Sephora

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Sephora

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Logotype de Sephora

Création 1973
Personnages clés Jacques Lévy (†)[1],
Dominique Mandonnaud
Forme juridique Société anonyme
Siège social Drapeau de France Boulogne-Billancourt (France)
Direction Christopher de Lapuente (2011)[2]
Société mère LVMH
Effectif 25 000 (2012)
dont 4 500 en France (2012)[3]
Site web www.sephora.fr
Chiffre d’affaires en augmentation 2,8 milliard d'euros (estimation 2010, pour le monde)[4]
dont un milliard d'euros (2011, pour la France)
Une boutique Sephora dans le magasin la Samaritaine à Paris

Sephora, dont les origines remontent à 1973, est une chaîne de magasins de vente de parfums et de produits cosmétiques, ayant connu un fort développement à partir de l'année 1993, et appartenant au groupe LVMH depuis 1997. Rapidement après ce rachat, Sephora a une politique d'expansion importante par l'ouverture de points de vente partout dans le monde. Ce réseau de distribution, composant du pôle « Distribution sélective » de LVMH, rejoint ainsi des marques prestigieuses de parfums comme Guerlain, Parfums Givenchy, ou Parfums Christian Dior au sein du groupe.

Historique de la chaîne[modifier | modifier le code]

Le groupe Nouvelles Galeries ouvre le premier magasin Sephora à Paris, en 1973[5]. Ce magasin sera racheté par le groupe britannique BOOTS, qui ouvre 38 magasins en France. En 1993, les 38 emplacements Sephora sont rachetés par Dominique Mandonnaud, créateur du concept actuel. Il abandonne son enseigne SHOP 8 au profit de Sephora et implante son concept dans la totalité des parfumeries sous l'enseigne Sephora[6].

Dominique Mandonnaud avait ouvert sa première parfumerie en libre accès, à Limoges en 1969 et développé le concept durant les années qui suivirent[7].

En 1997, Sephora est achetée par LVMH[6] pour l'équivalent de 244 millions d'euros[8],[9]. Dans les années qui suivent, sous l'impulsion des deux présidents-directeurs généraux Pierre Letzelter, puis Jacques Lévy en 2003, la société se lance dans une politique d'ouverture de magasins à l'étranger, notamment aux États-Unis à partir de 1999, puis à partir du milieu des années 2000, au Proche-Orient, aux Émirats arabes unis, en Europe de l'Est, et en Chine.

Cependant, cette internationalisation est difficile car elle n'a pas tenu compte des attentes de la clientèle des pays concernés. En 2002, alors que Sephora perd l'équivalent de 130 millions d'euros pour 800 millions d'euros de chiffres d'affaires, la vingtaine de boutiques ouvertes en Allemagne, au Japon et au Royaume-Uni sont fermées tout en conservant néanmoins les quatre-vingts magasins aux États-Unis[8].

Par ailleurs, sous l'impulsion de David Suliteanu, directeur Sephora aux États-Unis, la marque commercialise les produits de petits créateurs pour faire face au refus des grandes marques françaises d'être commercialisée chez Sephora[8]. En France et en Europe, les produits les plus populaires des Sephora américains sont importés par le président Jacques Lévy[8] : Sephora commercialise ainsi ces produits à titre exclusif, avec succès comme pour l'anti-rides StriVectin-SD. Ensuite, cette politique d'exclusivité est étendue à des produits précis des marques du groupe LVMH[n 1], comme par exemple Benefit.

Dans les années 2000, Sephora crée également une marque de distributeur à son nom et inaugure les « bar à beauté » qui sont ouverts pour offrir à la clientèle des soins de beauté sur place, suivi des « bars à ongles » et des « styling bars » pour la coiffure[3].

En juillet 2005, le site sephora.com (accessible aux États-Unis depuis 1999) est ouvert pour la France et devient dès début 2006, le magasin Sephora français le plus fréquenté de la chaîne.

