Satoru Kobayashi (réalisateur)

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SATORU KOBAYASHI

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Satoru Kobayashi (1930 - 2001)

Naissance 8 août 1930
Drapeau du Japon Nagano, Japon
Nationalité Drapeau du Japon Japonaise
Décès 15 novembre 2001 (à 71 ans)
Profession Réalisateur japonais

Satoru Kobayashi (小林悟, Kobayashi Satoru?) était un réalisateur japonais surtout connu pour ses films roses (pinku eiga, ピンク映画?) qui ont été la production cinématographique la plus importante au Japon au cours des années 1960 et 1970. Certaines sources japonaises affirment que Kobayashi a réalisé plus de 400 films roses entre 1960 et 1990 faisant de lui le réalisateur le plus prolifique[1], [2].

Les titre des films sont donnés en langue anglaise car, mis à part l'Impuissant, ils n'ont été diffusés que dans les pays anglo-saxons.

Biographie[modifier | modifier le code]

Satoru Kobayashi est né le 8 août 1930 à Nagano, Japon. Comme d'autres jeunes adolescents, Kobayashi a été impliqué dans des activités pacifistes au cours de la Deuxième Guerre mondiale et, de ce fait, a été torturé par la police molitaire japonaise[3]. Au cours d'un entretien avec le responsable de l'Association, Kobayashi a déclaré que ce fut là son premier contact avec la torture et que cette expérience lui a donné l'intérêt et la capacité pour inclure des scènes sadomasochistes dans ses films roses[4].

Carrière[modifier | modifier le code]

Kobayashi a d'abord été réalisateur-assistant aux les studios Shintōhō où, en raison de son attraction pour l'érotisme morbide il a travaillé sous l'égide de Tohuro Ishii et de Hiroshi Shimizu deux maîtres de l'ero guro (grotesque érotique)[4]. Il fait ses premiers pas dans la réalisation avec une production indépendante intitulée Crazy Desire (狂った欲望, Kurutta yokubo?)[5] (1959).

Flesh Market[modifier | modifier le code]

Après la faillite des studios Shintōhō en 1961, Kobayashi se voit contraint de chercher du travail ailleurs[6]. Après une année passée à l'écart du poste de réalisateur, Kobayashi écrit le scénario et dirige le film rose indépendant Flesh Market[7], [5] en 1962. Les films ayant pour sujet une pêcheuse de perles réalisés par studios Shintoho avec l'actrice Michiko Maeda étaient connus au cours des années 1950 pour être les premiers films à comporter des scènes de nudisme. Flesh Market est le premier film japonais à montrer des seins à l'écran. Il est présenté au public le 27 février 1962 et interdit en salles le jour suivant par le Département de la Police Métropolitaine de Tōkyō (警視庁, Keishichō?). Ce fut le premier film d'après la Deuxième Guerre mondiale à être taxé d'obscène[8]. L'année suivante, il est autorisé à paraître après que sept scènes eurent été coupées[9].

Contrairement aux autres films roses plus tardifs, Flesh Market est une production indépendante distribuée sous le manteau dans des salles réservées aux adultes[10]. Le film connaît un succès au box-office. Avedc un petit budget de seulement 8 millions de Yens (environ €60.000) il a rapporté 100 millions de Yens (environ €750.000), un grand profit pour une publication indépendante[9]. Le succès de ce film marque le début de l'engouement pour les films roses qui marquera les 40 années suivantes[2]. Tamaki Katori, l'actrice principale du film, prêtera son concours à plus de 600 films roses tout au long des années 1960 et gagnera le surnom de Princesse Rose[9]. Le film marque le début de carrière de Kobayashi dans les films roses.

Milieu de carrière[modifier | modifier le code]

Kobayashi réalisera 400 films du genre entre 1960 et 1990[1]. Son intérêt pour les films d'horreur lui fait réaliser des films d'épouvante faisant appel au surnaturel comme Okinawa Ghost Story (沖縄怪談, Okinawa kaidan?) (1962) avec Tamaki Katori[11] et Caucasian Ghost (怪談異人幽霊, Kaidan ijin yurei?) (1963)[12].

Avec Impotent (en français: l'Impuissant) (不能者, Funosha?) (1966), Kobayashi se fourvoie dans un thème social cependant important. La publicité l'annonce comme étant « le premier film traitant de la maladie du modernisme! » Ainsi que le souligne Weisser & coll. dans son livre intitulé Japanese Cinema Encyclopedia: The Sex Films, traiter de l'impuissance est un mauvais choix pour un film rose.

Après cet échec, Kobayashi revient à des sujets plus classiques pour ce genre de films[13]. Il réalise Disheveled Hair (みだれ髪, Midaregami?) (1967), une histoire d'amour entre les filles et les clients d'un lupanar. Ce film, léger et libertin, connaît un succès qui contraste avec le sérieux d' Impotent. Le personnage principal, l'actrice Yasuko Matsui, n'est autre que la femme de Kobayashi qui interprètera ou fera une apparition dans maints des films de son mari au cours des années 1960. Le succès de ce film pousse les studios Mutsukuni Eiga à produire une suite. S'éloignant de l'histoire originelle, privée du réalisateur Kobayashi et de l'actrice Yasuko Matsui, cette suite ne reçoit pas le même accueil de la part du public[1].

