Sauvetage de Juifs par des Polonais pendant la Shoah

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NOTICE
Concernant:
la protection de Juifs en fuite.
Il est nécessaire de rappeler que, en conformité avec le paragraphe 3 du décret du 15 octobre in 1941, sur la Limitation de Résidence dans le Gouvernement général, (page 595 du Registre GG) les Juifs qui quittent le quartier juif sans permission encourront la peine de mort.
Conformément à ce décret, ceux qui consciemment aident ces Juifs en leur fournissant un abri, de la nourriture ou en leur vendant des denrées alimentaires sont aussi sujets à la peine de mort

Ceci est un avertissement catégorique à la population non-juive contre:
1) la protection des Juifs,
2) le don de nourriture aux Juifs,
3) la vente de denrées alimentaires aux Juifs.
Częstochowa 24/IX/42
Der Stadthauptmann
Dr. Franke

Les Juifs polonais furent les premières victimes de la Shoah organisée par les Nazis. Pendant l'Occupation de la Pologne par les troupes allemandes, beaucoup de Polonais non-Juifs risquèrent leur propre vie - et les vies de leurs familles - pour sauver des Juifs des Nazis. Groupés par nationalité, les Polonais représentent le plus grand nombre de personnes qui sauvèrent des Juifs dans la période de la Shoah[1],[2]. À ce jour, 6135 Polonais ont reçu le titre de Juste parmi les nations attribué par l'État d'Israël – plus qu'aucune autre nation[1].

La Résistance polonaise, Armia Krajowa, a alerté le monde au sujet de la Shoah, notamment grâce aux rapports de Witold Pilecki et de Jan Karski. Le Gouvernement polonais en exil et l'Etat polonais clandestin ont demandé aux États-Unis et au Royaume-Uni d'aider à arrêter la Shoah, en vain.

Quelques estimations montent le chiffre de Polonais impliqués dans le sauvetage à près de trois millions, et attribuent aux Polonais le sauvetage d'environ 450,000 Juifs d'une mort certaine[2]. Les efforts de sauvetage étaient soutenus par l'un des plus importants mouvements de Résistance anti-nazie en Europe, l'État polonais clandestin et sa branche armée, l'Armia Krajowa. Aidés par le Gouvernement polonais en exil, ces organisations travaillaient avec des unités spéciales dédiées à l'aide des Juifs ; parmi lesquelles la plus remarquable était Żegota.

Les citoyens polonais étaient handicapés par les plus difficiles conditions de vie à travers toute l'Europe sous domination nazie. La Pologne fut le seul territoire où les Allemands décrétèrent que toute sorte d'aide aux Juifs était passible de la peine de mort. Environ 50 000 Polonais non-Juifs furent exécutés par les Nazis pour avoir sauvé des Juifs[2]. Sur le chiffre estimé de trois millions de Polonais non-Juifs tués pendant la Seconde Guerre mondiale, des milliers furent assassinés par les "Hitlériens" seulement en répression pour avoir aidé des Juifs. Après la guerre presque tout de cette vérité fut occulté par le régime pro-soviétique dans le but de discréditer la société polonaise d'avant-guerre et de stigmatiser le gouvernement polonais d'alors comme réactionnaire[3].

Contexte[modifier | modifier le code]

Chiffres[modifier | modifier le code]

Avant la Seconde Guerre Mondiale, 3 300 000 Juifs vivaient en Pologne – ils formaient dix pour cent de la population polonaise qui comptait près de 33 millions de personnes. La Pologne était le centre du monde juif en Europe[4],[5]

La Seconde Guerre Mondiale a commencé avec l'invasion de la Pologne par les Allemands le 1er septembre 1939 ; et, le 17 septembre, en conformité avec le Pacte germano-soviétique, l'Union Soviétique attaqua la Pologne sur son front Est. En octobre 1939, la Deuxième République de Pologne fut divisée entre ces deux puissances totalitaires, occupée à l'Ouest et au centre par l'Allemagne nazie. Les Allemands considéraient les Polonais comme des "sous-hommes" et les Juifs polonais quelque part encore en dessous de cette catégorie, traitant les deux groupes avec une extrême dureté. Un aspect de la politique nazie dans la Pologne conquise était d'empêcher que sa population aux origines diverses s'unisse contre l'Allemagne[6],[7]. Les plans nazis concernant les Juifs polonais s'orientèrent dans la concentration des Juifs, leur isolation, et finalement leur annihilation avec ce qu'on appelle aujourd'hui l'Holocauste ou Shoah. Les plans nazis pour la majorité des Polonais catholiques se concentrèrent sur le meurtre ou la suppression des chefs politiques, religieux et intellectuels ; ainsi que sur la germanisation des terres annexées, ce qui incluait un programme de réinstallation d'Allemands venus de la Baltique et d'autres régions dans des fermes, entreprises et maisons qui appartenaient auparavant à des Polonais et à des Juifs.

La réponse de la majorité des Polonais à la Shoah des Juifs a couvert un large spectre, allant souvent d'actes d'altruisme au risque de mettre en danger leur propre vie et celles de leurs familles, à la compassion, la passivité ou l'indifférence. Les sauveteurs polonais recevaient aussi des menaces de leurs voisins peu amènes, les Volksdeutsche[8] et les personnes d'origine ukrainienne pro-nazies[9], ainsi que des maîtres-chanteurs surnommés Szmalcowniks et aussi (comme à Varsovie) de la part de collaborateurs juifs tels que Żagiew ou le réseau nommé Groupe 13. Il y a eu des cas de dénonciation ou même de participation à des massacres d'habitants Juifs. La marche à suivre pour de tels massacres fut formulée par Reinhard Heydrich[10], qui ordonna à ses chefs d'inciter des pogroms anti-juifs sur les territoires nouvellement occupés par les forces allemandes[11],[12]. Les statistiques de la Commission israélienne des Crimes de Guerre indiquent que moins d'un dixième de un pour cent des Polonais non-juifs ont collaboré avec les Nazis[13].

