Secte

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Le mot secte a d'abord désigné soit un ensemble d'individus partageant une même doctrine philosophique, religieuse, etc., soit un groupe plus ou moins important de fidèles qui se sont détachés de l'enseignement officiel d'une Église et qui ont créé leur propre doctrine. Une secte peut aussi désigner une branche d'une religion, une école particulière. En ce sens, ce mot n'a rien de péjoratif.

D'un point de vue étymologique, le mot « secte » vient du latin secta, qui signifie « une voie que l'on suit, un parti, une cause, une doctrine »[1][2]. Ce terme est dérivé du verbe sequi, qui signifie « suivre » (la dérivation étymologique à partir du latin secare, qui signifie « couper », est erronée[3].)

Cependant, ce terme a pris une dimension polémique, et désigne de nos jours un groupe ou une organisation, le plus souvent à connotation religieuse, dont les croyances ou le comportement sont jugés obscurs ou malveillants par le reste de la société. Généralement, les responsables de ces groupes sont accusés d'une part de brimer les libertés individuelles au sein du groupe ou de manipuler mentalement leurs disciples, afin de s'approprier leurs biens et de les maintenir sous contrôle, et d'autre part d'être une menace pour l'ordre social.

Cette connotation négative de « secte » est récusée par la plupart des groupes visés, ainsi que par certains juristes et sociologues. Pour dénoncer des activités éventuellement néfastes de certains groupes, l'expression dérive sectaire est devenue récemment la formule officielle de certaines structures gouvernementales comme la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) en France.

Sectes historiques et hérésies[modifier | modifier le code]

Le mot secte en grec, équivalent de la secta latine, est hairesis (αἵρεσις: option, opinion, secte, parti). Une hérésie désignait d'abord le choix ou la préférence pour une doctrine, bien avant d'avoir la connotation péjorative que l'Église catholique lui connaît: celle de doctrine dissidente.

Certaines grandes religions actuelles furent, à l'origine, des sectes émanant de religions plus anciennes et déjà bien implantées. Ainsi, le christianisme s'est d'abord développé comme une secte au sein du judaïsme, dont il a repris une partie des enseignements. Néanmoins, ces religions ont acquis au fil du temps un grand nombre d'adeptes et une reconnaissance officielle importante.

Statue de Pline le Jeune

L'Antiquité ne donnait pas de connotation négative aux termes de secte ou hérésie, mais faisait par contre une distinction entre religion licite, ou pas. C'est en tant que religion illicite que les premiers chrétiens, lors des persécutions du IIe siècle, se virent être qualifiés par Pline le Jeune de « superstition déraisonnable et sans mesure »[4] et que Celse leur reprocha des dérives telles que de viser à « miner l'ordre social et former un État dans l'État », ou de nuire « à la santé publique en détournant les adeptes des médecins attitrés au profit des promesses illusoires de guérison »[5].

C'est dans le sens de sous-branche de religion que l'on peut parler de secte pour les groupements issus du bouddhisme, de l'hindouisme, du shintoïsme ou du taoïsme. Mais autant ces religions ont toujours été plus ou moins ouvertes à la dissidence, autant le christianisme, se voulant par nature universel, l'a longtemps combattue : dans les pays catholiques, toute dissidence, qualifiée d'hérésie, a donc toujours eu une connotation péjorative, et a été susceptible de répression.

Par la suite, par volonté d'établir un monopole religieux, l'association de ces doctrines au pouvoir politique (après Constantin Ier) va faire apparaître la notion d'orthodoxie.

Le protestantisme a longtemps été considéré comme une hérésie par l'Église catholique romaine et a entraîné une grande répression de ses membres à la Renaissance, qui déboucha sur de longues guerres en Europe (guerres civiles en France et Allemagne, guerre entre pays de religions différentes) et des massacres, notamment lors de la nuit qui marqua la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572 ou lors de la prise de Magdebourg. Quelques siècles plus tôt, les persécutions de l'Inquisition, tribunal d'exception de l'Église catholique, avaient été encore plus fortes contre ce qui était appelé l'hérésie cathare.

Dans son Dictionnaire philosophique, Voltaire classe comme sectaire toute croyance non acceptée universellement ou non prouvée de façon évidente[6].

Le mot secte peut avoir une connotation moins péjorative dans d'autres cultures: le mot sect en anglais, par exemple, est plutôt neutre, et le mot cult reprend notre définition du mot secte. Le mot culte en français, n'a aucune connotation péjorative. L'emploi de ces deux mots différents permet de lever une partie de l'ambiguïté du terme français. sect tend à correspondre à la définition étymologique (comme pour les sectes protestantes qui n'a alors guère de portée négative), alors que cult tend à correspondre à la définition sociologique du terme français secte (comme pour cargo cult ou cultes du cargo qui décrit péjorativement un groupe aux croyances farfelues et parfois dangereuses).

En dehors de la France et de la Belgique, le désir de catégoriser ce qu'est une secte est moins fort. Selon Arnaud Esquerre « La « secte » en tant qu’organisation totalitaire, à visée thérapeutique, spirituelle, philosophique ou religieuse, et au sein de laquelle les adeptes sont manipulés mentalement est une invention française et collective des années 1970 et 1980 »[7].

Typologie des sectes[modifier | modifier le code]

Dans cette typologie, le type Secte n'a de sens que par opposition au type Église, alternative dissidente de la religion qui prend sa place au milieu des institutions profanes.

Françoise Champion la résume ainsi[8]:

«  Selon [Weber et Troeltsch], on naît dans l'Église, qui est coextensive à la société, mais on entre dans une secte par conversion. Selon eux, également, l'Église accepte un compromis avec le monde, alors que la Secte le récuse. Enfin, dans l'Église, il y a deux catégories de personnes : clercs ou religieux d'un côté, laïcs de l'autre. Aux premiers, une morale exigeante; aux seconds, une morale plus accessible. Cette distinction clercs-laïcs ne se retrouve pas dans la Secte : tous les membres y sont, en principe, égaux et tous sont soumis à la même morale, exigeante. »

Pour certains sociologues, les Témoins de Jéhovah constituent une « secte protestante ».

Avec le temps la secte se banalise, commence à faire des concessions ou des compromis, et se rapproche finalement du type Église.

