Hirudinea

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La sous-classe Hirudinea est celle des sangsues. Elle regroupe environ 650 espèces hermaphrodites de 1 à 20 cm de longueur. Environ 300 espèces sont des parasites temporaires d'animaux marins, terrestres ou d'eau douce. Elles respirent par la peau, possèdent deux cœurs, certaines sont pourvues d'une ventouse à chaque extrémité du corps.

Elles étaient collectées ou/et cultivées autrefois pour effectuer des saignées, mais sont également utilisées aujourd'hui pour drainer le sang de régions du corps où le retour sanguin s'effectue mal.

Description[modifier | modifier le code]

Le corps des sangsues est aplati dorso-ventralement, de forme ovale ou allongée selon son niveau de contraction.

Les seuls organes visibles de l'extérieur sont la ventouse antérieure, contenant l'ouverture de la bouche, et la ventouse postérieure, servant la fixation. La sangsue respire par la peau et possède deux cœurs, mais elle n'a pas de cerveau centralisé. Certaines peuvent mesurer jusqu'à 20 cm et peser jusqu'à 30 g. Sa très grande élasticité et sa flexibilité sont étonnantes. Le corps de la sangsue est segmenté en environ 34 anneaux.

Les sangsues sont attirées par le mouvement, la chaleur et le dioxyde de carbone émis par leurs proies[1].

Population[modifier | modifier le code]

Les sangsues sont protégées dans de nombreux pays à cause de leur diminution, liée à la destruction de leur habitat et à la pollution. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, plus de cinquante millions de sangsues médicinales peuplaient les mares et les étangs français. Aujourd'hui, il en existe très peu en France à l'état sauvage (notamment dans le massif central, en Lozère). L'assèchement des marais a fait énormément de tort à l'espèce. La pollution — engrais, pesticides et herbicides — a fini de l'achever.

Quatre entreprises dans le monde (Russie, France, Allemagne et Pays de Galles) font l'élevage de quelques espèces à des fins médicinales ; c'est l'hirudiniculture.

Utilisation médicinale[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Hirudo medicinalis et hirudothérapie.

Parmi les 650 espèces de sangsues existantes, la sangsue médicinale (Hirudo medicinalis) est une véritable alliée pour la santé humaine. Les propriétés anticoagulantes, anti-inflammatoires, vasodilatatrices et anesthésiques de sa salive sont utilisées dans différents domaines de la médecine.

Se défaire d'une sangsue[modifier | modifier le code]

dessin en coupe d'une sangsue

Il est déconseillé d'enlever une sangsue en appliquant du sel, de l'antimoustiques, en la brûlant ou en tirant dessus. En effet, la sangsue risque de régurgiter dans la plaie et causer des infections.

La méthode la plus sûre est la suivante[2] :

  1. Placer un ongle sur sa peau, juste à côté de la bouche de la sangsue (l'extrémité la plus fine).
  2. Glisser doucement mais fermement l'ongle vers la bouche pour la détacher. Elle cherchera à se recoller. Si elle y parvient, elle ne recommencera toutefois pas à sucer le sang tout de suite, on peut facilement la redécoller.
  3. Détacher enfin la queue (la partie large) et jeter la sangsue.

Si la plaie saigne abondamment, cela est dû seulement à l’anticoagulant que l’animal a injecté. Par la suite, la plaie peut démanger pendant un certain temps mais il ne faut surtout pas la gratter, afin d'éviter les infections.

Si l'on n'a rien pour enlever la sangsue, on peut la laisser tranquille et supporter l'inconfort le temps qu'elle soit rassasiée et lâche prise d'elle-même (de 30 min à 24 h, selon sa voracité et les régions du monde). Cependant, il est généralement préférable de s'en débarrasser rapidement.

Il arrive parfois que les sangsues (en particulier les Dinobdella ferox) s'introduisent dans les orifices naturels comme la bouche, le nez, l'oreille, le vagin[3] ou l'anus. Cette situation (l'hirudiniase) peut s'avérer très dangereuse car la sangsue obstrue progressivement les voies respiratoires en se gonflant de sang. Elle peut également provoquer des hémorragies. Un médecin doit être consulté mais en cas d'urgence, on peut se gargariser avec de l'alcool fort (vodka, whisky, etc.) ou dans les cas extrêmes, percer la sangsue[4].

Les sangsues ne transmettent pas de parasites nuisibles pour l'homme. Leur estomac peut toutefois renfermer des bactéries susceptibles d'infecter la plaie si on retire brutalement le parasite. Des allergies peuvent par ailleurs se produire[5].

Classification[modifier | modifier le code]

Différents ordres d'Achètes[modifier | modifier le code]

L'ordre des Acanthobdelliformes[modifier | modifier le code]

Dans cet ordre, on ne trouve qu'une seule espèce : Acanthobdella peledina. Elle est parasite de poissons salmonidés (truites, saumons) du lac Baïkal. Cette espèce possède des caractères communs avec les oligochètes, comme la présence de soies sur le corps et l’absence de ventouse antérieure.

L'ordre des Rhyncobdelliformes[modifier | modifier le code]

Cet ordre regroupe les sangsues à trompe dévaginable. Toutes les formes sont aquatiques. On peut distinguer deux familles. La famille des Glossiphoniidés comprend des espèces, toutes parasites de mollusques ou d’amphibiens. La seconde famille, celle des Pissicolidés comprend des individus parasites de poissons.

L'ordre des Gnathobdelliformes[modifier | modifier le code]

Cet ordre regroupe des sangsues aquatiques ou terrestres présentant trois mâchoires dentées au niveau du pharynx. On y trouve Hirudo officinalis.

L'ordre des Pharyngobdelliformes[modifier | modifier le code]

Ces individus sont d'eau douce ou terrestres de milieux humides. Ils sont presque tous prédateurs. Leur pharynx est long, sans mâchoire.

Espèces[modifier | modifier le code]

Il y a de nombreuses espèces de sangsue. Parmi les plus connues, on peut citer :

  • la sangsue marine (Pontobdella muricata) ;
  • la Sangsue médicinale (Hirudo medicinalis), qui est suceuse de sang de mammifères et est élevée pour des besoins médicaux.
  • Une autre sangsue médicinale est Hirudo verbena, également suceuse de sang de mammifères, également élevée, ayant les mêmes vertus que la précédente et souvent confondue avec elle[6] ;
  • Dinobdella ferox (littéralement la « sangsue féroce »).
  • Ozobranchus jantseanus, petite sangsue tétant le sang de tortues asiatiques, a stupéfait des chercheurs japonais : plongés 24 heures durant dans de l'azote liquide, soit à - 196°C, cinq animaux de cette espèce en sont ressortis cryogénisés mais après passage dans de l'eau à température ambiante, tous ont repris vie! [2]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) [1], consulté le 6 janvier 2013
  2. (en) How to remove a leech
  3. (es) Hirudiniasis vaginal: reporte de un caso
  4. (en) How to remove a leech
  5. (en) Leeches
  6. Revue La Recherche, n° 409 de juin 2007, p. 98
  7. Dr. Dominique Kähler Schweizer, "Thérapie par les sangsues", éditions Jouvence, 2008

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) E. Khelifa, G. Kaya, E. Laffitte (2011), Pseudolymphome sur morsures de sangsues ; Annales de Dermatologie et de Vénéréologie ; Volume 138, Issue 12, Supplément, déc 2011, ppA227–A228 ; Hors-Série 6 - Journées dermatologiques de Paris 2011