Seldjouk

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Seldjouk[1], Selçuk, Seljuk ou Saljuq est l'éponyme et fondateur des dynasties seldjoukides.

Biographie[modifier | modifier le code]

Seldjouk est un Turkmène d'une famille de militaires de la tribu des Oğuz (Oghouzes) Kinik[2]. Il est le fils de Duqâq qui se sépare avec son clan, du gros des tribus oghouzes et vient établir son campement sur la rive droite du Syr-Daria (Latin : Iaxartes, arabe : Sihoun). Seldjouk fait remonter ses origines au roi mythique Afrasiab par trente quatre générations[3]. Il a eu trois[4] (ou quatre fils[5]) : Isra`il, Mikha'îl, Mûsâ (et Yûnus[5]). Ces prénoms bibliques suggèrent que la tribu était en relation avec le judaïsme des Khazars ou avec des chrétiens nestoriens. Néanmoins, l'usage est de faire précéder leur nom par leur totem tribal Arslan (lion) [4].

En 985/86, la tribu est amenée à migrer, poussée par la pénurie de pâturages[6] par les Chinois ou par d'autres tribus[7]. Ils s'installent en Transoxiane vers Boukhara. C'est à cette période que la tribu se convertit à l'islam. Il n'est pas sûr que Seldjouk lui-même se soit converti[4]. Le sultan ghaznévide Mahmûd qui domine la région cherche à s'en faire des auxiliaires[6].

Arslan-Isra`îl est envoyé par Mahmûd, au Khorasan puis en campagne au Caucase. C'est de là que le petit-fils d'Arslan-Isra`îl se lancera à la conquête de l'Anatolie fondant le sultanat de Roum[4]. Arslan-Isra`îl rend visite à Mahmûd, le sultan prend ombrage de la puissance militaire que celui-ci prétend pouvoir mobiliser. Il fait prisonnier Isra`îl. Ce dernier meurt en prison sept ans après. Avant sa mort il a fait parvenir à ses frères un message les incitants à s'emparer du royaume[6].

Arslan-Mikha'îl et Arslan-Mûsâ restent au Kharezm. Les fils de Arslan-Mikha'îl, Tuğrul Beg (Tuğrul : faucon) et Çağri Beg (Çağri : épervier), deviennent les chefs de tribus et sont acceptés par les populations du Khorasan[6]. Ils franchissent l'Amou-Daria (Latin : Oxus, arabe : Djihoun). Ils occupent les deux grandes cités du Khorasan Merv et Nichapur (1028/29)[4].

En 1030, le ghaznévide Mahmûd décède et est remplacé par son fils Muhammed qui est démis en 1031 et remplacé par Mas`ûd.

La conversion à l'islam sunnite permet aux Seldjoukides d'être à l'abri d'attaques venant d'autres tribus islamisées au nom du jihad, et de pouvoir attaquer les Bouyides chiites comme hérétiques. Ils sont d'autant mieux reçus par les population qu'elles voient en eux des libérateurs[4].

Succession[modifier | modifier le code]

Seldjouk meurt aux environs de 1038.

Le ghaznévide Mas`ûd qui vient de remporter des victoires en Inde revient au Khorasan avec l'intention de reprendre la situation en main. Le 23 mai 1040, il subit une cuisante défaite en affrontant les deux fils de Mikha'îl à la bataille de Dandanakan[8] à 80km au sud-ouest de Merv. Tout le Khorasan tombe aux mains des Seldjoukides[4]. C'est Tuğrul Ier Bey, le fils aîné d'Arslan-Mikha'îl, qui va réellement créer l'empire seldjoukide en conquérant toute la Perse et l'Irak entre 1040 et 1060.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. turc :, Selçuk Bey
    persan / arabe : saljūq bak ben duqāq, سلجوق بك بن دقاق
  2. (en) Encyclopædia Britannica 2007 Ultimate Reference Suite, Encyclopædia Britannica,‎ 2008, Seljuq
  3. M. Defrémery, « 'Histoire des Seldjoukides », Journal Asiatique,‎ 1848, p. 421
  4. a, b, c, d, e, f et g Jean-Paul Roux, « Les Grands Seldjoukides », sur http://www.clio.fr, Clio,‎ 2002
  5. a et b (en) Charles Cawley, « West Asia & North Africa, Chapter 5. Iran and Iraq. Seljukid Sultanat », Foundation for Medieval Genealogy,‎ 2006-07
  6. a, b, c et d Hamd Allah Mustawfi Qazvini, « Histoire des seldjoukides et des Isma liens ou Assassins de l'Iran », Elibron Classics (ISBN 0543941620)
  7. Joseph Fr. Michaud, Louis Gabriel Michaud, « Biographie universelle, ancienne et moderne »,‎ 1826
  8. 37° 23′ 31″ N 61° 20′ 43″ E / 37.391933, 61.345353 () Coordonnées approximatives de l'emplacement de Dandanakan d'après (en) Dr T. Matthew Ciolek, « Old World Trade Routes (OWTRAD): Caravan routes from Dahistan to Merv and Urgench 900 CE-1300 CE. », Research School of Pacific and Asian Studies, Australian National University, Canberra ACT 0200, Australia,‎ 2007

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Seldjoukides et Sultanat de Roum.

Documentation externe[modifier | modifier le code]