Sciences de l'information et de la communication

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir SIC.
Schéma simpliste de la transmission linéaire de l'information dans la communication (paradigme mécaniste)

Les sciences de l'information et de la communication (SIC) forment en France un champ de recherches universitaires créé au cours du XXe siècle, en écho aux Media Studies américaines ou la Publizistikwissenschaft allemande. Domaine scientifique pluridisciplinaire, les SIC empruntent largement aux sciences humaines sans ignorer pour autant les sciences de l'ingénieur : la cybernétique, les théories du signal, etc. ; les recherches sur la communication organisationnelle (institution, organisation, entreprise...) ; les sciences de l'information (documentation, bibliologie, bibliothéconomie…) ; les sciences de la communication (études des média, culture, société).

Historique des SIC[modifier | modifier le code]

Le champ de connaissance a émergé après la seconde guerre, sans que l'histoire des sciences de la communication et de l'information ne se confondent entièrement[1]. L'histoire des sciences de l'information s'enracine dans l'évolution des techniques documentaires et le développement de l'informatique.

Le versant communicationnel des SIC s'est constitué par la diffusion d'un discours utopique sur la communication (Norbert Wiener, Harold Innis, Marshall Mac Luhan[2]) ou critique (Herbert Schiller, Armand Mattelart), ainsi que par l'usage grandissant de techniques de sondage d'opinion (George Gallup, Jean Stoetzel).

En France, dans les années 1970, le projet scientifique concerne également la schématologie, la publicité et l'édition ; à partir des années 1990, il inclut de nombreuses recherches concernant les technologies de l'information et de la communication, l'Internet et les nouveaux médias, les communications organisationnelles.

L'absence de nom collectif rend ardue la visibilité de la discipline : on parle de "communicologie"[3] au début des années 1980 ; on tente la "médiologie" au début des années 1990 ; on essaie la "médialogie" depuis peu… Mais, dans les médias, les communicologues sont souvent étiquetés "sociologues", "philosophes", "politologues", voire "historiens", ce qui laisse dans le flou l'existence d'une discipline universitaire[4].

Institutionnalisation[modifier | modifier le code]

Les Sciences de l'information et de la communication existent aussi grâce à la création en 1975 d'une "section" (la 71e) au Conseil national des universités. Entre 2008 et 2013, une "Commission interdisciplinaire" (CID 42) intitulée "Sciences de la communication" a fonctionné au sein du CNRS. Dans les deux cas, ces instances revêtent une importance réelle en matière de recrutement et de carrière.

Les SIC existent également au travers de sociétés savantes, telles la SFSIC (Société française des sciences de l’information et de la communication), l'ACC (Association canadienne de communication), l’AIÉRI (Association internationale des études et recherches sur l’information), l’ICA (International communication association), l’ECREA (European Communication Research and Education Association), l’AMIC (Asociación mexicana de Investigadores de la comunicación)… Elles existent également au plan scientifique au travers des groupes d'études et des recherches labellisés par la SFSIC comme le groupe d'études sur les communications organisationnelles (Org&Co), ou le Groupe Industrialisation de la formation.

Auteurs liés aux sciences de l'information et de la communication[modifier | modifier le code]

En France, la discipline universitaire regroupe désormais plus de 700 enseignants-chercheurs[5] (dont près de 80 % au grade de maître de conférences), c'est-à-dire davantage que la science politique ou les sciences de l'éducation, et à peine moins que la sociologie.