Des Polonais non-Juifs apportèrent leur aide aux Juifs d'une façon organisée ce qui incluait différents degrés d'efforts individuels. Beaucoup de Polonais offraient de la nourriture au Juifs polonais et laissaient de la nourriture à des endroits où passaient des Juifs pour se rendre sur les lieux de leurs travaux forcés. D'autres ont conduit des Juifs — qui avaient réussi à s'échapper des ghettos — vers des personnes qui pouvaient les aider. Certains abritaient des Juifs pour seulement une à quelques nuits, d'autres prirent complètement en charge le soin de leur survie, tout en étant bien conscients que les Nazis punissaient les personnes qui aidaient les Juifs en les tuant d'une exécution sommaire. Un rôle tout particulier incomba aux médecins polonais qui à eux seuls sauvèrent des milliers de Juifs par le biais de leur pratique subversive. Par exemple, le Dr. Eugeniusz Łazowski, connu pour être le 'Schindler' polonais, a sauvé 8 000 Juifs polonais de la déportation aux camps de la mort, en simulant une épidémie de typhus dans la ville de Rozwadów[14],[15]. Des médicaments gratuits furent distribués dans le Ghetto de Cracovie par Tadeusz Pankiewicz sauvant ainsi un nombre indéterminé de Juifs[16]. Rudolf Weigl a employé et protégé des Juifs dans son Institut à Lwów. Ses vaccins furent passés en contrebande à l'intérieur du Ghetto de Lemberg (le ghetto local) ainsi que dans le Ghetto de Varsovie sauvant des vies innombrables[17]. C'est surtout ceux qui ont pris une responsabilité pleine et entière qui sont qualifiés pour le titre de Juste parmi les nations[18]. À ce jour, un total de 6 066 Polonais ont été officiellement reconnus par Israël comme des Justes parmi les Nations, au regard de leurs efforts pour sauver des Juifs polonais pendant l'Holocauste, ce qui fait de la Pologne le pays avec le plus grand nombre de Justes dans le monde[19],[20].

Le nombre de Polonais qui ont sauvé des Juifs de la persécution nazie serait difficile à déterminer de façon tranchée, il est toujours un sujet de débats pour les spécialistes. D'après Gunnar S. Paulsson, le nombre de personnes qui rentrent dans les critères de Yad Vashem avoisinerait les 100 000 personnes et il pourrait y avoir eu deux à trois fois plus de personnes qui apportèrent une aide moins importante, tandis que la majorité "était passivement protectrice."[20] Dans un article publié dans le Journal of Genocide Research, Hans G. Furth a estimé qu'il pourrait y avoir eu jusqu'à 1 200 000 sauveteurs polonais[21]. Richard C. Lukas, quant à lui, a avancé le chiffre de plus d'1 000 000 de Polonais qui ont été impliqués dans des efforts de sauvetage[2], "mais d'autres estimations vont jusqu'à trois millions de personnes."[2] Lukas cite aussi Władysław Bartoszewski, un ancien membre de l'organisation Żegota, qui lui estimait un nombre d'"au moins plusieurs centaines de milliers de Polonais… (qui) participèrent de différentes façons dans l'action de sauvetage."[2] Ailleurs, Bartoszewski a évalué qu'entre 1 et 3 pour cent de la population polonaise ont été activement impliqués dans les efforts de sauvetage[22] ; Marcin Urynowicz estime qu'un minimum de 500 000 à 1 million de Polonais ont essayé activement d'aider des Juifs[23]. Teresa Prekerowa a estimé qu'entre 160 000 et 360 000 Polonais ont aidé en cachant des Juifs, ce qui porte entre 1 et 2,5 % des 15 millions des Polonais adultes qu'elle classe dans le groupe de "ceux qui pouvaient apporter leur aide[24]. Prekerowa est arrivé à ce chiffre en partant du principe qu'il fallait deux à trois Polonais non-juifs pour cacher un seul Juif, tandis que d'autres sources montrent qu'on nombre plus important de personnes était impliqué (par exemple, Paulsson estime qu'il pourrait avoir fallu une "douzaine voire plus" de personnes pour chaque personne cachée)[25],[26]. L'estimation de Prekerowa compte uniquement ceux qui étaient directement impliqués en cachant des Juifs et n'inclue pas ceux qui ont pu s'impliquer par d'autres manières d'aide. Elle part aussi du principe que chaque Juif qui se cachait au milieu de la population non-juive restât pendant toute la durée de la guerre dans une seule cachette et, de ce fait, n'avait eu recours qu'à un seul groupe d'aides ; Paulsson, pour sa part, avance que généralement un Juif en fuite était passé par sept différents endroits pendant la guerre[20].

Selon Paulsson, un Juif moyen qui survivait dans la Pologne occupée dépendait non pas des actions d'une seule personne, mais de beaucoup d'actes d'aide et de tolérance[20]. Comme le dit Paulsson: "presque chaque Juif qui a été sauvé, a été sauvé par les efforts en coopération de douzaines ou plus de personnes"[20]. Pendant les six années de guerre et d'occupation, un Juif moyen était caché dans sept lieux différents, avait trois ou quatre jeux de pièces d'identité, deux ou trois rencontres avec des maîtres-chanteurs, et devait affronter une reconnaissance de son statut de Juif de nombreuses fois[20].

Le Père John T. Pawlikowski se référant à des travaux d'autres historiens a estimé que cette affirmation de centaines de milliers de sauveteurs l'a frappé comme étant exagérée[27]. Martin Gilbert a écrit que sous le régime nazi, les sauveteurs étaient une exception, bien qu'on pouvait en trouver dans les villes et les villages de Pologne[28].

Il n'y a aucun chiffre officiel exprimant combien de Juifs polonais ont été cachés par leurs compatriotes chrétiens pendant la période de la guerre. Lukas a estimé que le nombre de Juifs abrités par des Polonais en une fois pourrait avoir été "près de 450 000."[2] Toutefois, la dissimulation n'assurait pas automatiquement une sécurité complète hors de la portée des Nazis, et le nombre de Juifs se cachant qui furent pris a été vaguement évalué de 40 000 à 200 000 personnes[2].

Difficultés[modifier | modifier le code]

Le Mur du Ghetto de Varsovie pendant sa construction, à la suite de l'ordre des Nazis, en août 1940.

