Sergueï Boulgakov

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Portrait de Pavel Florensky et Sergueï Boulgakov (à droite), par Mikhail Nesterov, 1917

Sergueï Nikolaïevitch Boulgakov (en russe : Сергей Николаевич Булгаков), né le 16 juin/28 juin 1871, à Livny et mort le 13 juillet 1944 à Paris, est un théologien, philosophe et économiste russe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille orthodoxe, Sergueï Boulgakov suit ses études au séminaire d'Orel, dans l'ouest de la Russie. En 1894, il est diplômé en droit de l'Université de Moscou où il a notamment suivi des cours d'économie politique.

Il commence à s'intéresser au marxisme et participe aux réunions du groupe d'études sur le marxisme, mais s'en écarte de plus en plus à mesure qu'il approfondit sa lecture de Karl Marx. Plus sensible aux écrits de Vladimir Soloviev, de Léon Tolstoï et de Fiodor Dostoïevski, il publie en 1903 un livre qui résume sa pensée, Du marxisme à l'idéalisme.

Il est alors considéré comme l'un des chefs de file du mouvement idéaliste et commence à rédiger des articles sur la politique et l'économie dans les revues Nouvelle Voie (Новый Путь) et Les questions de la Vie (Вопросы Жизни). En 1906, il est élu à la Douma sous l'étiquette socialiste-chrétien indépendant.

Entre 1911 et 1917, il dirige les éditions « La voie », qui publient plusieurs ouvrages de théologie orthodoxe. Il se consacre alors à deux essais qui marqueront leur époque : La philosophie de l'économie (Философия хозяйства), en 1912, et La Lumière qui ne s'éteint jamais (Свет Невечерний) en 1917, dans lequel il associe sa conception de la foi et la sophiologie de Soloviev, conception qui suscita une controverse théologique.

Ordonné prêtre de l'Église orthodoxe russe en 1918, Boulgakov réprouve la révolution d'Octobre et publie alors Sur le festin des dieux (На пиру богов), qui expose ses critiques. Il s'exile en Crimée pendant la guerre civile et publie deux essais, La Philosophie du nom ( Философия имени) et La Tragédie de la philosophie (Трагедия философии) en 1920. Il considère que les conceptions chrétiennes ne peuvent s'exprimer que par la théologie dogmatique. Tenté alors par un rejet commun du destin politique et religieux de la Russie, il écrit Sous les remparts de Chersonèse qu'il ne publiera pas et qui montre par son rejet du byzantinisme une grande proximité avec le Vladimir Soloviev de La Russie et l'Église universelle. Mais la suite de son exil refroidira son admiration pour le catholicisme.

En décembre 1922, il est expulsé par le gouvernement bolchevik avec cent soixante autres intellectuels. Il s'installe à Prague, où il enseigne la théologie à l'Institut de recherche russe. Il participe deux ans plus tard à la création de l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, à Paris.

Il en assure un temps la direction et y donne des cours de théologie dogmatique jusqu'à sa mort, des suites d'une attaque cérébrale, le 12 juillet 1944. Il fut plus tard reconnu pour sa défense de la cause œcuménique[réf. nécessaire].

Ses funérailles furent organisées à la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky, rue Daru, à Paris. Boulgakov est enterré au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres traduites en français[modifier | modifier le code]

  • La Lumière sans déclin (Svet nevetchernyi, 1917), Lausanne, 1990, 431 p.
  • Sous les remparts de Chersonèse (1918, publication posthume), Troudy po sotsiologii i teologii, t. 2, Moscou, Naouka, 1997, traduit en français par Bernard Marchadier, Genève, Ad Solem, 1999, 291 p.
  • La petite trilogie
    • Le Buisson ardent (1927), trad. Constantin Andronikof, Lausanne, L'Âge d'homme, 1987
    • L'Ami de l'époux. de la vénération orthodoxe du Précurseur (1928), Lausanne
    • L'Échelle de Jacob (1929), Lausanne, 1987, 151 p.
  • La grande trilogie
    • Du verbe incarné, Agnus Dei (Agnets Bojii. L'agneau de Dieu, 1933), Lausanne, 1981
    • Le Paraclet (1936)
    • L'Épouse de l'agneau. La création, l'homme, l'Eglise et la fin (Nevesta Agntsa, 1939, édition posthume en 1945), Lausanne, 1982

résumé de sa sophiologie

    • La Sagesse de Dieu (The Wisdom of God, 1937), Lausanne, 1983.

Article connexe[modifier | modifier le code]

  • Jalons (1909), trad., Cerf, 2011 (avec des articles de Berdiaev, Boulgakov...).

Études[modifier | modifier le code]

  • E. Behr-Sigel, "La sophiologie du P. Boulgakov", Revue d'histoire et de philosophie religieuses, no 19, 1939.
  • K. Naumov, Bibliographie des œuvres de Serge Boulgakov, Institut d’études slaves, Paris, 1984.
  • Antoine Nivière, "La Philosophie de l'histoire chez Serge Boulgakov", Contacts, 2000, vol. 52, no 191, p. 211-231.
  • Antoine Arjakovsky, Essai sur le Père Serge Boulgakov (1871-1944), philosophe et théologien chrétien, Parole et silence, Saint-Maur, 2006, 214 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]