Serin gris

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Serinus gularis

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Serinus gularis

Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Passeriformes
Famille Fringillidae
Genre Crithagra

Nom binominal

Crithagra gularis
(A.Smith, 1836)

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Statut CITES

Sur l'annexe  III  de la CITES Annexe III , Rév. du 26/02/76

Synonymes

Serinus gularis

Le Serin gris (Crithagra gularis) est une espèce de passereau appartenant à la famille des Fringillidae.

Distribution[modifier | modifier le code]

Sous forme de nombreuses poches, d’importance inégale, disséminées en Afrique équatoriale de l’ouest et de l’est puis dans le sud de l’Afrique.

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

D’après Clement et al. (1993), les sous-espèces se différencient par la tonalité de la couleur des parties supérieures et inférieures, selon Ottaviani (2011), ce caractère est à prendre en considération mais le dessin de la tête et de la gorge constitue un bien meilleur critère d’identification.

  • S. g. gularis (Smith, 1836) : sud-est du Botswana, Afrique du Sud (sud et nord-est de la Province du Cap, ouest de l’État Libre d’Orange, Natal, Transvaal).
  • S. g. mendosus Clancey, 1966 : nord-est du Botswana, Zimbabwe, sud-ouest du Mozambique. Plus grand (16 cm) avec le bec plus fort ; les ailes, la queue et les tarses plus longs.
  • S. g. endemion Clancey, 1952 : Zimbabwe, sud du Mozambique, Afrique du Sud (Transvaal, Orange, Lesotho, Natal, est de la Province du Cap).
  • S. g. humilis (Bonaparte, 1850) : Afrique du Sud (sud et sud-ouest de la Province du Cap).
  • S. g. canicapilla (Du Bus de Gisignies, 1855) : nord-est de la Côte d’Ivoire (entre Comoé et Korhogo, parc national de Comoé), nord du Ghana et du Togo, centre du Bénin, sud-ouest du Mali (Baoulé Biosphere Reserve, région de Kangaba), sud du Niger (région de Cangara), centre et sud du Nigeria, République Centrafricaine (extrême nord-ouest dans le district de Pendé.
  • S. g. montanorum (Bannerman, 1923) : nord du Cameroun (massif de l’Adamaqua).
  • S. g. elgonensis (Ogilvie-Grant, 1912) : extrême nord-est du Zaïre, nord de l’Ouganda (monts Elgon et Moroto), ouest du Kenya.
  • S. g. benguellensis (Reichenow, 1904) : centre-ouest de l’Angola (région d’Huambo), ouest de la Zambie (région de Nangoma).
  • S. g. uamensis Grote, 1921: Cette forme est reconnue par Sinclair & Ryan (2003).

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Il existe classiquement neuf sous-espèces mais Sibley & Monroe (1990) reconnaît S. canicapilla comme espèce différente et Sinclair & Ryan (2003) vont plus loin en considérant S. canicapilla comme espèce distincte avec ses sous-espèces (les formes du nord) : montanorum, uamensis, elgonensis. Ce statut d’espèce est contesté par Dowsett & Dowsett-Lemaire (1993) qui maintiennent canicapilla comme simple sous-espèce. Selon Ottaviani (2011), le phénotype de canicapilla de l’Afrique de l’ouest est peu divergent de celui de gularis de l’est et toutes les sous-espèces semblent représenter des clines géographiques ou des formes vicariantes, se remplaçant les unes les autres. Van den Elzen (1985) avait déjà remarqué que les phénotypes de canicapilla et benguellensis ne varient que légèrement, maintenant leur statut de simple sous-espèce.

