Sepultura

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Sepultura

Sepultura en concert à São Paulo, le 7 novembre 2009.
Sepultura en concert à São Paulo, le 7 novembre 2009.
Pays d'origine Drapeau : Brésil Brésil
Genre musical Thrash Metal
Death Metal
Groove metal
Metalcore
Années d'activité Depuis 1984
Labels Cogumelo Records, Roadrunner Records, Nuclear Blast
Site officiel www.sepultura.com.br
Membres Andreas Kisser
Derrick Green
Paulo Jr.
Eloy Casagrande
Anciens membres Max Cavalera
Igor Cavalera
Jairo Guedez
Wagner Lamounier
Roy Mayorga
Jean Dolabella
Entourage Overdose
Sarcofago
Soulfly
Nailbomb
Cavalera Conspiracy
Logo de Sepultura

Sepultura (tombeau en portugais)[A 1] est un groupe de metal brésilien fondé par Max et Igor Cavalera en 1984, à Belo Horizonte. Le groupe est l'un des plus influents du thrash, death et groove metal de la fin des années 1980 et du début des années 1990. Il a ensuite évolué vers le hardcore, en incorporant des éléments provenant du nu metal, du metal alternatif et du metal industriel.

Le fondateur et pilier du groupe Max Cavalera quitte brutalement le groupe en 1996, à la suite de désaccords personnels, et fonde Soulfly. Son frère Igor, batteur, fait de même en 2006 et rejoint son frère dans une nouvelle formation nommée Cavalera Conspiracy. Les membres actuels sont Paulo Jr. à la basse - seul musicien présent dans Sepultura depuis ses débuts -, Andreas Kisser à la guitare, Eloy Casagrande à la batterie, et Derrick Green - unique membre non-brésilien - au chant.

Sepultura a connu le succès à la fin des années 1980 dans un style proche du thrash metal, puis a évolué vers le metalcore dans ses trois albums emblématiques que sont Arise (1991), Chaos A.D. (1993) et Roots (1996). Le groupe a réalisé en tout douze albums studio - le plus récent étant Kairos, sorti en 2011 - qui se sont écoulés à plus de 3 millions d'exemplaires aux USA et 20 millions d'exemplaires dans le monde.

Sommaire

[modifier] Histoire du groupe

[modifier] Le groupe avec Max Cavalera (1984-1996)

[modifier] La création du groupe

Sepultura a été créé en 1984, à Belo Horizonte, capitale de l’État du Minas Gerais au Brésil[A 2]. À l'origine de cette formation, les deux frères Max et Igor Cavalera sont nés d'une mannequin nommée Vânia et d'un diplomate italien, Graciliano, qui décède brutalement d'une crise cardiaque, laissant sa famille sans ressources financières[A 3]. Alors âgés - respectivement - de quinze et quatorze ans, ils sont profondément affectés par sa mort et décident de créer le groupe le même jour, après que Max a écouté l'album Vol. 4 de Black Sabbath. À la fin de l'année 1984, ils arrêtent définitivement leur scolarité pour se consacrer uniquement à la musique[1].

Igor Cavalera, co-fondateur et batteur du groupe de 1984 à 2006.

Après de multiples changements au sein du tout jeune groupe, une formation initiale s'établit autour du chanteur Wagner Lamounier, du bassiste Paulo Jr., du guitariste Max Cavalera et du batteur Igor Cavalera[A 4]. En raison de désaccords artistiques, Wagner Lamounier quitte Sepultura en mars 1985 et forme Sarcofago, éternel rival du groupe. Après son départ, Max Cavalera décide d'assumer la fonction de chanteur malgré ses talents de guitariste, et se fait remplacer par Jairo Guedes[A 5].

[modifier] Les débuts : Bestial Devastation (1985) et Morbid Visions (1986)

En 1985, Sepultura participe à quelques festivals locaux et est remarqué par un disquaire de la ville, lequel offre aux membres de quoi effectuer une session d'enregistrement de huit titres en studio[2]. Peu après, le groupe rejoint le label crée par ce studio: Cogumelo Records. Ce dernier, faisant figure d'avant-garde dans la production de heavy metal au Brésil, produit les deux premiers disques de Sepultura.

Leur premier EP, Bestial Devastation, est enregistré en deux jours dans un studio de fortune, avec la collaboration d'un autre groupe brésilien, Overdose[3]. Malgré un son de médiocre qualité, le disque permet au groupe de se faire connaître au Brésil et d'enregistrer Morbid Visions en août 1986[3]. Sa renommée se limite alors à son pays d'origine, les deux CD n'étant pas sortis ailleurs[3], mais leur prestation en première partie du groupe Venom lors d'un concert à Belo Horizonte, ainsi que leur chanson Troops of Doom, contribue à les faire remarquer[3]. Les membres de Sepultura décident alors de déménager à São Paulo afin de bénéficier de meilleures conditions de travail[4]. Roadrunner Records réédite ces deux disques dans un unique album, en octobre 1997[5].

Le groupe est le premier au Brésil à effectuer une telle fusion, avec le groupe de thrash metal Sarcofago, crée par le premier chanteur de Sepultura, Wagner Lamounier. Les deux formations, pionnières du heavy metal dans ce pays, ont longtemps entretenu une rivalité : selon les membres de Sarcofago, les membres des deux groupes étaient amis à leurs débuts, mais Max Cavalera aurait un jour déclaré que les musiciens de Sarcofago, manquant de dextérité, sont incapables de jouer leurs morceaux au même tempo que sur l'album[6]

[modifier] Les premiers succès : Schizophrenia (1987) et Beneath the Remains (1989)

Le guitariste Jairo Guedez, qui a perdu son intérêt pour le death metal, quitte le groupe à l'issue de la première tournée, en 1987. Il est remplacé peu après par Andreas Kisser[3], originaire de São Paulo[A 6], et qui était à l'origine machiniste itinérant (roadie) de Max Cavalera. Celui-ci apporte son savoir-faire et contribue grandement à l'évolution du style du groupe dans son nouvel album, Schizophrenia, le premier à être enregistré dans des conditions professionnelles[7].

