Santiago Alba Bonifaz

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Santiago Alba en 1922.

Santiago Alba Bonifaz (* Zamora, 23 décembre 1872 - † Saint-Sébastien, 8 avril 1949) était un avocat, journaliste et homme politique espagnol. Il fut ministre de la Défense, de l'Éducation et des Beaux-arts, de l'Intérieur, du Budget et des Affaires étrangères durant le règne d'Alphonse XIII.

Né dans une famille appartenant à la classe moyenne et ayant d'importants contacts politiques, il était fils d'Obdulia Bonifaz, un cousin de Manuel Ruiz Zorrilla et de César Alba García Oyuelos, un prestigieux avocat exerçant à Valladolid, où Santiago Alba fut élevé et où il obtint à l'université un diplôme en droit. Cependant son activité professionnelle s'orienta vers le journalisme : il fut rédacteur à La Opinión et gérant de El Norte de Castilla, revue dont il avait fait l'acquisition en 1893.

Député[modifier | modifier le code]

Marié en 1897 avec Enriqueta Delibes, il entama une carrière politique nationale au cours des élections de 1901 comme représentant de l'Union nationale; il obtint un siège de député pour la circonscription de Valladolid.

Après son rattachement au parti libéral, il obtint de nouveau une place de député pour Valladolid aux élections de 1903; il y renonça lorsqu'il fut nommé sous-secrétaire de la présidence du Conseil des Ministres, ainsi qu'aux élections de 1905, place à laquelle il renonça également pour occuper le poste de Gouverneur de la Banque d'Espagne. Au cours des élections successives célébrées jusqu'en 1936, il fut de nouveau élu pour Valladolid, Grenade ou Zamora ; durant les scrutins célébrés au cours de la Seconde République, il fut rattaché au Parti républicain radical, et fut cours de cette même étape président du Parlement entre 1933 et 1935.

Ministre[modifier | modifier le code]

Il fut ministre de la Marine (de la Guerre) entre le 30 novembre et le 4 décembre 1906 dans un gouvernement de Moret.

Il fut également ministre de l'Instruction publique et des Beaux-arts à deux occasions: entre le 12 mars et le 31 décembre 1912 dans un cabinet formé par Canalejas, et entre le 22 mars et le 10 octobre 1918 dans un gouvernement de Maura.

Il occupa aussi le portefeuille de l'Intérieur à deux occasions: entre le 31 décembre 1912 et le 27 octobre 1913, et entre le 9 décembre 1915 et le 30 octobre 1916, dans des gouvernements du Comte de Romanones.

En tant que ministre du Budget, sa trajectoire se divise en deux étapes. Il occupa tout d'abord ce poste entre le 30 avril 1916 et le 11 juin 1917, dans des gouvernements du Comte de Romanones et de García Prieto respectivement. Son travail fut essentiellement inspiré par les propositions du Régénérationnisme et il présenta d'importants projets de loi: le premier, "en défense des intérêts espagnols", interdisait d'émettre et d'annoncer sur le marché espagnol des titres de dette et autres effets publics de gouvernements étrangers; le second était une réforme de la loi sur la location de logements. Il présenta ensuite aux Cortes jusqu'à vingt-deux projets de loi liés à la réorganisation administrative, l'ordonnation financière, la création, la modification et l'ordonnance d'impôts, les monopoles et le développement de l'économie nationale. Il lança également avec succès un mini-emprunt d'un milliard de pesetas. Durant son second mandat au ministère du Budget, entre le 19 novembre et le 5 décembre 1918, il dut faire face aux problèmes d'approvisionnement en nourriture et des transports, comme conséquence de la Grande guerre qui avait lieu en Europe. Une partie de ses mesures portait sur une réforme agraire qui ne fut pas menée à terme.

Sa dernière étape ministérielle se déroula à la tête du ministère des Affaires étrangères, dont il occupa le portefeuille en le 7 décembre 1922 et le 15 septembre 1923 dans un nouveau cabinet de García Prieto.

Durant la dictature de Primo de Rivera il s'exila en France bien qu'il revînt en 1930 et refusât la proposition du Roi de former un gouvernement après la chute du général Dámaso Berenguer. Par la suite, après le soulèvement militaire contre la République de 1936, il s'exila de nouveau, cette fois au Portugal, d'où il revint en 1945 en prenant la décision de s'éloigner définitivement de la vie politique.

Bibliographie et sources[modifier | modifier le code]

  • (es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Santiago Alba Bonifaz » (voir la liste des auteurs)
  • Mercedes Cabrera (2000): “Santiago Alba (1872-1949): un liberal en tiempos difíciles”, dans F. Comín, P. Martín Aceña y M. Martorell Linares (éditeurs): La hacienda desde sus ministros. Del 98 a la guerra civil, ZSaragosse, PUZ, pp. 221-247. ISBN 84-7733-540-0
  • Martorell Linares, Miguel (1998): “El fracaso del proyecto de ley de beneficios extraordinarios de Santiago Alba, en 1916: una lectura política”, Revista de Historia Económica, avril-juin, pp. 521-559.
  • Martorell Linares, Miguel (2006): “Santiago Alba: el liberal que no encontró su momento”, dans Javier Moreno Luzón (éditeur): Progresistas, Madrid, Taurus, 2006, pp. 195-233, ISBN 8430605991
  • Rull Sabater, Alberto: Diccionario sucinto de Ministros de Hacienda (s.XIX-XX). 1991: Madrid. Instituto de Estudios Fiscales.