Satprem

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Satprem

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Portrait de Satprem

Nom de naissance Bernard Enginger
Naissance 30 octobre 1923
Paris, France
Décès 9 avril 2007 (à 83 ans)
Nationalité Française
Profession écrivain

Satprem, de son vrai nom Bernard Enginger, né à Paris le 30 octobre 1923 et mort le 9 avril 2007[1], est un écrivain français proche de Aurobindo Ghose et Mirra Alfassa.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant l'Inde[modifier | modifier le code]

Bernard Enginger est d'abord élève au collège de Jésuites d'Amiens, d'où il est renvoyé. Il poursuit ses études secondaires dans un lycée parisien jusqu'au baccalauréat puis intègre une classe préparatoire à l'école coloniale. Il voit d'abord en André Gide son premier maître spirituel[2]. Il entre alors dans le réseau de résistance "Turma Vengeance" (c'est sous ce titre qu'il obtiendra la Médaille de la Résistance après-guerre). Il est arrêté par la Gestapo à l'âge de vingt ans et passe un an et demi dans le camp de concentration de Buchenwald[3]. Il déclare ensuite que la lecture de Gide lui a permis de survivre à cette épreuve.

Auprès de Mirra Alfassa[modifier | modifier le code]

Il se retrouve ensuite en Haute-Égypte, puis en Inde, au gouvernement de Pondichéry[4]. Il y rencontre Aurobindo Ghose et Mirra Alfassa. Il déclare que leur message « l'homme est un être de transition » donne un sens à sa vie. Il démissionne des colonies pour se rendre en Guyane, au Brésil et en Afrique[5].

En 1953, à l'âge de trente ans, il revient définitivement en Inde auprès de Mirra Alfassa, dont il devient le confident et le témoin pendant près de vingt ans. Elle lui présente Sujata Nahar en 1954 qui devient sa femme.

Le 3 mars 1957, Mirra Alfassa lui donne son nom, Satprem (« vérité et amour » ou « celui qui aime vraiment » en Sanskrit)[6].

En 1959, Satprem quitte à nouveau l'ashram de Pondicherry. Il devient disciple d'un prêtre tantrique du temple de Rameshwaram. Puis, en tant que disciple d'un autre yogi, il passe six mois à errer sur les routes de l'Inde comme mendiant sannyasin pratiquant le Tantra, ce qui lui donnera les bases de son second essai, « Par le corps de la terre, ou le Sannyasin ».

Il revient ensuite à l'ashram, auprès de Mirra Alfassa, qui l'invite de temps en temps dans ses appartements pour travailler en connexion avec le Bulletin de l'ashram. Lors de ces rencontres, Satprem pose davantage de questions et décide finalement d'enregistrer leurs conversations. Ces enregistrements vont constituer « l'Agenda », dont le premier volume comprend également des lettres écrites à Mirra Alfassa par Satprem durant ses jours sur les routes.

Sous le regard de Mirra Alfassa, il consacre un premier essai à Aurobindo Ghose, « Sri Aurobindo et l'Aventure de la Conscience » : « Le règne de l'aventure est terminé. Même si nous allons jusqu'à la septième galaxie, nous irons là casqués et mécanisés, et nous nous retrouverons tels que nous sommes : des enfants devant la mort, des vivants qui ne savent pas très bien comment ils vivent ni pourquoi ni où ils vont. Et sur la terre, nous savons bien que le temps des Cortez et des Pizarre est fini : la même Mécanique nous enserre, la souricière se referme. Mais comme toujours, il se révèle que nos plus sombres adversités sont nos meilleures occasions et que l'obscur passage est un passage seulement, conduisant à une lumière plus grande. Nous sommes donc mis au pied du mur, devant le dernier terrain qu'il nous reste à explorer, l'ultime aventure : nous-mêmes. »[7]. Ce livre est l'introduction la plus populaire à l'œuvre d'Aurobindo Ghose et de Mirra Alfassa[8].

Le 29 février 1968, lors de l’inauguration d'Auroville, Mirra Alfassa lit la Charte, assise sur un haut tabouret dans sa chambre, Satprem à son côté. « Auroville n’appartient à personne en particulier, mais à toute l’humanité dans son ensemble... »[9].

À l'âge de cinquante ans, Satprem rassemble et publie, l'Agenda de Mirra Alfassa, en 13 volumes, tout en écrivant une trilogie : le Matérialisme divin, l'Espèce nouvelle, la Mutation de la mort puis un dernier essai : Le Mental des Cellules. C'est aussi le moment de la mort de Mirra Alfassa et de la rupture consécutive entre l'ashram d'Auroville et Satprem[10]. Il rapporte que Mirra Alfassa lui aurait interdit l'accès à ses appartements pendant six mois avant sa mort[11]. Un conflit apparaît autour de son souhait de publier l'intégralité de ses dialogues avec Mirra Alfassa, ce à quoi s'opposent les responsables de l'ashram. Satprem exprime alors ses critiques quant à la tournure qu'il juge « dogmatique » de l'enseignement à l'ashram. Les francophones de l'ashram prennent son parti, et le voient comme le successeur de La Mère. Mais Satprem et sa femme sont finalement expulsés en 1978[12].

Après Auroville[modifier | modifier le code]

Au printemps 1980, Frédéric de Towarnicki, journaliste et critique littéraire, part pour l'Inde et rencontre Satprem. Leurs entretiens sont diffusés sur France Culture en décembre puis publiés chez Robert Laffont[13]. Satprem y évoque son passé, retrace son cheminement et l'objet de sa recherche.

