Sculpture classique

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Apollon du Belvédère, attribué à Léocharès, copie romaine datant de 130–140 av. J.-C. d'après un bronze grec original de 330–320 av. J.-C., musée Pio-Clementino (musées du Vatican)

Le terme de sculpture classique désigne une forme et un style sculpture correspondant à celle produite dans la Grèce antique, la Rome antique et les civilisations sous le contrôle ou l'influence hellénistique et romaine entre le V e s avant notre ère et la chute de Rome en 476. Cela désigne également des sculptures plus récentes réalisée selon un style classique, c'est-à-dire inspiré de l'Antiquité. La sculpture classique était d'ailleurs très populaire pendant la Renaissance.

Outre les statues sur pied, le terme regroupe également les sculptures en relief, comme les célèbres marbres d'Elgin du Parthénon, ainsi que les bas-reliefs. Alors que les œuvres sculpturales insistent sur la forme humaine, les reliefs sont généralement plutôt utilisés pour concevoir des scènes décoratives.

Grandes périodes classiques[modifier | modifier le code]

La sculpture classique recoupe plusieurs périodes historiques de l'Antiquité.

Période archaïque[modifier | modifier le code]

Cléobis et Biton

Dans la Grèce antique, la sculpture de la période archaïque est surtout marquée par le kouros (pluriel kouroï) qui est une statue représentant un jeune homme debout. Un bonne exemple est la sculpture de Cléobis et Biton datant d'environ 580 av. J.-C. et qui est actuellement au musée archéologique de Delphes.

Les sculpteurs grecs de cette période étaient au départ influencés dans leur style par les égyptiens. Les débuts de la sculpture grecque peuvent être considéré comme étant profondément égyptiens. Cependant, des différences notables sont assez rapidement apparues, en particulier concernant les sculptures masculines qui avaient tendance à être représentées nues alors que cela était manifestement exclu dans l'art égyptien, à l'exception toutefois des représentations de décapitation d'esclaves ou d'ennemis. En revanche, les sujets féminins étaient toujours représentés habillés dans les sculptures archaïques.

Durant cette période, les sculpteurs ne mettent pas encore l'accent sur l'anatomie de leur sujet (les os, la musculature, les articulations) comme cela sera le cas plus tard. Vestige de traditions plus anciennes, certains détails des sculptures semblent être « incisés » plutôt que parfaitement modelés. De même, les postures et mouvements des statues ne sont pas naturelles.

Toutefois, le style archaïque s'est peu à peu transformé en ce que l'on appelle le style classique, marquant une nette progression stylistique au fur et à mesure de l'amélioration des connaissances techniques et de la dextérité des sculpteurs.

Période classique[modifier | modifier le code]

La période classique voit des changements, tant dans le style que dans le rôle même de la sculpture. Les poses deviennent plus naturelles, comme on le voit sur œuvre comme l'Aurige de Delphes qui est un bon exemple de transition vers cette sculpture plus réaliste. Par ailleurs, les compétences techniques des sculpteurs grecs de cette époque évoluent également avec une représentation des formes humaines dans des postures plus variées.

À partir d'environ 500 av. J.-C., les statues commencent à dépeindre des personnages existants. Les statues des Tyrannoctones (Harmodius et Aristogeiton), installées à Athènes pour marquer le renversement de la tyrannie, sont réputées pour être les premiers monuments publics représentant des personnes réelles.

À partir du moment où les artistes grecs ont commencé à étudier le mouvement et l'anatomie humaine, ils ont découvert qu'il pouvait représenter le dynamisme corps humain en sculptant une statue dans laquelle l'une des deux jambes porte le poids du corps, l'autre étant laissée libre et légèrement fléchie, ce qui constitue le contrapposto. L'un des premiers exemples connus de contrapposto est le célèbre éphèbe de Critios, datant d'environ 480 av. J.-C. et actuellement exposé au musée de l'Acropole d'Athènes. Le contrapposto est rapidement devenu un élément clé de la sculpture grecque, trouvant son apogées dans le Doryphore du sculpteur Polyclète qui adopte un contrapposto extrêmement dynamique et sophistiqué.