Les efforts de sauvetage étaient pénalisés par de nombreux facteurs. La menace de la peine de mort pour l'aide aux Juifs et la capacité limitée de subvenir aux besoins des réfugiés contribuaient souvent au fait que la plupart des Polonais ne souhaitaient pas fournir directement leur aide à une personne d'origine juive[2]. Ceci était exacerbé par le fait que les personnes qui se cachaient ne possédaient pas de tickets officiels de rationnement et, de ce fait, il fallait pour eux se procurer la nourriture sur le marché noir et à des tarifs élevés[2],[29]. D'après Emmanuel Ringelblum, dans la plupart des cas l'argent que les Polonais acceptaient des Juifs qu'ils aidaient à se cacher, n'était pas motivé par l'appas du gain, mais par la pauvreté que les Polonais vivaient au quotidien pendant la période de l'occupation allemande. Israel Gutman a écrit que la majorité des Juifs qui étaient abrités par des Polonais payaient pour leur propre protection[30], mais tristement, un grand nombre de protecteurs polonais sont morts en même temps que ces personnes qu'ils cachaient[2].

Il y a un consensus général parmi les universitaires selon lequel, et contrairement à l'Europe de l'Ouest, la collaboration des Polonais avec les Nazis a été négligeable[2],[31],[32],[33]. Cependant, la terreur nazie jointe à la petitesse des rations alimentaires, ainsi que la rapacité des Allemands et le système de corruption étant le "seul langage que les Allemands comprenaient bien"[34], détruisait les valeurs traditionnelles. Les Polonais qui aidaient des Juifs devaient faire face au danger non seulement des occupants allemands, mais aussi de leurs propre compatriotes issus de différentes sources ethniques, tels que les Volksdeutsche[8], ainsi que les Ukrainiens polonais[35], qui étaient antisémites et que la guerre avait moralement désorientés[36]. Il y avait des personnes, ceux qui furent appelés szmalcownicy[37] ("les hommes du gras", de shmalts ou szmalec, mot Yiddish et Polonais pour “graisse” et terme d'argot pour "argent"), qui faisaient chanter les Juifs en cavale et les Polonais qui les aidaient, ou bien qui les dénonçaient aux Allemands pour obtenir une récompense. Hors des villes, il y avait aussi quelques paysans qui se mettaient à la recherche de Juifs qui se cachaient dans les forêts pour pouvoir leur réclamer de l'argent ou bien les dénoncer aux Allemands contre une récompense[34]. La grande majorité de ces personnes joignaient le milieu criminel seulement à la suite de l'occupation allemande et ont été responsables de la mort de dizaines de milliers de personnes, à la fois des Juifs et des Polonais qui essayaient de les sauver[38],[39],[40],[41]. La menace de dénonciation non seulement dissuadait beaucoup de Juifs d'essayer de trouver refuge auprès des Polonais, mais elle a aussi empêché des Polonais de bonne volonté qui avaient peur des dénonciateurs. D'après un critique de Paulsson, en prenant en considération les extorqueurs, "un simple voyou ou un maître-chanteur pouvait causer un dommage sévère sur les Juifs en cavale, mais il fallait la passivité silencieuse de toute une foule pour entretenir leur couverture."[38] Il remarque aussi que les "chasseurs" étaient dépassés en nombre par "ceux qui aidaient" pour un ratio de un pour vingt ou bien un pour trente[20]. Selon Lukas, la quantité de traîtres qui firent chanter et dénoncèrent des Juifs avec leurs protecteurs polonais n'a probablement pas dépassé le nombre d'un millier sur les 1 300 000 personnes qui vivaient à Varsovie en 1939[2],[42].

Une affiche nazie de propagande antisémite, écrite en polonais, qui dit "Les Juifs sucent des poux infestés par la typhoïde", placardée en 1942 dans la Pologne occupée par les Allemands

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Michael C. Steinlauf écrit que non seulement la peur de la peine de mort était un obstacle qui a limité les Polonais à venir en aide aux Juifs, mais il y avait aussi certaines attitudes d'avant-guerre à l'encontre des Juifs, qui a rendu beaucoup de personnes incertaines de la réaction de leurs voisins devant leurs tentatives de sauvetage[43]. Un certain nombre d'auteurs ont souligné les conséquences négatives de cette hostilité envers les Juifs de la part d'extrémistes qui plaidaient pour leur expulsion de la Pologne[44],[45],[46],[47]. Dans le même temps, Alina Cala dans son étude sur les Juifs dans la culture populaire polonaise soutien aussi la persistance d'un traditionnel antisémitisme religieux et d'une propagande anti-juive avant et durant la guerre qui ont conduit tous deux à l'indifférence[48],[49]. Pourtant Steinlauf remarque que, malgré ces incertitudes, des Juifs ont été aidés par d'innombrables milliers de particuliers polonais à travers le pays. Il écrit que "ce n'est pas la délation ni l'indifférence, mais l'existence de tels individus qui est l'un des traits les plus importants des relations polono-juives au moment de l'Holocauste."[43],[48] Nechama Tec, qui a elle-même survécu à la guerre avec l'aide d'un groupe de Polonais catholiques[50], a signalé que les sauveteurs polonais agissaient dans un environnement qui était hostile aux Juifs et défavorable à leur protection, et dans lequel les sauveteurs avaient peur à la fois de la désapprobation de leurs voisins et aussi des représailles que cette désapprobation pourrait leur entraîner[51]. Tec a aussi noté que les Juifs, pour de nombreuses raisons complexes et pratiques, n'étaient pas toujours prêts à accepter l'aide qui leur était disponible[52]. Certains Juifs n'attendaient pas d'aide de leurs voisins polonais — en fait, certains étaient surpris d'avoir reçu de l'aide de certaines personnes qui avaient montré une attitude antisémite avant la guerre[20],[53]. Le même sentiment a été exprimé par Mordecai Paldiel, l'ancien Directeur du Département des Justes auprès de Yad Vashem, qui écrit que le dégoût généralisé pour les meurtres commis par les Nazis était parfois accompagné d'un sentiment de soulagement à la disparition des Juifs[54]. Une étude de Yad Vashem sur Żegota cite un entretien dans lequel le vice-président de l'organisation, Tadeusz Rek, mentionne son rapport auprès des représentants du Gouvernement polonais en exil affirmant "que l'écrasante majorité de la société polonaise est hostile à ce soulagement grandissant."[55] Paulsson et Pawlikowski écrivent que dans l'ensemble, de telles attitudes négatives n'étaient pas un facteur important qui empêchait la survie des Juifs abrités ou bien le travail de sauvetage de l'organisation Żegota[20],[53].