Selon Nathalie Luca[9],

«  L'exemple magistral en est la naissance du protestantisme. À la Réforme, un besoin de radicalité s'exprime, pour revenir au plus proche d'un christianisme authentique moins imprégné de la vie sociale. C'est une démarche volontaire et pleinement religieuse de chrétiens engagés. La secte - le mot n'a pas de connotation péjorative - est une force de rupture par rapport à l'Église dont elle est issue et qu'elle accuse de se compromettre avec le monde. La réforme a donné naissance à quantité de groupes radicaux, de « sectes ». Mais, à chaque époque, on retrouve ce besoin de radicalité: Baptistes, Témoins de Jéhovah, Pentecôtistes, Charismatiques, protestants et catholiques, etc. Et comme la radicalité est difficilement viable à long terme, peu à peu la secte se « routinise », perd de sa ferveur initiale, et devient une Église vouée à d'autres réactions sectaires et schismes ! »

La rupture entre la secte au sens péjoratif et la société est un point fondamental. Cette rupture est pratiquement toujours considérée comme un dommage, qui selon les points de vue, sera imputé aux membres de la secte, ou au contraire à la société. Qui dit dommage dit réparation, avec là encore des interprétations variables : prévention et juste punition pour les uns, persécution pour les autres. L'affaire peut dégénérer en conflit ouvert et guerre civile, comme cité plus haut pour le protestantisme.

Certains considèrent que cette définition, qui perdura jusqu'à la fin du XXe siècle, est aujourd'hui inadaptée au changement sémantique du mot secte. Les polémiques sur le sujet ne facilitent pas l'accord sur le sens du mot et donc sa définition. Dans ces conditions, la définition sociologique est encore considérée par certains intellectuels comme la meilleure.

Des sociologues de religion comme Sabrina Pastorelli[10] ou Danièle Hervieu-Léger ont travaillé sur ce thème. Dans son livre Approche de la sociologie religieuse[11], cette dernière, après une brève présentation de l’incapacité de la justice à offrir une définition convenable et un historique des politiques gouvernementales de lutte contre les « menaces » sectaires, résume la vision symbolique française du phénomène sectaire : celui-ci serait en fait identifié à une maladie qui attaquerait le corps social. Le rôle de l’État serait de détruire cette maladie et de venir en aide aux victimes. Hervieu-Léger note au passage le rôle des associations antisectes dans l’élaboration de cette vision, en particulier avec le « délit de manipulation mentale ».

Elle présente sous la forme d’un marché de biens symboliques un portrait de la religion (qu'elle définit comme une inscription dans une lignée croyante) et de la spiritualité (bricolage symbolique, au sens de Roger Bastide de manière individuelle).

Les sectes de nos jours[modifier | modifier le code]

Dans la seconde moitié du XXe siècle apparaissent de nouveaux mouvements (appelés nouveaux mouvements religieux par certains sociologues) qui ne correspondent plus à la typologie classique de Weber et Troeltsch. Comme causes possibles de leur émergence, on cite la baisse de fréquentation des religions traditionnelles, le désenchantement du monde[12], et l'effondrement d'idéologies comme le communisme, qui amènent à une perte de valeurs et de repères[13]. Par ailleurs, certains sociologues et théologiens estiment que le phénomène de mondialisation a permis l'apparition d'un véritable « supermarché du religieux »[14] où le choix des croyances est plus vaste.

Dans les années 1980, suite à des scandales qui ont alarmé l'opinion publique, tels que suicides collectifs, affaires politico-financières, polygamie, sorcellerie, ou exercice illégal de la médecine, le terme « secte », utilisé pour désigner certains de ces mouvements, a pris une forte connotation péjorative, devenant synonyme de groupe totalitaire et dangereux, ou en tous cas, de système aliénant et forçant ses adeptes à se placer en position de rupture avec la société et ses normes.

Récemment, certains de ces mouvements investissent le créneau du développement personnel et de la psychothérapie[15]. La Miviludes, dans son rapport de 2009[16] tire la sonnette d'alarme sur les psychothérapeutes sectaires et a contribué en France à la régulation de la profession en juillet 2010[17].

Tentatives de définition[modifier | modifier le code]

Le seul fait d'être en rupture avec les normes de la société ne suffit pas à définir une secte. Par exemple, certains mouvements politiques, sans être forcément dangereux, ont des visions politiques bien différentes de celles qui ont cours.

En France, fin 1993, la Commission nationale consultative des droits de l'Homme proposait cette définition : « Groupement se présentant ou non comme une religion, dont les pratiques constatées sont susceptibles de tomber sous le coup de la législation protectrice des droits des personnes ou du fonctionnement de l'État de droit ; comportement sectaire : refus des lois, en exerçant des voies de fait, en accomplissant des détournements, des abus de confiance, des infractions financières et fiscales, des mauvais traitements, de la non-assistance à personne en danger, des incitations à la haine raciale, des trafics de stupéfiants. »[18]

L'image et la fonction du gourou, expressions traditionnelles de la culture religieuse du sous-continent indien, ont pris un sens fortement péjoratif en Occident

L'expression « mouvement coercitif » avait, un temps, été utilisé comme une alternative au terme secte (voir le rapport parlementaire de 1995). Le rapport de 1999 de la MILS donnait la définition plus brève : « Association de structure totalitaire, déclarant ou non des objectifs religieux, dont le comportement porte atteinte aux droits de l'Homme et à l'équilibre social. »

En 2002, le juriste criminaliste Arnaud Palisson proposait dans sa thèse de doctorat une définition juridique de la « secte nocive » en se fondant sur des notions préexistantes et restrictives de droit pénal : « personne morale à but philosophique, spirituel ou religieux dont les organes ou les représentants commettent, pour son compte, des infractions pénales en tant qu’auteur ou complice. »[19]. La même année, la sociologue Nathalie Luca donnait cette définition « groupe (...) dont l'État ne veut pas se porter garant, estimant ses valeurs en contradiction avec les valeurs de la société »[20].

En 2008, les associations antisectes, les commissions parlementaires et les missions du gouvernement disent étudier le comportement d'un groupe vis-à-vis de ses membres plutôt que les préceptes du groupe (ce qui équivaudrait à une évaluation objective des actes plutôt que des croyances). Divers critères tels que la manipulation mentale des adeptes, l'organisation pyramidale et la centralisation du pouvoir aux mains d'une personne avec autorité charismatique, comme un gourou, ou d'un collège restreint de dirigeants, l'extorsion de fonds ou encore le fait que la doctrine se présente comme exclusive sont employés pour cette étude.

Ces critères ne font pas l'unanimité et ne s'appliquent pas dans leur totalité à tous les mouvements parfois considérés comme sectaires. En outre, ce ne sont pas les seuls critères permettant de qualifier une organisation de secte. De ce fait, les acteurs de la lutte anti-sectes ne sont parfois pas tous d'accord pour combattre certains groupes en particulier, comme l'Office culturel de Cluny, les mormons ou l'anthroposophie. Lors d'une commission parlementaire belge, Anne Morelli, historienne belge s'est inquiétée du risque que la relative nouveauté d'un groupement religieux ou sa petite taille le désigne automatiquement comme une secte[21].