Kobayashi réalise Pleasure of a Bitch (あばずれの悦楽, Abazure no kairaku?) en 1967. Il y dirige à nouveau Matsui en compagnie de deux actrices renommées du film rose. Ce film d'action est de sexe retrouve les trois femmes déguisées en hommes pour dévaliser une banque[1]. Kobayashi réalise un certain nombre de films Roman Porno[14] pour le compte des studios Nikkatsu au cours des années 1970. Il est suivi par Matsui mais cette dernière est jugée trop âgée pour tenir des premiers rôles dans ces films et se voit souvent confier des seconds rôles[15].

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Kobayashi ne ralentit pas ses réalisations jusqu'à la fin de sa carrière et sait s'adapter aux changements survenus dans les distractions des adultes japonais. Tout au long du « BBB[16] » japonais, dans le sillage de l'actrice Kimiko Matsuzaka qui débute en Février 1989, Kobayashi réalise divers films de ce genre. C'est ainsi qu'il dirige Natsuko Kayama, actrice dotée d'une vaste poitrine dans Big Tit Against Big Tit, Rubbing! (巨乳VS巨乳 こする!, Kyonyū tai kyonyū kosuru!?) (1990) pour Excess, la nouvelle entité créée par Nikkatsu pour promouvoir sa pornographie « soft » après la fin de ses Roman Porno[17], [2].

Shinobu Hosokawa succède à Kimiko Matsuzaka dans le rôle de femme dotée d'une vaste poitrine. Kobayashi la dirige dans deux films Big Tit Soap, Come in the Valley! (巨乳ソープ 谷間でイって!, Kyonyū soap tanide itte!?)[18] (1996) et Big Tit Rape, Forced Paizuri (巨乳レイプ 強制パイズリ, Kyonyū rape kyōsei paizuri?) (1997)[19]. Il met en scène et dirige Nao Saejima, l'idole renommée de la vidéo pour adultes, pour son film Erotic Ghost Story: Female Ghost in Heat (色欲怪談 発情女ゆうれい, Shikiyoku kaidan: Hatsujo onna yurei?)[20] (1995).

Lorsqu'en 1999, Teruo Ishii[21], le mentor de Kobayashi, entreprend Hell un remake du film Jigoku de Nobuo Nakagawa paru en 1960, Kobayashi est son producteur. Avec l'aide d'Ishii, il persuade l'actrice Michiko Maeda, bannie du cinéma nippon 42 ans auparavant, de refaire une apparition dans le film[22].

Kobayashi fonde ses propres studios en 2000 et continue de réaliser ses films jusqu'au jour de sa mort[5]. Il décède le 15 novembre 2001 des suites d'un cancer de la vessie[23].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d *(fr) Weisser, Thomas & Yuko Mihara Weisser, éditeur: Vital Books : Asian Cult Cinema Publications, Miami, (en) Japanese Cinema Encyclopedia: The Sex Films, 1998, p.317 (ISBN 1-889288-52-7).
  2. a, b et c Domenig, Roland « (en) Vital flesh: the mysterious world of Pink Eiga »,‎ 2002 (consulté le 19-02-2007).
  3. Firsching,Robert « (en) Dan Oniroku Reijou Nawazeme (1984) », [1] (consulté le 12-02-2008).
  4. a et b Weisser, p.140.
  5. a, b et c « (ja) 小林悟 (Kobayashi Satoru) », Japanese Movie Database (consulté le 12-02-2008).
  6. *(en) Mark Schilling, The Yakuza Movie Book: A Guide to Japanese Gangster Films, Stone Bridge Press, Berkeley ,2003, p; 68 (ISBN 1-880656-76-0)
  7. Le marché de la viande avec Hitomi Kobayashi
  8. da Silva, Joaquín « (en) Obscenity and Article 175 of the Japanese Penal Code: A Short Introduction to Japanese Censorship » (consulté le 12-02-2008).
  9. a, b et c Connell, Ryann « (en) Japan's former Pink Princess trades raunchy scenes for rural canteen », Mainichi Shimbun,‎ 2 mars 2006 (consulté le 14-02-2008).
  10. Weisser, p.22.
  11. (en) Okinawa kaidan (1962) sur l’Internet Movie Database
  12. (en) Kaidan ijin yurei (1963 au cinéma sur l’Internet Movie Database
  13. Weisser, p.206.
  14. voir liste des films Roman Porno
  15. Weisser, p.119.
  16. Big Bust Boom, Boom des poitrines généreuses
  17. « (ja) 巨乳VS巨乳 こする! », Japanese Movie Database (consulté le 12-02-2008)
  18. « (ja) 巨乳ソープ 谷間でイって! », Japanese Movie Database (consulté le 12-02-2008).
  19. « (ja) 巨乳レイプ 強制パイズリ », Japanese Movie Database (consulté le 12-02-2008).
  20. Weisser, p.130
  21. Teruo Ischii est un réalisateur japonais plus connu en occident pour ses films Ero guro ("erotique-grotesque")
  22. « (en) & (ja) 地獄: キャスト (Hell: Cast - < Enma Daio, the Judge of Hell > Michiko Maeda) », Jigoku Homepage, archivé le 19 août 2000 sur [2] (consulté le 12-02-2008).
  23. (en) Satoru Kobayashi (I) sur l’Internet Movie Database