Le fait que la communauté polono-juive ait été décimée pendant la Seconde Guerre mondiale, associé avec les histoires au sujet de Polonais collaborateurs, a contribué à créer, en particulier chez les Israéliens et les Juifs américains, un stéréotype durable comme quoi la population polonaise s'était montrée passive envers la souffrance des Juifs, voire l'avait encouragée. Cependant, la recherche contemporaine va à l'encontre de cette idée reçue que l'antisémitisme polonais aurait été irréductible ou différent de l'antisémitisme occidental d'alors ; elle a aussi trouvé que de telles affirmations comptent parmi les stéréotypes polonophobes[56]. La présentation de preuves sélectionnées pour soutenir des idées préconçues a conduit une certaine presse populaire à dresser un tableau exagérément simpliste et amenant souvent à des conclusions erronées au sujet du rôle joué par les Polonais au moment de l'Holocauste[20],[56].

Punition pour l'aide apportée aux Juifs[modifier | modifier le code]

Annonce de la peine de mort pour les Juifs capturés à l'extérieur du Ghetto et pour les Polonais qui les aident.

Dans le but de décourager les Polonais à aider les Juifs et pour détruire tout effort de résistance, les Allemands ont appliqué une politique de représailles impitoyable. Le 10 novembre 1941, la peine de mort était introduite par Hans Frank, gouverneur du Gouvernement Général, pour être appliquée sur les Polonais qui aidaient les Juifs "de quelque façon que ce soit: en les hébergeant pour la nuit, en les transportant par n'importe quel véhicule que ce soit" ou "nourri[ssant] des Juifs fugitifs ou leur vend[ant] des denrées alimentaires." Cette loi fut rendue publique par des affiches distribuées dans toutes les grandes villes su pays[57].

L'imposition de la peine de mort pour les Polonais qui aidaient des Juifs est spécifique à la Pologne et ne touchait pas les autres pays occupés par les Nazis, et elle était le résultat de la nature remarquable et spontanée d'une telle aide[2]. Par exemple, la famille Ulma (le père, la mère et leurs six enfants) du village de Markowa près de Łańcut – où beaucoup de familles dissimulaient leurs voisins juifs – furent exécutés par les Nazis en même temps que les huit Juifs qu'ils cachaient[58]. La famille Wołyniec au complet à Romaszkańce fut massacrée pour avoir abrité trois Juifs échappés d'un ghetto. À Maciuńce, pour avoir caché des Juifs, les Allemands exécutèrent par balle huit membres de la famille de Józef Borowski en même temps que lui-même et quatre invités qui se trouvaient être là ce jour-là[59]. Les brigades de la mort nazies perpétraient des exécutions de masse de villages entiers quand ils découvraient que l'aide aux Juifs s'était organisée au niveau communal[19],[60]. Dans les villages de Białka près de Parczew et Sterdyń, près de Sokołów Podlaski, 150 villageois furent massacrés pour avoir abrité des Juifs[61]. En novembre 1942, la 14e Division de Waffen Grenadier des SS Galicia (une brigade SS ukrainienne) a exécuté vingt villageois de Berecz en Volhynie, pour avoir apporté leur aide à des Juifs qui s'étaient échappés du ghetto de Povorsk[62]. Michał Kruk et plusieurs autres personnes à Przemyśl furent exécutés le 6 septembre 1943 (voir photo) pour l'aide qu'ils avaient donnée à des Juifs. En tout, dans la ville et ses environs 415 Juifs (parmi lesquels 60 enfants) furent sauvés, en retour de quoi les Allemands tuèrent 568 personnes de nationalité polonaise[63]. Plusieurs centaines de Polonais furent massacrés avec leur prêtre, Adam Sztark, à Słonim, le 18 décembre 1942, pour avoir abrité des Juifs dans une église. À Huta Stara, près de Buczacz, des Polonais chrétiens et les Juifs du pays qu'ils protégeaient furent rassemblés dans une église par les Nazis et brûlés vifs, le 4 mars 1944[64]. Dans les années 1942-1944, environ 200 paysans furent exécutés par balle et brûlés par la suite, en représailles, rien que dans la région de Kielce[65].

Exécution publique de Michał Kruk et de plusieurs autres personnes à Przemyśl.

Des communautés entières qui avaient aidé à abriter des Juifs furent annihilées. Ce fut le cas au village de Huta Werchobuska près de Złoczów qui est aujourd'hui rayé de la carte. Ce fut le cas aussi à Zahorze près de Łachwa[66], Huta Pieniacka près de Brody[67] ou encore Stara Huta, près de Szumsk, et qui existent encore[68].

Il faut savoir que, après la fin de la guerre, les Polonais qui avaient sauvé des Juifs pendant l'occupation nazie devinrent très souvent victimes de la répression orchestrée par le Ministère de la Sécurité intérieure polonais, puisque leur dévouement instinctif à la justice sociale était mal perçu par le gouvernement. En conséquence, l'aide que des Polonais avaient pu apporter aux Juifs pendant la guerre est devenu un sujet tabou pendant toute la période communiste[65]

Des Juifs dans les villages polonais[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de villages polonais dans leur entièreté fournirent un abri contre la capture par les Nazis, offrant la protection à leurs voisins Juifs ainsi qu'une aide aux réfugiés des autres villages et des personnes qui s'étaient échappées des ghettos[69]. Une recherche effectuée après la guerre a confirmé qu'une protection à l'échelle du village s'était produite à Głuchów, près de Łańcut, où tout le monde a participé[70], tout comme dans les villages de Główne, Ozorków, Borkowo près de Sierpc, et Dąbrowica près d'Ulanów, à Głupianka près d'Otwock[71], et à Teresin, près de Chełm[72].

Les formes de protection variaient d'un village à l'autre. À Gołąbki, la ferme de Jerzy et Irena Krępeć a fourni une cachette pour une trentaine de Juifs ; des années après la guerre, le fils des Krępeć se remémorait lors d'une interview donnée au Montreal Gazette que leur acte était "un secret de polichinelle au village [que] chacun savait devoir taire" et que les autres villageois aidaient, "ne serait-ce que pour fournir un repas."[73] Un autre couple de fermiers, Alfreda et Bolesław Pietraszek, fournirent un abri pour des familles juives soit 18 personnes à Ceranów près de Sokołów Podlaski, et leurs voisins apportaient de la nourriture à ceux qui se cachaient[74].