Max Cavalera en concert en 1989, après la sortie de l'album Beneath the Remains.

Le groupe envoie des cassettes aux USA, et celles-ci sont diffusées sur certaines radios, alors même que beaucoup d'entre elles hésitent à passer du thrash metal, en raison de l'opposition des tenanciers de bars qui ne veulent pas diffuser de musique trop violente dans leurs établissements[1]. Sepultura attire alors l'attention de Roadrunner Records, l'un des plus importants labels de heavy metal au monde et grand importateur de groupes étrangers. Monte Conner, le directeur artistique, les rencontre et décide de leur proposer un contrat à long terme[8] afin de commercialiser Schizophrenia à plus grande échelle[8], et ce, avant même d'avoir vu le groupe jouer[4],[9]. Enregistré dans de meilleures conditions et distribué dans le monde entier[3], le disque remporte un succès critique non négligeable en Europe et en Amérique du Nord[7].

L'album Beneath the Remains est enregistré à Rio de Janeiro dans un studio de mauvaise qualité, et les membres de Sepultura, ne maîtrisant pas l'anglais, doivent communiquer avec leur nouveau producteur Scott Burns par traducteur interposé[1]. Il annonce cependant le début du véritable succès de Sepultura hors du Brésil, en lui permettant d'effectuer sa première tournée mondiale[10],[11], essentiellement en Europe et en Amérique du Nord. Durant leurs dates en Europe, Sepultura est fréquemment réclamé par le public au point de raccourcir le concert du groupe précédent, comme ce fut le cas à plusieurs reprises avec Sodom. Son premier concert aux USA s'est quant à lui déroulé le 31 octobre 1989 au Ritz de New York, en première partie du chanteur de heavy metal danois King Diamond. En outre, les membres du groupe enregistrent leur premier clip, sur la chanson Inner Self[8]. En 1990, ils décident de s'installer à Phoenix dans l'Arizona et embauchent une nouvelle équipe de management[8]. Enfin, en janvier 1991, Sepultura achève la tournée de l'album Beneath the Remains par un concert triomphal au festival Rock in Rio, devant plus de 100 000 personnes[12].

[modifier] La consécration : Arise (1991) et Chaos A.D. (1993) et Roots (1996)

Dans le courant de l'année 1990, ils enregistrent leur nouvel album, Arise, dans les studios Morrisound à Tampa en Floride[1]. Sorti le 2 avril 1991, le disque fait de Sepultura un des groupes de death/thrash metal alors parmi les plus critiqués. La chanson éponyme et un autre single, Dead Embryonic Cells[8] sont des succès dès leur sortie et attirent davantage l'attention après leur interdiction de diffusion sur MTV, en raison de leur caractère blasphématoire : y apparaissent des figures religieuses apocalyptiques ou des crucifix[10].

C'est en outre celui qui permet au groupe d'acquérir une renommée mondiale[3],[8] et d'effectuer une tournée mondiale de plus de deux ans[13], durant laquelle il joue à deux reprises dans un stade à guichets fermés, en Indonésie[10], et effectue la première partie de Megadeth et Guns N' Roses au festival Rock in Rio[13]. En 1992, le succès d'Arise conduit le groupe à jouer en première partie lors de deux grandes tournées : celle de Helmet et Ministry[14], ainsi que celle d'Alice In Chains et Ozzy Osbourne. Durant cette période, Max Cavalera épouse la manager de Sepultura, Gloria Bujnowski[4], presque de deux fois son aînée[8]. Se remémorant son passé au Brésil, Max Cavalera déclare :

« Voyager dans des trains. Se faire tabasser par les flics. Dormir derrière la scène. Cela fait partie de l'éducation. Cela fait partie de ce que nous faisons. Si tu n'as pas vécu ce genre d'expériences, tu ne peux pas être un groupe comme nous[1]. »

En 1993 sort Chaos A.D., le cinquième album de Sepultura, dont les textes sont plus sociaux et dénonciateurs, notamment concernant le Brésil[8]. Ce disque engagé atteint la 32e place du Billboard 200[15], fait rare pour un album de heavy metal. Sepultura commence à se faire connaître du grand public européen, et notamment français, après un passage remarqué dans l'émission de Canal + Nulle part ailleurs, où le groupe interprète le titre Refuse/Resist. En 1994, Sepultura participe à l'un des plus grands festivals de heavy metal européens, les Monsters of Rock de Castle Donington. La même année, avec la collaboration du chanteur de Fudge Tunnel, Max et Igor Cavalera produisent un album de pur metal industriel sous le nom de Nailbomb[2], suivi d'un live l'année suivante. Ce groupe éphémère se sépare cette même année, après un an de collaboration.

L'album Roots est celui de l'apogée de la popularité de Sepultura[16]. Le groupe enchaîne en effet les participations aux plus grands festivals du monde, comme le Pinkpop aux Pays-Bas ou le Rock in Rio. En outre, le groupe interprète Roots Bloody Roots et Ratamahatta dans l'émission de Canal + Nulle part ailleurs, et joue au Zénith de Paris[2]. Leur label d'alors, Roadrunner Records, indique que Roots est son album « le plus acclamé[10] ».