Jean-François Mayer relève qu'il existe de nombreuses similitudes entre les accusations faites au début du XXe siècle contre des nouveaux mouvements religieux, comme l'Armée du salut, et les critiques actuelles contre les groupes qualifiés de sectaires.

Selon le professeur de théologie Harvey Cox, quatre mythes sont récurrents dans la mise à l'index de ces mouvements, le mot mythe ne signifiant pas ici que ces aspects ne puissent pas être présents dans un groupe, mais plutôt que ces thèmes reviennent invariablement, quand bien même ils n'existeraient pas dans ce groupe :

  • le mythe de la subversion: la secte représente une menace pour la société ;
  • le mythe sexuel: la secte se livre à des pratiques sexuelles perverties : pédophilie, orgies, polygamie, viols, ou abstinence totale ;
  • le mythe de la dissimulation: la secte est volontairement trompeuse ;
  • le mythe du mauvais œil: la secte a recruté ses adeptes par la manipulation mentale, car personne n'y aurait adhéré volontairement.

Ken Wilber[22] distingue les groupes problématiques voire destructeurs de ceux qui peuvent être clarificateurs voire bénéfiques, en utilisant comme critères :

  • Degré de maturité ;
  • Intégration dans la société ;
  • Le type de l'autorité dans le groupe.

Sectes et religions[modifier | modifier le code]

Perceptions du mot « secte »[modifier | modifier le code]

La plus grande partie des polémiques autour du terme secte ont leur source dans le fait que ce terme recouvre plusieurs définitions et opinions. On peut observer, suivant les personnes et groupes qui l’utilisent :

  • Le sens étymologique et sens premier : une branche, le plus souvent dissidente, d’une religion installée.
  • Le sens positif déclaré par les nouveaux mouvements religieux : groupe d'individus libres exerçant ensemble une activité dans un champ religieux ou spirituel (puisqu'il existe des champs spirituels non religieux, ces champs s'intéressant aux pouvoirs de l'esprit), comme d'autres s'associent dans un domaine artistique, avec son système de croyances ou sa philosophie originale, plus ou moins perfectionné et des adeptes, apparemment, non manipulés mentalement.
  • Le sens négatif « fort » : toute organisation, y compris les sociétés secrètes, ayant été condamnée pour préjudices envers ses adeptes, manipulés mentalement, ou ayant subi d'autres contraintes.
  • Le sens négatif « étendu » : toute organisation soupçonnée d’exercer une manipulation mentale sur ses adeptes afin de les exploiter.
Les « 7 mystiques », une ancienne société secrète aux États-Unis

Les deux sens à connotation négative ont été adoptés par les médias et ensuite par la population. Les militants antireligieux auront tendance à minimiser toute différence entre le terme secte et le terme religion (ou spiritualité) et emploieront parfois le sens négatif étendu. Les membres ou défenseurs des grandes religions auront, pour certains, tendance à adopter le sens négatif fort, afin de désigner par secte tous les mouvements qu’ils jugent dangereux (et seulement ceux-là) et, pour d'autres [réf. nécessaire], appliqueront de manière générale le sens de nouveau mouvement religieux, plus valorisant pour eux. Hors du cadre des religions, les défenseurs des libertés spirituelles ont choisi également de le limiter au sens négatif fort à partir de critères objectifs (jugements des tribunaux par exemple), afin d’éviter que la dénomination secte n'entraîne une méfiance injustifiée vis-à-vis de groupes religieux ou philosophiques qui ne pratiquent apparemment pas la manipulation mentale, pas plus, au demeurant, que dans n’importe quel groupement humain.

L'appellation de secte au sens négatif « étendu », est fondée sur la notion de manipulation mentale, difficile à identifier et, plus particulièrement, à distinguer de l’endoctrinement « religieux ».

Selon l'historienne belge Anne Morelli[23], les grandes religions présentent des caractéristiques qui peuvent laisser penser qu'elles ne diffèrent pas essentiellement des mouvements sectaires.

D'autres auteurs apportent un point de vue différent, en considérant que les « grandes religions » ne peuvent être assimilées aux sectes, en tout ou en partie, parce qu'elles sont reconnues, admises et intégrées à la société[24]. Toujours selon Anne Morelli, c'est le label décerné par le gouvernement du pays qui les héberge qui donnerait aux groupes religieux la qualification de secte ou non[25]. Par ailleurs, des communautés appartenant à des religions installées sont également considérées comme des « sectes » (au sens péjoratif du terme) par les mouvements antisectes, ainsi que par les médias comme la Communauté Saint Jean[26] chez les catholiques.

Dans le christianisme[modifier | modifier le code]

À l'origine, la chrétienté commença comme secte juive[27],[28]. Divers mouvements récents issus d'un Réveil religieux sont parfois considérés, du fait de leurs position radicales et de leur petit nombre d'adeptes, comme des sectes par les autres mouvements chrétiens et protestants.

Dans le bouddhisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Écoles du bouddhisme.

Le mot secte désignait autrefois, dans les études universitaires portant sur le bouddhisme, les différents groupes ou écoles qui suivaient les enseignements de Gautama Buddha et ne signifiait pas « secte » dans le sens qui lui est actuellement donné, mais plutôt « sangha » (en Sanskrit) qui veut dire une communauté de pratiquants. À tort ou a raison, un certain nombre de nouveaux mouvements religieux d'inspiration bouddhiste, regroupés au Japon sous le qualificatif de Shinshūkyō ont reçu le qualificatif de sectes dans le sens conventionnel qui lui est actuellement donné.

Dans l'hindouisme[modifier | modifier le code]

L'indologiste Axel Michaels écrit dans son livre sur l'hindouisme que dans un contexte indien, le mot « secte ne doit pas désigner une fraction de la communauté ou une exclusion, mais plutôt d'une tradition organisée, généralement établie par les fondateurs de l'ascèse. » Et, selon Michaels, « les sectes indiennes ne se concentrent pas sur l'hérésie, car l'absence d'un centre obligatoire le rend impossible, mais met plutôt l'accent sur les adhérents et les adeptes »[29]

Scandales autour des sectes et médiatisation[modifier | modifier le code]

Des affaires de suicides collectifs ou d'agressions sexuelles ont défrayé la chronique depuis 1978 entraînant une importante médiatisation du phénomène, provoquant de profondes inquiétudes.

Les maisons de la communauté de Jonestown, Guyana, lieu d'un suicide collectif qui a attiré l'attention mondiale sur la problématique des nouveaux mouvements religieux.

Ainsi des suicides collectifs ou des massacres, ont choqué l'opinion publique, d'autant plus qu'une partie des victimes étaient des enfants.