Deux décennies après la fin de la guerre, un partisan juif nommé Gustaw Alef-Bolkowiak a identifié les villages suivants dans la zone de Parczew-Ostrów Lubelski où "presque toute la population" a aidé des Juifs: Rudka, Jedlanka dans la région de Lublin, Makoszka, Tyśmienica et Bójki[69]. Les historiens ont des documents sur une douzaine de villageois de Mętów qui, dans la zone de Głusk, à l'extérieur de Lublin, ont abrité des Juifs polonais[75].

Dans certains cas documentés, des Juifs polonais qui étaient cachés changeaient d'habitation dans le même village. Des fermiers de Zdziebórz près de Wyszków ont abrité, à tour de rôle, deux hommes juifs qui plus tard ont rejoint la résistance polonaise dans l'Armia Krajowa[76]. Le village entier de Mulawicze, près de Bielsk Podlaski a pris sous sa responsabilité la survie d'un petit garçon juif de neuf ans devenu orphelin[77]. Différentes familles se sont relayées pour cacher une fille juive dans plusieurs maisons de Wola Przybysławska, près de Lublin[78], et dans les environs de Jabłoń, près de Parczew, beaucoup de Juifs polonais cherchèrent et trouvèrent un refuge[79].

Les Juifs polonais étaient appauvris, incapables de donner de l'argent en retour, mais ils recevaient tout de même de la nourriture, des vêtements, un abri et de l'argent fournis par quelques petites communautés[80] ; les historiens ont confirmé qu'un tel fait s'est produit dans le village de Czajków, près de Staszów[81] ainsi que dans plusieurs autres villages près Łowicz, à Korzeniówka, près de Grójec et, près de Żyrardów, à Łaskarzew, et à travers la Voïévodie de Kielce[82].

Dans des tout petits villages où il n'y avait pas de présence permanente de militaires nazis, tels que Dąbrowa Rzeczycka, Kępa Rzeczycka et Wola Rzeczycka, près de Stalowa Wola, quelques Juifs étaient capables de participer ouvertement à la vie communautaire. Olga Lilien, se remémorant ses souvenirs de la guerre dans le livre To Save a Life: Stories of Holocaust Rescue (Sauver une vie: Histoires de sauvetages de la Shoah, édité en 2000), raconte qu'elle était abritée par une famille polonaise dans un village près de Tarnobrzeg, où elle a survécu à la guerre malgré l'information officielle d'une récompense de 200 deutsche mark offerte par les occupants nazis pour toute information concernant des Juifs en cavale[83]. Chava Grinberg-Brown de la zone de Wiskitki se remémore dans entretien d'après la guerre que quelques fermiers allèrent jusqu'à menacer physiquement un membre de leur village qui avait émis l'idée de trahir sa position[84]. Natan Gros, écrivain israélien, né en Pologne et survivant de la Shoah, dans son livre Who Are You, Mr. Grymek? (Qui êtes-vous, M. Grymek?), y parlait d'un village près de Varsovie où un collaborateur nazi local a été obligé de fuir quand on a su qu'il avait rapporté où se trouvait un Juif caché[85].

Néanmoins ceux qui avaient sauvé des Juifs pendant la guerre se retrouvèrent après dans différents cas de figure. Antonina Wyrzykowska, l'une des Justes, et son mari avaient fourni un abri à sept Juifs qui avaient survécu au Massacre de Jedwabne, dans lequel au moins 340 Juifs polonais avaient trouvé la mort brûlés vifs dans une étable par leurs voisins[86],[87]. Wyrzykowska parvint avec succès à cacher les sept personnes dans deux abris enterrés chez elle, dans les environs de Yanczewka de juillet 1941 jusqu'à la libération, 28 mois plus tard. Elle était parvenue à échapper aux recherches menées par la Gestapo en gardant des moutons au-dessus des abris, et en répandant de l'essence pour brouiller la piste des réfugiés au flair des chiens limiers. Après la libération, Wyrzykowska fut tondue et battue par ses voisins pour avoir caché des Juifs et elle fut contrainte de quitter le village[88],[89],[90],[91],[92],[93].

Des Juifs dans les villes polonaises[modifier | modifier le code]

Irena Sendler a fait passer en contrebande 2500 enfants juifs hors du Ghetto de Varsovie

Dans les villes et métropoles de Pologne, les occupants nazis créèrent des ghettos qui servaient à emprisonner la population juive locale. Les rations alimentaires attribuées par les Allemands aux ghettos condamnaient leurs habitants à la famine[94]. La contrebande de nourriture dans les ghettos et de marchandises hors des ghettos, organisée par des Juifs et des Polonais, était l'unique moyen de subsistance de la population juive dans les ghettos. La différence de prix entre le côté aryen les ghettos et le côté juif était grande, allant jusqu'à 100 %, mais aussi le risque était important. Des centaines de contrebandiers polonais et juifs entraient et sortaient des ghettos, généralement la nuit ou bien à l'aube, en passant par des ouvertures faites dans les murs, des tunnels souterrains et des égouts ou encore ils passaient par les barrières en payant des pots-de-vin[95].

La Résistance Polonaise pressaient les Polonais à soutenir la contrebande[95]. La punition pour contrebande était l'exécution immédiate à l'endroit où l'on se faisait prendre[95]. Parmi les contrebandiers juifs qui périrent se trouvaient des vingtaines d'enfants âgés de cinq ou six ans, sur lesquels les Nazis tiraient aux sorties des ghettos et près des murs. Alors qu'un sauvetage collectif était impossible dans de telles circonstances, beaucoup de chrétiens polonais dissimulèrent leurs voisins juifs. Par exemple, Zofia Baniecka et sa mère sauvèrent plus de 50 Juifs dans leur maison entre 1941 et 1944. Paulsson, dans sa recherche sur les Juifs de Varsovie, est arrivé à la conclusion que les résidents polonais de la ville avaient réussi à soutenir et dissimuler le même pourcentage de Juifs que les résidents des autres grandes villes européennes sous occupation nazie[38].

Dix pour cent de la population polonaise de Varsovie était activement impliqué dans la protection de leurs voisins juifs[20]. On estime que le nombres de Juifs qui vivaient en se cachant du côté aryen de la capitale en 1944 était d'au moins 15 000 à 30 000 personne et dépendait d'un réseau de 50 000 à 60 000 Polonais qui fournissaient un abri, et à peu près la moitié autant qui apportaient leur aide par d'autres façons[20],[96].