Andreas Kisser, guitariste du groupe depuis 1987.

[modifier] Le départ de Max Cavalera

En 1996, Sepultura donne à nouveau un concert au festival Monsters of Rock de Castle Donington, en Angleterre, aux côtés d'Ozzy Osbourne, Paradise Lost ou encore Fear Factory. Ayant appris quelques heures auparavant la mort de son beau-fils, Dana Wells, dans un accident de voiture, Max Cavalera prend le premier vol pour les États-Unis, contraignant le guitariste Andreas Kisser à assurer les parties vocales lors du concert[8]. La mère du défunt n'est autre que Gloria Bujnowski, épouse de Max Cavalera depuis 1992 et manager du groupe. Brisés par ce décès, les deux époux provoquent de nombreuse tensions durant la tournée de l'album Roots[10]. Le guitariste et le bassiste, Paulo Jr., ne souhaitent donc pas renouveler le contrat avec Bujnowski, et tentent de convaincre les deux frères de la licencier[8]. Le 16 décembre 1996, après un concert à la Brixton Academy de Londres, le chanteur, s'estimant trahi[10], remet sa démission à ses camarades et à son manager[10], et officialise son départ début 1997. Max Cavalera crée quelques mois plus tard Soulfly, son nouveau groupe, produit par Ross Robinson, ancien producteur de Sepultura.

Durant de nombreuses années, les véritables raisons de ce départ demeurent inconnues du public. Dans une interview accordée à Faceculture, Max Cavalera déclare qu'une des raisons pour lesquelles il a quitté Sepultura est la volonté du guitariste Andreas Kisser de faire organiser les funérailles de Dana Wells avant que Max et Gloria ne puissent rentrer aux États-Unis. Max Cavalera aurait aussi proposé à Andreas Kisser et Paulo Jr. de trouver leur propre manager, afin que lui et son frère Igor puissent garder Gloria Bujnowski, mais ceux-ci ont décliné la proposition. Il a enfin affirmé regretter ces événements, et déclaré qu'une possible réunion est improbable en raison de disputes récurrentes entre lui et Andreas Kisser[17].

[modifier] Le groupe avec Derrick Green (1997-présent)

[modifier] Le déclin du succès commercial et critique : Against (1999), Nation (2001) et Roorback (2003)

Derrick Green, chanteur actuel du groupe.

Après le départ de Max Cavalera, le public craint une séparation définitive du groupe, mais tous les membres émettent communément la volonté de continuer à jouer ensemble[8]. Après de longues recherches[8], le groupe choisit un remplaçant au chant en la personne de Derrick Green, originaire de Cleveland dans l'Ohio, et venu de la scène hardcore[3] américaine. Ce premier opus avec Derrick Green au chant est plutôt mal accueilli par les fans et les critiques, notamment en raison de la différence vocale avec Max Cavalera. Cet album obtient donc un succès commercial bien plus faible que ses deux prédécesseurs, et se vend à deux fois moins d'exemplaires que le premier album du nouveau groupe de ce dernier, Soulfly[8],[18].

Le huitième album studio du groupe, Nation, sort en 2001. Cet opus, dans lequel figure une collaboration avec le groupe de violonistes Apocalyptica[14], a eu une très faible publicité par rapport aux précédents du groupe, principalement en raison de l'échec commercial du précédent. C'est une des raisons pour lesquelles les membres décident de résilier leur contrat avec le label Roadrunner Records, responsable selon eux de cette faible promotion.

Sepultura réalise en outre deux autres projets parallèles. En 2003 est produit Revolusongs, un album EP qui témoigne de l'éclectisme du groupe : il est en effet composé de huit reprises de groupes aussi divers que Massive Attack, U2, Hellhammer ou encore le groupe de hip-hop Public Enemy. La même année, et contre la volonté du groupe, Roadrunner Records commercialise le dernier live de Sepultura avec Max Cavalera, enregistré en 1996 à la Brixton Academy de Londres et intitulé Under a Pale Grey Sky.

Sorti en 2003, Roorback est le neuvième album studio de Sepultura et le premier produit par SPV Records. Malgré une critique plutôt favorable[19], les ventes demeurent faibles. Sepultura joue en 2005 au Dubai Desert Rock Festival, et sort un DVD live en novembre de la même année, intitulé Live In São Paulo.

[modifier] Deux albums-concepts : Dante XXI (2006) et A-Lex (2009)

Le dixième album studio de Sepultura, un album-concept inspiré de la Divine Comédie et intitulé Dante XXI, sort le 14 mars 2006. Deux clips vidéo sont enregistrés : Convicted in Life et Ostia.

Dans une interview, en 2007, Max Cavalera déclare que son frère et lui veulent réunir la formation originale du groupe. Certaines rumeurs évoquent même un concert avec les frères Cavalera au Ozzfest de 2007. Mais Andreas Kisser dément rapidement ces informations, et la réunion n'a jamais eu lieu[20]. Suite à des différends créatifs et personnels, Igor Cavalera quitte le groupe, peu après la sortie de l'album, pour créer avec son frère Cavalera Conspiracy. Il est remplacé par Jean Dolabella, présent dans Sepultura jusqu'en novembre 2011.

Sepultura en concert au festival Metalmania en Pologne (2007).

En 2008, Sepultura tourne dans une publicité brésilienne pour la firme automobile Volkswagen. Le spot montre le groupe sur scène en train de jouer de la bossa nova devant un public médusé. Le 26 janvier 2009, le groupe sort son onzième album studio, intitulé A-Lex. Nouvel album-concept, inspiré du roman d'Anthony Burgess L'Orange mécanique, il est le premier à être réalisé sans la collaboration d'au moins un des deux frères Cavalera. L'enregistrement s'est déroulé fin 2008 aux studios Trama à São Paulo. Le groupe joue quelques chansons de ce nouvel album en première partie de deux concerts de Metallica au Stade Cícero Pompeu de Toledo à São Paulo, le 20 et le 21 janvier 2010, devant 100 000 personnes au total[21].