Parmi les auteurs cités, on trouve (par ordre alphabétique, et sans exclusive) : Fabrice d'Almeida, Anne-Claude Ambroise-Rendu, Ghislaine Azémard, Jean-Pierre Balpe, Francis Balle, Roland Barthes, Gregory Bateson, Françoise Benhamou, Denis Bertrand, Ray Birdwhistell, Simone Bonnafous, Daniel Bougnoux, Marie-Hélène Bourcier, Jérôme Bourdon, Philippe Breton, Suzanne Briet, David Buxton, Manuel Castells, Ghislaine Chartron, Marlène Coulomb-Gully , Laurent Creton, François Cusset, Bernard Darras, Daniel Dayan, Régis Debray, Christian Delporte, Umberto Eco, Robert Escarpit, Robert Estivals, Joëlle Farchy, Patrice Flichy, Georges Friedmann, Pekka Himanen, François-Bernard Huyghe, Harold Innis, Geneviève Jacquinot, Francis Jauréguiberry, Yves Jeanneret, François Jost, Elihu Katz, Derrick de Kerckhove, Frédéric Lambert, Bernard Lamizet, Pascal Lardellier, Harold D. Lasswell, Anne-Marie Laulan, Paul Lazarsfeld, Cyril Lemieux, Pierre Lévy, Marc Lits, Cécile Méadel, Éric Macé, Éric Maigret, Denis Maréchal, Armand Mattelart, Marshall McLuhan, Bernard Miège, Pierre Mœglin, Jean-Louis Missika, Abraham Moles, Alex Mucchielli, Pierre Musso, Joanna Nowicki, Stéphane Olivesi, Dominique Pasquier, Jacques Perriault, Serge Proulx, Rémy Rieffel, Nathalie Sonnac, Lucien Sfez, Claude Shannon, Paul Watzlawick, Warren Weaver, Norbert Wiener, Yves Winkin, Dominique Wolton

Offre de formation[modifier | modifier le code]

L'offre de formation en Sciences de l'information et de la communication s'est beaucoup étoffée ces dernières années: des seuls DUT en « Techniques de l'information et de la communication » des années 1970[6], on est passé aux DEUG et licences dans les années 1980 (remplacés eux-mêmes par les Licences LMD en 2005), aux maîtrises et DEA ou DESS (remplacés par les Masters LMD en 2005) et aux Doctorats.

En France, de nombreux diplômes ressortissent de la discipline des "Sciences de l'information et de la communication" (71e section du CNU):

  • la licence en "Information et communication". Il y en a une trentaine en France, qui préparent tant à la poursuite d'études qu'à l'entrée dans le monde du travail.
  • la licence professionnelle. Il en existe près d'une centaine, avec des intitulés encore très fluctuants.
  • le diplôme universitaire de technologie (DUT) en « Information – Communication » ou en « Services et réseaux de communication »
  • le brevet de technicien supérieur (BTS) en « Communication », en « Communication et industries graphiques », en « Design graphique »
  • le master, 1re et 2e année. Il y en plus de 400 sur le territoire national.
  • le doctorat.

Un grand nombre d'écoles supérieures, souvent privées, offrent également des diplômes qui pourraient s'apparenter à la discipline. L'absence de « crédits européens » (ECTS) ainsi qu'une très grande hétérogénéité des contenus empêchent malheureusement une libre circulation des étudiants : quand on est dans le privé, même conventionné par l'État, il est difficile de réintégrer le public.

Dans une étude de 2011, les diplômes de sciences de l'information et de la communication sont classées en deuxième place pour les "filières sciences humaines et sociales où l'on réussit": les diplômés en SIC font état de 90 % de taux d'insertion, 66 % en CDI, et 93 % à temps plein[7].

Au Québec, la discipline concernée s'appelle simplement « Communication », et offre les diplômes suivants:

  • le baccalauréat en communication;
  • la maîtrise en communication;
  • le doctorat en communication.

Technologies de l'information et de la communication[modifier | modifier le code]

Soumises à débat, les « Sciences et technologies de l'information et de la communication » (STIC) sont à la fois un domaine d'application de l'informatique, des statistiques, des mathématiques et de la modélisation, et à la fois un champ de recherche des Sciences de l'information et de la communication. Les STIC rejoignent tout autant l'industrie (ex. : télécommunications, reconnaissance des formes, reconnaissance vocale), que les autres domaines scientifiques (ex : médecine, astronomie, sciences sociales, et environnement).