Organisations consacrées au sauvetage des Juifs[modifier | modifier le code]

Des membres de Żegota au troisième anniversaire de le Soulèvement du ghetto de Varsovie.

Plusieurs organisations ont été créées et dirigées par des Polonais de souche. Elles comptaient dans leurs membres des Juifs activistes clandestins et étaient consacrées au sauvetage de la communauté polono-juive[97]. Parmi celles-ci, Żegota, le Conseil pour Aider les Juifs, était la plus importante[53]. Elle était unique non seulement en Pologne, mais dans toute l'Europe occupée par les Nazis, comme il n'y avait pas d'autre organisation dédiée uniquement à cet objectif[53],[98]. Żegota concentrait ses efforts dans le sauvetage des enfants juifs à l'encontre desquels les Allemands étaient particulièrement cruels[53],[96]. Le sociologue polonais Tadeusz Piotrowski estime que la moitié des Juifs qui ont survécu à la guerre (plus de 50 000) ont été aidées par Żegota d'une manière ou d'une autre – soutien financier, légalisation, soutien médical, soin des enfants, et aide contre les maîtres-chanteurs[99]. Dans son étude de 1977, Joseph Kermish affirme qu'un nombre de sources polonaises surévaluent les degrés de soutien apportés par Żegota aux Juifs, sauvant peut-être seulement quelques milliers de Juifs (bien que ce chiffre plus bas ne compte que les personnes sauvées à Varsovie au lieu de compter toute la Pologne occupée) ; néanmoins l'étude convient que les activités de Żegota "constituent l'un des plus brillants chapitres des efforts faits pour apporter du soulagement aux Juifs."[100].

Le plus célèbre membre de Żegota fut certainement Irena Sendler, qui a organisé avec succès le passage clandestin de 2 500 enfants juifs hors du Ghetto de Varsovie[101]. En outre de Żegota, il y avait d'autres organisations peu nombreuses, plus petites, et pas aussi efficaces, qui incluaient dans leurs activités l'aide aux Juifs. Certaines d'entre elles étaient associées à Żegota[102].

Les Juifs et l'Église Catholique[modifier | modifier le code]

L'Église catholique romaine en Pologne a fourni à beaucoup de Juifs persécutés de la nourriture et un abri pendant la guerre[102], bien que les monastères ne pussent garantir aucune immunité aux prêtres et aux moines polonais contre la peine de mort[103]. Presque chaque institution catholique en Pologne s'est occupée de quelques Juifs, généralement des enfants avec un faux certificat de baptême et une fausse ou vague identité[20]. En particulier, les couvents de religieuses catholiques en Pologne (voir Sœur Bertranda), ont joué un rôle majeur dans les efforts de sauvetage et de protection des Juifs Polonais, et les Sœurs Franciscaines ont à leur crédit le plus grand nombre d'enfants juifs sauvés[104],[105]. Les deux tiers de tous les couvents de Pologne ont participé au sauvetage, selon toute vraisemblance avec le soutien et l'encouragement de leur hiérarchie[106]. Ces efforts étaient soutenus par les évêques polonais locaux et par le Vatican lui-même[105]. Les chefs des couvents n'ont jamais révélé le nombre exact d'enfants qui furent sauvés dans leurs institutions, et pour des raisons de sécurité les noms des enfants sauvés n'ont jamais été enregistrés. Les institutions juives n'ont pas statistiques qui pourraient clarifier cela[103]. L'enregistrement systématique de témoignages n'a pas commencé avant le début des années soixante-dix[103]. Dans les villages d'Ożarów, Ignaców, Szymanów, et Grodzisko près de Leżajsk, les enfants juifs étaient pris en charge par les couvents catholiques et par les communautés des environs. Dans ces villages, les parents chrétiens ne retirèrent pas leurs enfants des écoles où se retrouvaient les enfants juifs[107].

Irena Sendler, responsable de la section enfance pour l'organisation Żegota (le Conseil d'Aide aux Juifs), a coopéré de très près avec les travailleurs sociaux et les religieuses catholiques et, notamment, Matylda Getter qui la responsable provinciale des Sœurs Franciscaines de la Famille de Marie, pour sauver les enfants juifs échappés du Ghetto de Varsovie. Les enfants étaient placés dans des familles polonaises, dans l'orphelinat des Sœurs de la Famille de Marie, ou bien dans des couvents catholiques tels que ceux des Petites Sœurs Servantes de la Bienheureuse Vierge Marie Immaculée[108] à Turkowice (pl) et à Chotomów. Sœur Matylda Getter a sauvé entre 250 et 550 enfants juifs dans différentes installations d'éducation et de soin pour enfants à Anin, Białołęka, Chotomów, Międzylesie, Płudy, Sejny, Vilnius et d'autres endroits[109].

Les historiens ont déterminé que dans certains villages, des familles juives ont survécu à la Shoah en vivant sous de fausses identités en tant que chrétiens — ce que leurs voisins savaient mais ils ne trahirent pas leur véritable identité. Ceci a été confirmé dans les villages de Bielsko en Haute-Silésie, de Dziurków près de Radom, d'Olsztyn près de Częstochowa, de Korzeniówka près de Grójec, et du triange entre Łaskarzew, Sobolew et Wilga, et dans plusieurs villages près de Łowicz[110].

Certaines personnalités officielles dans la vieille prêtrise polonaise restèrent cependant hostiles à l'égard des Juifs – une attitude théologique bien connue d'avant la guerre[20],[111],[112]. Après la guerre, certains couvents ont refusé de remettre les enfants à des institutions juives qui les réclamaient et ont refusé de dévoiler les identités des parents adoptifs, ce qui a forcé les agences gouvernementales et les cours de justice à intervenir[113].