  • Le 18 novembre 1978, 914 adeptes du Temple du Peuple (People's Temple), dont 260 enfants, moururent par absorption volontaire de cyanure ou assassinés dans le temple de Jonestown au Guyana ; le Gourou, Jim Jones, fut retrouvé mort d'une blessure à la tête par arme à feu.
  • Le 19 septembre 1985, 60 adeptes de Datu Mangayanon se suicidèrent à Mindanao aux Philippines.
  • Le 1er septembre 1986, 7 adeptes de l'Église des Amis de la vérité se suicidèrent à Wokayama au Japon.
  • Le 28 août 1987, 32 adeptes de Park Soon Ja se suicidèrent à Séoul en Corée du Sud.
  • En 1993 72 adeptes davidiens périrent dans l'incendie de leur ferme lors du Siège de Waco au Texas alors que la police les assiégeait depuis plusieurs semaines.
  • À trois reprises de 1994 à 1997, des adeptes de l'Ordre du Temple solaire furent retrouvés morts, par suicide, ou assassinés : le 4 octobre 1994 53 adeptes, dont 16 enfants, dans deux villages de Suisse, Cheiry et Salvan ; le 23 décembre 1995, 16 adeptes parmi lesquels 3 enfants, retrouvés carbonisés dans le Vercors en France et le 24 mars 1997, 5 autres adeptes furent retrouvés morts au Québec ;
  • Le 26 mars 1997, 39 adeptes de la secte Heaven's gate (Porte du Paradis) se suicidèrent par ingestion de phénobarbital, dans une villa de Rancho Santa Fé, en Californie.
  • Le 18 mars 2000 : À Kanungu, En Ouganda, près de 500 adeptes de la secte apocalyptique de Joseph Kibwetere, le « mouvement pour la restauration des Dix Commandements de Dieu », s'immolèrent ou furent brûlés vifs dans leur église ; un charnier de près de 500 personnes fut découvert ensuite dans les environs.

D'autres affaires ont également marqué l'opinion :

  • 1995 : le chef spirituel des Chevaliers du Lotus d'or, Gilbert Bourdin, fut mis en examen suite à des accusations de « viols et agressions sexuelles » sur une ex-adepte ;
  • 20 mars 1995 : l'attentat au gaz sarin perpétré par des membres de Aum Shinrikyo dans le métro de Tôkyô fit 12 morts et plus de 5 000 blessés ;
  • 17 mars 2000, l’ex-médecin Ryke Geerd Hamer, déjà condamné deux fois en Allemagne et une fois en Autriche, a été condamné pour « exercice illégal de la médecine en France, complicité de non-assistance à personne en danger, complicité d'exercice illégal de la médecine, escroquerie » à la peine de dix huit mois d'emprisonnement dont neuf mois avec sursis simple, en application des articles 406 et suivants et 485 du Code de Procédure Pénale Français, de l'article L 372 du Code de la Santé Publique. Il a été également condamné à des amendes en dédommagement aux familles de ses victimes. Deux membres d’une association, dirigées par l’ex-médecin ont été condamnées pour exercice illégal de la médecine, non-assistance à personne en danger et à dédommager les familles de leurs victimes. Elles poussaient les malades du cancer à abandonner leur traitement et à envoyer des dons.
  • 26 décembre 2002 : la société Clonaid prétendit avoir abouti à la naissance du premier bébé cloné, une fille nommée Ève, créée par le Mouvement raëlien toujours en activité au Québec ; ce clonage n'a depuis jamais été confirmé par des preuves sérieuses ;

La forte médiatisation du « phénomène sectaire » a pu conduire l'opinion publique à amalgamer entre elles des organisations aux aspirations pourtant très différentes. Ainsi, par le même terme générique de « secte », on a désigné autant des groupes criminels, dangereux, pédophiles, polygames, et totalitaires que des nouveaux groupements religieux, ésotériques ou simplement excentriques, en décalage avec la société, qui n'ont jamais été coupables de tels crimes.
Si cette médiatisation a eu pour effet de mettre en lumière des abus au sein de certains groupements, elle a parfois été très préjudiciable à des personnes ou des organisations[30].
Les défenseurs des mouvements dits sectaires mettent en avant le fait que certaines personnes, suite à la découverte de leur appartenance à des groupements considérés comme sectaires, ont été licenciées, se sont vu refuser la garde d'un enfant[31] ou ont subi la rupture de leurs contrats commerciaux.

Lutte contre les sectes[modifier | modifier le code]

Ce qui est communément appelé « les sectes » pose un épineux problème d'ordre public, en même temps qu'il pose le problème des libertés. En effet, évaluer l'influence et la dangerosité sectaire est difficile, à cause de leur caractère hermétique.

Un débat oppose depuis longtemps ceux qui pensent que, face aux mouvements considérés comme sectaires et dangereux, l'autorité se doit d'intervenir pour protéger les citoyens et, de l'autre côté, ceux qui estiment que l'État n'a pas le droit d'enfreindre les libertés de religion et d'association des citoyens. C'est l'opinion qu'exprime le sociologue canadien Daniel G. Hill :

« La société qui apprécie ses libertés doit accepter de ne pas pouvoir toujours protéger ceux qui renoncent volontairement à leur indépendance, consacrent leur biens à des causes vaines ou s'engagent dans des pratiques qui leur sont nuisibles. Là où les questions de foi et d'association sont en cause, l'individu qui est vraiment libre n'est pas seulement libre de jouir de ses choix mais aussi d'en souffrir. »[32].

Selon Mme Danièle Hervieu-Léger, si l'on présuppose que l’État doive intervenir pour « réguler » les comportements religieux, il est nécessaire de connaître le nouveau contexte religieux contemporain (pluriel, individuel, etc.) afin d’« assurer la protection des personnes et protéger le droit à la radicalité religieuse ». Elle évoque l'aberration conceptuelle qui fait croire qu'un individu choisissant d'entrer dans une secte n'exercerait en fait aucune volonté autonome.

Les États sont donc contraints d'osciller entre la tolérance applicable à toutes formes de religion et d'adhésion à un dogme, et la protection des individus et de la société.

En fonction de leur propre définition du terme secte et des organisations classées comme sectes dans leur pays, certains gouvernements ont mis en place des procédés de lutte contre certaines pratiques et certaines organisations.

En Europe[modifier | modifier le code]

En Europe, les gouvernements français, belges et allemands ont réuni des commissions de travail qui ont déterminé de manière différente l'opportunité de publier des listes non exhaustives de sectes.

En France[modifier | modifier le code]

Le 18 décembre 1974, les statuts de l'Association pour la défense des valeurs familiales et de l'individu (qui deviendra ADFI) ont été déposés par Claire et Guy Champollion[33]. En janvier 1975, Ouest-France a été le premier média au monde à utiliser l'expression « la secte Moon »[34]

Dans ce contexte, la France s'est engagée dans une lutte dont l'objectif fut d'abord de « lutter contre les sectes » puis « de réprimer les dérives sectaires ». La France est un pays laïc dont l'État doit respecter tous les cultes et n'en reconnaître aucun, ces mouvements sont donc licites et seuls leurs délits sont répréhensibles.

