Savannah River Site

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33° 14′ 47″ N 81° 40′ 04″ O / 33.24644, -81.6679

Vue du site ("zone L"), en septembre 1982
Vue aérienne de Savannah River Site
Le HWCTR à Savannah River Site

Savannah River Site est un centre de traitement de matériaux nucléaires des États-Unis situé en Caroline du Sud sur les comtés d'Aiken, d'Allendale et de Barwnell, au bord de la rivière Savannah et à 25 miles de Augusta en Géorgie.

Exploitant[modifier | modifier le code]

Ce centre est exploité pour le DOE (United States Department of Energy) par la compagnie "Washington Savannah River" (WSRC), qui est une filiale à 100 % du groupe Washington Group International.

Sur le même site, d'autres compagnies partenaires sont installées :

  • Bechtel Savannah River, Inc. (BSRI), filiale à 100 % de Bechtel,
  • BNG America devenue Energy Solutions, appartenant auparavant à BNFL,
  • BWXT Savannah River Company, appartenant à BWXT,
  • CH2 Savannah River Company, appartenant à CH2M Hill.

Missions[modifier | modifier le code]

Ce site a été créé dans les années 1950 pour traiter les matériaux nécessaires au déploiement des armes nucléaires.

Actuellement il n'y a plus aucun réacteur opérationnel sur ce site. Ce site a été reconverti dans les activités de recyclage des matériaux fissiles des armes nucléaires.

Les activités futures vont s'orienter vers un large éventail d'activités incluant

  • l'accueil de réacteurs de recherche ;
  • un parc de réacteurs pour l'énergie e ;
  • la fabrication de tritium ;
  • une installation pour construire des centrifugeuses pour la prochaine génération d'armes nucléaires.

Sécurité[modifier | modifier le code]

Wackenhut, filiale G4S, qui est présente sur au moins 5 sites nucléaires américains assure ainsi la sécurité du site de Savannah River dans le cadre d'un contrat de dix ans, attribué en octobre 2009, et d'une valeur de près d'un milliard de dollars. Elle déploie 900 personnes sur ce seul site[1].

Environnement[modifier | modifier le code]

Ce site a été pollué par divers radionucléides. Les émissions atmosphériques semblent avoir jusque dans les années 2000 fait l'objet d'un suivi plus fin que les rejets susceptibles de contaminer la nappe et le fleuve[2]. Or le site a notamment produit du tritium, l'un radionucléide les plus difficiles à confiner. Sur ce site, des feuillus et des pins ont été plantés et irrigués avec de l'eau tritiée pour limiter la contamination par le tritium d'un affluent de la proche Savannah River[3]. Les arbres évapotranspirent efficacement vers l'atmosphère une partie du tritium, mais une autre partie est intégrée dans l'écosystème « forestier » : Les rongeurs piégés dans ce boisement contenaient en effet 34,86 Bq/mL, soit environ 1740 fois plus de radioactivité que les rongeurs échantillonnés sur un site-témoin proche (0,02 Bq/mL). Au début des années 2000, la teneur totale en tritium du corps des rongeurs capturés sur le site irrigué étaient positivement corrélés avec l'application du tritium et négativement corrélé avec les précipitations sur le site[3], ce qui laisse supposer qu'après les pluies du tritium est néanmoins emporté vers le fleuve ou la nappe d'accompagnement, et d'autre part que les périodes plus fréquente de fortes sécheresses prévues par le GIEC pourraient aggraver certains épisodes de contamination. Les études disponibles pour ce site ne précisent pas s'il y a concentration dans le réseau trophique (chaine alimentaire) via la prédation de ces rongeurs.

