Sanchoniathon

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Sanchoniathon (en grec : Σαγχουνιάθων, du phénicien Sanchun-yaton, « [le dieu] Sanchun [l']a donné », ou qui veut dire Philalèthe, « ami de la vérité ») est un auteur phénicien natif de Béryte (d'autres avancent Tyr ou Beyrouth selon le comte Robert Du Mesnil du Buisson). Il aurait vécu avant la guerre de Troie, contemporain de Sémiramis, 20 siècles avant Jésus-Christ.

Son œuvre n'est connue que par quelques extraits traduits par Philon de Byblos sous le règne de l'empereur Hadrien et cités par l'évêque Eusèbe de Césarée dans sa Praeparatio Evangelica. Ces quelques fragments constituent la principale source écrite concernant la religion phénicienne.

L'existence même de Sanchoniathon a souvent été remise en cause, et on a supposé que le véritable auteur de ces fragments ne serait que Philon de Byblos lui-même, ou que ces textes seraient une compilation de diverses traditions, auxquelles Philon aurait donné une forme de pseudépigraphe.

En 1841 l'abbé Jacques Paul Migne, dans un ouvrage consacré à des démonstrations évangéliques, le tenait en haute estime, le qualifiant de "plus ancien des historiens", "initié aux doctrines de Thot", écrivant ailleurs que "d'après la succession des rois de Phénicie, dit Porphyre, il n'était postérieur à Moïse que d'un ou de deux siècles", ajoutant "après Sanchoniathon viennent Homère et Hésiode, les plus anciens écrivains grecs".

Dans son Mémoire sur Sanchoniathon, Ernest Renan écrit que Philon de Byblos peut être envisagé comme un polygraphe sérieux et érudit, quoique dénué de critique, et non comme un faussaire, et il démontre par des textes que Sanchoniathon, ayant vraisemblablement vécu sous les Séleucides, était connu dans l'antiquité classique et que plusieurs particularités de son Histoire phénicienne (Φοινικικὴ ἱστορία / Foinikikī̀ hístoría / Phoenicorum historia) ne s'expliquent que par l'origine phénicienne du livre (Comptes rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1857). On tend à considérer de nos jours la traduction de Philon comme une interprétation hellénistique de matériaux phéniciens.