Plusieurs commissions parlementaires, en France, se sont penchées sur la question des sectes

Plusieurs commissions d'enquêtes ont été initiées depuis le début des années 1980 à l'Assemblée nationale afin d'enquêter de manière plus approfondie sur le phénomène sectaire. Le gouvernement s'est également doté d'un nouvel organisme interministériel appelé « MILS » quand il était question de « lutte contre les sectes » puis « MIVILUDES » pour « réprimer les dérives sectaires ».

La commission parlementaire no 2468, présidée par Alain Gest[35] a publié en 1995 une liste de 173 mouvements jugés sectaires, et proposé des modifications de législation qui ont mené au vote de la loi About-Picard en 2001. La liste de sectes, très controversée, a été officiellement abandonnée par la circulaire du 27 mai 2005 relative à la lutte contre les dérives sectaires[36].

En février 2009, des tensions existeraient cependant au sein du gouvernement autour d'un projet d'une nouvelle liste[37].

En 2001, la loi About-Picard a renforcé la législation sur la notion d'abus de faiblesse[38] et a déterminé les cas où une organisation convaincue de dérives sectaires peut être dissoute. Elle accorde aux associations antisectes reconnues d'utilité publique le droit de se porter partie civile dans les procès.

La France est un des pays les plus engagés dans cette lutte en Europe, et à l'origine de positions controversées qui lui valent quelques critiques, y compris de la part de l’Assemblée parlementaire européenne[39] et du Congrès américain[40].

Article détaillé : Lutte antisectes en France.
Les sectes chez les enfants[modifier | modifier le code]

La fragilité des enfants et la possibilité qu'ils soient les cibles de groupes jugés sectaires sont à l'origine d'une commission parlementaire en 2006 dédiée à « L’influence des mouvements à caractère sectaire et conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs ». Les secteurs d’activité qui font régulièrement l’objet de plaintes de parents extérieurs sont : les milieux sportifs, le monde associatif, les activités périscolaires, de vacances et de loisirs[41],[42]. Selon la MIVILUDES, soixante mille à quatre-vingt mille enfants vivraient dans un contexte sectaire.

Les critères de dérive sectaire[modifier | modifier le code]

En France, certains auteurs[43], les associations antisectes[44] et la MIVILUDES ont établi des critères de dérives sectaires. La MIVILUDES, tout en reconnaissant la difficulté d'« appréhender la notion de dérive sectaire », en propose huit[45] :

  • la déstabilisation mentale ;
  • le caractère exorbitant des exigences financières ;
  • la rupture avec l’environnement d’origine ;
  • l’existence d’atteintes à l’intégrité physique ;
  • l’embrigadement des enfants, le discours antisocial, les troubles à l’ordre public ;
  • l’importance des démêlés judiciaires ;
  • l’éventuel détournement des circuits économiques traditionnels ;
  • les tentatives d’infiltration des pouvoirs publics.

Mais de telles listes de critères ne font pas l'unanimité. Certains auteurs mettent en avant que « limiter le concept de dérives sectaires à un champ confessionnel (…) pourrait renforcer certains risques de stigmatisation »[46] ou que « la présence d’un seul critère, bien qu’elle constitue par elle-même un signe négatif, ne suffit pas à diagnostiquer une dangerosité quelconque »[47], que les critères sont vagues et pourraient s'appliquer à n'importe quel groupe organisé[48] ou encore que ces critères manquent de « validité scientifique »[49] ; par ailleurs le Président de la MIVILUDES lui-même a reconnu sur Radio Vatican en 2010 et sur iTélé en novembre 2011 : « nous n’avons pas de définition, ni d’une secte, ni d’une dérive sectaire »[50].

Finalement, deux incriminations nouvelles ont été créées par la loi About-Picard du 12 juin 2001[51],[52] :

  • La limitation auprès de la jeunesse de la promotion des personnes morales qui pratiqueraient une sujétion psychologique ou physique lorsque cette personne morale ou ses dirigeants ont déjà fait l'objet de condamnations pénales pour certaines infractions (atteinte à la vie, violences, mise en péril de mineurs, exercice illégal de la médecine, fraudes, publicité mensongère...), la violation de cette interdiction est punie d'une amende (article 19 de la loi) ;
  • L'extension de l'abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de faiblesse aux cas où des techniques de « pressions psychologiques réitérées » abolissent le discernement du membre de la secte au point de commettre des actes qui lui sont « gravement préjudiciables »[53].

En Belgique[modifier | modifier le code]

En Belgique, la publication d'un rapport similaire en 1997[54] a provoqué une violente controverse au Parlement, qui a renoncé à définir une liste de sectes, et a valu à l'État belge une condamnation par la Cour d'appel de Bruxelles le 28 juin 2005, arrêt toutefois mis à néant par la Cour de cassation le 1er juin 2006[55]. Dans les conclusions de ce rapport figure la recommandation de créer un « observatoire des sectes ». Il existe depuis 1998 sous le nom de Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles[56]. La Cour Constitutionnelle de Belgique a confirmé la constitutionnalité de ce dispositif par un arrêt no 31 du 21 mars 2000. Un avis du Centre a été poursuivi en responsabilité civile pour imprudence en 2006. Condamné en première instance, le Centre a obtenu gain de cause en appel et a vu la prudence de son avis reconnue par la Cour d'appel de Bruxelles dans un arrêt du 12 avril 2011.

En Suisse[modifier | modifier le code]

En Suisse, le Conseil Fédéral se garde de tout amalgame entre des groupes « sans lien entre eux » et se prévaut que « la liberté de conscience et de croyance ainsi que le droit d'association sont des droits ancrés dans la Constitution fédérale ». Ainsi mises à part les actions pénales, l'État suisse n'intervient pas directement contre les sectes, terme qui n'a pas de définition légale[57]. Le Conseil fédéral a estimé en 2000 que la législation en vigueur était suffisante, mais que des études sur ces mouvements seraient nécessaires. Les compétences religieuses se situant au niveau de chaque canton, certains d'entre eux ont créé en 2002 un « Centre d'information sur les croyances » pour répondre au besoin d'information sur les mouvements qualifiés de secte[58].

