Saras

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Sara

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Jeune fille sara

Populations significatives par région
Drapeau du Tchad Tchad 2 750 000
Drapeau de la République centrafricaine République centrafricaine 350 000
Autres
Langues

sara

Religions

Christianisme, religion traditionnelle

Ethnies liées

Baguirmien, Kenga

Les Saras sont un peuple ou un ensemble de peuples vivant principalement au sud du Tchad. La dénomination « Saras », donnée par les Français aux populations vivant autour du Logone, regroupe les Gambaye, les Mbaye, les Goulaye et les Madjingaye. Les Saras peuplent l'extrême sud de la république du Tchad, c'est-à-dire les préfectures du Logone occidental, du Logone oriental et du Moyen-Chari.

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources et le contexte, on observe de multiples formes : Madja Ngai, Madjingaye, Madjingay, Majingai Ngama, Majingai, Majinngay, Midjinngay, Modjingaye, Moggingain, Moggingai, Nadjingaya, Sara Madjingayé, Sara Madjingay, Sara Majingay, Sara, Saras, Sar, Sars[1].

Répartition[modifier | modifier le code]

Les Saras vivent au sud du Tchad et dans la République centrafricaine. Les Saras ont leur origines dans la Vallée du Nil, plus particulièrement la Nubie. Peuple d'origine Nilotique a la taille haute, élancés, l'allure puissante, ils ont de lointaines parentés avec les Wolofs du Sénégal et les Sarakolés. Ces peuples partagent de nombreux points communs relatifs à leurs langues, traditions et cosmogonies. Les Saras sont agriculteurs, il cultivent surtout le Mil, le sorgho, le manioc, et le coton également.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Ménage Sara : travailleur du chemin de fer Congo-Océan et sa femme

Connus comme étant les descendants des légendaires Sao, les Saras représentent près de 30 % de la population tchadienne.

Situés dans le sud-est, spécialement dans le Moyen-Chari, le Logone Oriental, le Logone Occidental, et dans la préfecture de Tandjile, ce peuple Nilotique aurait migré au Tchad durant le XVIe siècle.

Fonctionnant sur un modèle patrilinéaire, parlant une langue nilo-saharienne et comprenant douze tribus ou clans, dont les NGambaye, Mbaye, Goulay, Madjingaye, Kaba, Sara-Kaba, Niellim, Nar, Dai et Ngana.

La désignation Saras (Sa-Ra) signifiant les fils de Ra, l'ancien dieu egyptien du soleil semble leur avoir été donnée par les Arabes. Cette hypothèse a aussi été avancée pour les Sérères, ethnie du centre du Sénégal dont il est probable que le nom soit une déformation de Sa-Ré ou Sa-Ra (fils ou adorateurs de Ra), ces deux peuples partagent en outre beaucoup de caractéristiques physiques et culturelles et auraient probablement une lointaine origine commune. Le fait que Sara puisse vouloir dire fils (Sa) de Ra est possible (même si "sa" ne veut pas dire "fils" en arabe). Les Saras en fait, habitaient dans le Nord-Est égyptien le long du Nil avant qu'ils ne trouvent refuge dans le Sud pour échapper à la traite Arabe.

Ils sont à l'origine des royaumes Fitri et Baguirmi, qui repoussèrent avec succès les raids des Peuls. Les Saras ont souvent lutté contre les razzias des Arabes venus du Nord. Les femmes Saras du groupe Kyabé pratiquaient l'élargissement des lèvres pour y insérer des plateaux. Durant la colonisation française, de nombreux Saras ont été contraints à effectuer des travaux forcés en vue de la construction du chemin de fer Congo-Océan de 1922 à 1934, dans le but de relier les villes de Brazzaville et Pointe-Noire au Congo, sous le gouverneur de l'Afrique-Équatoriale française Victor Augagneur.