[modifier] Actuellement : Kairos (2011) et projets futurs

Le 6 juillet 2010, Sepultura annonce avoir signé un contrat avec le label de metal allemand Nuclear Blast, prévoyant la sortie d'un album en 2011[22]. Le groupe confirme en outre qu'il n'y aura pas réunion de la formation initiale du groupe[23]. Fin 2010, les membres de Sepultura produisent de nouvelles chansons et entrent en studio au Brésil[24] pour enregistrer l'album, sous la direction du producteur Roy Z, ayant collaboré avec Judas Priest et Bruce Dickinson du groupe Iron Maiden[25],[26],[27]. Le 1er mars s'achève la réalisation de l'album, nommé Kairos, qui sort en juin 2011[28].

L'album comprend des reprises de Ministry (One More Fix) et de The Prodigy (Firestarter), chacune disponible dans une édition bonus[29]. Sepultura a effectué une tournée mondiale, intitulée Kairos World Tour, durant laquelle le groupe a joué au Wacken Open Air, à la Foire aux Vins de Colmar[30] ou au festival Rock in Rio, en compagnie des Tambours du Bronx[14]. La tournée sud-américaine s'est faite avec le groupe de thrash metal Machine Head[24]. Il a également réalisé un concert public accompagné par un orchestre philarmonique lors de la Virada Cultural de São Paulo, lequel a été filmé et doit sortir ultérieurement en DVD[31]. Par ailleurs, le 20 juin 2010, Sepultura devient le premier groupe de metal professionnel à donner un concert sur l'île de la Réunion[32].

De la formation originale ne reste aujourd'hui que le bassiste Paulo Jr., qui a joué dans tous les albums de Sepultura[33]. Le dernier membre arrivé dans la formation actuelle du groupe est le batteur Eloy Casagrande, jeune prodige âgé d'uniquement vingt ans[34].

[modifier] Influences

[modifier] Premières influences : le hard rock et le heavy metal traditionnel

Les influences de la formation originale du groupe, en particulier des frères Cavalera, sont à chercher dans la première vague de heavy metal ou le hard rock : Max Cavalera déclare en effet avoir voulu fonder Sepultura après avoir écouté l'album Vol. 4 de Black Sabbath[35], un groupe pionnier du metal. En outre, le nom du groupe est choisi en référence à la traduction en portugais, réalisée par Max Cavalera, d'une chanson de Motörhead intitulée Dancing on your Grave (le terme anglais grave, signifiant tombeau, est traduit par sepultura)[A 1].

Cronos, chanteur du groupe Venom, principale influence de Sepultura.

En plus de Black Sabbath et Motörhead, les deux frères sont influencés par Deep Purple et Led Zeppelin, ainsi que par la plupart des grands groupes de heavy metal ou de hard rock, populaires à la fin des années 1980 : Van Halen, Judas Priest, Iron Maiden, AC/DC et Ozzy Osbourne[group 1]. Peinant à trouver des albums de heavy metal dans leur ville natale, Belo Horizonte, ils se rendent fréquemment chez un disquaire de São Paulo qui vend des cassettes comprenant les derniers morceaux des grands groupes américains[1] : les trois premiers disques achetés par Max Cavalera sont un album d'Iron Maiden, Metallica et Slayer[8]. Cependant, dans un pays qui émergea à peine de la dictature militaire, les disques de heavy metal et de punk rock sont jugés « socialement inacceptables[8] », a fortiori dans un pays de tradition catholique, car ils représentent une incitation à la rébellion, souvent teintée d'éléments anti-religieux voire blasphématoires ; il leur est donc difficile d'exprimer ouvertement leur intérêt pour cette musique.

[modifier] Les influences déterminantes : Venom et le thrash metal naissant

Leurs goûts musicaux sont toutefois subitement bouleversés après leur découverte du groupe Venom. La musique de ce groupe anglais, pionnier du thrash metal et du black metal, est en effet l'influence la plus sensible de Sepultura sur leur premier EP, Bestial Devastation, bien plus que le heavy metal traditionnel : on y retrouve en effet du chant hurlé et une très forte distorsion à la guitare. Comme le déclare Igor Cavalera :

« Je me souviens du jour où j'ai écouté Venom pour la première fois, sur une cassette empruntée à un ami. Ça ressemblait beaucoup à Motörhead, mais c'était juste un peu plus violent. Je me souviens que quelqu'un avait déclaré: c'est le diable de Motörhead ! Une fois que nous avions parcouru l'œuvre de Venom, nous avons cessé d'écouter Iron Maiden et tous ces autres trucs légers[A 7]. »

Les frères Cavalera écoutent alors des groupes tels que Kreator, Sodom, Megadeth, Exodus ou encore Exciter[A 8], au son violent et au rythme frénétique, que l'on retrouve dans Bestial Devastation et dans leur premier album, Morbid Visions. Le son caractéristique du death metal, avec une batterie omniprésente, un chant guttural et des couplets répétitifs, provient quant à lui de groupes alors émergents comme Death ou Possessed[8]. Andreas Kisser affirme pour sa part qu'Anthrax, Metallica, Megadeth ou encore Slayer sont ses principales influences.

