attention particulière à l’éducation des jeunes, y organisent une vie culturelle et sociale et tout ce qui peut aider les réfugiés à garder leur dignité humaine et racines culturelles.
  • Le JRS rassemble documentation et information sur le problème des réfugiés dans le monde afin de sensibiliser les jésuites eux-mêmes et l’opinion mondiale en général sur la gravité du problème, et obtenir de nouvelles sources d’assistance, gouvernementale ou autres.
  • Le JRS exerce également un travail de « advocacy » et de « lobbying » auprès des institutions et organisations internationales, pour y pousser les pays et gouvernements responsables du problème à prendre leurs responsabilités et à trouver une solution juste qui permettent aux réfugiés et personnes déplacées de rentrer chez elles. En certaines circonstance le JRS tente également un processus de « résolution des conflits ».
  • Par ses publications et quelques bourses le JRS encourage la recherche sur les causes du problème des réfugiés afin que des initiatives de prévention puissent être mises en route.

Aujourd’hui[modifier | modifier le code]

  • Des volontaires et bureaux du JRS sont présents dans 57 pays, mais l’organisation est surtout active sur le terrain :
    • Assistance d’urgence : Éthiopie, Ouganda, Zimbabwe, Indonésie (Aceh), Inde, Sri Lanka (Tsunami)
    • Projets d’éducation : Tanzanie, Ouganda, Soudan (Darfur), Burundi, RD Congo (enfants soldats), Rwanda, Namibie, Angola, Malawi, Afrique du Sud, Zambie, Zimbabwe, Libéria, Tchad, Thaïlande, Inde (Tamil Nadu), Népal, Sri Lanka, Rép. Dominicaine
    • Projets de santé : Burundi, Indonésie (Aceh), Kosovo (victimes de mines)
    • Projets sociaux et communautaires : Éthiopie, Tanzanie (radio Kwizera), Roumanie
    • Projets pastoraux (chrétien) : Ouganda, Venezuela
    • « Advocacy » : Indonésie (contre les mines antipersonnel), Népal (réfugiés bhoutanais), Europe (immigrants illégaux), Haïti, Panama, USA,
  • Quelque 1 200 personnes travaillent à temps plein ou partiel pour le JRS, la plupart le faisant comme volontaires. Cela comprend une centaine de jésuites, quelque 85 religieux et religieuses et un millier de laïcs. Sans compter les innombrables réfugiés qui sont employés sur place comme instituteurs ou collaborent aux programmes sociaux ou de santé.
  • Le JRS est engagé dans la recherche sur les « migrations forcées » aux université d’Oxford et de Bilbao (Espagne) où des chaires au nom de Pedro Arrupe furent créées. Outre l’enseignement, ceux qui sont titulaires de ces chaires offrent un service de consultance sur la problématique de ces migrations forcées aux Églises, et organisations gouvernementales ou non.
  • En 2006 le budget du JRS s’est élevé à 26 millions de dollars, venant grosso modo de 5 sources différentes : les donateurs privés, le UNHCR, les Églises et agences catholiques, la Caritas internationale et la Compagnie de Jésus.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Le site web officiel du Service jésuite des réfugiés

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • AA.VV. : Horizons of learning. 25 years of JRS education, Rome, 2005.
  • AA.VV. : The Wound of the Border. 25 years with the refugees, Rome, 2005.