Santorio Santorio

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Portrait de Santorio Santorio.

Santorio Santorio[1] (Capodistria[2] 1561 – Venise 1636) est un médecin et inventeur italien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Santorio a été l'un des premiers à s'approcher du concept appelé maintenant « métabolisme ». Il a utilisé ou inventé des instruments pour mesurer la température du corps et le pouls, introduisant la quantification. Il a découvert que les poumons émettaient de l'eau. Il a inventé — et utilisé pendant trente ans — une balance où il était lui-même le sujet de l'expérience.

Arrivé jeune en Italie, Santorio est éduqué avec les enfants de la famille Morosini, qu'avait servie sa propre famille depuis plus d'un siècle[3] ; parmi eux Andrea Morosini, qui deviendra historien et à qui il dédiera ses commentaires sur Galien[4].

Il étudie à l'université de Padoue et devient docteur en médecine en 1582. En 1587 sa réputation est telle qu'il est appelé en Pologne ; il y poursuit l'exercice de la médecine et l'expérimentation. On le demande ensuite en Hongrie et en Croatie, ravagées par une épidémie[5]. Il retourne à Venise en 1601. Il y rencontre Galilée, qui devient son ami et une source d'inspiration. En 1602, probablement suite à des discussions avec Galilée, il adapte le pendule à l'usage médical ; à la fin de 1602 ou au début de 1603, il en publie la description.

La balance de Santorio, illustration du XVIIe siècle

En 1611 il succède à Orazio Augenio comme professeur de médecine à l'université de Padoue[6] ; il y mène des expériences sur la température, la respiration et le poids. En 1614, dans son livre De statica medicina, plusieurs fois traduit et réédité, il démontre l'existence d'une « transpiration insensible », c'est-à-dire d'une perte d'eau détectable seulement de façon indirecte, par des mesures. Pendant trente ans, pesant préalablement sa nourriture et sa boisson, il se sert d'une balance de son invention :

« La balance est suspendue au plafond de la chambre à manger dans un endroit caché. Ainsi elle n'est aperçue ni des personnes de distinction que choquerait l'irrégularité de la salle, ni des ignorants qui trouvent ridicules toutes les choses insolites. Le siège éloigné du parquet de la largeur d'un doigt, demeure fixe pour résister aux secousses.

Nous tirons de l'emploi du siège deux avantages : le premier c'est de calculer la transpiration insensible du corps. Ne pas tenir compte exactement de cette transpiration, c'est rendre le médecin inutile, car c'est d'un excès ou d'un défaut de transpiration que dérivent presque toutes les maladies. Le second avantage, c'est, qu'assis sur ce siège, nous remarquons sans peine, en mangeant, l'instant précis où nous avons pris la juste quantité d'aliments et de boisson au delà ou en deçà de laquelle nous sommes incommodés. Lors donc qu'en ingérant des aliments, nous avons atteint le poids voulu et la mesure préalablement prescrite, l'extrémité de la balance s'élève un peu, tandis qu'au même instant le siège s'abaisse légèrement. C'est cet abaissement qui indique immédiatement à la personne assise qu'elle a absorbé la quantité convenable d'aliments. »

— Santorio Santorio, La médecine statique[7]

On lui attribue également la conception, en 1612, de nouveau sous l'inspiration de Galilée, du thermomètre clinique, qu'il nomme « thermoscope », ainsi que celle de la première machine médicale : le « pulsiloge[8] », qui mesurait le pouls. On lui doit également l'invention du premier lit à eau.

Il renonce à sa chaire en 1624[9]. Retourné à Venise, il y combat une grave épidémie en 1630[10].

Original, expérimentateur tenace, inventeur prolifique, Santorio a échappé à l'opprobre qui marqua la fin de la vie de Galilée, à qui il ressemblait et qui était son ami. Il est mort en 1636, entouré de respect et d'honneurs, faisant un legs de cinquante ducats par année au collège médical. Il avait publié des commentaires de Galien, d'Avicenne et d'Hippocrate.

Œuvres et inventions[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Listes d’œuvres[modifier | modifier le code]

Inventions[modifier | modifier le code]

Inventions choisies[modifier | modifier le code]

Listes d'inventions[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) Pietro Stankovic, « Santorio Santorio » sur Google Livres, dans Biografia degli uomini distinti dell'Istria, t. 2, Trieste, Marenigh, 1829, p. 235–259 Document utilisé pour la rédaction de l’article
    Biographie détaillée, liste d’œuvres, liste d'inventions
  • (en) Henry Ernest Sigerist, « Santorio Santorio (1561–1636) », dans The great doctors: a biographical survey of medicine, Doubleday Anchor Books,‎ 1958, p. 131
  • (en) « Sanctorius (Sanctorius) sur Google Livres », dans Encyclopaedia Londinensis, or, Universal dictionary of arts, sciences, and literature, vol. 22, p. 631
  • (it) Santorio Santorio, site Mille anni di scienza in Italia
  • (en) Santorio Sanctorius, site de la Science & Society Picture Library. Avec une illustration de sa balance.
  • (en) J. Levett et G. Agarwal, « The first man/machine interaction in medicine : the pulsilogium of Sanctorius », dans Medical instrumentation 13 (janvier-février 1979), no 1, p. 61–63. Résumé sur PubMed.
  • (fr) Luigi Cornaro, Charles Daremberg et Charles Meaux Saint-Marc, « Sanctorius et sa balance », dans L'École de Salerne, Paris, J. B. Baillière et fils,‎ 1861 ([%5Bhttp://books.google.com/books?id=6QIAAAAAQAAJ&pg=PAPA331 Sanctorius et sa balance%5D sur %5B%5BGoogle Livres%5D%5D lire en ligne])

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le prénom est identique au nom. On doit tenir compte (au moins) de deux langues, le latin et l'italien. En latin, il peut être dit « de Capodistria » (« justinopolitanus ») ou « de Padoue » (« patavinus »). Le prénom, en italien, peut devenir « Santorre ». La latinisation peut être complète ; on a alors : « Sanctorius ». On peut parfois trouver « Santario ». Plusieurs combinaisons sont possibles et il faut ajouter, pour le latin, les formes fournies par la déclinaison.
  2. Santorio est né dans ce qui est aujourd'hui la Slovénie et sa ville de naissance s'appelle maintenant Koper.
  3. Stankovic, p. 235 sur Google Livres
  4. Stankovic, p. 240 sur Google Livres
  5. Stankovic, p. 238 sur Google Livres
  6. Stankovic, p. 239 sur Google Livres
  7. Traduction tirée de L'École de Salerne, p. 333
  8. L’Encyclopédie, art. « Anatomie sur Google Livres », p. 525, a pour cet instrument un nom français. Elle mentionne que l'instrument a été perfectionné par Boerhaave.
  9. Mais les autorités décident de lui verser ses émoluments jusqu'à sa mort. Stankovic, p. 243 sur Google Livres
  10. Stankovic, p. 244 sur Google Livres
  11. Charles Singer, « Medicine », dans The legacy of Greece, disponible dans le Projet Gutenberg., p. 239 ; voir la note 90.
  12. « Fen » est « une translittération du terme arabe : « Fen (Fann = Partie) » ». Marie-Thérèse d'Alverny, L'explicit du De animalibus d'Avicenne traduit par Michel Scot, dans Bibliothèque de l'École des chartes, t. 115, 1957, p. 34

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]