Les tirailleurs Saras[modifier | modifier le code]

Été 1940, les « 3 Glorieuses » (26, 28 et 29 août) marquent le ralliement de l'Afrique-Équatoriale française à la France libre, à la suite de l'appel du 18 juin lancé par le général de Gaulle depuis Londres. Félix Éboué, en commandement dans le sud du Tchad fait serment de ne pas renoncer. Le Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST), grâce aux tirailleurs Saras et Adjeiras, est prêt à suivre le Général de Gaulle.

Langue[modifier | modifier le code]

Leur langue est aussi appelée sara.

  • « N∂ɓa » = Dieu
  • « Diỹan » = Femme
  • Lalé = bonjour
  • I bagne ? = ça va ?
  • I Kari ! = ça va !
  • megue man séssi/séi sèi 'à ? = pourrais-je avoir un peu d'eau ?
  • Nan = la lune / le mois/ goûter
  • Khdésba = Arc en ciel
  • Boboum = papa
  • kom = maman
  • Mbang = le soleil / le souverain.
  • mbangh= le souverain, roi comme "Mbangh de Bedaya"
  • As = assez !
  • asm ( e )=ça me va
  • Binita ! = bonne nuit ! (littéralement à demain)
  • Boram alé ! = je n'ai pas faim !

Religion[modifier | modifier le code]

Les Saras sont principalement chrétiens et animistes, avec une minorité de musulmans. Les Saras pratiquent aussi bien le patriarcat et le matriarcat. Les Saras pratiquent le culte des ancêtres, et le totémisme. Les Yondo sont les cérémonies de rites d'initiations. Dans la religion traditionnelle Loa et Sou, représentant le dieu androgyne, à la fois un et totalité, à la fois père et mère de la création, est le couple divin créateur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source RAMEAU, BnF [1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Saras célèbres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Mario Joaquim Azevedo, « Precolonial Sara society in Chad and the threat of extinction due to the Arab and Muslim slave trade 1870-1917 », in Journal of African studies (Washington), 7 (2) été 1980, p. 99-108
  • Christian Bouquet, Insulaires et riverains du lac Tchad, L'Harmattan, Paris, 1990, 2 vol. (ISBN 9782738407993)
  • Maurice Delafosse, Essai sur le peuple et la langue sara (bassin du Tchad), précédé d'une lettre-préface de François Joseph Clozel, Paris, André, 1897, 47 p.
  • Joseph Fortier, Bédaya et ses rois. Vie sociale et religieuse d'un centre coutumier Sara du Tchad, Université de Paris 10 et EPHE, 1976, 2 vol., 197 + 329 p. (thèse de 3e cycle)
  • Joseph Fortier, « Rites et coutumes d'une tribu Sara, les Mbaye de Moïssala », in Bulletin de l'Institut français d'Afrique noire (Dakar), Série B, Sciences humaines. 20 (1-2) janvier-avril 1958, p. 142-169
  • Robert Jaulin, La Mort sara, l'ordre de la vie ou la pensée de la mort au Tchad, Plon, 1967, 295 p.
  • Jean-Pierre Magnant, La terre sara, terre tchadienne, L'Harmattan, Paris, 1986, 380 p. (ISBN 2858026912)
  • Jean-Pierre Magnant, « La conscience ethnique chez les populations sara », in Jean-Pierre Chrétien et Gérard Prunier (dir.), Les ethnies ont une histoire, Karthala, Paris, 1989, p. 329-369 (ISBN 9782845863897)
  • M. Ricome, Récits d'histoire du pays sar, date ?
  • Josette Rivallain, « Sara : échanges et instruments monétaires », in Daniel Barreteau et Henri Tourneux (dir.), Le milieu et les hommes : recherches comparatives et historiques dans le bassin du Lac Tchad (actes du 2e colloque Méga-Tchad Orstom Bondy, le 3 et 4 octobre 1985), Orstom, Paris, 1988, p. 195-213

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Sara du Tchad (enregistrements réalisés par Charles Duvelle), Universal, Collection Prophet, vol. 34, 2003, 1 CD + 1 brochure

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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