Serinus reichardi (le serin de Reichard) a été décrit originellement comme une espèce distincte puis considérée comme une simple sous-espèce de S. gularis (Clement et al. 1993) et, à nouveau, reconnu comme espèce propre (Fry & Keith 2004). Selon Sibley & Monroe (1990), S. reichardi est souvent considérée comme conspécifique avec S. canicapillus mais ils sont sympatriques à la périphérie du sud du Soudan et de l’est de l’Ouganda. La forme S. striatipectus a aussi été considérée comme sous-espèce de S. gularis mais elle est sympatrique avec S. g. elgonensis sur le mont Elgon (Ouganda) et le Kongolai Escarpment (Kenya) et, de plus, elle ne répond pas au passage d’enregistrements de chants de S. gularis d’Afrique du Sud. Le tableau taxonomique se complique par une variation considérable de ces serins et par leur rareté (Fry & Keith 2004).

Habitat[modifier | modifier le code]

Fry & Keith (2004) ont montré qu’il occupe tout une gamme d’habitats : au Ghana et au Togo, les savanes arborées, les clairières de forêts et les champs de millet ; dans le nord du Nigeria, les savanes dégradées, les zones cultivées, les boisements secs pourvus d’arbres Anogeissus schimperi, les rives boisées des cours d’eau et les prairies parsemées d’arbustes ; dans le sud du Nigeria et le nord-est du Zaïre, la savane buissonneuse et les vergers, les petites zones de cultures et les boisements disséminés ; au Zimbabwe, la savane herbeuse et arborée à Brachystegia randii, Berlinia globiflora et Muhatja, les collines parsemées d’arbres et de buissons, les versants, les bordures de savane arborée à Acacia et Terminalia, les formations secondaires, les cultures et les jardins ; au Transvaal, les boisements décidus, les jardins, la savane herbeuse parsemée d’arbres, les lisières forestières et les plantations, les vallées boisées et les collines tapissées de protée Protea caffra ; enfin au Natal, les broussailles des versants des montagnes, les zones buissonneuses, les lisières de forêts sempervirentes et les buissons épineux.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Son régime alimentaire comprend des graines, des petits fruits, du nectar, des bourgeons, des fleurs et des insectes mais il peut varier sensiblement selon la localité : il est très friand d’étamines d’aloès (Afrique du Sud) ; seulement des graines ont été trouvées dans 20 estomacs (Nigeria) ; des fruits d’Agnogeissus schimperi (Nigeria) ; de nombreuses graines, 12 termites et 4 chenilles ont été recensés dans 5 estomacs (Zaïre). Des chenilles sont parfois consommées pour nourrir les jeunes. Il se nourrit aussi de graines sur les panicules des plantes herbacées et céréalières comme le sorgho et la poacée Pennisetum americanum mais aussi dans les buissons, les aloès et les arbres. Il a aussi été observé en train de prélever des grains de maïs dans des entrepôts (Fry & Keith 2004).

En Afrique du Sud, Milewski (1978) a répertorié des graines de Protea roupelliae, Celtis africana, Acacia karoo, Pennisetum glaucum, Carica papaya, Hyparrhenia hirta, Nicotiana tabacum, Casuarina, Opuntia, Sorghum, de pin, de tournesol et a observé qu’il se nourrit sur de nombreuses autres plantes des genres Maytenus, Aspalanthus, Chenopodium, Aloe, Nymania, Chirona, Lampranthus, Melianthus, Salsola, Eriocephalus et Olea.

Hockey et al. (2005) ont répertorié des graines, du nectar et des fleurs de Tecoma capensis ; des fleurs de soucis, de pêchers et d’abricotiers, Rumex, Aloe, Erythrina latissima ; du nectar de différentes espèces d’aloès Aloe marlothii, A. arborescens, A. castanea, A. greatheadii, A. thraskii et d’Erythrina latissima ; des graines d’Aloe ferox, de gui, de pin Pinus halepensis, Acacia karoo, Cassia, Amarantus, Aspalathus, Chenopodium, Chironia, Eriocephalus, Lampranthus, Nymania ; des fruits d’Euphorbia ingens, Lantana camara, Opuntia ficus-indica, Maytenus, Olea, Ficus, Morus avec un complément d’insectes, chenilles et termites.

