Sel iodé

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le sel iodé est un sel de table mélangé avec une faible quantité de sel d'iode, de façon à diminuer les risques de déficiences en iode dans l'organisme, déficiences qui sont à l'origine de problèmes au niveau de la glande thyroïdienne. À travers le monde, deux milliards de personnes souffrent d'une carence en iode, qui est la première cause évitable de retard mental[1]. Une déficience en iode cause aussi des problèmes thyroïdiens, incluant un goitre endémique.

De très faibles quantités d'iode sont requises dans un régime alimentaire pour prévenir ces problèmes. Cependant, dans le monde, beaucoup d'endroits ne présentent que de faibles taux naturels en iode dans le sol, et les légumes ne peuvent alors pas s'en enrichir suffisamment. Et c'est pourquoi la législation de nombreux pays (dont la France) impose ou autorise[2] un ajout d'iode dans le sel commercial en compensation.

Le sel iodé n'est pas cher et est un moyen efficace de distribuer cet élément vital. D'autres pays, comme le Royaume-Uni, préfèrent enrichir en iode le lait plutôt que le sel.

La Food and Drug Administration recommande150 microgrammes d'iode par jour et par personne (21 CFR 101.9 (c)(8)(iv))). En revanche un excès d'iode dans l'organisme favorise le processus inflammatoire auto-immunitaire en cas de thyroïdite de Hashimoto

Chimie, biochimie et aspect nutritionnel[modifier | modifier le code]

Un tas de sel iodé.

Quatre composés inorganiques sont utilisés comme source d'iodure, selon le producteur : l'iodate de potassium (KIO3), l'iodure de potassium (KI), l'iodate de sodium (NaIO3) et l'iodure de sodium (NaI). N'importe lequel de ces composés fournit au corps ses besoins en iode pour la biosynthèse des hormones thyroxine (T4) et triiodothyronine (T3) par la thyroïde. On fournit aussi aux animaux un complément alimentaire en iode, le principal complément pour le bétail étant le dérivé d'iodure d'hydrogène de l'éthylènediamine[3].

Le sel alimentaire peut être iodé par pulvérisation d'une solution d'iodate de potassium. Une tonne de sel nécessite 60 ml d'iodate de potassium pour être iodée, soit un coût en 2006 d'environ 1,15 $[1]. Le sel est un moyen efficace de distribuer de l'iode à la population car il ne périme pas et il est consommé à des taux à peu près estimables[4].


Le sel iodé par de l'iodure perd lentement son iode par un processus d'oxydation : l'iodure de métal alcalin (sodium ou potassium), avec le temps et une exposition à un excès de dioxygène et de dioxyde de carbone s'oxyde lentement en carbonate de métal et en diiode qui ensuite s'évapore[5].

Le sel peut être aussi enrichi en iode et en fer[6]. Le fer est alors encapsulé avec de la tristéarine pour éviter qu'il réagisse avec l'iode dans le sel.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Donald G. Jr McNeil, « In Raising the World’s I.Q., the Secret’s in the Salt », New York Times,‎ 2006-12-16 (lire en ligne)
  2. http://www.salines.com/sel-savoir-faire/alimentation/sels-iodes-fluores/sel-iode/
  3. Phyllis A. Lyday "Iodine and Iodine Compounds" in Ullmann's Encyclopedia of Industrial Chemistry, Wiley-VCH, Weinheim, 2005. DOI:10.1002/14356007.a14_381
  4. (en) Cassandra Willyard, « Salt of the Earth: The public health community employs a mineral to fight infectious disease », Geotimes, American Geological Institute.,‎ June 2008 (consulté le 2008-12-14)
  5. Katarzyna Waszkowiak & Krystyna Szymandera-Buszka. Effect of storage conditions on potassium iodide stability in iodised table salt and collagen preparations, International Journal of Food Science & Technology. Volume 43 Issue 5, Pages 895 -899. (Published Online: 27 November 2007)
  6. Micronutrient Initiative. Double Fortified Salt. Webpage on the Internet. Accessed 16 July 2010. Available online: http://www.micronutrient.org/english/View.asp?x=584