En 1981, une équipe de cinéastes dirigée par David Montemurri, réalisateur de la télévision italienne, se rend dans les Nilgiris, les Montagnes Bleues du Sud de l’Inde où Satprem réside à l’époque, pour l’interviewer. « On n’est pas dans une crise morale, on n’est pas dans une crise politique, financière, religieuse, on est dans une crise évolutive. On est en train de mourir à l’humanité pour naître à autre chose... » répond-il aux questions concernant la crise de civilisation que nous traversons actuellement et l’avenir du monde moderne[14].

À cinquante-neuf ans, il se retire complètement pour rechercher un « grand passage » évolutif vers ce qui suivra l'Homme. Sa dernière entrevue, en 1984, a donné lieu à La Vie sans Mort où il relate le début de son expérience dans le corps.

En 1989, après sept années passées à « creuser dans le corps », Satprem écrit un court récit autobiographique où il fait le point de la situation humaine, La Révolte de la Terre.

Vint ensuite en 1992 Evolution II, où il demande : « Après l'homme, qui ? Mais la question est : après l'homme, comment ? » En 1994 paraissent ses Lettres d'un insoumis, deux volumes de correspondance autobiographique. Il écrit en 1995 La tragédie de la terre - de Sophocle à Sri Aurobindo : « Dans cette vaste fresque, qui n'a rien d'un essai didactique, Satprem met en évidence le fil conducteur qui relie Sri Aurobindo, Sophocle et les Rishis védiques et commente : Entre un Occident post-socratique qui ne croit qu'en ses pouvoirs mécaniques sur la Matière et une Asie post-védique qui ne croit qu'en sa libération de la Matière, Sri Aurobindo incarne un autre grand Tournant de notre destinée humaine... »[15].

Ce livre fut suivi en 1998 par La clé des songes et en 1999 par Néanderthal regarde, un court texte comme un appel aux hommes à se réveiller et à se mettre en quête de la vraie humanité. Car, dit Satprem, « Même l'homme de Néanderthal aurait honte de ce que nous sommes devenus »[15]. Suivi en 2000 par La légende du futur. La même année, Satprem entama également la publication de ses Carnets d'une Apocalypse, aujourd'hui 8 volumes d'autobiographie qui s'étendent de 1973, année où Mirra Alfassa décède, à 1987 et décrivent son travail en profondeur dans la conscience du corps.

Satprem est mort le 9 avril 2007. Sa compagne Sujata Nahar est morte peu après lui, le 4 mai 2007.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Publié à Auroville[modifier | modifier le code]

  • L'Orpailleur (1960)
  • Le Véda ou La Destinée Humaine (1961)
  • Sri Aurobindo ou L'Aventure de la Conscience (1964)
  • Le Grand Sens (1969)
  • Sri Aurobindo et l'avenir de la Terre
  • Par le Corps de la Terre ou Le Sannyasin (1974)
  • La Genèse du Surhomme (1974)

Après la rupture avec l'Ashram[modifier | modifier le code]

  • Mère - Une trilogie (1977)
1. Le Matérialisme Divin
2. L'Espèce Nouvelle
3. La Mutation de la Mort
  • Introduction à l'Agenda de Mère (1977)
  • Gringo (1980)
  • Le Mental des Cellules (1981)

Témoignages[modifier | modifier le code]

  • La Vie sans Mort avec Luc Venet (1985)
  • La Révolte de la Terre (1990)
  • Lettres d'un Insoumis - Correspondance en 2 volumes (1994) couvrant la période 1947-1973
  • La Tragédie de la Terre - de Sophocle à Sri Aurobindo (1995)
  • La Clé des Contes (1997)
  • Néanderthal Regarde (1999)
  • Une lettre récente de Satprem (1999)
  • Carnets d'une Apocalypse 1973-1978 (1999)
  • La Légende de l'Avenir (2000) précédé d’Un Coup de Phare.
  • Carnets d'une Apocalypse (suite : 1978-1987) (2000 à 2007)
  • Mémoires d'un patagonien (2002)
  • L'Oiseau Doël (2008)

Au sujet de Satprem[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Institut de Recherches Évolutives Actualités Novembre 2007
  2. Andre Gide and the Second World War: A Novelist's Occupation Jocelyn Van Tuy p. 141
  3. Un autre regard sur l'Inde François Gautier p. 190
  4. « Il était le neveu du dernier Gouverneur français de Pondichéry » Bulletin des amis d'André Gide, Numéros 93 à 96 Association des amis d'André Gide, Centre d'études gidiennes 1992
  5. SATPREM à l'Institut de recherches évolutives
  6. L'Agenda de Mère, Vol 1 p. 48, Institut de Recherches Evolutives
  7. Sri Aurobindo ou L'Aventure de la conscience, Buchet-Chastel. Première édition : 1964
  8. « Cette introduction à Sri Aurobindo (troisième édition revue et corrigée) est un classique, traduit en plus de douze langues. » (Quatrième de couverture de la troisième édition chez Buchet-Chastel, 2003)
  9. Satprem, la grande saga du yogi, par Nicole Elfi, sur Nouvelles Clés, [1]
  10. Satprem
  11. Satprem Mind of the Cells, 1982 p.200, and Agenda vol.13
  12. Richard Titlebaum (1985-1986) [2] "Commentary" From The Journals, Boston, MA, 1985-1986
  13. Sept jours en Inde avec Satprem, éditions Robert Laffont, 1981
  14. L'Homme après l'Homme
  15. a et b LISTE DES PUBLICATIONS

Lien externe[modifier | modifier le code]

Interview de Satprem sur NewLifeChannel