Sepultura a également exercé son influence sur de nombreux groupes, mais ce sont essentiellement les albums ayant fait la renommée internationale du groupe (Chaos A.D. et Roots), opérant la synthèse entre thrash metal et rythmes tribaux, qui ont fait émerger la première génération de groupes de metal alternatif, dont font partie Godsmack, Slipknot ou System of a Down[10]. Les membres de Radiohead ont aussi affirmé s'être inspirés du groupe : « Nous avons regardé Sepultura il y a de cela quelques années lors d’un festival hollandais et nous nous sommes tous prosternés devant leur musique brésilienne sombre, un peu vaudou. Ils ont joué avec des instruments des forêts tropicales à base de palmier enroulé et de fèves. C’était assez dérangeant[36] ». Selon le magazine Rolling Stone, Sepultura est « l'un des groupes de heavy metal les plus influents de la fin des années 1980 au début des années 1990[37] ». De plus, le succès du groupe a attiré l'attention sur la musique rock et heavy metal au Brésil[13].

[modifier] Évolution du style musical

[modifier] Des débuts dans le black et death metal

Les deux premiers projets du groupe, l'EP Bestial Devastation et l'album Morbid Visions, s'apparentent à du death metal[38] comportant toutefois quelques sonorités typiques du black metal des années 1980[38], dont Venom, principale influence des membres du groupe, est le pionnier.

On y retrouve ainsi des éléments récurrents de ces deux sous-genres du heavy metal : l'utilisation de cris amplifiés par des échos en guise de chant, rendant les textes des chansons inintelligibles ; la frappe répétée des cymbales à la batterie ; ou encore l'absence de refrain et la répétitivité du rythme. Les membres du groupe, encore tous adolescents[8], ont sans doute avant tout cherché à choquer leur entourage plutôt que faire preuve de créativité[38] : le seul musicien à posséder une technique correcte est le guitariste Jairo Guedez. Néanmoins, on entre les deux projets, on constate une rapide amélioration du niveau de jeu des différents membres, qui commencent à acquérir de la dextérité avec leurs instruments respectifs[38].

[modifier] Évolution vers le thrash metal

Andreas Kisser, guitariste de Sepultura.

Schizophrenia (1987), l'album suivant du groupe, porte les marques une évolution musicale à la guitare : Andreas Kisser, plus technique et plus expérimenté[8], apporte des mélodies beaucoup plus complexes, comprenant des solos élaborés[7], en conservant un son proche du death metal[3]. Le rythme de l'album est plus rapide et les morceaux sont plus structurés et puissants que sur le précédent, Morbid Visions[3], se rapprochant ainsi du thrash metal[7]. On remarque également une amélioration considérable du niveau de jeu des différents musiciens[7],[13], ce qui leur permet d'employer le staccato, et ainsi d'élaborer des chansons au son à la fois mélodique et agressif[7], telles que To the Wall, modèle du genre.

Les titres de Beneath the Remains (1989) marquent définitivement l'évolution vers un thrash metal brutal et sombre, au détriment du death metal des débuts[2],[39], la guitare gagnant en rapidité et le chant en puissance. Des chansons telles que Stronger Than Hate ou Primitive Future atteignent un degré de violence encore inédit dans l’œuvre du groupe[11] : la partition officielle de Stronger Than Hate constitue en effet un véritable défi pour la guitare rythmique, les parties rapides dépassant celles de certains titres de l'album Reign In Blood de Slayer, une référence jusque-là. Les tempos rapides parviennent en effet à une moyenne de 240 bpm, et atteignent par moments 264 bpm. Dans d'autres titres comme Mass Hypnosis ou Slaves of Pain s'affirme la virtuosité du guitariste Andreas Kisser et la maîtrise du batteur Igor Cavalera dans l'utilisation de la double pédale[11].

Sepultura poursuit son évolution musicale dans l'album Arise (1991). Certains morceaux, tels qu'Infected Voice, demeurent de purs morceaux de thrash metal, mais d'autres contiennent des riffs joués à la guitare acoustique, ou encore un sample de la bande originale de Psychose, composée par Bernard Herrmann (Escape to the Void)[40]. Apportant ainsi des éléments de la musique rock ou classique, le groupe s'éloigne du thrash metal pur et aborde le metal alternatif et progressif[40].

[modifier] Le tournant musical : un groupe à la croisée des genres

En 1993, avec Chaos A.D., la prise de distance avec le thrash metal et le death metal des premiers opus est très nette[A 9], au profit d'éléments venus du punk hardcore et du metal industriel[12],[A 10]. En effet, en dépit d'un chant propre au thrash et death metal, de la violence accentuée des morceaux et de passages empruntés aux premiers albums de Metallica[41], la transition vers le punk est sensible dans les accélérations brutales de tempos, notamment au refrain[41]. Le titre Biotech is Godzilla, en duo avec Jello Biafra, leader des Dead Kennedys - un des groupes majeurs du mouvement punk - a en outre une valeur symbolique[41]. Igor Cavalera, à la batterie, donne aux morceaux l'énergie de la musique punk, tout en y mêlant des rythmes traditionnels brésiliens, comme dans la chanson Kaiowas[41]. En outre, le guitariste Andreas Kisser déclare que l'influence de Ministry, figure de proue du metal industriel, est particulièrement sensible dans cet album[14].