Santé environnementale[modifier | modifier le code]

Un profil de dose et des débits de dose ont été rétrospectivement reconstitués[4] pour évaluer l'exposition des personnes à divers isotopes radioactifs produits ou présents sur le site (3H, 41Ar, 131I, 234U, 235U, 238U, 238Pu, 239Pu et 240Pu) pour les travailleurs présents des années 1951 à 2001, avec reconstitution rétrospective :

  • des doses internes ; estimées sur la base des taux de radionucléides présents dans l'atmosphère en raison des rejets des installations et suite à remise en suspension de particules radioactives à partir du sol;
  • des doses externes ; estimées sur la base des rejets de gaz nobles et la connaissance du rayonnement de fond ambiant. Ce rayonnement a été important suite aux activités abritées par ce site. Les archives météorologiques ont aussi été prises en compte pour estimer l'exposition à divers isotopes radioactifs aéroportés ensuite rapporés à un débit respiratoire moyen supposé de 2 400 m3/an[5].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dong W, Tokunaga TK, Davis JA, Wan J., Uranium(VI) Adsorption and Surface Complexation Modeling onto Background Sediments from the F-Area Savannah River Site ; Environ Sci Technol. 2011 Dec 19. PMID 22191402 (Résumé)
  • Otosaka S, Schwehr KA, Kaplan DI, Roberts KA, Zhang S, Xu C, Li HP, Ho YF, Brinkmeyer R, Yeager CM, Santschi PH, Factors controlling mobility of 127I and 129I species in an acidic groundwater plume at the Savannah River Site ; Sci Total Environ. 2011 Sep 1;409(19):3857-65. Epub 2011-06-08 ; PMID 21641630 (Résumé)
  • Richardson DB, Wing S., Evidence of confounding by smoking of associations between radiation and lung cancer mortality among workers at the Savannah River Site ; Am J Ind Med. 2011 Jun;54(6):421-7. doi: 10.1002/ajim.20950. Epub 2011 Mar 24 (Résumé).
  • Simpkins AA, Marx DR, Hamby DM. ; Ingestion pathway model developed for use with an acute atmospheric dose model at the Savannah River Site ; Health Phys. 2000 Sep;79(3):266-73 (Résumé) .
  • Xu C, Miller EJ, Zhang S, Li HP, Ho YF, Schwehr KA, Kaplan DI, Otosaka S, Roberts KA, Brinkmeyer R, Yeager CM, Santschi PH ; Sequestration and remobilization of radioiodine ((129)i) by soil organic matter and possible consequences of the remedial action at savannah river site ; .Environ Sci Technol. 2011 Dec 1;45(23):9975-83. Epub 2011-11-10 ; PMID 22035296 (Résumé)
  • Zhang S, Du J, Xu C, Schwehr KA, Ho YF, Li HP, Roberts KA, Kaplan DI, Brinkmeyer R, Yeager CM, Chang HS, Santschi PH., Concentration-dependent mobility, retardation, and speciation of iodine in surface sediment from the Savannah River Site ; Environ Sci Technol. 2011 Jul 1;45(13):5543-9. Epub 2011-06-10 ;

PMID 21663237 (Résumé)

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • Building Bombs ; documentaire américain sorti en 1991, produit et dirigé par Mark Mori et Susan J. Robinson, nommé pour l'Academy Award for Best Documentary Feature[6], relatif à la contamination environnementale et des travailleurs du site nucléaire de la Savannah River.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Chapleau, « La sécurité des sites nucléaires américains largement externalisée. », sur Ouest-France,‎ 5 avril 2012 (consulté le 5 avril 2012)
  2. Jannik GT, Fledderman PD, Risk-based radioactive liquid effluent monitoring requirements at the U.S. Department of Energy's Savannah River Site ; Health Phys. 2002 Feb;82(2 Suppl):S27-31 (résumé)
  3. a et b Kelsey-Wall A, Seaman JC, Jagoe CH, Dallas CE, Gaines KF, Rodents as receptor species at a tritium disposal site ; J Environ Radioact. 2005;82(1):95-104 (Résumé)
  4. Boice JD Jr, Leggett RW, Ellis ED, Wallace PW, Mumma M, Cohen SS, Brill AB, Chadda B, Boecker BB, Yoder RC, et al., A comprehensive dose reconstruction methodology for former rocketdyne/atomics international radiation workers. Health Phys. 2006 May; 90(5):409-30
  5. Rollins EM, Ambient environmental profile for the Savannah River Site Health Phys. 2008 Jul;95(1):55-68 (Résumé)
  6. "NY Times: Building Bombs". NY Times, consulté 2008-11-19.