Front sandiniste de libération nationale

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Sandinisme)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Pour l'album de The Clash, voir Sandinista!.
Front sandiniste de libération nationale
Frente Sandinista de Liberación Nacional
Image illustrative de l'article Front sandiniste de libération nationale
Logo officiel
Présentation
Secrétaire général Daniel Ortega
Fondation 1961
Siège Managua, Managua
Drapeau du Nicaragua Nicaragua
Députés
62 / 90
Idéologie Socialisme, marxisme, sandinisme, social-démocratie
Affiliation internationale Internationale socialiste, COPPPAL
Couleurs Noir et rouge
Site web www.lavozdelsandinismo.com/

Le Frente Sandinista de Liberación Nacional (en français Front sandiniste de libération nationale) est un parti politique nicaraguayen fondé en 1961 comme organisation politico-militaire social-démocrate inspirée par la lutte du général Augusto Sandino.

Le FSLN joua un rôle majeur dans l'histoire du Nicaragua en déclenchant la Revolución Popular Sandinista (Révolution populaire sandiniste) en 1979. Aujourd'hui, il est membre de l'Internationale socialiste et de la COPPPAL.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

L'organisation a été fondée par Carlos Fonseca, Francisco Buitrago, Jorge Navarro, Silvio Mayorga, Pablo Ubeda, Germán Pomares et Tomás Borge, entre autres. Elle s'organise tant dans les villes que dans les campagnes, le Nicaragua étant un pays principalement rural, mais au pouvoir centralisé sur les villes. Ses membres sont préparés politiquement et militairement pour combattre le régime dictatorial d'Anastasio Somoza Debayle.

Après une première défaite militaire à Raiti et Bocay[Quand ?], dans le nord montagneux du pays, où meurent plusieurs membres fondateurs, le FSLN se restructure et se renforce. Il organise les étudiants, les intellectuels, les ouvriers et même certains grands propriétaires terriens de Matagalpa et Chontales et fonde le FER (Frente Estudiantil Revolucionario, Front étudiant révolutionnaire), qui effectue un travail de prise de conscience et de recrutement chez les étudiants et dans le secteur urbain.

Une seconde opération de guérilla en 1967 à Pancasán (département de Matagalpa) se solde elle aussi par un échec et les combattants sont obligés de se disperser dans la jungle devant les assauts de la Guardia Nacional (Garde nationale, GN), bras armé du régime de Somoza particulièrement haï par la population pour ses exactions et ses violations brutales des droits humains.

En 1969, le FSLN publie son programme historique, constitué de 14 points, dont :

  • Révolution agraire - législation laborale et sécurité.
  • Gouvernement révolutionnaire et intégrité administrative.
  • Réincorporation de la côte Atlantique - émancipation de la femme et respect des croyances religieuses.
  • Politique extérieure indépendante et solidarité internationale.
  • Armée patriotique populaire et élimination de la GN.
  • Unité de l'Amérique centrale.

En juillet 1969, la GN découvre une cellule sandiniste dans une maison de Managua, qui est rapidement entourée par 300 gardes, des tanks et des avions. L'unique occupant de la maison, Julio Buitrago, membre de la Direction nationale du FSLN et chef de la résistance urbaine, est tué après trois heures de combat et la maison est démolie. Le tout est retransmis en direct par la télévision, ce qui déclenche chez la population un fort sentiment de sympathie envers les combattants sandinistes.

Six mois plus tard, trois combattants, dont le poète Leonel Rugama, sont tués au cours d'un combat similaire dans une autre maison de Managua.

En 1970, après plusieurs opérations (affrontements urbains, braquages de banques) et un grand coup de filet de la GN qui démembre en partie l'organisation, le FSLN décide de passer en « phase silencieuse d'accumulation de forces », qui sera dédiée au renforcement du mouvement et à l'accumulation de ressources financières, matérielles et militaires.