L'évolution musicale de Sepultura vers le metal hardcore se poursuit et s'affirme dans l'album suivant, Roots, sorti en 1996. Le groupe adopte en effet un rythme plus lent et se tourne vers un mélange de musique traditionnelle brésilienne - déjà amorcé dans Chaos A.D. - et de thrash metal[8]. Il intègre ainsi des sons tribaux aux partitions[3], des passages aux percussions, interprétés notamment par Carlinhos Brown[42], ou au berimbau[39], et réalise même des enregistrements en Amazonie avec les Amérindiens Xavantes que l'on retrouve dans les titres Itsari ou Procreation of the Wicked[42]. En conséquence, la technique et les riffs de Sepultura ne sont plus aussi impressionnants qu'auparavant, mais cela est dû à l'influence qu'exerce le metal alternatif - et notamment Korn, dont le chanteur Jonathan Davis figure en duo sur un des titres de l'album - sur le groupe[42],[39].

Carlinhos Brown, chanteur et percussionniste brésilien qui a collaboré avec Sepultura sur l'album Roots (1996).

Avec Against (1999), premier album réalisé depuis le départ du chanteur Max Cavalera, Sepultura atteint définitivement vers un style metalcore, voire nu metal à tendance ethnique[43]. Le disque conserve en effet un apport de musique traditionnelle, ici japonaise avec le groupe de percussions taïko Kodō, qui participe au titre Kamaitachi[44]. De plus, des passages sont interprétés à la flûte et au violon[44]. Selon la critique, le groupe a perdu le côte expérimental de son album précédent et peine à retrouver son style proche du thrash metal, malgré une collaboration avec Jason Newsted, ancien bassiste de Metallica, sur le titre Hatred Aside[44].

L'album suivant, Nation (2001), se veut plus politique, au travers notamment de chansons engagées sur le modèle de la musique punk - Jello Biafra, leader des Dead Kennedys, collabore à nouveau avec le groupe - et perd son aspect heavy metal. Moins violents, les morceaux se teintent en effet de hard rock, même si le son de certains titres comme Who Must Die ? demeure très agressif[45]. Une chanson instrumentale interprétée au violon, Valtio, éloigne encore davantage l'album du heavy metal pur, en le rapprochant de la bande originale de film[45].

[modifier] Progressif retour au thrash metal des origines

Revolusongs, un EP composé de reprises, permet au groupe de concilier un apport de genres nouveaux (le hip-hop notamment, avec une reprise de Public Enemy) et un thrash metal classique, marquant ainsi le retour progressif au genre des première années[46]. Roorback, en 2003, semble poursuivre ce retour vers les premières compositions du groupe, avec des sonorités bien plus proches du thrash metal que les quatre précédents albums : le chant gagne en pugnacité et sert le ton protestataire des chansons[19].

Dante XXI (2006) et A-Lex (2009), les deux albums suivants, ne témoignent guère d'une évolution musicale : ces deux albums-concepts présentent un thrash metal classique, puissant, violent[47], notamment grâce au chant énergique de Derrick Green[33].

Mais c'est avec Kairos, sorti en 2011, que les ambitions du groupe de revenir au thrash metal de la fin des années 1980 se font plus claires : Andreas Kisser admet que le disque présente des aspects proches du thrash metal « old school », notamment au regard de l'enregistrement, réalisé à la manière d'un live, avec les seuls instruments[14]. Selon le site Allmusic[48], cette tentative de retrouver la puissance et l'agressivité du style des premières années est infructueuse. Si le groupe y serait techniquement parvenu, grâce notamment aux solos d'Andreas Kisser, il semble selon certains s'auto-parodier dans des titres tels que Relentless ou Seethe, qui ressemblent pour beaucoup aux chansons de l'album Roots[48].

Enfin, comme pour signifier la volonté de Sepultura d'être à nouveau considéré comme un groupe de thrash metal, le chanteur Derrick Green porte fréquemment un t-shirt du magazine de skateboard Thrasher, comme lors du concert donné à la Foire aux vins d'Alsace en août 2011[49]. Par ailleurs, sur le site officiel du groupe, les membres se qualifient de « thrashers »[50], et c'est ainsi que le chanteur Derrick Green qualifie le son du dernier album[24].

En plus de vingt-cinq ans d'existence, la musique de Sepultura a été qualifiée de death metal[51],[52],[53],[54], thrash metal[53],[54],[55], groove metal[56],[57], metal alternatif[58], black metal[59], doom metal[60] et speed metal[61]. Certains ont pu déclarer que le groupe a posé les bases de deux genres de metal : le metalcore et le nu metal[62]. Toutefois, Andreas Kisser réfute l'existence de différents courants au sein de la musique heavy metal[14].

[modifier] Thèmes abordés

[modifier] Les thèmes récurrents du death metal et du thrash metal

Sepultura, de son premier EP Bestial Devastation à son dernier album Kairos, n'a cessé d'utiliser ces thèmes dans les textes de ses chansons. Abordant principalement les domaines de la mort, de l'occultisme, du paranormal, de la guerre, de la violence et de la destruction, les chansons du groupe s'inscrivent dans les genres du death et du thrash metal, ayant pour but de susciter la peur.

Sans grande originalité, les membres du groupe ont suivi l'exemple des grands groupes de death metal américains et européens[63]. Les thèmes de la mort, avec des titres tels que Necromancer, Funeral Rites ou R.I.P : Rest In Pain[7], ainsi que celui de la guerre, avec des titres comme War, Troops of Doom ou Warriors of Death[38], sont les deux plus fréquents dans leur œuvre, parfois employés avec mauvais goût, comme dans leurs deux premiers albums[13]. Certaines chansons comportent aussi des accents blasphématoires, comme Crucifixion, voire anti-religieux, comme Antichrist[63]. Le groupe s'est ainsi attiré le mépris d'une partie de la société brésilienne, majoritairement catholique et émergeant à peine de vingt ans de dictature militaire.