En Chine[modifier | modifier le code]

Le gouvernement chinois réprime certains mouvements dénoncés comme « sectes hérétiques » (xiejiao), dont le plus connu est le Falun Gong[59]. Ce mouvement a été perçu par les autorités chinoises comme une menace contre la suprématie politique du parti communiste chinois. Les autorités chinoises affirment que le Falun Gong a répliqué sous l'impulsion de son fondateur, Li Hongzhi, aujourd'hui réfugié aux États-Unis, par des manifestations d'opposition massives et pacifiques de désobéissance civile. Les autorités chinoises expliquent que le Falun Gong ferait courir des risques graves à la santé de ses adeptes et qu'il inciterait même ses membres à se suicider en s'immolant par le feu.

En France, la Miviludes (mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires) ne considère pas le Falun Gong comme une secte. Selon elle, aucun organisme comparable, ni aucun État ne considère Falun Gong comme une secte mais des personnalités de la lutte anti-sectes américaines, comme Rick Ross[60] et Margaret Singer le considèrent cependant ainsi[61],[62].

Le site de l'UNADFI, principale association anti-secte française, précise qu'aucune plainte n'a jusqu'ici été enregistrée, mais critique néanmoins les manifestations du mouvement contre le gouvernement chinois[63].

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Point de vue des sociologues[modifier | modifier le code]

Pour les sociologues, les notions de secte, d'église et de nouveaux mouvements religieux sont difficiles à démêler dans la mesure où les différents acteurs sociaux appelés à définir ou à utiliser ces expressions ne sont pas d'accord entre eux. L'emploi de ces trois termes est extrêmement controversé. Selon Nathalie Luca[64], chargée de recherche à l'École des hautes études en sciences sociales, « il est bien clair que la définition de secte est extrêmement discriminante. Elle est donc inutilisable tant que le dysfonctionnement du groupe n'a pas été prouvé, c'est-à-dire tant qu'un drame n'est pas survenu. Elle ne peut pas être utilisée de façon préventive, mais seulement pour comprendre les dérives d'un groupe après qu'il aura mal tourné ».

Correspondance des mots en langues européennes[modifier | modifier le code]

Dans les langues européennes autres que la langue anglaise les mots correspondants pour 'sect' tels que « secte » (français), secta (Espagnol), seita (Portugais), sekta (Polonais), sekt (Suédois), Sekte en néerlandais, Sekte (Allemand) ou szekta (Hongrois), sont parfois utilisés pour se référer à une secte religieuse ou politique nuisible, tandis que les anglophones l'utilisent de la même façon que le mot « Culte ». En France, depuis les années 1970, « secte » a un sens particulier très différent du mot anglais[65].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres ou articles adoptant une position neutre
  • Gérald Bronner, Vie et mort des croyances collectives, Paris, coll. « Société et Pensées », Hermann, 2006
  • Jean-Pierre Chantin, Des sectes dans la France contemporaine. 1905-2000. Contestations ou innovations religieuses ?, Éditeur Privat, 2004.
  • Françoise Champion et Martine Cohen (sous la direction de), Sectes et démocratie, Éditions Seuil, 1999.
  • Régis Dericquebourg, Les mouvements religieux minoritaires : aspects et problèmes, Sarreguemines, Association d'étude et d'information sur les mouvements religieux, 1992.
  • Arnaud Esquerre, "Lutter contre les sectes : l’invention d’un psycho-pouvoir", revue Le Banquet, no 24, février 2007, p. 199–212.
  • Arnaud Esquerre, La manipulation mentale : Sociologie des sectes en France Fayard, 2009.
  • Danielle Hervieu-Léger, La religion en miettes ou la question des sectes, Paris, Calmann-Lévy, 2001.
  • Daniel Hourès, Les Sectes, Éditions Service International de Presse, 2001.
  • Janet L. Jacobs, Divine disenchantment: deconverting from new religions, Bloomington, Indiana University Press, 1989.
  • John Lofland et NormanSkonovd, "Conversion Motifs", Journal for the Scientific Study of Religion, vol. 20, no 4, 1981, p. 373-385.
  • Nathalie Luca, Individus et pouvoirs face aux sectes, Paris, Armand Colin, 2008.
  • Nathalie Luca et Frédéric Lenoir, Sectes, mensonges et idéaux, Éditions Bayard, 1998.
  • Étienne Ollion, "La secte sécularisée : étude d'un processus de requalification conceptuelle", Genèses, vol. 1, no 78, 2010, p. 25-47.
  • Vassilis Saroglou, L.-L. Christians, C. Buxant, S. Casalfiore, Mouvements religieux contestés. Psychologie, droit et politiques de précaution, Bruxelles, Gand, Politique scientifique fédérale, Academia Press, 2005.
  • Romy Sauvayre, "Contradictions factuelles, doutes et rupture des croyances défiant le sens commun : une dynamique contre-intuitive", in B. Guy (dir.), Ateliers sur la contradiction. Nouvelle force de développement en science et société, Paris, Presses de l'École des Mines, 2010, p. 303–312. [6]
  • Romy Sauvayre, Croire à l'incroyable. Anciens et nouveaux adeptes, Paris, PUF, 2012.
  • Romy Sauvayre, "La croyance à l'épreuve : une dialectique émotionnelle et cognitive", in J. Aden, T. Grimshaw et H. Penz (dir.), Enseigner les langues-cultures à l'ère de la complexité : Approches interdisciplinaires pour un monde en reliance, Bruxelles, P.I.E. Peter Lang, 2010, p. 121–134. [7]
  • Séminaire Sectes et laïcité 2003-2004 Actes disponibles au téléchargement
  • Jean-Paul Willaime, Les « sectes » et le droit en France, Paris, PUF, 1999

Pour une approche juridique :

