Schwingt freudig euch empor

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Cantate BWV 36
Schwingt freudig euch empor
Titre français Élevez-vous avec allégresse
Liturgie Avent
Date de composition 1731
Auteur(s) du texte

1, 3, 5, 7 : Christian Friedrich Henrici (Picander) ?; 2, 6, 8 : Martin Luther; 4: Philipp Nicolai

Texte original

Traduction française de M. Seiler
Traduction française note à note
Traduction française interlinéaire

Effectif instrumental

Soli : S T B
chœur SATB
Hautbois d'amour I/II, violon I/II, alto, basse continue

Partition complète [PDF]

Partition Piano/Voix [PDF]

Informations et discographie (en)
Informations en français (fr)

Commentaires (en)

Schwingt freudig euch empor (« Élevez-vous avec allégresse »), BWV 36, est une cantate sacrée de Johann Sebastian Bach. Il la compose à Leipzig en 1731 pour le premier dimanche de l'Avent, en reprenant de matériel de précédentes cantates de félicitations, à commencer par Schwingt freudig euch empor, BWV 36c (1725). L'évangile du dimanche est consacré à l'« entrée à Jérusalem », aussi l'ambiance de l’œuvre profane correspond-elle aux « cris jubilatoires du peuple de Hosanna ». Dans une structure unique dans les cantates de Bach, il interpole quatre mouvements issus de l'ancienne œuvre avec quatre strophes de deux cantiques importants pour l'Avent afin d'ajouter un accent liturgique, trois des Nun komm, der Heiden Heiland de Luther et une du Wie schön leuchtet der Morgenstern de Nicolai. Il dirige la cantate dans sa forme finale de huit mouvements en deux parties et .

Histoire et livret[modifier | modifier le code]

Bach compose la cantate en 1731 à Leipzig, pour le premier dimanche de l'Avent, début de l'année de l'église luthérienne[1]. À Leipzig, c'est le seul dimanche de l'Avent où une cantate peut être jouée alors que le tempus clausum (« période de repos ») est observé les trois autres dimanche[2]. Les lectures prescrites pour ce jour de fête proviennent de l'épître aux Romains, « la nuit est avancée, le jour viendra » 13, 11–14), et de l'Évangile selon Matthieu, l'entrée à Jérusalem (21, 1–9).

Bach base des parties de la musique sur une cantate hommage du même nom, Schwingt freudig euch empor, BWV 36c, qu'il a composée pour l'anniversaire d'un professeur de l'université de Leipzig et qu'il a donnée pour la première fois au printemps 1725[3]. Le texte est probablement de Picander, qui le modifie pour une cantate de félicitations adressée à la comtesse Charlotte Friederike Wilhelmine d'Anhalt-Köthen, Steigt freudig in die Luft, BWV 36a, jouée pour la première fois le . Une autre version en est une cantate de félicitations pour un membre de la famille Rivinius de Leipzig, Die Freude reget sich, BWV 36b, probablement en 1735[4].

Bach transforme la musique profane en une cantate pour le premier dimanche de l'Avent, d'abord en combinant quatre mouvements et en ajoutant simplement un choral, la dernière strophe de Wie schön leuchtet der Morgenstern. Le librettiste de cette adaptation, qui reste proche de la cantate profane sans référence aux lectures, est inconnu. Klaus Hofmann note que l'ouverture jubilatoire correspond à l'Évangile de l'entrée à Jérusalem avec « les cris Hosanna du peuple en liesse »l[4]. La date de l'adaptation n'est pas sûre car la version n'existe que dans une copie de Christoph Nichelmann, un élève de Bach[3].

En 1731 enfin, Bach retravaille considérablement la cantate et écrit une nouvelle partition. Il interpole les arias non pas avec des récitatifs mais avec trois strophes du cantique de Luther pour l'Avent, Nun komm, der Heiden Heiland. Ce principal cantique pour le premier dimanche de l'Avent a déjà ouvert sa cantate pour la même occasion en 1714, Nun komm, der Heiden Heiland, BWV 61, et il l'a utilisé comme base pour sa cantate chorale Nun komm, der Heiden Heiland (BWV 62), en 1724[5]. Les strophes du cantique « servent à ancrer la cantate dans une certaine mesure dans l'histoire de l'Avent, et à lui donner un effet liturgique et une orientation claire »[4]. John Eliot Gardiner la qualifie de « structurellement inhabituel »[6]. Bach divise la cantate en deux parties à exécuter avant et après le sermon, clôt la première partie avec une strophe du cantique de Nicolai. Compte tenu du contexte, il remplace la septième strophe, qui clôt toute la cantate, par la sixième strophe et achève la deuxième partie de la dernière strophe par l'hymne de Luther[4],[7],[8].

Bach dirige la cantate pour la première fois le , une semaine après Wachet auf, ruft uns die Stimme, BWV 140.

Structure et instrumentation[modifier | modifier le code]

Hautbois d'amour baroque.

La cantate est écrite pour deux hautbois d'amour, deux violons, alto et basse continue avec trois voix solistes (soprano, ténor, basse) et chœur à quatre voix. Son interpolation de chœur et d'arias de chorals est unique dans les cantates de Bach[2].

Il y a huit mouvements répartis en deux parties égales :

1re partie
1. Chœur : Schwingt freudig euch empor
2. Choral (soprano, alto) : Nun komm, der Heiden Heiland
3. Aria (ténor) : Die Liebe zieht mit sanften Schritten
4. Choral : Zwingt die Saiten in Cythara
2e partie
5. Aria (basse) : Willkommen, werter Schatz!
6. Choral (ténor) : Der du bist dem Vater gleich
7. Aria (soprano) : Auch mit gedämpften, schwachen Stimmen
8. Choral : Lob sei Gott dem Vater ton

Musique[modifier | modifier le code]

La cantate est unique dans les cantates sacrées de Bach avec sa structure d'arias combinées avec un choral à la place de récitatifs. Jouée une semaine après Wachet auf, ruft uns die Stimme, BWV 140, elle montre l'accent mis par le compositeur sur le choral, même au-delà de son deuxième cycle de cantates chorales commencé en 1724[9].