Durant les années suivantes, à mesure que le groupe évolue vers le metalcore, certains thèmes de prédilection demeurent, comme la guerre (Come Back Alive évoque l'âpreté des combats armés), mais d'autres apparaissent, comme la violence. Beaucoup de titres abordent en effet le thème de la violence physique ou de la haine, et la plupart portent un titre éloquent : Cut-Throat, Choke ou encore Murder. Toutefois, le groupe, loin d'en faire l'apologie, compose également des chansons la dénonçant, telles que Manifest, sur le massacre de Carandiru au Brésil.

[modifier] Les thèmes politiques

Max Cavalera en concert avec son nouveau groupe, Cavalera Conspiracy, aux Eurockéennes de Belfort en 2008.

Sepultura aborde également des thèmes politiques, notamment à partir de son évolution vers le metalcore, un genre issu de la musique punk, très politisée et revendicative. Dans les premiers albums, des chansons comme Anticop ou C.I.U : Criminals In Uniform témoignent d'un rejet de la hiérarchie établi et d'un fort sentiment anti-forces de l'ordre. Mais c'est véritablement à partir de Chaos A.D. que les textes du groupe se font plus sociaux et dénonciateurs, notamment concernant le Brésil[8]. Conscient du danger que cela entraîne, Max Cavalera déclare en 1991 que « Sepultura fait ouvrir les yeux aux gens, grâce aux paroles de ses chansons, mais il faut passer à la télévision pour qu'ils réfléchissent à ce que vous disez. Mais c'est toujours dangereux de faire cela au Brésil, parce que si les gens n'aiment pas ce que vous racontez, ils vous tueront[13] ». Dans la chanson Murder, sur l'album Arise, il brosse un portrait de la société brésilienne, entre violence, racisme, répression policière et l'inhumanité des conditions de détention des prisonniers[13]. En 1993, une journaliste écrit ainsi que ses membres « aiment à s'en prendre aux institutions religieuses et au caractère répressif des gouvernements[1] ».

L'engagement politique du groupe culmine dans les albums Nation et Roorback. Ces deux disques se veulent résolument engagés, abordant des sujets tels que la corruption ou la lutte politique (dans Politricks, par exemple[45]), et prônant le pacifisme et non-violence ; dans le livret de Nation figurent des citations de Mère Teresa, Albert Einstein, Gandhi et du Dalaï-Lama (« La paix sur terre dépend de la paix dans le cœur des hommes »)[45]. Dans une interview, Derrick Green déclare que « chaque chanson abordera le thème de la construction de cette nation. Nous aurons notre propre drapeau, notre propre hymne[45]. » Dans Bullet the Blue Sky, une reprise de U2 figurant sur l'album Roorback, Sepultura emploie à profit les textes engagés de Bono[19].

Les trois derniers albums font montre de moins d'engagement, deux étant des projets-concepts autour de la Divine Comédie et de l'Orange mécanique. On notera que malgré le fait que les membres de Sepultura soient alors tous lusophones, les paroles des chansons ont toujours été écrites en anglais[8].

[modifier] Les reprises

Sepultura privilégie les compositions originales, au début de son existence. Toutefois, à partir de l'album Arise[40], le groupe effectue parfois des reprises et réalise même un EP qui en est entièrement composé : Revolusongs. Il produit ainsi de nouvelles versions de chansons des groupes qui a influencé les membres du groupe : Orgasmatron de Motörhead[40], Piranha d'Exodus[19], ou encore Screaming for Vengeance de Judas Priest[47].

Par ailleurs, Sepultura reprend des titres de groupes de rock ou de heavy metal contemporains : The Hunt de New Model Army[41], Bullet the Blue Sky de U2 et Messiah de Hellhammer. Enfin, le groupe effectue des incursions dans d'autres genres musicaux en reprenant les titres de groupes de hip-hop, comme Black Steel in the Hour of Chaos de Public Enemy, ou de musique électronique, avec Angel de Massive Attack.

[modifier] Critique

[modifier] Une première décennie pleine de succès

Les deux premiers disques de Sepultura, Bestial Devastation et Morbid Visions, n'ont pas été chroniqués par la presse critique musicale en raison de leur diffusion limitée. Ces derniers sont toutefois épinglé par la critique après leur ressortie : sont dénoncés la banalité des riffs, le manque d'originalité des textes et le caractère involontairement comique de la voix du chanteur[63]. Schizophrenia, en 1987, s'attire les éloges de la presse spécialisée brésilienne et est aujourd'hui considéré comme l'album dans lequel Sepultura a forgé son style thrash metal, avec un son épais et grave, et un chant particulièrement rauque[63].

C'est cependant avec Beneath the Remains que le groupe connaît son premier véritable succès critique. Sorti en 1989, il est d'emblée considéré comme un classique parmi les amateurs de thrash metal, à l'instar de Reign in Blood de Slayer[9], pourtant la référence du genre. Le magazine anglais de heavy metal Terrorizer l'inclut dans son top 20 des meilleurs albums de thrash metal de tous les temps[64], ainsi que dans son top 40 des meilleurs albums de death metal[65]. Le site Allmusic lui attribue la note de 4,5 sur 5 et déclare que « l'absence totale de notes destinées à meubler en fait l'un des albums de death/thrash metal les plus essentiels de tous les temps[11] ».

Paulo Jr., bassiste de Sepultura, seul membre actuel présent dans le groupe depuis sa création, en 1984.