Parade nuptiale[modifier | modifier le code]

En Afrique du Sud, le mâle lance son chant nuptial d’un perchoir élevé comme un grand Casuarina, un buisson, un poteau téléphonique ou dans la canopée, chantant parfois aussi au cours d’un vol nuptial circulaire. Il bat lentement et régulièrement des ailes dans un vol papillonnant mais qui semble moins courant que chez la plupart des autres serins. Souvent un mâle quitte un petit groupe de trois ou quatre individus, s’élève dans les airs, bat mollement des ailes sur une distance de 200 m sans cesser de chanter. Deux couples ont été observés alors qu’ils étaient perchés sur des buissons voisins ; les deux mâles chantaient et, de temps en temps, l’un (ou les deux) se mettait en posture nuptiale face à sa femelle en pointant le bec vers le haut, penchant lentement la tête et avançant de biais jusqu’à sa partenaire. Un mâle a été observé chantant sur son perchoir quand un congénère, en vol, vint se poser à côté de lui ; le chanteur gonfla immédiatement son plumage, agita la tête de droite à gauche tout en gazouillant à gorge déployée (Skead 1960).

Nidification[modifier | modifier le code]

Au Zaïre, le nid est soigneusement confectionné de brindilles et de radicelles avec un revêtement interne de peluches. Il contient de deux à quatre œufs (généralement trois) blanc bleuté ou vert pâle tachetés de brun ou de noir. Les pontes ont lieu surtout en saison des pluies, de juin à novembre dans le nord-est et de janvier à juillet-août dans le sud-est, donc partiellement en saison sèche (Lippens & Wille 1976). Au Zimbabwe, c’est également une petite coupe à texture compacte et feutrée, faite de fins pétioles secs assemblés avec des fils d’araignée et de fines tiges d’herbe sèche liées à du duvet végétal, souvent de coloration rougeâtre. La coupe est solidement arrimée aux branchettes par des fils d’araignée comme le montre un dessin au trait dans le livre de Fry & Keith (2004).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Clement, P., Harris, A. & Davis, J. (1993). Finches & Sparrows, an identification Guide. Christopher Helm, London.
  • Dowsett, R. J. & Dowsett-Lemaire, F. (1993). Comments on the taxonomy of some Afrotropical bird species. Pp. 323-389 in Dowsett, R. J. & Dowsett-Lemaire, F. eds. A contribution to the distribution and taxonomy of Afrotropical and Malagasy birds. Liège, Belgium. Tauraco Press.
  • Elzen, R. van den (1985). Systematics and evolution of African Canaries and Seed-eaters (Aves: Carduelidae). Proc. Intern. Symp. African Vertebrates, Bonn.
  • Fry, C. H. & Keith, S. (2004). The Birds of Africa. Vol. 7, Sparrows to Buntings. Helm, London.
  • Hockey, P. A. R., Dean, W. R. J. & Ryan, P. G. (2005). Roberts – Birds of southern Africa, VII th ed. The Trustees of the John Voelcker Bird Book Fund, Cape Town.
  • Lippens, L. & Wille, H. (1976). Les Oiseaux du Zaïre. Lannoo, Belgique.
  • Milewski, A. V. (1978). Diet of Serinus species in the south-western Cape, with special reference to the Protea Seedeater. Ostrich 49: 174-184.
  • Ottaviani, M. (2011). Monographie des Fringilles (carduélinés) – Histoire Naturelle et photographies, volume 3. Editions Prin, Ingré, France, 320 p.
  • Sibley, C. G. & Monroe, B. L. (1990). Distribution and Taxonomy of Birds of the world, Yale University Press, New Haven & London.
  • Sinclair, I. & Ryan, P. (2003). Birds of Africa, south of the Sahara. Princeton University Press.
  • Skead, C. J. (1960). The Canaries, Seed-eaters and Buntings of Southern Africa. Parow, South Africa.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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