  • Cyrille Duvert, Sectes et droit, PUAM, 2004, 470 p.
  • Nicolas Guillet, Liberté de religion et mouvements à caractère sectaire, LGDJ, coll. "Bibliothèque de droit public", 2003, 672 p.
  • Nicolas Guillet (dir.), Les difficultés de la lutte contre les dérives sectaires, Actes du colloque du Groupe d'études sur les sectes de Saint-Priest, L'Harmattan, coll. "Religion et sciences humaines", 2007, 222 p.
Livres favorables aux mouvements spirituels minoritaires
  • Dick Anthony et Massimo Introvigne, Le lavage de cerveau: Mythe ou réalité?, Éditions L'Harmattan, 2006.
  • Christian Cotten, Mafia ou Démocratie, Louise Courteau Éditrice, 2003.
  • Erick Dietrich et Stéphanie Griguer, Il est interdit d’interdire, Censure et Répression, Éditeur Jacques-Marie Laffon, 2005.
  • Alain Garay, L'activisme anti-sectes de l'assistance à l'amalgame, Éditions Edwin Mellen Press, 1999.
  • Laurent Hincker, Sectes, rumeurs et tribunaux, la république menacée par la chasse aux sorcières ?, Éditions La nuée bleue, 2003.
  • Massimo Introvigne (dir.), Pour en finir avec les sectes, CESNUR diGiovanni, 1996.
  • Joël Labruyère, L'État inquisiteur, Éditions des trois monts, 1999.
  • Joël Labruyère, La sectophobie, éditions des 3 Monts, 2001 (Témoignage de la chasse aux sorcières en France à l'aube du XXIe siècle).
  • Bernard Lempert, Le retour de l'intolérance, Sectarisme et chasse aux sorcières, Éditions Bayard, 2002.
  • Anne Morelli, Lettre ouverte à la secte des adversaires des sectes, Labor, Bruxelles, 1997, EPO, Berchem-Anvers, 1997.
  • Christian Paturel, La pensée unique face aux spiritualités - Le choc des mondes, Éditions L'Harmattan, Paris, 2007.
  • Serge Toussaint, Secte sur ordonnance - Les Rose-Croix témoignent, par le grand maître de l'AMORC, livre sur les dérives sectaires en France, préfacé par Jeanine Tavernier, ex-présidente de l'UNADFI[66].
Livres posant la problématique du danger des sectes
  • Jean-Marie Abgrall, Les charlatans de la santé. Payot 10/1998.
  • Jean-Marie Abgrall, Les sectes de l'Apocalypse, gourous de l'an 2000. Calmann-Levy 1999.
  • Jean-Marie Abgrall, La mécanique des sectes-Manipulations mentales et pratiques coercitives, Payot & Rivages, 1996. ISBN 2-228-89505-9
  • Thierry Baffoy, Antoine Delestre et Jean-Paul Sauzet, Les Naufragés de l'Esprit - Des sectes dans l'Église catholique, Seuil, Paris, 1996.
  • Richard Bessière, Sectes et sociétés secrètes, reconnaître, se défendre et combattre. Édition Chiron, 2001.
  • Dominique Biton, Sectes, gourous, etc.-Éviter aux ados de se laisser piéger. Albin Michel, 2003.
  • M. Colinon, Faux prophètes et sectes d'aujourd'hui, Plon, 1953, coll. Présences.
  • Antoine Delestre et Clara Levy, Penser les totalitarismes, Paris, Éditions de l'Aube, 2010.
  • A. Drogou, Le dico des sectes, CCMM, Milan, 1998, coll. Les essentiels.
  • Anne Fournier Mécanismes de l'emprise sectaire 2006 téléchargeable sur le site de l'UNADFI.
  • Anne Fournier et Michel Monroy, "La dérive sectaire", Paris, PUF, 1999.
  • Roger Gonnet, La Secte - Secte armée pour la guerre - Chroniques d'une « religion » commerciale à irresponsabilité illimitée, Alban, 1998.
  • Steven Hassan, Protégez-vous contre les sectes, Monaco, Ed. du Rocher, 1985.
  • Tobie Nathan et Jean-Luc Swertvaegher, Sortir d'une secte. Les Empêcheurs de penser en rond, 2003.
  • Arnaud Palisson, Grande enquête sur la Scientologie, une secte hors la loi. Favre, 2003.
  • Paul Ranc, Une secte dangereuse : La Scientologie. Édition Contrastes, 1993.
  • Vivien Perrec, Témoins de Jehovah. Analyse psychosociale, Paris, L'Harmattan, 2012.
  • Margaret T. Singer, Cults in Our Midst: The Continuing Fight Against Their Hidden Menace, Sans Francisco, Jossey-Bass, 2003.
  • Les sectes : état d'urgence, CCMM, Albin Michel, 1995. ISBN 2-226-07711-1
  • Rapport d'A. Gest au nom de la commission parlementaire d'enquête sur les sectes, La documentation française, 1996.
  • Enguerrand Laferrière, Le Testament - Les dieux, nos diables. Éditions du Net, ISBN 978-2-312-00997-1

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Rapports d'enquête officiels