Cette phase aboutit en décembre 1974 à deux actions majeures :

  • La prise de la maison de Chema Castillo, où sont pris en otages plusieurs ministres et diplomates du régime somoziste, qui sont libérés en échange de la libération des prisonniers politiques et d'une forte rançon, entre autres revendications.
  • L'attaque de la caserne de Waslala, qui marque le point de départ des opérations militaires à l'échelle nationale.

Au cours des deux années suivantes, le Nicaragua est le théâtre de durs combats dans la montagne (jungle), dans la campagne et dans les villes. L'état de siège est déclaré et la forte répression touche des milliers de nicaraguayens.

En 1976, le Front commence à se scinder en trois tendances, dont les méthodes tactiques et organisationnelles diffèrent :

  • Le FSLN Proletario,
  • Le FSLN Guerra Popular Prolongada (guerre populaire prolongée),
  • Le FSLN Insurreccional.

En novembre 1976, Carlos Fonseca est tué au cours d'un combat dans la jungle de la région de Zinica.

En octobre 1977, la branche insurrectionnelle du FSLN lance l'« offensive d'Octobre », qui intensifie la guerre urbaine.

Le renversement de Somoza[modifier | modifier le code]

En janvier 1978, Pedro Joaquín Chamorro, directeur du journal La Prensa, qui critiquait fortement le régime de Somoza, et époux de Violeta Barrios de Chamorro, est assassiné, ce qui provoque des manifestations massives à Managua. En février, Camilo Ortega Saavedra (frère de Daniel Ortega), est tué au combat. En août de la même année, un commando du FSLN insurrectionnel prend le palais présidentiel et retient des députés et des sénateurs en otage. Anastasio Somoza Debayle est forcé de céder à leurs revendications (libération de prisonniers sandinistes, rançon, propagation d'appels à l'insurrection). En septembre, une grande partie de la population se soulève dans les départements de León, Matagalpa, Chinandega, Estelí, Masaya et Managua, mais la supériorité logistique de la garde nationale oblige les troupes à se replier dans les campagnes et les montagnes, abandonnant au massacre les «enfants insurgés» des villes. L'insurrection est cependant sans cesse nourrie de nouveaux effectifs issus de la population. Peu à peu, les trois tendances du FSLN se rapprochent et les pays d'Amérique centrale (Costa Rica, Panama, Venezuela, Mexique, etc.) prennent parti pour la lutte sandiniste et influencent l'opinion mondiale, ce qui isole le régime de Somoza. La réunification du FSLN est signée en 1979 et l'offensive finale est prévue pour juillet. Plusieurs fronts de lutte se mettent en place. Ceux-ci sont appelés, en juin, à combattre la GN et à marcher sur la capitale. Au même moment, la population entame une grève générale qui paralyse le régime. Les villes s'insurgent une seconde fois et Somoza répond par des bombardements massifs et multiplie les exactions. Un incident diplomatique (l'assassinat, par la GN et devant les caméras de télévision, du journaliste de la chaîne américaine ABC Bill Stewart) finit de convaincre l'opinion publique des États-Unis. Le gouvernement Carter interrompt le soutien à Somoza. Complètement isolé, celui-ci démissionne et fuit le Nicaragua en laissant un président intérimaire, Francisco Urcuyo, qui fuira lui aussi 24 heures plus tard.

Le 19 juillet 1979, les forces sandinistes marchent sur la capitale Managua. La famille Somoza et d'autres grands propriétaires sont expropriés, les mines, la pêche et les diverses ressources naturelles sont nationalisées, la réforme agraire est lancée, une nouvelle Constitution est adoptée et une Junta de Gobierno de Reconstrucción Nacional (junte de gouvernement de reconstruction nationale) est mise en place. Divers programmes sociaux sont lancés, dont la campagne d'alphabétisation qui réduit considérablement l'analphabétisme (50 % à 23 %).

Le FSLN au pouvoir[modifier | modifier le code]

En novembre 1984 a lieu une élection présidentielle, que le FSLN, représenté par le candidat Daniel Ortega, remporte avec 63 % des suffrages. Toutefois, l'administration Reagan ne reconnaît pas ces résultats.