Les Juifs et le Gouvernement polonais[modifier | modifier le code]

"L'extermination de masse des Juifs dans la Pologne occupée par l'Allemagne", note de la République de Pologne adressée aux Nations unies, 1942

Le manque d'effort international pour aider les Juifs provoqua une indignation politique de la part du Gouvernement polonais en exil qui résidait en Grande-Bretagne. Le gouvernement a souvent exprimé publiquement le scandale des meurtres en masse des Juifs par les Allemands. En 1942, le Directoire de la Résistance civile, faisant partie de l'Etat polonais clandestin, a publié une déclaration basée sur les rapports de la résistance polonaise. On y lisait[114]:

« Depuis maintenant près d'un an, en plus de la tragédie du peuple polonais qui se retrouve massacré par l'ennemi, notre pays a été le décor d'un terrible massacre organisé sur les Juifs. Ce meurtre de masse ne trouve aucune comparaison dans les annales de l'humanité ; à côté de cela, les plus célèbres atrocités connues dans l'histoire paraissent insignifiantes. Incapables d'agir contre cette situation, nous, au nom du peuple polonais tout entier, protestons contre le crime qui est perpétré contre les Juifs ; toutes les organisations politiques et publiques se joignent à cette protestation. »

Le gouvernement polonais a été le premier à informer les Alliés occidentaux au sujet de la Shoah, bien que les premiers rapports ait souvent rencontré l'incrédulité de la part même des chefs juifs eux-mêmes ; par la suite, et pour plus longtemps, de la part des puissances occidentales[98],[99],[102],[115],[116],[117]. Witold Pilecki était un membre de l'Armée de l'Intérieur polonaise, et la seule personne qui se soit portée volontaire pour être emprisonnée à Auschwitz. En tant qu'agent de la résistance, il a commencé à envoyer de nombreux rapports mentionnant camp et génocide aux chefs de la Résistance polonaise à Varsovie en passant par le réseau de résistance qu'il avait organisé à Auschwitz. En mars 1941, les rapports de Witold Pilecki ont été transférés par la résistance polonaise au Gouvernement britannique à Londres mais les autorités britanniques rejetèrent ces rapports de l'AK sur les atrocités, les considérant comme de grossières exagérations et une propagande du gouvernement polonais.

De même, Jan Karski, qui avait servi comme courrier entre la résistance polonaise et le Gouvernement polonais en exil, était passé en cachette à l'intérieur du Ghetto de Varsovie et avait ensuite rapporté aux gouvernements polonais, britannique et américain la situation des Juifs en Pologne[118]. En 1942, Karski avait rapporté à ces gouvernements la situation générale en Pologne et particulièrement la destruction du Ghetto de Varsovie et de la Shoah des Juifs. Il a rencontré des politiciens polonais en exil: le premier ministre, des membres de partis politiques tels que le PPS (Polska Partia Socjalistyczna - Parti Polonais Socialiste), le SN (Stronnictwo Narodowe - Parti National), le SP (Stronnictwo Pracy - Parti du Travail), le SL (Stronnictwo Ludowe - Parti Populaire), l'Union générale des travailleurs juifs et le Poale Zion. Il a aussi parlé à Anthony Eden, le Secrétaire britannique des Affaires Étrangères, lui donnant une description détaillée de ce qu'il avait vu à Varsovie et à Bełżec. En 1943, à Londres, il a rencontré Arthur Koestler, un journaliste très connu de l'époque. Il a ensuite fait le voyage jusqu'aux États-Unis et rapporté l'information au Président Franklin D. Roosevelt.

En juillet 1943, Jan Karski fit à nouveau un rapport personnel à Roosevelt au sujet de la détresse des Juifs polonais, mais le président "interrompit l'émissaire polonais et lui demanda quelle était la situation des… chevaux" en Pologne[119],[120]. Karski a aussi rencontré beaucoup de politiciens au gouvernement et des chefs civils aux États-Unis, parmi lesquels Felix Frankfurter, Cordell Hull, William Joseph Donovan, et Stephen Wise. Karski a aussi présenté son rapport aux média, à des évêques de différentes confessions (incluant le Cardinal Samuel Stritch), et aussi des membres de l'industrie du film hollywoodienne et à des artistes, mais sans succès. Beaucoup de ceux à qui il parlait ne le croyaient pas et, une fois de plus, supposèrent que son témoignage était grandement exagéré ou bien était de la propagande du Gouvernement polonais en exil.

Le corps politique suprême du gouvernement clandestin en Pologne était Delegatura. Il n'y avait aucun représentant juif en son sein[121]. La Delegatura finançait et apportait son soutien à Żegota, l'organisation d'aide aux Juifs polonais – tenue à la fois par des Juifs et des non-Juifs[122]. Żegota a reçu près de 29 millions de zlotys (plus de 5 millions de dollars ; soit 13,56 fois cette somme pour la valeur actuelle de la monnaie)[123] de la part de la Delegatura depuis 1942 pour le soutien financier de milliers de familles juives élargies en Pologne[124]. Le gouvernement en exil a aussi fourni une aide particulière – des fonds, des armes et d'autres fournitures – aux organisations de résistance juive (comme ŻOB et ŻZW), surtout à partir de 1942[116]. Le gouvernement en intérim a transmis des messages de la résistance juive vers l'Ouest et donna son soutien à leurs demandes de représailles sur des cibles allemandes si les atrocités n'étaient pas arrêtées – une requête qui a été rejetée par les gouvernements Alliés[116]. Le gouvernement polonais a aussi essayé, sans trop de succès, d'augmenter les chances des réfugiés polonais en leur trouvant un refuge sûr dans des pays neutres et de prévenir de la déportation les Juifs qui s'étaient échappés de la Pologne occupée[116].

Le Délégué polonais (du Gouvernement en exil) qui résidait en Hongrie, Henryk Sławik, a aidé à sauver plus de 5,000 Juifs Polonais et Hongrois à Budapest, en leur donnant de faux passeports polonais comme non-juifs[125].

Avec deux membres du Conseil National, les Juifs polonais étaient suffisamment représentés dans le gouvernement en exil[116]. Et aussi, en 1943 une section des affaires juives de l'État clandestin fut créée par la Delegatura ; elle avait à sa tête Witold Bieńkowski et Władysław Bartoszewski[114]. Son but était d'organiser les efforts touchant la population Juives polonaise, d'être en contact avec Żegota, et de préparer un dossier sur le sort des Juifs à l'intention du gouvernement à Londres[114]. Malheureusement, un très grand nombre de Juifs polonais avait déjà été tués avant même que le Gouvernement en exil ne réalise pleinement ce qui se passait lors de la Solution Finale[116]. D'après David Engel et Daniel Stola, le Gouvernement en exil s'intéressait d'abord au sort de la population polonaise en général, à rétablir une État polonais indépendant et à s'établir comme un partenaire d'égale valeur parmi les forces alliées[116],[117],[126]. Par dessus toutes ses faiblesses, le Gouvernement en exil était le sujet de la suspicion de l'Ouest, en particulier les Juifs américains et britanniques, réticents à l'idée de critiquer leurs propres gouvernements pour leur inaction dans le sauvetage de leurs coreligionnaires[116],[127].