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pascal Boulhol, « Secta : de la ligne de conduite au groupe hétérodoxe », Revue de l'histoire des religions, no 219-1, 2002, p.6.
  2. http://www.cnrtl.fr/definition/secte
  3. Pascal Boulhol, art. cit., p.6, note 2.
  4. Correspondance de Pline le Jeune et de Trajan sur les chrétiens de Bithynie - Cité dans L'Empire romain et le christianisme, Claude Lepelley, Questions d'histoire/Flammarion page 29 et 90
  5. Cité par Nathalie Luca, Les sectes, Que sais-je page 14
  6. Voltaire, « Secte - Dictionnaire philosophique », Voltaire - Œuvres complètes en ligne, sur http://www.voltaire-integral.com,‎ 1770 (consulté le 2008-02-23)
  7. Arnaud Esquerre La manipulation mentale – Sociologie des sectes en France, Éditions Fayard, 2009 p. 53
  8. « « Sectes », entre guillemets », Actualité des religions, no 6, juin 1999, p. 40
  9. « Sectes : Savoir de quoi on parle », Réforme, no 2797, 19-25 novembre 1998, p. 8
  10. Logique instituante et logique instituée dans le rapport entre « religion » et « sectes »
  11. Approche de la sociologie religieuse, Danièle Hervieu-Léger
  12. Marcel Gauchet, Le désenchantement du monde, Gallimard, 1985
  13. Théorie soutenue par exemple par N.Luca ou Jean Vernette dans l'introduction du Dictionnaire des groupes religieux aujourd'hui
  14. Cette expression est employée par plusieurs auteurs comme Jean Vernette, ou Nathalie Luca et Frédéric Lenoir qui intitulent ainsi un chapitre de Sectes, mensonges et idéaux.
  15. Stratégie de secte : infiltrer l’entreprise par les organismes de développement personnel, UNADFI
  16. Miviludes, Rapport au Premier ministre, 2009
  17. Lutte contre les sectes : les acquis et projets de la Miviludes, 8 avril 2010
  18. Avis concernant le phénomène dit des sectes Commission nationale consultative des droits de l’homme - 10 décembre 1993
  19. Palisson, Arnaud, Le droit pénal et la progression spirituelle au sein des sectes : l'exemple de l'Église de scientologie, Université de Cergy-Pontoise, 2002, p. 18
  20. Sectes, Églises et nouveaux mouvements religieux
  21. « Par ailleurs, Mme Morelli estime que les critères appliqués par la commission d’enquête française présidée par M. Gest ne sont pas objectifs. En effet, certaines affirmations comme, par exemple, « les sectes sont d’apparition récente » ou « ce sont des mouvements religieux de petite taille », sont dénuées de pertinence ». Extrait de l’ enquête parlementaire (Belgique) visant à élaborer une politique en vue de lutter contre les pratiques illégales des sectes et le danger qu'elles représentent pour la société et pour les personnes, particulièrement les mineurs d'âge Rapport de MM. Duquesne et Willems
  22. Ken Wilber: « Légitimité, authenticité et autorité dans les nouvelles religions » dans Les trois yeux de la connaissance. Monaco: Rocher, 1987.
  23. Anne Morelli développe par exemple cet argument dans son ouvrage : Morelli, A. (1997). Lettre ouverte à la secte des adversaires des sectes, Bruxelles: Labor.
  24. Régis Dericquebourg, sociologue [1] « (Les religions) ont passé des compromis avec le monde, elles ont adouci leurs exigences vis-à-vis des fidèles, et leur emprise s'en est trouvée amoindrie. En revanche ce qui caractérise la secte, c'est son indifférence à l'égard de l'État, son animosité ou son hostilité à son endroit. Certaines sectes refusent le vote, on rend « à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu », autrement dit on ne se mêle pas des affaires de l'État. Ce n'est pas le cas des églises qui sont engagées dans le monde, et qui pour certaines ont passé des compromis avec l'État. »
  25. Interview d'Anne Morelli sur un site Belge
  26. communiqué Avref unadfi 2004 la sur Communauté Saint Jean, et Article lors le décès du Père Dominique sur le site du CCMM
  27. Institute for Christian and Jewish Studies
  28. Online Journal of Christian Theology and Philosophy
  29. Alex Michaels Hinduism past and Present (2004), Princeton University Press, ISBN 0-691-08952-3, translated from German Der Hinduismus (1998), page 319.
  30. Nucléaire : un scientologue muté loin des réacteurs, par exemple.
  31. Mils 2001 p 106
  32. Cité par J.F. Mayer, dans Sectes nouvelles, un regard neuf, Cerf, Paris, 1985
  33. Prévensectes
  34. Historique de la lutte antisectes dans le monde
  35. http://www.assemblee-nationale.fr/rap-enq/r2468.asp
  36. http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000809117&categorieLien=id
  37. Dans Le Parisien
  38. La création d'un délit de manipulation mentale initialement prévu, a été rejetée
  39. L'Assemblée parlementaire européenne a demandé en 2002 au Gouvernement français de revoir la loi About-Picard. Voir la Résolution 1309 (2002) Liberté de religion et minorités religieuses en France sur le site du Conseil de l'Europe
  40. [2] Extrait d'une lettre du 28 octobre 2011 du Congrès américain envoyé au Premier ministre F. Fillon : « Nous sommes inquiets du fait qu’il n’y ait aucune chance de réelle justice pour ces mouvements (mouvements religieux minoritaires, ndt) et ceci apparaît comme une intervention directe du pouvoir exécutif pour influencer et diriger les décisions des magistrats dans les affaires délictuelles » et demandent de ne plus financer les associations comme la Fecris « attaquant et diffamant des individus et des communautés sur la base de leurs croyances et de leurs pratiques, souvent en coordination avec la Miviludes ». »
  41. [3]
  42. [4]
  43. Jean Decey, L'ami et l'ennemi au cœur du cerveau, Cerveau et psycho, Pour la Science no 10, pp. 46-47
  44. UNADFI, « Indices et critères pour reconnaître une secte », sur unadfi.com (consulté en 6 février 2011)
  45. MIVILUDES, « Les critères de la dérive sectaire », sur miviludes.gouv.fr (consulté en 6 février 2011)
  46. Vassilis Saroglou, Louis-Léon Christians, Coralie Buxant, Stefania Casalfiore, Mouvements religieux contestés: psychologie, droit et politiques de précaution, Academia Press,‎ 2003 (résumé), p. 130
  47. Benjamin Mine, « La notion de « dérive sectaire » : quelle(s) implication(s) pour la régulation du « phénomène sectaire » ? », sur champpenal.revues.org (consulté en 6 février 2011)
  48. Bruno Étienne, La France face aux sectes, page 224
  49. Le manque de validité scientifique des critères de définition d'une secte et les risques d'amalgame - Thierry Brugvin, La Croix, 2 octobre 1996 [RTF]
  50. Lettre ouverte au président de la Licra - Thierry Bécourt, 29 novembre 2011
  51. Les articles 19 et 20 créent deux nouveaux délits. Voir J.O n° 135 du 13 juin 2001 page 9337 - MIVILUDES (voir archive) [PDF]
  52. La loi n° 2001-504 du 12 juin 2001 tendant à renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales, dite loi About-Picard - MIVILUDES, avril 2004 (voir archive) [PDF]
  53. Article 223-15-2 du code pénal Art. 223-15-2. : « Est puni de trois ans d'emprisonnement et de 2 500 000 FRF d'amende l'abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de la situation de faiblesse soit d'un mineur, soit d'une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente et connue de son auteur, soit d'une personne en état de sujétion psychologique ou physique résultant de l'exercice de pressions graves ou réitérées ou de techniques propres à altérer son jugement, pour conduire ce mineur ou cette personne à un acte ou à une abstention qui lui sont gravement préjudiciables. Lorsque l'infraction est commise par le dirigeant de fait ou de droit d'un groupement qui poursuit des activités ayant pour but ou pour effet de créer, de maintenir ou d'exploiter la sujétion psychologique ou physique des personnes qui participent à ces activités, les peines sont portées à cinq ans d'emprisonnement et à 5 000 000 FRF d'amende. »
  54. Enquête parlementaire 1ere partie & 2e partie sur le site du parlement belge.
  55. Sectarisme parlementaire La Libre Belgique 28/10/2005
  56. Le site du CIAOSN
  57. http://www.parlament.ch/afs/data/f/gesch/1998/f_gesch_19983136.htm
  58. Suisse: un bilan de l'expérience du Centre d'information sur les croyances - Entretien avec Nathalie Narbel - Religioscope 28 Sep 2004.
  59. Rapport Amnesty international 2007
  60. Rick Ross, [5] Cult News
  61. (en) Don Lattin, Falun Gong Derided as Authoritarian Sect by Anti-Cult Experts in Seattle, San Francisco Chronicle, April 29, 2000.
  62. (en) An Interview with Dr. Margaret Thaler Singer, Chinese Embassy in the USA.
  63. Le Falungong, l'ennemi à abattre sur le site UNADFI
  64. Sectes, Églises et nouveaux mouvements religieux, Nathalie Luca, chargée de recherche à l'École des hautes études en sciences sociales, L'enseignement du fait religieux les 5,6 et 7 novembre 2002, Direction générale de l'Enseignement scolaire - Publié le 20 juin 2003 © Ministère de l'Éducation nationale
  65. Esquerre Arnaud, « Lutter contre les sectes : l’invention d’un psycho-pouvoir », Le Banquet, no 24, feb. 2007, p. 199-212.
  66. Téléchargeable sur internet