Secondigliano

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40° 54′ N 14° 16′ E / 40.9, 14.267

Secondigliano (en napolitain : Sicundigliano) est une ancienne commune italienne devenue un quartier populaire de la ville de Naples, en Campanie.

Le nom vient des mots italiens secondo (second, deuxième) et miglio. Bâti entre les années 1970 et les années 1980, situé au nord de la capitale campanienne, ce quartier défavorisé est peuplé d'environ 55 000 habitants, pour la plupart des familles vivant dans des conditions très précaires.

Dans cette zone, qui ressemble fortement au quartier voisin de Scampia, la camorra y est fortement implantée et règne en maître, recrutant de nombreux adolescents et jeunes adultes[1] prêts à tout pour améliorer leur quotidien mais qui sont souvent les premières victimes lors des guerres de clans ou faides. En effet, à Secondigliano, où le taux de chômage dépasse largement la moyenne nationale et où le travail au noir est très élevé, le trafic de drogue occupe une place importante; une activité illicite très lucrative : le clan de Paolo Di Lauro, puissant patron de la camorra qui contrôlait divers zones de Naples dont Secondigliano jusqu'au milieu des années 2000, empochait environ 500 000 par jour[2] rien qu'avec le trafic et la vente de stupéfiants. Une simple sentinelle (sentinella), chargée de surveiller les accès aux places de vente de drogue (piazza di droga) peut toucher jusqu'à 1 500 € par mois, tandis qu'un dealer (pusher) peut encaisser jusqu'à 2 000 € par mois. Le responsable d'une place de vente de drogue (capopiazza), peut espérer gagner entre 7 000 et 10 000 €. Un tueur (killer) est quant à lui payé autour de 2 500 € par assassinat. Une somme dérisoire quand on sait qu'on risque d'être condamné à la prison à vie (ergastolo (it)), d'être à son tour assassiné au nom de la vengeance privée (vendetta), ou encore d'avoir un membre innocent de sa famille être assassiné au nom d'une vengeance indirecte (vendetta trasversale).

Entre 2004 et 2005, une scission dans le clan du mafieux Paolo Di Lauro (vivant à Secondigliano) provoqua dans le quartier une sanglante guerre de camorra nommée la « faide de Scampia », dite aussi « faide de Secondigliano », faisant une cinquantaine de morts en quelques mois et de nombreux blessés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 53 % des jeunes napolitains sont au chômage (Source : Radio France Internationale).
  2. Source : Radio France Internationale.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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