Le chœur d'ouverture est ouvert par une ritournelle, dominée par deux motifs contrastés : les cordes jouent une courte figure s'élevant en triolets, les hautbois d'amour jouent une vaste mélodie. Comme dans le modèle profane, le mouvement est en deux parties similaires, constituées chacune de deux parties contrastées, Schwingt freudig euch empor zu den erhabnen Sternen (« Élevez-vous joyeusement vers les étoiles exaltées ») et Doch haltet ein! (« Arrête pourtant! »)[7]. La voix de basse, le registre le plus bas, entre en premier, suivie par le ténors, l'alto et la soprano. Cette séquence ascendante reflète également le texte : « s'élancer vers le ciel », littéralement « se balancer vers le haut »[4].

John Eliot Gardiner, 2007

Gardiner, qui a dirigé les trois cantates pour le premier dimanche de l'Avent au cours du « pèlerinage des cantates de Bach » avec le Monteverdi Choir en 2000, décrit le mouvement comme « un madrigal spirituel, capricieux, d'une légère texture et profondément satisfaisant une fois que toutes ses exigences techniques virtuoses ont été atteintes : ces courses difficiles, les divisions et les intervalles chromatiques dans toutes les voix, et les chaînes de figuration en triolets dans les hautbois d'amour et premiers violons à l'unisson. Il compare les motifs haltet ein! (« Arrête! ») dans la partis centrale au Wohin? (« Où ? ») dans l'aria Eilt, eilt de la Passion selon saint Jean[6].

Les arrangements des trois strophes du choral de Luther sont tous différents[10], à commencer par le duo pour soprano et alto de la première strophe. Les voix sont doublées par le hautbois d'amour et rendent le texte en sections de longueur différente, avec seize mesures pour le Gott solch Geburt ihm bestellt (« que Dieu a ordonné une telle naissance pour lui ») final[6]. Alfred Dürr note l'expressivité de la musique, en particulier dans les sauts de sixièmes sur la demande urgente nonne komm (« Viens, maintenant »), le rythme syncopé sur des sich alle Welt wundert (« sur lequel tout le monde s'émerveille ») et le chromatisme osé sur le dernier vers[9]. L'aria de ténor reflète Die Liebe zieht mit sanften Schritten (« L'amour s'approche avec de doux pas ») avec le hautbois d'amour comme instrument obbligato, « symbole musical traditionnel de l'amour »[4], faisant allusion à la notion de Jésus comme jeune marié et l'âme comme la mariée[1], qui est aussi la base pour le cantique de Nicolai qui achève la première partie dans une « vibrante harmonisation en quatre parties »[6].

L'aria de basse qui commence la seconde partie, Willkommen, werter Schatz! (« Bienvenue, digne trésor! ») montre « des échos du premier mouvement » et évite une structure régulière da capo[6],[1]. La voix de basse est le vox Christi qui s'adresse à la mariée. Le geste de bienvenue de la cantate profane semble approprié pour le sentiment exprimé[7]. La strophe suivante du cantique, Der du bist dem Vater gleich (« Toi qui es comme le Père »), sixième strophe du cantique de Luther « face aux péchés de la chair et à la mission du Christ pour racheter l'humanité », est marquée molt' allegro[6]. Le ténor chante la mélodie du choral sans ornement en tant que cantus firmus[4] mais les hautbois d'amour jouent avec « l'urgente flambée d'activité des demi-croches »[1]. Dürr voit l'expression de Kampf und Sieg des Gottessohnes (« combat et victoire du Fils de Dieu ») dans das krank Fleisch (« chair faible/malade ») de l'homme[11]. Gardiner la compare à un mouvement de sonate en trio. Il parle de la dernière aria comme d'« une berceuse de pur enchantement » et la compare à l'« aria écho » de la quatrième partie de l'Oratorio de Noël. Le texte Auch mit gedämpften, schwachen Stimmen (« aussi avec des voix faibles, en sourdine ») est illustré par un solo de violon assourdi (con sordino)[6]. Le choral de clôture, dernière strophe de l'hymne de Luther, Lob sei Gott dem Vater ton (« Louange à Dieu, le Père ») est une disposition en quatre parties[11].

Enregistrements notables[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Mincham 2010.
  2. a et b Dürr 1971, p. 101.
  3. a et b Wolff 2002, p. 14.
  4. a, b, c, d, e, f et g Hofmann 1998, p. 4.
  5. Oron 2005.
  6. a, b, c, d, e, f et g Gardiner 2009, p. 15.
  7. a, b et c Dürr 1971, p. 102.
  8. Wolff 2002, p. 15.
  9. a et b Dürr 2006, p. 82.
  10. Braatz et Oron 2006.
  11. a et b Dürr 2006, p. 83.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Partition

Livres

Sources sur la toile

Several databases provide additional information on each cantata, such as history, scoring, sources for text and music, translations to various languages, discography, discussion (bach-cantatas), English translation, discussion (Emmanuel Music), history, scoring (Bach), English translation (université du Vermont), text, scoring (université de l'Alberta), musical analysis (Julian Mincham).

The complete recordings of Bach's cantatas are accompanied by liner notes from musicians and musicologists, John Eliot Gardiner commented his pèlerinage des cantates de Bach, Klaus Hofmann wrote for Masaaki Suzuki, Christoph Wolff for Ton Koopman.