Entre 2000 et 2006, un département multidisciplinaire a été désigné ainsi au sein du CNRS. Le projet, après une phase d'euphorie œcuméniques, a fini par regrouper les seuls spécialistes des sciences dures, excluant de fait ceux des sciences humaines et sociales. Peu après, la Direction du CNRS a décidé de ne pas poursuivre plus loin l'expérience. Compte tenu de l'apport de ces méthodologies, et de leur usage de plus en plus systématique pour améliorer la vie de tous les jours et la prise de décision publique, des conférences initiées par le CNRS continuent à être très régulièrement organisées sur ces thèmes par différents acteurs (université, institut de recherche INRA, CEMAGREF, École des mines, INSA, INRIA, etc.) sur les sujets tels que : STIC & Santé, STIC & Transport, STIC & Environnement, STIC & Systèmes aéro-spatiaux, STIC & Production coopérative médiatisée, STIC & Énergie, etc.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Daniel Bougnoux, Introduction aux sciences de la communication, Paris, La Découverte, coll. Repères, 2011 (ISBN 2707137766)
  • Daniel Bougnoux, Sciences de l'information et de la communication, Paris, Larousse, coll. Textes essentiels, 2010 (ISBN 2037410107)
  • Daniel Bougnoux, La communication par la bande. Introduction aux sciences de l'information et de la communication, Paris, La Découverte, 2012 (ISBN 2707128678)
  • Eric Dacheux, Les sciences de l'information et de la communication, Paris, CNRS, coll. Les essentiels d'Hermes, 2009 (ISBN 2271068738)
  • Bernard Miège, Sciences de l'information et de la communication. Objets, savoirs, discipline, Grenoble, Presses universitaires de Grenobles, coll. Communication en plus, 2009 (ISBN 2706112948)
  • Jean-Michel Salaün, Introduction aux sciences de l'information, Paris, La Découverte, coll. Grands Repères, 2010 (ISBN 2707159336)
  • Robert Boure, Les origines des sciences de l'information et de la communication, Septentrion, coll. Communication, 2011 (ISBN 2859397450)
  • Alex Mucchielli, Les sciences de l'information et de la communication, Paris, Hachette, coll. Les Fondamentaux, 2010 (ISBN 2011457149)
  • Françoise Albertini, Nicolas Pélissier, Les sciences de l'information et de la communication à la rencontre des Cultural Studies, Paris, L'Harmattan, coll. Communication et Civilisation, 2009 (ISBN 2296106897)
  • Yves-François Le Coadic, Science de l'information, Paris, Puf, coll. Que sais-je ?, 2004 (ISBN 2130547494)
  • Stéphane Olivesi, Sciences de l'information et de la communication, Grenoble, Presses universitaires de Grenoble, coll. Communication en plus, 2006 (ISBN 2706112948)
  • Dominique Wolton, Les sciences de l'information et de la communication. Savoirs et pouvoirs, Paris, CNRS Editions, coll. Revue Hermes, 2004 (ISBN 2271062446)
  • Jean-Paul Metzger, Médiation et représentation des savoirs. Recherche en sciences de l'information et de la communication, Paris, L'Harmattan, coll. Communication et Civilisation, 2004 (ISBN 2747562557)
  • Serge Cacaly, Dictionnaire de l'information. Sciences, technologie et management, Paris, Armand Colin, coll. Dictionnaires, 2004 (ISBN 2200266820)

Revues spécialisées[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hubert Fondin, "La science de l'information ou le poids de l'histoire ", 2006
  2. Anciens messagers, nouveaux médias : l'héritage d'Innis et de McLuhan, une exposition de musée virtuelle à Bibliothèque et Archives Canada
  3. Robert Estivals, 1983, pp. 39-60. « La communicologie », Schéma et schématisation, n° 19 (« Les sciences de l'information et de la communication »).
  4. Hubert Fondin, 2006. « La science de l'information, ou le poids de l'histoire ». Les enjeux de l'information et de la communication. Revue en ligne. Disponible sur http://w3.u-grenoble3.fr/les_enjeux/2005/Fondin/home.html
  5. Pascal Froissart & Hélène Cardy, 2006, p. 259-278. « SIC : cartographie d’une discipline ». In Stéphane Olivesi. Sciences de l’information et de la communication. Objets, savoirs, discipline. Grenoble : PUG, 288 pages.
  6. Robert Escarpit, 1992. Interview de Robert Escarpit (avec Jean Devèze et Anne-Marie Laulan).
  7. Cyriel Martin, 2011. Le Point. Les filières sciences humaines et sociales (SHS) où l'on réussi

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]