Chiffres[modifier | modifier le code]

Le détail des comptes de Sephora n'est pas publié par le groupe LVMH[10] ; mais certaines années, des chiffres sont cités dans les médias :

En 2004, Sephora détient 21 % de parts de marché en France, puis 24 % avec 201 magasins nationaux en 2006 face au premier, Marionnaud, qui occupe alors 26 % des parts de ce marché[11],[12].

En 2006, le chiffre d'affaires en France est réalisé à environ 25 % par les produits de la marque Sephora et à 10 % par les marques distribuées en exclusivité (80 % du chiffre d'affaires aux États-Unis avec 138 points de vente)[8]. Des analystes financiers cités dans le mensuel Capital estiment le chiffre d'affaires de Sephora à environ 1,6 milliard d'euros pour 2006[8].

Fin 2009, la part de marché de Sephora, progressant de 9 %[13] sur un an avec 986 points de vente dans le monde, est de 25 %, dépassant l'enseigne Marionnaud[13], pour un chiffre d'affaires estimé à 2,5 milliards d'euros[14],[10].

En 2010, Sephora dépasse de nouveau Marionnaud puisque cette année-là, sa part de marché progresse de 7,7 % alors que son premier concurrent stagne[4], pour atteindre 27 % avec plusieurs centaines de points de vente[n 2],[15], et 1 070 dans le monde[16], et un chiffre d'affaires estimé de 2,8 milliards d'euros[4] ; la France représente environ un milliard d'euros de ce chiffre d'affaires mondial[3].

Principes de vente[modifier | modifier le code]

En 1969, Dominique Mandonnaud crée le plan de sa parfumerie en permettant une libre circulation des clients parmi les produits, leur permettant également de les essayer sans la présence obligée d'un membre du personnel.

Des services de soins sont également effectués en magasins sous le nom de « bars ».

Les magasins ont généralement des entrées largement ouvertes sur la rue. Certains se veulent gigantesques : 1 500 m2 pour le magasin de l'avenue des Champs-Élysées à Paris, de même pour le tout nouveau flag ship high-tech de Shanghai et jusqu'à 1 800 m2 pour le Sephora Triangle de Barcelone et le choix de produits est large avec plus de 1 500 références[6].

Entente sur les prix[modifier | modifier le code]

Le 13 mars 2006, Le Conseil de la concurrence, après 4 300 relevés de prix[17], inflige une amende de 45,4 millions d'euros au total à l'encontre de treize parfumeurs (dont Parfums Christian Dior et LVMH Fragance Brands, tous deux du groupe LVMH comme Sephora), et des trois plus importants distributeurs que sont Marionnaud, Nocibé, et Sephora pour « entente sur les prix »[n 3] entre 1997 et 2000, avec un préjudice envers les consommateurs estimé à 72 millions d'euros[18]. Sephora est condamné à une amende de 9,4 millions d'euros[17].

L'oréal et les autres marques contestent cette décision[19] et font appel. La cour d'appel annule la sanction du Conseil de la concurrence « pour longueur excessive de la procédure ».

La cour de cassation réexamine le dossier en 2010 suite à la relance du Ministère des Finances[20] ; en novembre 2010, celle ci annule l'arrêt de la cour d'appel de Paris, ce qui a pour effet de rendre de nouveau les amendes applicables[21], mais un second appel est de nouveau lancé par les marques.