La plupart des sculptures de cette période ont été créées en signe de gratitude envers les dieux pour leur avoir apporté la fortune mais aussi pour obtenir les faveurs des dieux. Les temples grecs étaient spécialement aménagés pour accueillir ces grandes statues. Les grecs estimait qu'en plaçant des sanctuaires autour des lieux saints ils s'accorderaient les grâces des dieux. Dans la mesure où les dieux grecs étaient pour la plupart des mythes fondés sur la vie de gens bien réels, les sculptures les représentant étaient très « humaines ».

Durant cette période, les sculpteurs ne réalisaient pas seulement des œuvres pour les temples, mais il effectuaient aussi des statues funéraires en hommage aux défunts. Ces sculptures représentaient généralement les personnes décédées dans des poses décontractées. Par ailleurs, des athlètes victorieux et de riches familles commandaient des statues d'eux-mêmes pour des temples dédiés aux dieux. Les portraits sont également devenus populaires et les bustes représentant des généraux, des philosophes et des dirigeants politiques firent leur apparition.

La grande qualité des sculptures grecs attira l'attention des italiens et eut une grande influence sur la sculpture étrusque et plus tard sur l'art romain. L'enthousiasme avec lequel Rome saluaient l'art grec s'est avéré important, non seulement en raison de la transmission du style classique grec, mais aussi parce que la plupart des œuvres grecques existantes ont survécu grâce aux copies en marbre que les romains firent des sculptures grecques en bronze.

Période hellénistique[modifier | modifier le code]

Article principal : Époque hellénistique.

La transition de la période classique à la période hellénistique s'est faite au cours du IVe siècle av. J.-C.. La sculpture est devenue de plus en plus réaliste et naturelle. Les gens ordinaires, les femmes, les enfants, les animaux et des scènes de la vie quotidienne sont devenus des sujets acceptables pour la sculpture et ce genre d'œuvres était généralement commandées par des familles aisées pour décorer et orner leur maisons et jardins.

Des portraits réalistes d'hommes et de femmes de tous âges étaient réalisés, et les sculpteurs ne se sentaient plus obligés de représenter la beauté idéale ou la perfection physique. La plupart des hommes grecs étaient sculptés debout, les hanches légèrement sur le côté, révélant ainsi leur musculature.

Période romaine[modifier | modifier le code]

Articles principaux : sculpture romaine et Portrait hellénistique.
Auguste de Prima Porta, statue de l'empereur Auguste, Ier siècle, musées du Vatican.

La sculpture romaine a débuté par la copie des œuvres grecques. Peu à peu, elle a évolué vers une forme de sculpture qui mettait beaucoup plus l'accent sur l'individu. Ainsi, il existe aujourd'hui encore de très nombreuses sculptures d'empereurs romains.

Même si elle s'inspire de la sculpture grecque, la sculpture romaine a ses particularités comme l'invention du buste, et la démocratisation du portrait. De plus, elle a su produire un métissage des styles dans les régions sous imperium qui avaient déjà leur manière propre, comme l'Égypte ou les provinces orientales

Influence[modifier | modifier le code]

La sculpture gréco-romaine a eu une profonde influence sur l'art occidental, notamment sur le réalisme artistique. En raison de la durabilité relative de la sculpture, elle a réussi à survivre et continuer d'influencer et de renseigner les artistes de diverses cultures et époques, de l'Europe à l'Asie, et aujourd'hui, du monde entier.

Alors que l'art classique tomba progressivement en disgrâce en Europe après la chute de l'Empire romain d'Occident, il a été redécouvert au début de la renaissance italienne au XIVe siècle, avec un impact décisif. L'un des sculpteurs les plus importants dans ce renouveau du classicisme était Donatello. Beaucoup d'autres sculpteurs tels que Michel-Ange ont aussi réalisés des tableaux qui peuvent être considérés comme classique. Le classicisme moderne contraste à bien des égards avec la sculpture classique du XIXe siècle marquée par le naturalisme (Antoine-Louis Barye), le mélodrame (François Rude), la sentimentalité (Jean-Baptiste Carpeaux) ou une sorte de grandeur majestueuse (Frederic Leighton). La tradition classique a pris plusieurs directions et orientations différentes à la fin du XIXe siècle mais, même pour les artistes modernes, la sculpture classique reste fondamentale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]