Section européenne

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Les sections européennes ou de langues orientales sont un dispositif de l'Éducation nationale française. Créées en 1992[1], les sections européennes ou de langues orientales (SELO) ont pour objectif de répondre au besoin d'ouverture des collèges et lycées français sur l'Europe et le monde. Onze langues sont proposées dans le cadre des sections européennes ou de langues orientales : pour les sections européennes - allemand, anglais, espagnol, italien, néerlandais, portugais et russe tandis que l'arabe, le chinois, le japonais et le vietnamien sont enseignés dans les sections orientales. Elles connaissent un succès croissant : près de 230 000 élèves sont scolarisés dans plus de 4 500 sections (soit une croissance de 15 % en deux ans).

Les études[modifier | modifier le code]

La section européenne constitue un cursus de la quatrième à la terminale.

Au collège, l'enseignement comprend deux heures de langue hebdomadaires supplémentaires (renforcement linguistique), soit cinq heures au total ; ces heures ont notamment pour but de mettre l'accent sur la culture et l'histoire de l'Europe et du pays dont la langue est étudiée. Au lycée, la section peut être intégrée sans avoir suivi le cursus du collège (parfois à condition de passer un entretien permettant d'évaluer le niveau de maîtrise linguistique et la motivation de l'élève). Au lycée, l'accent est mis sur l'enseignement d'une DNL (discipline non linguistique) dispensée en langue étrangère. La plupart du temps, les lycées proposent l’histoire-géographie (à 80 %), mais des disciplines comme les SVT (sciences de la vie et de la Terre), les SES (sciences économiques et sociales), les mathématiques, l'EPS ou encore la physique-chimie[2] sont de plus en plus présentes. De même, les lycées professionnels ouvrent de nombreuses sections. Les horaires dédiés aux enseignements spécifiques à la section européenne peuvent varier d'un lycée à l'autre ; dans le cas le plus courant, la DNL se voit attribuer une à deux heures hebdomadaires.

L'enseignement en section européenne, collège et lycée, langue vivante et DNL, privilégie une approche communicative. L'objectif, pour les élèves, n'est pas le bilinguisme mais la construction progressive (sur un cursus de cinq ans) de compétences de communication, qui sous-tendent une aisance linguistique et culturelle (toute langue est le véhicule d'une -voire de plusieurs- culture) permettant la rencontre avec l'autre.

Le projet des sections européennes comprend d'ailleurs la mise en place de contacts directs entre les élèves français et leurs camarades d'autres pays européens. Au-delà des échanges permis par les nouvelles technologies de la communication, les professeurs impliqués dans la section (linguiste ou enseignant de la DNL) peuvent organiser un échange ou un voyage pédagogique à l'étranger. Au lycée, compte tenu des échéances liées au baccalauréat, de tels échanges concernent surtout les classes de seconde.

Enfin, il est à signaler que certains professeurs de classes européennes sont des enseignants fortement motivés et s'investissant énormément (travail intensif sur le long terme; préparations de voyages linguistiques et d'échanges culturels...), ce qui permet de tisser des liens privilégiés avec les élèves et d'assurer un taux de réussite remarquable (près de 100 % dans certains lycées) au Baccalauréat. Pour devenir enseignant en sections européennes, les enseignants de disciplines non linguistiques doivent passer une certification complémentaire[3], examen organisé à l'échelle académique.

Accéder en classe « européenne »[modifier | modifier le code]

L'intégration d'un élève en section européenne peut s'effectuer en collège (classe de 6e ou de 4e selon les établissements), ou en lycée (classe de seconde). Si en collège l'accès à ce type de classes est souvent libre, en lycée, il est rare que tous les élèves le souhaitant soient acceptés. La sélection s'effectue généralement sur dossier (comprenant les notes de troisième et les appréciations du professeur de la langue concernée). Il existe cependant d'autres méthodes : pour les sections « anglais » par exemple (les plus nombreuses), un devoir commun peut être organisé l'année précédente pour déterminer la motivation et le sérieux des candidats. Un élève peut enfin exceptionnellement rejoindre une classe européenne au cours de sa scolarité au début d'autres années que la quatrième ou la seconde, ceci étant laissé à l'appréciation des responsables de son établissement. Dans l'enseignement privé, l'absence de recours possible rend l'admissibilité en section européenne totalement tributaire des préférences des professeurs concernés.

Dans certains collèges, il existe un examen de passage pour la 4ème européenne constitué d'une part un examen approfondi du dossier scolaire et d'autre part d'un "concours d'entrée" écrit et oral.

Le bac[modifier | modifier le code]

L’épreuve du baccalauréat est la même en ce qui concerne la partie écrite (linguistique) mais il s’y ajoute une épreuve orale de DNL (discipline non linguistique) qui porte sur des thèmes spécifiques, en relation étroite avec le programme de première et de terminale. En histoire, par exemple, il s’agit de commenter un ensemble de documents (les thèmes abordés peuvent être : La société américaine face à la guerre du Viêt Nam, Le Royaume-Uni et la construction européenne...). En SVT, l'élève doit présenter un texte scientifique. En Mathématiques, l’élève doit, sur la base d’exercices, expliquer son raisonnement et sa démarche résolutive. L’épreuve d’une durée de 40 minutes (20 min de préparation + 20 min de prestation en langue étrangère) est évaluée par un professeur de langue et un professeur de DNL.

Pour obtenir la « mention européenne », il faut avoir au minimum 12/20 à l’épreuve de langue écrite et 10/20 à l’épreuve orale spécifique (l’oral représente 80 % de la note finale et les 20 % restants sont attribués par le professeur de DNL dans le cadre du contrôle continu)[4],[5].

Débouchés[modifier | modifier le code]

Les débouchés de la section européenne sont multiples :

  • Facilite l'accès aux universités étrangères notamment grâce à la reconnaissance du niveau de langue B1 obtenue dans le cadre de la certification en langues proposée notamment aux élèves des sections européennes.
  • C'est un atout de premier choix en vue des classes préparatoires aux grandes écoles ou encore des Instituts de Sciences politiques : les bacheliers ayant obtenu une mention européenne à leur diplôme sont ceux qui réussissent le mieux en classes préparatoires.
  • S'être sérieusement investi pendant quelques années dans le cursus d'une classe européenne, avec en moyenne quatre heures de langue/civilisation supplémentaires par rapport aux horaires officiels, se traduira souvent par un (très) bon niveau en langue vivante assorti d'un bon bagage culturel.

Les limites[modifier | modifier le code]

La section européenne présente toutefois certaines limites. Pour des raisons financières, de nombreux collèges ne disposent pas de classes européennes à part entière. Les élèves en question bénéficient simplement de plus d'heures en langues vivantes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mise en place de sections européennes dans les établissements du second degré - Circulaire no 92-234 du 19 août 1992 (rectifiée) : BOEN no 33 du 3 septembre 1992
  2. L'enseignement des sciences physiques et chimiques dans les sections européennes et de langues orientales (SELO) - Rapport IGEN, Philippe Bassinet et Gilbert Pietryk, novembre 2007
  3. Connaître le dispositif des SELO et les enjeux de l'EMILE - Émilangues
  4. Sections européennes ou de langues orientales - Éduscol, ministère de l’Éducation nationale
  5. Règlement d'examen et définition d'épreuve - Émilangues

Liens externes[modifier | modifier le code]

Documents, articles, rapports :