En 2012, les seize marques du domaine du parfum ont été finalement condamnés pour « entente sur les prix » par la cour d'appel de Paris, la cour ayant confirmé la décision[22], datée de 2006, de l'Autorité de la Concurrence. C'était la troisième fois que cette cour examinait cette affaire[23].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ivan Letessier cite dans l'article de Capital un rouge à lèvres de Givenchy, exclusivement chez Sephora à partir de mars 2007.
  2. Les points de vente se divisent entre les magasins en propre et les corners dans les grands magasins ; les sources, se contredisant ou tout du moins assez incertaines en termes de précisions, indiquent entre 300 et 567 magasins nationaux en propre pour 2011-2012, et un millier de magasins en propre dans le monde pour 1 700 points de vente tout confondus sur la même période. Les ouvertures incessantes de nouveaux points de vente ne permettent pas dans tous les cas d'obtenir un chiffre précis et arrêté, mais Sephora est malgré tout leader en France, avec pourtant beaucoup moins de boutiques que Marionnaud.(Source partielle : Challenges, 25 octobre 2012)
  3. « entente sur les prix ou entente verticale : fixation d'un prix public indicatif des produits et taux de remise maximum, pour uniformiser les prix vers le haut, avec contrôle de ces prix »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Marion Deslandes, AFP, « Décès de Jacques Lévy, l'artisan du développement de Sephora », sur Fashion Daily News, Éditions Larivière,‎ 3 janvier 2012 (consulté le 24 mars 2012)
  2. « Christopher de Lapuente, nouveau patron de Sephora monde » LSA, 9 mars 2011
  3. a, b et c Soizic Briand, « Sephora multiplie les rendez-vous », Challenges, no 318,‎ 25 octobre 2012, p. 50 à 51 (ISSN 0751-4417)
  4. a, b et c « Sephora creuse l'écart dans la parfumerie sélective » LSA, 24 février 2011
  5. Dépôt de marque à l'INPI le 03/05/1973, LSA article du 28 05 2003
  6. a, b et c Maïté Turonnet, « La saga Sephora » L'Express Styles, 19 avril 2010
  7. Jean-Baptiste Duval, « Sephora, le pionnier de la beauté en libre-service » LSA, 17 juin 2010
  8. a, b, c, d, e et f Ivan Letessier, « Le lifting réussi de Sephora », article publié dans Capital, mars 2007, pages 34-36.
  9. « LVMH fait main basse sur Sephora » L'Usine nouvelle, 28 août 1997
  10. a et b « Sephora en bonne voie vers son objectif de marge » L'Expansion, 4 février 2010
  11. Stéphane Lauer, « Sephora impose sa différence dans l'univers des parfums et des cosmétiques », article paru dans Le Monde, 21-22 janvier 2007.
  12. « Sephora bientôt leader en France ? » LSA, 22 janvier 2007
  13. a et b « Les recettes de Sephora  » Le Point, 3 février 2010
  14. « Sephora passe devant Marionnaud » LSA, 11 février 2010
  15. « Cosmétique et parfumerie en franchise : un parc puissant qui reprend des couleurs » Les Échos, 11 juillet 2011
  16. « Sephora : Christopher de Lapuente est le nouveau patron monde » Fashion Daily News, 9 mars 2011
  17. a et b « Amendes parfumées » Le Point, 16 mars 2006
  18. « Des parfums à la note unique » L'Expansion, 1er février 2007
  19. « L`Oréal dément toute accusation pour entente » Challenges, 15 mars 2006
  20. « Amendes pas douces pour les parfumeurs » Libération, 30 janvier 2012
  21. « Les sanctions à nouveau applicables dans la parfumerie de luxe » L'Usine nouvelle, 23 novembre 2010
  22. « La cour d'appel confirme la condamnation pour entente dans la parfumerie » LSA, 27 janvier 2012
  23. « Treize grands noms du parfum condamnés pour entente » L'Expansion, 27 janvier 2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Linh Pham, « Sephora donne un coup de jeune à la beauté », article paru dans Le Figaro, 8 avril 2006. L'article propose un historique de la marque.
  • Stéphane Lauer, « Sephora impose sa différence dans l'univers des parfums et des cosmétiques », article paru dans Le Monde, 21-22 janvier 2007.
  • Ivan Letessier, « Le lifting réussi de Sephora », article publié dans Capital, mars 2007, pages 34–36.

Article connexe[modifier | modifier le code]

  • Benefit marque de maquillage appartenant également au groupe LVMH

Liens externes[modifier | modifier le code]

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