Seigneur de guerre

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Un seigneur de la guerre ou seigneur de guerre exerce un contrôle de facto sur une partie d'un territoire national au moyen d'une force militaire qui lui est fidèle. Cette notion est clairement distincte du féodalisme européen.

Ce concept est principalement utilisé dans le cadre de l'histoire de la Chine, mais peut être utilisé dans d'autres contextes. Ainsi, dans le contexte contemporain, on désigne par seigneur de guerre des chefs militaires locaux qui profitent d'une période d'instabilité socio-politique de leur pays pour se soulever contre les autorités légales afin d'accaparer le pouvoir politique sur le territoire qu'ils contrôlent (par exemple en Afghanistan, en Somalie, en République démocratique du Congo, etc.).

En Asie[modifier | modifier le code]

En Chine[modifier | modifier le code]

Les seigneurs de la guerre (军阀 , jūnfá en mandarin) jouèrent un rôle important en Chine durant toutes les périodes où l'autorité centrale faiblit (Printemps et Automnes, Royaumes combattants, Seize Royaumes, etc.). Leur rôle fut particulièrement prépondérant durant la période des Trois royaumes et celle qui va de la chute de l'empire en 1911 à l'Expédition du Nord en 1927.

En effet, l'instabilité politique provoquée par la fin de la dynastie Qing (pouvoir central disputé par Sun Yat-sen et Yuan Shikai) favorisa la montée en puissance des seigneurs de la guerre, qui agitèrent des campagnes. À cette époque, ce terme regroupe différentes réalités : anciens officiers de l'armée des Qing auxquels se rallient des troupes impériales déserteuses ou de riches potentats locaux désireux d'étendre leur hégémonie sur une région entière et soutenus par la population locale. Contrairement aux époques précédentes, il s'agit alors généralement de roturiers (la noblesse avait à cette époque pratiquement disparu du fait du légisme). L'influence des seigneurs de la guerre ne disparut complètement qu'avec la victoire du Parti communiste chinois en 1949.

L'utilisation du terme n'eut un caractère officiel que pendant la période de la République de Chine (1912-1949). Auparavant, il n'était utilisé qu'en littérature pour désigner certains seigneurs de la période des Trois royaumes ou de la période Sengoku au Japon.

Durant la période des Trois royaumes (220-280)[modifier | modifier le code]

Sous la dynastie Jin (1115-1234)[modifier | modifier le code]

Sous la dynastie Qing (1644-1912)[modifier | modifier le code]

Sous la République de Chine (1912-1949)[modifier | modifier le code]

Dans les premières années de la République, le pouvoir est disputé par de nombreuses factions militaires, principalement dans le nord de la Chine, qui occupent alternativement le pouvoir à Pékin, les différents chefs de guerre pouvant être tour à tour le chef de l'état, de facto ou officiellement. Le pouvoir de Pékin, jusqu'en 1928, est désigné collectivement sous le nom de gouvernement de Beiyang, en référence à l'armée de Beiyang.

On peut notamment citer :

Dans le contexte politique chinois d'avant-guerre, il est possible de considérer, de manière très large, l'ensemble des chefs de faction armées chinoises comme des « seigneurs de la guerre », auquel cas cette définition peut s'étendre à tous les dirigeants chinois basant leur pouvoir sur une autorité militaire. On peut alors évoquer :

Au Japon[modifier | modifier le code]

Durant le XVIe siècle, avant la période Tokugawa (époque Sengoku), le Japon était tourmenté par des guerres entre des seigneurs de la guerre rivaux appelés daimyos. Chaque seigneur de la guerre avait un ou plusieurs châteaux, des terres et une armée privée de samouraïs.

En Europe[modifier | modifier le code]

Le phénomène des seigneurs de la guerre en Europe [...][Quoi ?] à des compagnies de mercenaires dont les chefs étaient souvent des puissants de facto dans leur zone de résidence. De telles situations sont arrivées lorsque le pouvoir central était déficient, comme durant le Grand Interrègne en Allemagne (1254-1278) ou durant la guerre de Cent Ans en France après la bataille de Poitiers en 1356. Des capitaines de mercenaires comme Sir John Hawkwood, Roger de Flor de Catalogne ou Hugh Calveley peuvent être considérés comme des seigneurs de la guerre.

Le commandant impérial en chef durant le règne de l'empereur Maximilien Ier avait le titre de Kriegsherr (seigneur de la guerre) mais ne l'était pas dans le sens propre du terme.

Dans le monde contemporain[modifier | modifier le code]

Des seigneurs de la guerre apparaissent dans des États dont le gouvernement central a perdu son autorité sur l'ensemble du territoire national. Par exemple en Somalie avec l'effondrement du pouvoir central, les seigneurs de la guerre représentent la seule forme d'autorité dans de nombreuses parties du pays. Il en va de même en Tchétchénie, en Birmanie, en Afghanistan, en Colombie, en Yougoslavie et dans la République démocratique du Congo.

Voir aussi[modifier | modifier le code]