Malgré ses efforts de reconstruction du pays et de réformes d'inspiration socialiste, le FSLN doit faire face à l'embargo imposé par les États-Unis, à la guerre d'usure menée par les Contras, guérilla anti-sandiniste armée, entraînée et financée par la CIA, et à la corruption interne de plusieurs de ses propres membres. La guerre fait des milliers de victimes. L'état d'urgence est déclaré plusieurs fois et le journal La Prensa, qui s'oppose à la politique du FSLN, est muselé (si l'on suit les accusations des détracteurs des sandinistes ; Noam Chomsky indique lui que La Prensa est restée autorisée sans censure même au paroxysme de la guerre). En 1981, les États-Unis font miner les ports du Nicaragua (opération Piranha) avec des mines marine spécialement fabriquées avec une faible charge explosive pour ne pas couler de navires mais gêner le trafic maritime[1]. Le gouvernement sandiniste porte alors plainte en 1984 contre les États-Unis auprès de la Cour internationale de justice, qui condamne plusieurs années après les États-Unis à verser 17 milliards de dollars de dédommagement au Nicaragua. Mais les États-Unis refusent de reconnaître l'autorité de la CIJ. Le Nicaragua fut aidé financièrement et militairement par Cuba et l'URSS. En particulier, l'élection des Sandinistes coïncide avec l'arrivée d'hélicoptères en provenance d'URSS, aptes à poursuivre les contras en fuite après leurs agressions. Le 1er mai 1985, le président Reagan impose l'embargo économique sur tous les produits à destination du Nicaragua. Quelques semaines plus tard l'URSS se déclare disposée à satisfaire tous les besoins pétroliers du pays[réf. nécessaire].

Finalement, le 25 février 1990, le FSLN perd les élections au profit d'une union libérale soutenue par les États-Unis et passe dans l'opposition.

Selon l'ancien ambassadeur des États-Unis à Managua, Paul Trivelli, Daniel Ortega et le Front sandiniste de libération nationale reçoivent régulièrement de l'argent des cartels de la drogue pour financer les campagnes électorales au Nicaragua et ont traité avec le trafiquant colombien Pablo Escobar en 1984 pour lui accorder l'asile. En échange de cet argent, le président Ortega ordonne aux juges de remettre en liberté les trafiquants arrêtés par les forces de sécurité. On remarque l'activité des Forces punitives de gauche, des « escadrons de la mort » sandinistes ayant pour chef le lieutenant-colonel Frank Ibarra entre 1992 et 1993.

Les quinze années qui suivent sont marquées par trois défaites électorales successives du candidat du FSLN Daniel Ortega et par les pactes conclus par celui-ci avec le leader libéral Arnoldo Alemán.

Daniel Ortega est réélu président du Nicaragua au premier tour le 7 novembre 2006.

En 2008, des télégrammes diplomatiques américains, révélés par WikiLeaks en 2010, signalent que les responsables gouvernementaux nicaraguayens reçoivent « des valises pleines d'argent » lors de leurs voyages officiels au Venezuela[2].

Sandinisme dans la fiction[modifier | modifier le code]

Nicaragua de Munoz et Sampayo, Révolution et chocolat de Suyapa et Auquier (tome 1) Suyapa et Minck (tome 2), Muchacho de Lepage racontent, dans des styles différents, différents âges de cette révolution sandiniste aux élans touchants et aux allures « communardes ».

Dans le jeu vidéo Metal Gear Solid: Peace Walker, le personnage d'Amanda commande une faction du FSLN.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bob Woodward, C.I.A. Guerres secrètes, 1981-1987, Stock,‎ 1987, 606 p. (ISBN 2234020867)
  2. « Ortega financé par la drogue et Chavez », Le Figaro,‎ 7 décembre 2010.

Videos[modifier | modifier le code]