Scînteia

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Scînteia (en français : « L'étincelle ») fut le nom porté par deux journaux communistes roumains. Le premier, fondé par des bolchéviques roumains à Odessa en 1919, n'eut qu'une existence très brève. Le second, fondé en 1931, devint l'organe officiel du parti communiste roumain, et acquit une importance toute particulière de 1947 (chute de la monarchie et proclamation de la République populaire roumaine) à 1989 (chute de Ceaușescu). Sa devise était : « Proletari din toate țările, uniți-vă ! » (Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !)

Reprenant principalement les mots d'ordres du parti, il devait son nom au journal des révolutionnaires russes Iskra (signifiant également « L'étincelle »). Son nom était écrit « Scânteia  » jusqu'à la réforme de l'orthographe de 1953.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le tout premier journal à paraître sous ce nom est édité par des révolutionnaires roumains exilés à Odessa, en Russie bolchévique (actuelle Ukraine), en 1919. Cessant très vite de paraître, il est ressuscité par le parti communiste de Roumanie le 15 août 1931, et est diffusé clandestinement jusqu'en 1940. Le retrait du pays des forces de l'Axe au mois d'août 1944 permet à l'organe officiel du parti communiste roumain d'être de nouveau publié.

Un mineur lisant « Scânteia » en 1944

Son importance croît sensiblement avec la prise du pouvoir par les communistes. Devenant un véritable « baromètre » de la vie politique roumaine, il reprend les principaux mots d'ordres du parti, et est notamment utilisé comme tribune contre les opposants au régime (Tudor Arghezi ou Pamfil Șeicaru, par exemple). Au début des années 1960, Scînteia est devenu le principal quotidien de Roumanie, et, preuve de son importance aux yeux des dirigeants du pays, en 1961, la date du 15 août (anniversaire de la refondation du journal) est retenue comme « Jour de la presse roumaine ».

Le siège du journal était situé à Bucarest, dans un complexe baptisé à l'origine Casa Scînteii I.V.Stalin, abrégé plus tard en Casa Scînteii (afin de gommer toute référence à Staline). Après la révolution de 1989, le bâtiment est rebaptisé Casa Presei Libere (Maison de la Presse libre).

Scînteia était accompagné d'un supplément destiné aux jeunes, édité par l'Union des jeunesses communistes. Scînteia Tineretului (L'étincelle des Jeunes) est diffusée pour la première fois en novembre 1944. Ce supplément sera rebaptisé à plusieurs reprises, et connu également sous le nom de Tinerețea (La Jeunesse) ou Tînărul Muncitor (Les Jeunes travailleurs).

La révolution de 1989 met un terme à toutes les institutions communistes, et Scînteia est officiellement dissout par les nouvelles autorités. Le parti communiste, interdit, est reconstitué en 1990 sous le nom de Parti socialiste du travail. Il lance un nouveau journal, baptisé Adevărul (La Vérité).

Notes et références[modifier | modifier le code]