Sans domicile fixe au Japon

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Un sans domicile fixe à Tokyo.

Le nombre des sans domicile fixe au Japon a fortement augmenté en raison de la hausse du chômage dans les années 1990[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Au début des années 1990, les sans-abri au Japon sont considérés comme une nuisance. Le gouvernement essaie de se débarrasser des gens de la rue « parce qu'il faut embellir l'environnement »[2]. En raison d'interminables obstacles bureaucratiques, il est très difficile pour les sans-abri d'obtenir les aides auxquelles ils ont droit. Ce n'est qu'en 1997 que Tokyo reconnaît enfin l'existence des sans-abri et commence à traiter le problème.

En 1998, le chiffre d'environ 3 700 sans-abri à Tokyo seule est officiellement reconnu, mais les groupes de soutien aux sans-abri estiment qu'il y en a près de 5 000 et indiquent que ce nombre augmente rapidement[2].

En 2001, le gouvernement annonce qu'il y a environ 25 000 personnes sans-abri au Japon[3].

Le phénomène des sans domicile fixe est nettement en augmentation dans la société japonaise depuis l'effondrement de la bulle spéculative dans les années 1990, avec pour conséquence la « décennie perdue » de stagnation économique. Cela a entraîné une hausse du chômage.

Aspects spécifiques[modifier | modifier le code]

Certains aspects particuliers des sans-abri japonais sont dus à l'organisation sociale de la société japonaise. Historiquement, les hommes sont les uniques soutiens des familles. Les entreprises japonaises estiment que les hommes mariés sont plus efficaces que ne le sont les célibataires parce que les premiers se sentent davantage d'obligations et de responsabilités envers leurs familles. Par conséquent, non seulement les hommes âgés, qui font face à l'âgisme ne peuvent trouver de travail, mais les hommes célibataires de plus de 35 ans ont également des difficultés à trouver un emploi. Ce phénomène n'accroît pas le nombre d'hommes pauvres en moyenne, mais plutôt une plus grande variance, avec une augmentation d'hommes considérablement riches et d'autres considérablement pauvres, avec pour résultat un plus grand nombre d'hommes que de femmes sans-abri au Japon[4].

Par ailleurs, les familles fournissent généralement plus de soutien aux femmes qu'elles ne le font pour les hommes[5].

Cafés Internet et sans domicile fixe[modifier | modifier le code]

Un petit appartement à Tokyo se loue pour environ 100 000 yens par mois. En 2011, Le Japon continue de connaître la récession économique. Trouver des emplois même faiblement rémunérés n'est pas facile. Pour 1 500 à 2 000 yens par nuit, les sans-abri séjournent dans les cafés Internet où ils obtiennent une chambre individuelle et une douche, la télévision, des boissons gazeuses et l'accès à Internet[6].

Incident des koalas[modifier | modifier le code]

En 2009, le zoo d'Osaka, qui est financé par l'État, achète six koalas d'Australie qui coûtent 120 millions de yens par an à nourrir. Osaka est la ville avec le plus grand nombre de sans-abri au Japon, et la décision de dépenser des fonds publics pour le zoo plutôt que pour les sans-abri, suscite la colère de certains d'entre eux et d'autres habitants d'Osaka[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Japan's homeless BBC News, consulté le 1 juin 2009
  2. a et b (en) Tamae Ishiwatari, « Homelessness in Japan - Cardboard Village and the Shogun’s Law », Share International, janvier-février 1999
  3. (en) David Levinson, Encyclopedia of Homelessness, v.1, 2004. Cf. article sur le Japon, en particulier p.326
  4. (en) Takehiko Kambayashi, « Japan's homeless face ageism », The Christian science Monitor, le 18 octobre 2004
  5. (en) Asia: The Big Issue Japan, street-papers.org
  6. (en) Internet Cafés and homeless inventorspot.com, consulté le 1 juin 2009
  7. (en) Mark Willacy, « Costly koalas annoy Japan's homeless » ABC News, le 31 mars 2009

Articles connexes[modifier | modifier le code]