Arise (1991) est fréquemment considéré l'album phare de Sepultura, le groupe atteignant son apogée tant au niveau technique qu'en composition[2]. Malgré la censure du clip du titre Dead Embryonic Cells, le disque est un grand succès critique et public : il atteint la 119e place au Billboard[66] et se vend à plus d'un million d'exemplaires[10], une performance rare pour un album de heavy metal. MTV affirme alors que Sepultura est le groupe de heavy metal brésilien ayant eu le plus de succès au monde, et a déclaré qu'il s'agit « peut-être du groupe de heavy metal le plus influent des années 1990[62] ». Cet album, ainsi que le précédent, dépassent une moyenne de 90% de critiques positives sur l'Encyclopaedia Metallum, et sont les mieux notés du groupe[67],[68].

Le succès critique ne faiblit pas avec l'album suivant, Chaos A.D.. Le site Allmusic lui attribue la note de 4,5 sur 5 et déclare « qu'il s'agit à n'en point douter de l'un des meilleurs albums de heavy metal de tous les temps[41] ». En 1993, année de la sortie du disque, le magazine Rolling Stone déclare quant à lui que « Sepultura est le leader incontesté du nu-metal[10] ». Roots, en 1996, clôt une longue série de succès critiques : Allmusic lui attribue à nouveau la note de 4,5 sur 5 et déclare qu'« avec Roots, Sepultura consolide son statut de groupe de heavy metal peut-être le plus original des années 1990[42] ». L'album fait en effet figure d'objet inclassable[8], en même temps qu'il témoigne de l'apogée créatif du groupe[8],[63].

[modifier] 1996 à aujourd'hui : un succès critique mitigé

Les albums suivants du groupe, réalisés après le départ de Max Cavalera et avec le nouveau chanteur Derrick Green, connaissent un succès critique mitigé, car beaucoup déplorent l'évolution de Sepultura vers un groove metal teinté d'influences triblales[69],[70]. Les sites et magazines musicaux reconnaissent certes le talent vocal et l'énergie de Derrick Green, mais remarquent cependant que le groupe a perdu son élément-moteur[44],[69]. Les disques Against, Nation et Roorback reçoivent donc des critiques en demi-teinte, prenant acte de l'évolution du groupe vers le metalcore et déplorant fréquemment l'absence de ligne directrice dans la production des albums, notamment dans Against[44]. Certains, à l'image du site Allmusic, déclarent toutefois « qu'il y a suffisamment de réminiscences du talent de l'ancien Sepultura pour augurer de grandes choses à l'avenir[44] ».

La critique se fait plus élogieuse avec les deux-albums concepts Dante XXI et A-Lex : le site Allmusic déclare que « malgré tout, Dante XXI est largement le plus puissant album de Sepultura - avec Derrick Green au chant[47] » et que « les changements de musiciens au sein d'un groupe peuvent avoir des effets très négatifs, mais Sepultura a su maintenir sa vitalité durant toutes ces années - une vitalité particulièrement sensible dans le superbe A-Lex[33] ». Certains considèrent même que l'album A-Lex est le meilleur réalisé depuis Roots[14], notamment grâce aux performances d'Andreas Kisser et de Jean Dolabella[71].

Cependant, le dernier album en date, Kairos, ne fait pas l'unanimité parmi les critiques : le disque est qualifié d'auto-parodie, en raison d'imitations grossières de Roots, et mélange thrash, groove metal et metal industriel sans grand succès[48]. Pour d'autres, il constituerait un retour aux sources réussi[72] : les ambiances pesantes et le chant guttural et répétitif font renouer le groupe avec leur musique sombre des débuts, alors proche de celle de grands groupes comme Pantera[73], et le chant de Derrick Green s'éloignerait avec bonheur du metalcore auquel il est couramment associé[69].

[modifier] Composition du groupe

[modifier] Membres actuels

[modifier] Anciens membres

[modifier] Historique de la composition du groupe

[modifier] Discographie

Article détaillé : Discographie de Sepultura.

La discographie de Sepultura comporte douze albums studio, deux albums live, trois compilations, quatre EP, cinq vidéos, treize singles et quinze clips, qui se sont écoulés à plus de 3 millions d'exemplaires aux USA et 20 millions d'exemplaires dans le monde.

[modifier] Album EP

[modifier] Albums studio

[modifier] Albums compilations

[modifier] Albums live

[modifier] Bibliographie

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  • (en) Colmatti, Andréa (1997). Sepultura: Igor Cavalera. Modern Drummer Brasil, 6, 18-26, 28-30.
  • (en) Hinchliffe, James. Beneath the Remains. Article intitulé: Death Metal|The DM Top 40 dans Terrorizer no 151 (décembre 2006), page 54.
  • (pt) Lemos, Anamaria (1993). Caos Desencanado. Bizz no 98, pages 40-45.
  • (en) Schwarz, Paul (2005). Morbid Visions. Article intitulé: The First Wave dans Terrorizer no 128, page 42.
  • (en) Arnar Thoroddsen, 1001 Albums You Must Hear Before You Die, 2006 (ISBN 0-7893-1371-5) 

[modifier] Références

  • (pt) André Barcinski et Silvio Gomes, Sepultura : Toda a História, Sao Paulo, 1999 (ISBN 85-7326-156-0)  :
  • Autres références :
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  69. a, b et c Vanarkh, « Sepultura : Kairos » sur rocknballs.com. Consulté le 30 janvier 2012
  70. Marc Lenglet, « Sepultura : Roots, Des racines et des ailes » sur pop-rock.com, 18 septembre 2008. Consulté le 30 janvier 2012
  71. Corvus, « Sepultura : A-Lex » sur rocknballs.com. Consulté le 30 janvier 2012
  72. Sébastien Desbarres, « Sepultura - Kairos » sur obskuremag.net, 14 juillet 2011. Consulté le 30 janvier 2012
  73. Mister-S, « Kairos » sur verdamnis.com, juin 2011. Consulté le 30 janvier 2012


[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

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