Le gouvernement polonais et ses représentants clandestins sur le territoire exprimèrent dans des déclarations que les gens qui agissaient contre les Juifs (les maîtres-chanteurs et les autres) seraient punis de mort[41]. Le Général Władysław Sikorski, Premier Ministre et Commandant-en-Chef des Forces Armées Polonaises, signa un décret où il interpellait la population polonaise à étendre son aide aux Juifs persécutés, en ces termes[128]:

« Tout Polonais qui collabore à leurs actes de meurtre, soit part extorsion, part délation de Juifs, soit en exploitant leur terrible détresse ou en participant à des actes de vol sur eux, commet un délit très grave contre les lois de la République Polonaise. »

Cependant, selon Michael C. Steinlauf, ces déclarations furent rarement accompagnées d'appels aux Polonais à aider les Juifs avant le Soulèvement du ghetto de Varsovie en 1943[129]. Steinlauf remarque que dans un discours prononcé à Londres, Sikorski avait promis des droits égaux pour les Juifs après la guerre, mais la promesse fut omise dans l'édition de la version polonaise du discours[129]. D'après David Engel, la loyauté des Juifs polonais à la Pologne et aux intérêts polonais avait été remise en cause par certains membres du gouvernement exilé[117],[126], ce qui entraîna des tensions politiques[130]. Surtout, comme le souligne Stola, le gouvernement polonais était en fait aussi peu préparé à faire face à la Shoah que les autres gouvernements alliés, et cette hésitation du gouvernement à solliciter la population polonaise en général à aider les Juifs ne s'est estompée qu'après que les rapports sur la Shoah fussent devenus plus répandus[116].

Szmul Zygielbojm, un membre du Conseil National du Gouvernement polonais en exil, s'est suicidé en mai 1943, à Londres, en signe de protestation face à l'indifférence des gouvernements alliés à l'égard de la destruction du peuple juif, et à l'échec du gouvernement polonais à soulever l'opinion publique à la mesure de la tragédie qui s'abattait sur les Juifs polonais[131].

La Pologne, seul pays à avoir un État clandestin, fut aussi le seul pays dans l'Europe occupée à avoir un système judiciaire clandestin complet[132]. Ces cours clandestines fonctionnaient en respectant les procédures (évidemment limitées par les circonstances) et, par conséquent, il pouvait s'écouler des mois avant qu'une sentence de mort ne fût exécutée, comme on peut s'y attendre dans des systèmes judiciaires ordinaires[132]. Cependant, Prekerowa souligne que les peines de mort ne commencèrent à être prononcées qu'en septembre 1943, ce qui voulait dire que les maîtres-chanteurs ont été actifs en toute impunité pendant 3 ans à partir de la fermeture des ghettos en automne 1940[133]. Dans l'ensemble, ce n'est que vers la fin de 1942 que la résistance polonaise a légiféré et organisé des cours non-militaires autorisées à exécuter des sentences de mort pour des crimes civils, tels que la collaboration sans objet de traîtrise, l’extorsion et le chantage[132]. D'après Joseph Kermish, parmi les milliers de collaborateurs condamnés à mort par les Tribunaux spéciaux et exécutés par les combattants de la résistance polonaise qui risquaient leur vie en allant appliquer ces verdicts[133], très peu étaient explicitement des maîtres-chanteurs ou des informateurs qui avaient persécuté des Juifs[41]. Ceci, selon Kermish, entraîna une audace croissante de certains maîtres-chanteurs dans leurs activités criminelles[41]. Marek Jan Chodakiewicz écrit qu'un nombre de Juifs Polonais ont été exécutés pour avoir dénoncé d'autres Juifs. Il remarque que puisque les informateurs nazis dénonçaient souvent les membres de la résistance tout comme les Juifs en cavale, l'accusation de collaboration englobait tout et les sentences proclamées concernaient un cumul de crimes[134].

Les unités de l'Armia Krajowa sous le commandement d'officiers du parti gauchiste Sanacja, du PPS ainsi que les centristes du Parti démocrate accueillaient des combattants juifs qui se battaient avec les Polonais sans problèmes provenant de leur identité ethnique. Comme l'a remarqué Joshua D. Zimmerman, beaucoup de stéréotypes négatifs sur l'Armia Krajowa parmi les Juifs provenaient de la lectures d'ouvrages d'après-guerre sur le sujet et non d'expériences personnelles[135]. En dépit de la représentation juive-polonaise dans le gouvernement en exil installé à Londres, certaines unités droitistes de l'Armia Krajowa – comme l'a remarqué Joanna B. Michlic – faisaient preuve d'un ethno-nationalisme qui excluait les Juifs. De même, quelques membres de la Delegatura faisaient une distinction entre les Juifs polonais et les Polonais polonais[136]. L'historien Israel Gutman a souligné que Stefan Rowecki, un chef de l'AK, plaida pour l'abandon des tergiversations de la résistance et pour le lancement d'un soulèvement général si jamais les Allemands entamaient une campagne d'extermination contre les Polonais de souche, tandis qu'aucun plan de ce genre n'existait au moment où l'extermination des citoyens juifs polonais était en cours[137]. D'autre part, le gouvernement polonais d'avant-guerre a non seulement armé et entraîné des troupes paramilitaires juives telles que Lehi mais aussi – alors qu'il était en exil – il a accepté des milliers de combattants juifs polonais dans l'Armée d'Anders incluant des chefs tels que Menachem Begin. La politique de soutien a continué tout le temps de la guerre avec l'Organisation de combat et l'Union militaire juive qui faisaient partie intégrale de la résistance polonaise[138].

Liste partielle des communautés[modifier | modifier le code]

On peut trouver dans l'article en anglais de Wikipédia la liste partielle des communautés polonaises qui s'engagèrent de manière collective dans le sauvetage de Juifs pendant la Shoah, telle qu'elle se retrouve dans les différents ouvrages cités dans cet article. Il arrive que l'orthographe des localités ou des régions ait été alors corrigée pour être adaptée aux noms donnés aujourd'hui[139].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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